La crise des missiles Bomarc

La crise des missiles Bomarc est survenue à l’époque de la Guerre froide; la question était de savoir si le Canada devait abriter des missiles nucléaires dans le cadre de son accord NORAD de défense aérienne signé avec les États-Unis.

Missiles Bomarc
En 1958, le gouvernement conservateur annon\u00e7a que le Canada d\u00e9ploierait deux escadrons de missiles am\u00e9ricains Bomarc (Mus\u00e9e de l\u0092aviation du Canada). \r\n \r\n

La crise des missiles Bomarc est survenue à l’époque de la guerre froide; la question était de savoir si le Canada devait abriter des missiles nucléaires dans le cadre de son accord NORAD de défense aérienne signé avec les États-Unis.

À l'automne de 1958, le gouvernement conservateur du premier ministre Diefenbaker annonce une entente visant le déploiement par les États-Unis de deux escadrons de missiles antiaériens à statoréacteurs américains « Bomarc » en sol canadien. Cette décision controversée en matière de défense découle, comme bien d'autres, de l’Accord de Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) de 1957 signé avec les États-Unis.

Plusieurs soutiennent que ce missile sol-air, d'une portée de 640 km, peut avantageusement remplacer l’intercepteur Avro Arrow qui est mis au rancart par le gouvernement Diefenbaker. Ce missile devrait en théorie intercepter toute attaque soviétique contre l’Amérique du Nord avant qu’elle n’atteigne le cœur industriel du Canada.

Cinquante-six missiles sont déployés à North Bay, en Ontario, et à La Macaza, au Québec, sous la haute direction du commandant en chef du NORAD.

Mais le gouvernement canadien ne précise pas clairement que le modèle dont il est question, le Bomarc-B, doit être équipé d'ogives nucléaires. Quand le public canadien l'apprend en 1960, la question se pose de savoir si le Canada devrait se doter de l’arme nucléaire, ce qui conduit à des protestations antinucléaires partout au pays.

L’arrivée des ogives

En fin de compte, le gouvernement ne se résoud pas à accepter que les missiles Bomarc soient dotés d'ogives nucléaires, ce qui contribue à envenimer les relations Canado-Américaines pendant cette période.

Le gouvernement conservateur est divisé sur la question. Son Cabinet n’arrive pas à décider de façon ferme si le Canada doit honorer ses engagements envers le NORAD en abritant des missiles nucléaires, ou s’il doit maintenir son opposition à la propagation des armes nucléaires.

L’opposition libérale déclare qu’elle soutient les obligations du NORAD et accepterait les ogives nucléaires

Les conservateurs perdent les élections de 1963 en partie à cause de l’affaire des missiles Bomarc. Les libéraux reviennent au pouvoir avec comme premier ministre Lester Pearson et ils décident d'accepter des armes nucléaires au sein des forces armées canadiennes. Les ogives nucléaires Bomarc sont livrées le 31 décembre 1963.

Le Canada signe un traité

En 1969, le nouveau gouvernement libéral, dirigé par le premier ministre Trudeau, annonce que le Canada retire à ses forces armées leur capacité nucléaire.

Son gouvernement signe le traité de non-prolifération nucléaire qui entre en vigueur en 1970. Par conséquent, dès 1971, les missiles Bomarc sont graduellement retirés de l'arsenal de la défense.