Musée du Québec

Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), situé à Québec, abrite la plus vaste collection d’art québécois au monde, allant des tableaux de maîtres du 19e siècle, comme James Wilson Morrice et Cornelius Krieghoff aux artistes contemporains, comme le collectif BGL basé à Québec. Il possède également des collections d’art canadien ancien, moderne et contemporain, y compris une vaste collection d’art inuit. Depuis son ouverture en 1933, le MNBAQ a conçu, organisé et accueilli des centaines d’expositions. Agrandi en 1991, puis de nouveau en 2016, le complexe de quatre pavillons comprend de nombreuses galeries d’exposition et ateliers, un auditorium et un jardin de sculptures. Le MNBAQ joue également un rôle dans la communauté par l’entremise de sa bibliothèque, de ses services éducatifs et de son centre de documentation photographique.



Musée national des beaux-arts du Québec
avec la permission de Wikimedia Commons

Création et vue d’ensemble

Bien que les œuvres aient été acquises pour la première fois en 1920 et que le projet de loi menant à la création du musée ait été adopté en 1922, le MNBAQ ouvre officiellement ses portes le 5 juin 1933 sous le nom de Musée de la province de Québec. Son objectif initial est d’accueillir les archives provinciales, le musée des sciences naturelles et le musée des beaux-arts.

Au fil des ans, l’établissement élargit sa collection de beaux-arts par l’acquisition d’œuvres représentatives de l’évolution artistique au Québec. Peu à peu, il se consacre exclusivement à l’art, laissant à d’autres institutions le soin de conserver les archives nationales et les collections d’histoire naturelle. Les collections de sciences naturelles sont retirées en 1962, tandis que les Archives de la province de Québec sont transférées à l’Université Laval en 1979.

Le musée change de nom pour le Musée du Québec en 1963. En 1983, lorsque la Loi sur les musées nationaux fait du MNBAQ une société d’État, sa collection comprend uniquement des œuvres d’art. En 2002, il devient connu sous le nom « Musée national des beaux-arts du Québec » et commence à offrir l’admission gratuite à sa collection permanente.

Collections

Le MNBAQ est l’une des premières institutions à reconnaître le talent des artistes de la province. Peintres et sculpteurs tels que Horatio Walker, Sylvia Daoust, Clarence Gagnon, Alfred Laliberté, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, Georges Saint-Pierre, Alfred Pellan, Jean-Paul Riopelle, Jean Paul Lemieux, Françoise Sullivan, Fernand Leduc, Marcelle Ferron et Paul-Émile Borduas ont tous été exposés au musée, de même que l’architecte et designer Julien Hébert.

Jean-Paul Riopelle.
Bilbiothèque et Archives Canada/e010984334.

Le MNBAQ abrite la plus vaste collection d’art québécois au monde, allant des tableaux de maîtres du 19e siècle comme James Wilson Morrice et Cornelius Krieghoff aux œuvres de jeunes artistes d’aujourd’hui, comme celles du collectif BGL, qui a représenté le Canada à la Biennale de Venise en 2015.

En 2000, le MNBAQ fait l’acquisition de l’immense chef-d’œuvre de fin de carrière L’Hommage à Rosa Luxemburg (1992) de Jean-Paul Riopelle, un hommage de 40 mètres de long à son ancienne partenaire, la peintre américaine Joan Mitchell. En 2003, le musée se procure une série d’aquarelles de Benjamin Fisher, découvertes au Balliol College de l’Université d’Oxford, dépeignant la vie québécoise à la fin du 18e siècle. Puis, en 2005, le collectionneur Raymond Brousseau, en collaboration avec Hydro-Québec, fait don au MNBAQ de sa collection de 2 635 œuvres d’art inuit. Une nouvelle galerie permanente consacrée à l’art inuit, nommée Art inuit. La collection Brousseau, est inaugurée en 2006 avec l’aide financière d’Hydro-Québec.

Expositions notables

Parmi les expositions les plus notables du MNBAQ au fil des ans, mentionnons Trésors de Toutankhamon, qui connaît un franc succès en 1965. Les tableaux des maîtres impressionnistes et postimpressionnistes français de l’Union soviétique attirent 135 000 visiteurs en six semaines en 1985 et en 1986, tandis que Rodin à Québec accueille 525 000 personnes pendant 103 jours en 1998.

Pour commémorer le 400e anniversaire de Québec en 2008, le MNBAQ présente une collection d’œuvres du Musée du Louvre à Paris qui attire près de 465 000 visiteurs. En 2011, Madeleine P. Pelland fait don au musée de 1 630 œuvres et objets d’art d’Alfred Pellan.

« Standing Woman »
Sculpture de Joe Talirunili.

Premier agrandissement : 1989 à 1991

Un important projet d’agrandissement visant à doter le MNBAQ des installations d’un musée moderne est réalisé entre 1989 et 1991. La surface disponible pour les expositions d’art est plus que doublée et cet agrandissement permet au musée d’offrir aux visiteurs un plus grand éventail de services.

Une conception architecturale signée Charles Dorval et Louis Fortin intègre deux bâtiments existants : le pavillon Gérard Morisset, l’édifice original du musée, et le pavillon Charles Baillargé, anciennement la prison de Québec (certaines des cellules ont été conservées comme un témoignage des conditions carcérales du 19e siècle). Afin de préserver la qualité naturelle des lieux (c’est-à-dire les plaines d’Abraham) et le caractère distinctif des deux bâtiments plus anciens, les architectes choisissent une stratégie inhabituelle qui consiste à dissimuler une section de la nouvelle aile sous le paysage naturel du parc.

Ce lieu de rassemblement abrite aujourd’hui l’ensemble des services publics du musée. Le nouveau complexe muséal – comprenant l’édifice d’origine du musée, l’ancienne prison ainsi que la nouvelle aile les reliant – comprend 12 salles d’exposition, un auditorium, des ateliers, des magasins, un restaurant et une boutique de souvenirs. Un jardin de sculptures, mettant en valeur 15 œuvres contemporaines d’artistes québécois et internationaux, est inauguré en 1993.

Deuxième agrandissement : le pavillon Pierre Lassonde

Un deuxième agrandissement majeur du MNBAQ vient ajouter un quatrième pavillon au complexe muséal et est ouvert au public le 24 juin 2016. Ce pavillon est doté d’une porte d’entrée vitrée vers le musée, accessible à partir de la rue, et double l’espace d’exposition disponible. Le projet est réalisé par l’Office for Metropolitan Architecture de renommée internationale – dirigé par l’architecte primé Rem Koolhaas – en collaboration avec la firme montréalaise Provencher Roy.