Salamandre

Le nom « salamandre » est un nom commun donné à la plupart des amphibiens à queue (ordre des urodèles). Il en existe environ 410 espèces dans le monde, dont 21 sont indigènes au Canada. On les trouve principalement dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord et les régions tropicales de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud. En Amérique du Sud, d’ailleurs, elles prospèrent et la région compte donc plus d’un tiers des espèces du monde. Au Canada, on trouve les salamandres depuis les Maritimes jusqu’en Colombie-Britannique et, au nord, jusque dans le centre du Labrador et de la Colombie-Britannique septentrionale. On n’en a jamais observé sur l’île de Terre-Neuve.

Le nom « salamandre » est un nom commun donné à la plupart des amphibiens à queue (ordre des urodèles). Il en existe environ 410 espèces dans le monde, dont 21 sont indigènes au Canada. On les trouve principalement dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord et les régions tropicales de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud. En Amérique du Sud, d’ailleurs, elles prospèrent et la région compte donc plus d’un tiers des espèces du monde. Au Canada, on trouve les salamandres depuis les Maritimes jusqu’en Colombie-Britannique et, au nord, jusque dans le centre du Labrador et de la Colombie-Britannique septentrionale. On n’en a jamais observé sur l’île de Terre-Neuve.
Salamandre maculée
Au Canada, on trouve des salamandres des Maritimes à la Colombie-Britannique, du Nord jusqu'au centre du Labrador ainsi que dans le Nord de la Colombie-Britannique.
Lézard et Salamandre
Le Lézard possède une peau sèche, des écailles, une oreille derrière la tête, des griffes, des paupières mobiles et cinq doigts à chacune des quatre pattes. La Salamandre possède une peau humide, n'a pas d'écaille, d'oreille ou d'ongles, mais des paupières à peine mobiles et cinq doigts sur les pattes postérieures et quatre sur les pattes antérieures (oeuvre de Jan Sovak, 1989)
Necture tacheté
Le Necture tacheté aquatique, qui peut mesurer jusqu'à 48,6 cm, est l'une des plus grandes salamandres du Canada (Macmillan Illustrated Animal Encyclopedia).

Taille et longévité

Les salamandres mesurent, selon les espèces, entre 3,9 cm et 180 cm de longueur. Une des plus grosses salamandres du Canada est le necture tacheté (Necturus maculosus), un animal aquatique qui atteint 43 cm de longueur, et la plus petite espèce est la salamandre à quatre doigts (Hemidactylium scutatum), qui mesure entre 5 cm et 9 cm. Une salamandre géante de Chine a vécu jusqu’à l’âge de 52 ans en captivité, et certaines espèces de tritons ont atteint l’âge de 30 ans. Cependant, certaines des plus petites espèces vivent entre une ou quelques années.

Description

La majorité des salamandres ressemblent aux lézards, avec lesquels on les confond parfois. Cependant, les salamandres n’ont pas d’écailles ni de griffes et ont une peau humide et glanduleuse. Les vrais lézards sont des reptiles, sont pourvus de griffes et ont une peau sèche, écailleuse et cornée.

Toutes les salamandres adultes du Canada ont quatre pattes, et trois espèces du sud-est des États-Unis ont seulement des pattes antérieures. Les salamandres diffèrent des cécilies tropicales, amphibiens de l’ordre des gymnophiones, qui n’ont pas de pattes. Les salamandres ont une queue et leurs deux mâchoires sont pourvues de dents. Elles diffèrent ainsi du troisième groupe d’amphibiens, les grenouilles, qui n’ont pas de queue (à l’âge adulte) et dont la mâchoire inférieure est dépourvue de dents.

Les salamandres peuvent percevoir les vibrations, mais sont incapables d’entendre. Elles sont généralement aphones, mais certaines émettent des petits cris aigus. Elles ont deux narines reliées à la bouche, des yeux généralement pourvus de paupières mobiles, une bouche munie de dents fines, une langue qui peut généralement être poussée vers l’avant, un squelette principalement osseux, un cœur à trois chambres avec deux oreillettes et un ventricule. Leur température corporelle dépend de leur milieu. Elles respirent par des branchies, des poumons, la peau et un revêtement dans la bouche, parfois simultanément, parfois séparément. Les membres de la famille des salamandres des ruisseaux, des salamandres pourpres et des salamandres vivant dans les forêts humides (les pléthodontidés) n’ont pas de poumons et respirent par la peau et la bouche.

Reproduction

La fertilisation se fait de façon externe ou interne (interne chez toutes les espèces canadiennes). Lors de la fertilisation interne, le mâle dépose des capsules gélatineuses de sperme, et la femelle les ramasse dans les lèvres de son cloaque (c’est-à-dire une chambre par laquelle passent les œufs). Les œufs sont fertilisés pendant la ponte.

Toutes les espèces canadiennes pondent des œufs. Toutefois, le nombre d’œufs et la période d’incubation varient selon l’espèce. Le necture tacheté, qui passe sa vie entière dans l’eau, pond ses œufs sous des pierres, et les femelles montent la garde. Les tritons verts (Notophthalmus viridescens) aux stades larvaire et adulte vivent dans l’eau, mais dans la plus grande partie de leur aire de répartition, les jeunes quittent l’eau après que leurs pattes ont poussé et passent une année ou plus sur la terre ferme. À ce stade, on les appelle « elfes ». Une fois adultes, ils retournent dans des étangs pour se reproduire. Les salamandres sans poumons, quant à elles, peuvent pondre leurs œufs sous des roches dans l’eau (salamandre à deux lignes) ou dans des endroits humides le long des ruisseaux (salamandre sombre et salamandre pourpre). D’autres pondent leurs œufs dans la sphaigne surmontant les petites étendues d’eau dans les bois (salamandre à quatre doigts), et d’autres encore utilisent des billes de bois humides et pourries (salamandre rayée, salamandre errante et salamandre variable). Certaines espèces (famille des ambystomatidés) déposent leurs œufs dans des étangs sous forme de masses gélatineuses qu’elles attachent aux végétaux. D’autres encore pondent leurs œufs au début du printemps dans des étangs, des fossés et des lacs, tandis que les salamandres des ruisseaux et des forêts ne pondent parfois qu’en été. Les petits qui naissent dans l’eau respirent par des branchies, qu’ils peuvent conserver pendant plusieurs années avant de se transformer en adultes capables de vivre en dehors de l’eau. Certaines espèces (salamandre tigrée et triton vert) conservent, dans des conditions environnementales particulières, les branchies qu’elles avaient au stade larvaire après avoir atteint le stade adulte. Ces adultes ne quittent pas l’eau.

L’identification d’espèces dont les aires de répartition se chevauchent peut s’avérer complexe. Ainsi, chez les espèces du genre Ambystoma, les Ambystoma laterale se croisent à la fois avec les A. jeffersonianum et les A. texanum, et les hybrides résultant d’un croisement entre les A. laterale et les A. texanum peuvent à leur tour se croiser avec les A. tigrinum. On les retrouve alors sur les îles américaines du lac Érié. Tous les croisements produisent des individus triploïdes (c’est-à-dire pourvus d’un ensemble de chromosomes supplémentaire). Ces individus sont en grande majorité des femelles et se reproduisent soit avec les mâles de leurs espèces, mais produisent normalement seulement des femelles triploïdes. Certains croisements créent des individus diploïdes (c’est-à-dire pourvus d’un nombre normal de chromosomes) ou même des individus tétraploïdes ou pentaploïdes. Ces mélanges sont également compliqués par le fait que les hybrides ont des contributions mitochondriales (c’est-à-dire en dehors du noyau cellulaire) d’une autre salamandre, A. barbouri, qui n’est pas présente au Canada et représente une hybridation postglaciaire avant que l’espèce ne se retrouve au nord.

Comportement

Les espèces terrestres de salamandres hibernent durant la saison froide. C’est parce qu’elles sont incapables de survivre à des températures égales ou inférieures au point de congélation et doivent s’enfouir dans la terre ou la litière formée par les feuilles mortes, c’est-à-dire dans les endroits où la gelée ne pénètre pas. La majorité des espèces aquatiques sont probablement actives toute l’année. La plupart des espèces non aquatiques sont actives la nuit, habituellement lorsque le temps est humide ou pluvieux, car l’air sec et le soleil les déshydrateraient rapidement. Pendant la saison de reproduction printanière, les salamandres fouisseuses passent parfois la nuit sur les autoroutes pour se rendre vers les fossés et les étangs, où on peut les observer avec une lampe de poche. Si on retourne doucement des morceaux de bois et des roches dans les ruisseaux, le long de leurs rives ou près d’une source, on y trouve souvent des salamandres des ruisseaux et des salamandres pourpres. Si on retire délicatement la mousse des billes pourries et des souches dans les forêts humides pendant le jour, on peut y découvrir des salamandres des bois.

Alimentation

Toutes les espèces de salamandres sont carnivores. Les plus grosses consomment des vers de terre ainsi que les adultes et les larves de diverses espèces d’insectes. Les plus petites mangent de petits insectes, des larves d’insectes et une variété de petits invertébrés. Les larves de salamandres mangent des têtards, des petites larves de salamandres et des invertébrés aquatiques.

Importance biologique

Les salamandres sont probablement bénéfiques aux industries forestière et agricole puisqu’elles se nourrissent d’insectes nuisibles. Les poissons, les grenouilles, les serpents, les tortues, les oiseaux et les mammifères sont leurs prédateurs naturels. Lorsqu’elles se font capturer, plusieurs espèces de salamandres sont capables de sectionner leur queue. Celle-ci continue de se convulser, ce qui permet à la salamandre de s’échapper pendant que son prédateur est occupé avec la queue. Les salamandres sont capables de régénérer leur queue, mais la partie régénérée est habituellement plus courte que celle d’origine. La majorité des espèces possèdent des glandes cutanées légèrement venimeuses qui peuvent causer de l’irritation à certains animaux. Les tritons, plus particulièrement les espèces de l’ouest, produisent de très fortes sécrétions.

Des établissements scientifiques ramassent un certain nombre de salamandres chaque année à des fins de recherche. Certaines personnes les adoptent aussi comme animaux de compagnie et les mettent dans des terrariums. Les nectures tachetés sont utilisés dans les cours de biologie des universités et des écoles secondaires, et leur capture est réglementée à l’échelle provinciale. Plusieurs espèces de salamandres sont considérées comme menacées en raison de leur population décroissante et parce que leur aire de répartition ou leur habitat est limité, et sont donc protégées par la loi. (Voir aussi Animaux menacés au Canada.)

En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • F.R. Cook, Introduction to Canadian Amphibians and Reptiles (1984); J.W. Petranka, Salamanders of the United States and Canada (1998); A.V. Robertson, C. Ramsden, J. Niedzwiecki, J. Fu and J.P. Bogart, "An Unexpected Recent Ancestor of Unisexual Ambystoma," Molecular Ecology 15:3351 3351 (2006)

Liens externes