Robert Foulis

Robert Foulis, inventeur, ingénieur civil, peintre (né le 5 mai 1796, à Glasgow, en Écosse ; décédé le 26 janvier 1866, à Saint John, au Nouveau-Brunswick). Robert Foulis est reconnu pour avoir inventé la première corne de brume à vapeur au monde, qui a été installé sur l’île Partridge en 1859. Bien que Robert Foulis n’ait jamais breveté ni même profité de sa création qui a sauvé de nombreuses vies, son invention a aidé les marins perdus dans le brouillard pendant plus d’un siècle.



Robert Foulis

Robert Foulis, courtoisie de Conseil Irma.

Premières années et éducation

Robert Foulis vient d’une famille d’éditeurs de livre renommés à Glasgow. Il étudie d’abord la médecine à l’Université de Glasgow, mais il quitte l’université pour devenir apprenti en ingénierie.

Il travaille ensuite comme portraitiste à Belfast, en Irlande, où il rencontre sa première épouse, Elizabeth Leatham. Elle meurt peu de temps après la naissance de leur fille, Euphemia, en 1817. Ceci pousse Robert Foulis à déménager en Amérique du Nord l’année suivante, laissant sa fille aux soins de sa grand-tante à Édimbourg. Elle le rejoindra plus tard en Amérique du Nord. Alors que Robert Foulis a l’intention de s’établir en Ohio, un temps orageux force son navire à accoster en Nouvelle-Écosse, où des amis écossais le convainquent de rester. Il commence à travailler à Halifax en tant que peintre avant de déménager à Saint John, au Nouveau-Brunswick, en 1822, afin d’y travailler comme ingénieur civil.

Carrière

Robert Foulis établit la fonderie Saint John (entre 1825 et 1831) et une école d’art (en 1838). Il est également un membre fondateur du Mechanics' Institute, où il donne des conférences sur la chimie. Robert Foulis installe également la machinerie du second bateau à vapeur destiné à naviguer sur le fleuve Saint John.

L’intérêt combiné de Robert Foulis pour la géologie et la chimie le mène à s’impliquer dans l’exploitation minière du charbon et de l’albertite. L’albertite est un minerai qui ressemble au charbon. On la trouve dans le comté d’Albert, au Nouveau-Brunswick. Le géologue Abraham Gesner, un contemporain de Robert Foulis, effectue des expériences sur l’albertite. Ces expériences mènent au développement de l’huile de kérosène. Le kérosène est une alternative moins coûteuse que l’huile de baleine, utilisée auparavant dans les lampes à l’huile ( voirÉclairage). En 1852, Robert Foulis fait breveter une lampe qu’il nomme « Illuminating Gas Apparatus » (appareil d’éclairage au gaz). Bien qu’il existe un débat sur celui qui a découvert l’huile de kérosène, Abraham Gesner et Robert Foulis utilisent tous deux l’albertite pour l’éclairage au gaz. À partir de 1852, Robert Foulis aide à convertir le phare de l’île Partridge, à Saint John, au Nouveau-Brunswick, en phare fonctionnant au gaz. Il supervise l’entretien de la source de lumière, qui utilise du gaz comme carburant au lieu de l’huile ou du pétrole.

Invention de la corne de brume

Le 27 septembre 1854, le SS Arctic entre en collision avec le bateau à vapeur français Vesta, à seulement 80km de la côte de Terre-Neuve, en raison d’un épais brouillard. Sur les quelques 400 passagers à bord, moins de 86 survivent: près de 60 membres de l’équipage et environ 24 passagers. Toutes les femmes ainsi que les enfants sont perdus parce que, dans la panique, le protocole « femmes et enfants d’abord » est oublié. Il n’y a pas assez de canots de sauvetage, et de nombreuses personnes utilisent des radeaux de fortune afin de rester à flot. La plupart d’embarcations de fortune disparaissent, et seulement deux des canots de sauvetage atteignent le rivage.


Le grand public est scandalisé lorsque l’histoire sort dans les journaux deux semaines plus tard. En octobre 1854, le New-York Daily Times (maintenant le New York Times) publie « Lessons Concerning Means of Security on Ocean Steamers. » L’article décrit plusieurs façons d’alerter les navires par temps de brouillard. Ces façons incluent le tir de canon et de puissants sifflets à vapeur. La recommandation la plus importante est d’utiliser un système sonore à bord de chaque navire. Ce système sonore émettrait des messages codés qui aideraient les bateaux à vapeur à éviter toute collision lorsque la visibilité est réduite.

Alors qu’il travaille au phare de l’île Partridge, Robert Foulis tombe sur l’histoire de naufrage du SS Arctic dans le journal local. Cette histoire inspire Robert Foulis à chercher une meilleure manière d’avertir les navires en temps de brouillard. Il conclut qu’un sifflet à vapeur utilisant un système de détonations codées pourrait être efficace en tant qu’alarme de brouillard. Chaque emplacement émettrait un code différent afin d’aider les marins à démarquer leur position précise. Durant des années, Robert Foulis fait requête auprès de la Light House Commission pour que son invention soit installée à Saint John. Enfin, en 1859, la première corne de brume à vapeur au monde est installée sur l’île Partridge. Cependant, Robert Foulis n’est reconnu comme étant l’inventeur qu’en 1864, lorsqu’un rapport gouvernemental le confirme.

Corne de brume de l’île Partridge
Cette aquarelle de 1865 par J.C. Myles représente la première alarme de brouillard à vapeur au monde, sur l'île Partridge. Tiré du New Brunswick Times Globe, 5 mai 1998.
Naufrage du SS Arctic
Une représentation de la scène peu avant le naufrage du SS Arctic, montrant le radeau de fortune, plusieurs plus petits radeaux improvisés, et le canot de sauvetage en fuite, par l’artiste James E. Buttersworth (1817-1894), avec la permission de la U.S. Library of Congress/pga.00977.
Collision du SS Arctic et du bateau à vapeur français Vesta
Collision du SS Arctic et du bateau à vapeur français Vesta en 1854, avec la permission du site web Victorian Historian.
Phare de l’île Partridge, 1856
Phare de l’île Partridge, 1856, avec la permission du Musée McCord/1967.25A.

Mort et postérité 

Malgré son invention réussie, Robert Foulis meurt dans la pauvreté le 26 janvier 1866, à Saint John, au Nouveau-Brunswick. En 1898, l’écrivain Percy Hall qualifie Robert Foulis de « génie égaré » dans le New Brunswick Magazine. Il soutient que « dans d’autres conditions, il [Robert Foulis] aurait peut-être connu à la fois la richesse et le pouvoir. » Bien que Robert Foulis n’ait jamais breveté ou profité de sa corne de brume, son invention a été utilisée sur l’île Partridge pendant plus d’un siècle.


Lecture supplémentaire

  • David Johnston et Tom Jenkins, Ingénieux : innovations canadiennes qui ont rendu le monde meilleur, de (2017)

Liens externes