Régis Labeaume

Régis Labeaume, dirigeant dans le secteur minier, homme d’affaires, politicien, 37e maire de Québec depuis 2007 (né le 2 mai 1956 à Roberval, au Québec). Depuis dix ans, sous la direction du maire Labeaume, Québec a attiré plusieurs entreprises et des activités de divertissement de tout premier plan, sans toutefois réussir à ramener une très recherchée franchise de la Ligue nationale de hockey.

Jeunesse et début de carrière

Régis Labeaume naît à Roberval sur les bords du lac Saint‑Jean au Québec. Fils de Maurice Labeaume et de Thérèse Bolduc, il étudie la sociologie à l’Université Laval. Après avoir obtenu son diplôme en 1980, il travaille comme attaché politique auprès de Jean‑François Bertrand, alors ministre des Communications du gouvernement provincial dirigé par le Parti Québécois.

De 1985 à 1993, Régis Labeaume exerce les fonctions de président fondateur de la société minière Mazarin. Il est également coauteur d’un ouvrage sur l’innovation dans le secteur minier au Québec intitulé Les innovations dans le monde minier au Québec. Il siège aux conseils d’administration de la société Asbestos et des mines d’amiante Bell.

Régis Labeaume travaille également, durant sa carrière, comme cadre dirigeant pour plusieurs entreprises technologiques dans la région de Québec et en tant que consultant pour des entreprises étrangères qui souhaitent s’établir au Québec. Il exerce les fonctions de président et de directeur général de la Fondation de l’entrepreneuriat, qui a pour vocation de promouvoir une culture de création d’entreprises dans la région de Québec, et est membre des conseils d’administration d’Hydro‑Québec, de la Fondation de l’Université Laval et du Festival d’été international de Québec.

Carrière politique

Régis Labeaume dit avoir voté « oui » aux deux référendums sur la souveraineté du Québec de 1980 et 1995. En 1998, il essaie, sans succès, d’être désigné par le Parti Québécois comme candidat dans la circonscription de Montmorency. Il échoue une nouvelle fois, en 2005, dans sa tentative de devenir chef de Renouveau municipal de Québec, un parti municipal de Québec.

Toutefois, le vent va tourner et ces échecs seront effacés quelques années plus tard. En octobre 2007, deux mois après la mort de la mairesse de Québec, Andrée Boucher, décédée après moins de deux années de mandat, Régis Labeaume annonce son intention de lui succéder et d’être candidat indépendant à la mairie.

Le futur maire explique, dans une entrevue, que sa décision d’entrer en politique municipale a été motivée par le souhait de l’une de ses filles, craignant qu’il n’y ait pas d’avenir pour les jeunes à Québec, d’être scolarisée à Montréal. Menant une campagne s’appuyant sur un programme de développement économique visant à mettre fin à l’exode des jeunes et à favoriser les investissements dans des manifestations de premier plan afin d’insuffler une nouvelle jeunesse et un nouveau dynamisme à la ville, le candidat à la mairie entreprend de modifier cette perception. Régis Labeaume rallie à sa cause les conseillers municipaux indépendants et, lors d’une élection extraordinaire organisée le 2 décembre 2007, il obtient 59 % des suffrages. Il est ensuite réélu maire à deux reprises, en 2009 et en 2013, avec respectivement 80 % et 74 % des voix.

À la mairie

Tout au long de son premier mandat de maire, Régis Labeaume met l’accent sur la promotion de Québec en tant que destination touristique majeure au Canada.

Panorama de Québec
Vue aérienne du Vieux-Québec. Crédit: Jean-François Bergeron, Enviro Foto, Office du tourisme de Québec.
Panorama de Québec
Vue panoramique du Vieux-Québec . Crédit: Luc-Antoine Couturier, Office du tourisme de Québec.

Les célébrations du 400e anniversaire de la capitale provinciale, en 2008, avec notamment au programme des concerts de vedettes comme Paul McCartney et Céline Dion, permettent de braquer l’attention des médias internationaux sur la ville. Sa campagne pour attirer dans la région les touristes et les entreprises s’avère si réussie qu’en 2012, la City Mayors Foundation, un groupe de réflexions et d’études international, lui décerne la quatrième place au classement des maires du monde entier. En 2009, le professeur de communication à l’Université Laval Claude Cossette emprunte la célèbre formule du poète satiriste romain Juvénal pour expliquer le succès du maire de Québec, déclarant au Devoir : « Ce n’est pas compliqué. Il donne aux gens du pain et des jeux »!

Commentaires controversés

Régis Labeaume, surnommé de façon peu amène le « Napoléon de Québec » par ses critiques, adopte souvent un style mordant et haut en couleur et est connu pour susciter la controverse avec ses « petites phrases » et ses commentaires. En novembre 2015, alors que le Canada s’apprête à accueillir 25 000 réfugiés syriens, il déclare que la ville privilégiera les orphelins syriens et les familles avec deux enfants. Il explique aux journalistes : « Les familles, ça fait moins peur au monde que des gars de 20 ans frustrés. » Ultérieurement, il fera marche arrière, précisant qu’il avait eu tort de faire ces commentaires.

Après d’autres remarques ayant suscité une forte indignation, le maire de Québec revient également rapidement sur ses plans d’interdiction des pit‑bulls dans la ville.

Jeux olympiques et hockey

Depuis longtemps, le maire Labeaume souhaite attirer à Québec des manifestations sportives de premier plan. Il envisage de déposer la candidature de la ville pour l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2026; toutefois, le Comité international olympique l’informe, en 2011, que, compte tenu de la trop faible altitude des montagnes voisines, Québec ne pourra pas être choisie.

Régis Labeaume consacre également une grande partie de son énergie, durant son mandat, à tenter de réaliser son rêve de faire revenir une franchise de la Ligue nationale de hockey (LNH) dans la ville. Québec entretient, depuis 1995, date à laquelle les Nordiques de Québec ont déménagé à Denver dans le Colorado pour devenir l’Avalanche du Colorado, une intense nostalgie. Souhaitant aller jusqu’au bout de son ambition pour Québec, il fait le pari que la construction d’un nouvel aréna pour remplacer un Colisée Pepsi, où jouaient les Nordiques, devenu vieillot, facilitera l’obtention de la franchise tant recherchée. Le commissaire de la LNH Gary Bettman déclare que la ville devra remplir deux critères pour avoir une chance d’obtenir une franchise : la construction d’un nouvel aréna en remplacement du Colisée et un solide actionnariat.

Deux mois avant les élections municipales de décembre 2009, Régis Labeaume annonce son intention d’aller de l’avant avec la construction d’un nouvel aréna de 18 000 places à côté de l’ancien Colisée Pepsi, dans le cadre d’un plan pour ramener les Nordiques en ville. Toutefois, le gouvernement fédéral rejette la demande de financement de l’aréna, seuls le gouvernement provincial et la Ville de Québec acceptant de payer pour des coûts estimés à 370 millions de dollars. Quebecor Inc se voit accorder les droits exclusifs d’exploitation de l’aréna, nommé Centre Vidéotron d’après le nom de la filiale du groupe gérant les activités Internet et télévision par câble, à l’occasion d’un contrat n’ayant pas été octroyé par l’entremise d’un processus d’appel d’offres ouvert.

Inaugurée le 12 septembre 2015, la nouvelle enceinte n’a été utilisée, durant sa première année de fonctionnement, que de façon ponctuelle pour des concerts et pour des matchs de ligues mineures de hockey, son exploitation demeurant déficitaire en 2016. La municipalité s’est engagée, dans le cadre de l’entente conclue avec Quebecor, à partager les pertes financières du nouvel aréna. En dépit de la construction de cette nouvelle enceinte qui brille de mille feux, la LNH décide, en juin 2016, de reporter une décision quant à une expansion à Québec et annonce que sa prochaine franchise s’installera à Las Vegas. En réponse à cette décision, le maire de Québec déclare : « Je ne suis pas du genre à déprimer pendant trois mois, alors moi, je suis déjà ailleurs. »

Espoirs de réélection

En avril 2016, le musée Grévin de Montréal annonce qu’il abritera prochainement une statue de cire de Régis Labeaume, qui rejoint ainsi des personnalités politiques québécoises de premier plan comme Jean Drapeau, René Lévesque et Pierre Elliot Trudeau ayant toutes été également ainsi immortalisées.

Le maire Labeaume a exprimé sa volonté de briguer un quatrième mandat lors des élections de 2017.


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