NORAD (North American Aerospace Defense Command)

Sur le plan technique, cette entente est une réussite car elle permet de coordonner deux forces aériennes dans l'exécution d'une mission ardue, de garder les aviateurs canadiens en contact avec la doctrine et la politique tout en leur donnant l'occasion de voler.

DEW, ligne de radar avancés
Le poste de la ligne de radar avancés DEW \u00e0 Hall Beach, dans les Territoires du Nord-Ouest (photo du sergent Jim Smith/avec la permission des Forces armées canadiennes).

NORAD (North American Air Defence Agreement)

Le North American Air Defence Agreement, ou NORAD, voit le jour le 1er août 1957. Rebaptisé le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord en 1981, il regroupe, sous un commandement conjoint dont le siège est situé à Colorado Springs au Colorado, les forces de défense aérienne américaines et canadiennes. Cette entente est parfois un sujet de controverse. Alors qu'ils viennent tout juste d'entrer en fonction, le premier ministre DIEFENBAKER et George PEARKES, le ministre de la Défense nationale, s'empressent d'entériner les conseils des militaires canadiens et acceptent que soient intégrés, pour la défense aérienne du continent, l'Aviation royale du Canada et les forces aériennes des États-Unis (USAF.) La décision est prise sans préparation adéquate (la signature officielle n'a lieu que le 12 mai 1958, délai qui démontre les inquiétudes que cela a engendrées), et le gouvernement subit les foudres de ses opposants libéraux pour sa précipitation, même si ces derniers auraient presque certainement accepté un accord semblable si les résultats de l'élection de 1957 avaient été différents.

Sur le plan technique, cette entente est une réussite car elle permet de coordonner deux forces aériennes dans l'exécution d'une mission ardue, de garder les aviateurs canadiens en contact avec la doctrine et la politique tout en leur donnant l'occasion de voler. Mais comme l'assentiment des deux gouvernements est exigé avant une mise en alerte ou la prise de mesures formelles, des difficultés surgissent, particulièrement en 1962, lors de la CRISE DES MISSILES DE CUBA. Dès le moment où la crise devient apparente, les Américains déclenchent l'état de mise en alerte, mais le gouvernement Diefenbaker retarde sa décision de quelques jours, suscitant la colère de l'administration Kennedy et provoquant une intense levée de boucliers au Canada. Toute cette affaire est compliquée par le fait que les missiles Bomarc (voir BOMARC, AFFAIRE DES MISSILES), disséminés sur les deux bases canadiennes de missiles Bomarc, ne comportent aucune ogive nucléaire, une conséquence de plus de la dissension au sein du Cabinet. Par ailleurs, les partisans de l'aéronef CF-105 AVRO ARROW, dont la construction est annulée par le gouvernement trois ans auparavant à la suite d'une décision que certains attribuent (injustement) à NORAD, voient d'un très mauvais oeil le missile Bomarc comme tel.

Les gouvernements qui se succèdent renouvellent leur confiance envers NORAD. En 1981, en dotant le commandement d'une nouvelle appellation, on veut refléter la nouvelle priorité accordée à la défense et à l'alerte antimissiles, et l'avènement des missiles de croisière justifie la présence de NORAD. En décidant, en 1985, d'apporter des améliorations au Système d'alerte du Nord, le gouvernement canadien reconnaît implicitement cette situation. En 1987, la contribution canadienne prend la forme d'intercepteurs CF-18 et, comme c'est le cas depuis le début de l'entrée en vigueur de l'accord, d'un Canadien occupant le poste de commandant adjoint à Colorado Springs.


Lecture supplémentaire

  • C. Gray, Canadian Defence Priorities (1972); J.T. Jockel, No Boundaries Upstairs: Canada, the US and the Origins of North American Air Defence (1987).

Liens externes