Margaret Wilson Thompson

Margaret Anne Wilson Thompson, généticienne (née le 7 janvier 1920 à Northwich, Angleterre, décédée le 3 novembre 2014 à Toronto ). En 1943, elle obtient un baccalauréat ès arts de l'U. de la Saskatchewan et, en 1948, un doctorat de l'U. de Toronto, où elle étudie sous la direction de Norma Ford Walter, une pionnière de la génétique humaine.

Formation et début de carrière

En 1943, Margaret Thompson obtient son baccalauréat en biologie de l’Université de la Saskatchewan. En 1948, elle décroche son doctorat de l’Université de Toronto où elle étudie sous la gouverne de Norma Ford Walker, une pionnière en génétique humaine. En début de carrière, elle enseigne à l’Université Western (1948-1950) et à l’Université de l’Alberta (1960-1963). En 1956, elle met sur pied un service de conseil génétique à l’hôpital de l’Université de l’Alberta.

Conseil de l’eugénisme de l’Alberta

De 1960 à 1962, Margaret Thompson est membre du Conseil de l’eugénisme de l’Alberta qui approuve la stérilisation de personnes qu’il juge « intellectuellement déficientes », plus souvent sans leur consentement, afin de prévenir la transmission de leur « incapacité » à leurs enfants potentiels. Le conseil est mis sur pied en 1928 par l’entremise de la Loi sur la stérilisation sexuelle de l’Alberta, qui n’est abrogée qu’en 1972. À cette époque, l’eugénique est considérée comme une pseudo-science et un abus des droits de la personne. Dans les années 1990, Margaret Thompson défend toujours son travail au sein du conseil : elle soutient que l’eugénique était, à l’époque, une réponse raisonnable à un problème sérieux. (Voir aussi L’eugénisme : la pseudo-science qui se cache derrière une conception grossière de l’hérédité.)

Carrière tardive

En 1963, Margaret Thompson se joint à l’équipe du Hospital for Sick Children de Toronto. Elle y pratique jusqu’en 1988, mettant sur pied les services d’analyse génétique et de conseil génétique. Elle fait également partie de la faculté de l’Université de Toronto de 1963 à 1985 où elle enseigne la génétique aux étudiants en médecine et supervise plusieurs étudiants diplômés.

Margaret Thompson est mieux connue pour son travail sur la dystrophie musculaire. À titre de directrice du service de génétique du Hospital for Sick Children, elle travaille de concert avec la clinique de dystrophie musculaire afin de documenter les symptômes de la maladie et de retracer son hérédité. Quand son collègue Ronald Worton identifie le gène qui cause les myopathies de Duchenne et de Becker, les données colligées par Margaret Thompson s’avèrent une ressource cruciale. Ensemble, Margaret Thompson et Ronald Worton offrent le tout premier diagnostic prénatal de dystrophie musculaire. Dans ce cas particulier, ils déterminent avec succès qu’un bébé qui a un historique familial de la maladie ne naîtra pas avec la mutation génétique.

Le saviez-vous?
Bien qu’il existe plusieurs dystrophies musculaires, les myopathies de Duchenne et de Becker sont parmi les plus communes. Elles sont causées par une mutation génétique du chromosome X. Seules les femmes peuvent être porteuses de la mutation et transmettre la maladie à leurs enfants. Les porteurs sentent rarement les symptômes de la maladie qui affecte surtout les mâles.

En plus de nombreux articles scientifiques, Margaret Thompson cosigne un texte largement utilisé, Genetics in Medicine (1966), avec son mari, James Scott Thompson (1919-1982). La huitième édition du livre, intitulé Thompson & Thompson Genetics in Medicine et cosigné par R. L. Nussbaum, R. R. McInnes et H. F. Willard, est publiée en 2016.

Au moment de sa retraite, Margaret Thompson est professeure émérite à l’Université de Toronto et une consultante honorifique au Hospital for Sick Children.

Honneurs et prix

En 1988, Margaret Thompson est faite Membre de l’Ordre du Canada. En 1992, elle reçoit le prix Founders du Collège canadien de généticiens médicaux après avoir servi à titre de présidente de l’organisation de 1983 à 1985. En 1995, elle reçoit le premier prix pour l’excellence en enseignement de la génétique médicale, remis par l’American Society of Human Genetics. En 2001, l’Université de la Saskatchewan lui décerne un doctorat honorifique en droit.


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