Paul Henderson

Paul Garnet Henderson C.M., O.Ont., joueur de hockey (né le 28 janvier 1943 à Kincardine, en Ontario). Paul Henderson a joué 13 saisons en Ligue nationale de hockey (LNH) avec les Red Wings de Detroit, les Maple Leafs de Toronto et les Flames d’Atlanta. Il a également passé cinq saisons au sein de l’Association mondiale de hockey (AMH) avec les Toros de Toronto et les Bulls de Birmingham. Il a joué plus de 1 000 matchs professionnels et a engrangé 758 points et 376 buts. Il est surtout célèbre pour avoir marqué le but vainqueur contre l’Union soviétique lors du huitième match du tournoi de hockey Canada‑URSS de 1972 surnommé la « série du siècle ».



Paul Henderson
Membre d’Équipe Canada 1972, Paul Henderson répond aux questions du forum des partisans de la série du siècle au Grand Hall Esso du Temple de la renommée du hockey, lors de la célébration de la fin de semaine d’intronisation à Toronto, en Ontario, au Canada, le 10 novembre 2012. (photo par Steve Poirier, avec la permission du Temple de la renommée du hockey)

Jeunesse et carrière en hockey junior

Paul Henderson vient au monde de façon dramatique. Au cours de l’hiver 1943, son père combat à l’étranger lors de la Deuxième Guerre mondiale, tandis que sa mère vit à la ferme de ses beaux‑parents. Au moment d’accoucher, le travail commence alors que sévit une tempête de neige et le petit Paul voit le jour dans un traîneau tiré par des chevaux traversant le lac Huron en route vers l’hôpital de Kincardine.

Quatre frères et sœurs suivent et les Henderson déménagent fréquemment avant de s’installer à Lucknow, en Ontario, où Paul est initié au hockey. Le jeune Paul Henderson commence par pratiquer ce sport dans le sous‑sol d’un restaurant chinois où il se sert d’anciens catalogues comme protège‑tibias. La famille propriétaire du restaurant lui fournit un équipement approprié et il intègre des équipes de jeunes entraînées par son père. Il devient alors un patineur rapide et un buteur prolifique et conduit son équipe junior, les Sepoys de Lucknow, de victoire en victoire.

Paul Henderson signe avec les Red Wings de Detroit alors qu’il est encore adolescent. Les Red Wings, un club de LNH, l’envoient jouer avec leur équipe‑école, les Red Wings de Hamilton dans la Ligue de hockey de l’Ontario (LHO). Il contribue à la victoire de son équipe dans la Coupe Memorial en 1962. La saison suivante, en 1962‑1963, les Red Wings de Detroit font appel à lui pour deux matchs. Cette saison là, en 48 matchs avec Hamilton, il inscrit 49 buts, un record pour la LHO. En 1963‑1964, il joue pour les Hornets de Pittsburgh dans la Ligue américaine de hockey (LAH).

Red Wings de Hamilton, 1962
Les Hamilton Red Wings (1961-1962) de la ligue junior 'A' de l'AHO à la Barton Street Arena à Hamilton, en Ontario, Canada. Les Wings ont remporté le trophée commémoratif Richardson, la coupe Memorial et la coupe John Ross Robertson en 1962. Joueurs: Jim Watson, Pit Martin, Howie Menard, Bob Wall, Eddie Bush, Paul Henderson, Bryan Campbell, Roger Lafrenière, Lowell MacDonald, Ron Harris, Earl Heiskala. (photo par Macdonald Stewart, avec la permission du Temple de la renommée du hockey)

Ligue nationale de hockey

Paul Henderson devient joueur à temps plein de la LNH, avec les Red Wings, pour la saison 1964‑1965. Il marque 20 buts la saison suivante, l’année même où le club de Detroit se qualifie pour la finale de la Coupe Stanley. En mars 1968, il est échangé aux champions en titre, les Maple Leafs de Toronto. En 1970‑1971, le natif de Kincardine marque 30 buts et 60 points pour l’équipe de la Ville Reine, ce qui en fait sa saison la plus réussie en LNH. La saison suivante, il marque 38 buts, établissant un record personnel. Au cours de sa carrière avec les Leafs, il acquiert une réputation de joueur régulier et fiable formant, avec ses acolytes Norm Ullman et Ron Ellis, un trio d’attaquants particulièrement efficace.

Bruins c. Leafs, 1968-1969
Action de jeu à l’occasion d’un match opposant les Bruins de Boston et les Maple Leafs de Toronto lors de la saison 1968‑1969 de la LNH aux Maple Leaf Gardens à Toronto, en Ontario, au Canada. De gauche à droite : Bruce Gamble, Ken Hodge et Paul Henderson. (avec la permission du Temple de la renommée du hockey)

Série du siècle de 1972

Le but gagnant de Paul Henderson dans le huitième match de la série du siècle de 1972 constitue l’un des moments les plus emblématiques de l’histoire du sport canadien et l’acmé de sa carrière de hockeyeur. Conçu pour mettre à l’épreuve les meilleurs joueurs et les meilleures équipes de la planète, ce tournoi, contrairement aux Jeux olympiques, est ouvert aux joueurs professionnels. Les meilleurs joueurs canadiens de la LNH vont donc, enfin, être en mesure de démontrer leur talent face à une équipe soviétique qui domine les compétitions internationales depuis le début des années 1960. En dépit de ces succès récents des Russes sur la scène internationale, les Canadiens se considèrent toujours comme les chefs de file mondiaux incontestés du hockey et s’attendent à une victoire facile. Les partisans et les joueurs canadiens sont stupéfaits lorsque la série se transforme en une âpre bataille extrêmement disputée. Équipe Canada subit une énorme pression pour gagner. En effet, au‑delà du hockey, il s’agit de l’opposition de deux équipes représentant deux idéologies opposées dans le contexte de la Guerre froide.

Équipe Canada 1972
Équipe Canada 1972 aux Maple Leaf Gardens à Toronto, en Ontario, au Canada. Équipe Canada a affronté l’Union soviétique dans un tournoi de huit matchs en septembre 1972, remportant la série de façon spectaculaire lors du dernier match. (photo par Macdonald Stewart, avec la permission du Temple de la renommée du hockey)

La série débute au Canada, avec des matchs organisés à Montréal, à Toronto, à Winnipeg et à Vancouver. Les Canadiens, après avoir perdu le premier match, remportent le second, font match nul dans le troisième et perdent le quatrième. À Vancouver, Équipe Canada se fait huer par la foule.

Troisième match de la série du siècle
De gauche à droite : Bill White, Valeri Kharlamov, Pat Stapleton, Boris Mikahilov, Tony Esposito, Paul Henderson et Alexander Maltsev à l’occasion du troisième match de la série du siècle, le 6 septembre 1972 au Winnipeg Arena à Winnipeg, au Manitoba, au Canada. Ce match s’est terminé sur la marque de 4 buts partout. (photo par Frank Prazak, avec la permission du Temple de la renommée du hockey)

La série se poursuit en Europe. À Moscou, les Canadiens perdent le cinquième match, mais font un retour en force, remportant, coup sur coup, les trois matchs suivants et le tournoi du siècle par la même occasion. Toutefois, cette victoire n’est acquise que par la plus étroite des marges, les matchs six à huit de la série n’étant remportés que par un écart d’un but, marqué, à chaque fois, par Paul Henderson. Dans le huitième match, alors qu’il ne reste que 34 secondes en troisième période, il marque, après avoir hurlé à son coéquipier Pete Mahovlich de quitter la glace, avant d’attaquer le rebond du tir de Phil Esposito et de propulser la rondelle au fond des filets soviétiques.

D’un océan à l’autre, les Canadiens se souviennent exactement de l’endroit où ils se trouvaient lorsque Paul Henderson a inscrit son célèbre but. Les rues étaient vides et le pays était comme pétrifié. On estime qu’au moins les deux tiers de la population canadienne ont vu ou entendu le but gagnant du joueur des Maple Leafs au huitième et dernier match.

Le but de Paul Henderson est largement considéré comme le moment le plus important du sport canadien du siècle écoulé. Le Temple de la renommée du hockey a distingué Équipe Canada 1972 comme « la plus grande équipe du 20e siècle ».

Fin de carrière

La série du siècle terminée, Paul Henderson réintègre son équipe des Leafs en vue de la saison 1972‑1973. Mais, comme beaucoup de ses coéquipiers, il ne s’entend pas avec le propriétaire de l’équipe, Harold Ballard. Il participe tout de même à la nouvelle série du siècle de 1974, remportée cette fois par les Soviétiques, avant de quitter la LNH pour partir dans l’Association mondiale de hockey en 1974‑1975. Il joue cinq saisons avec les Toros de Toronto en AMH, une équipe qui deviendra les Bulls de Birmingham, marquant 140 buts durant cette période. En 1979, il est recruté par les Flames d’Atlanta de la LNH, l’année même où cette dernière fusionne avec l’AMH; il partage son temps entre les Flames et les Bulls, qui font alors partie de la Ligue centrale de hockey. Paul Henderson prend sa retraite du hockey professionnel à l’issue de la saison 1980‑1981. Durant sa carrière en LNH, il inscrit un total de 236 buts.

Vie en dehors du hockey

Paul Henderson est marié à Eleanor, son amoureuse depuis l’école secondaire. Le couple a trois filles et sept petits‑enfants. Depuis 1984, Henderson travaille avec LeaderImpact, une organisation chrétienne visant à inspirer et à développer la vie personnelle, professionnelle et spirituelle des dirigeants communautaires. En 2009, il reçoit un diagnostic de leucémie, mais il s’est rétabli depuis.

Distinctions et récompenses

  • Coupe Memorial, Red Wings de Hamilton (1962)
  • Équipe des étoiles de la LNH (1972, 1973)
  • Le but victorieux de la série du siècle de 1972 a été désigné, à la suite d’un vote, comme le « moment sportif du siècle » par la Presse canadienne.
  • Panthéon des sports canadiens (joueur, 1995; équipe de la série du siècle, 2005)
  • Doctorat honorifique en théologie du Tyndale University College and Seminary (2007)
  • Nommé dans l’Allée des célébrités canadiennes comme membre de l’équipe de la série du siècle de 1972 (2012)
  • Membre, Ordre du Canada (2012)
  • Temple de la renommée de la Fédération internationale de hockey sur glace (2013)
  • Ordre de l’Ontario (2014)