Espèces animales disparues au Canada | l'Encyclopédie Canadienne

list

Espèces animales disparues au Canada

En mai 2021, 18 espèces animales autrefois présentes au Canada sont désormais disparues, selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). La définition que donne le Comité d’une espèce sauvage comprend des catégories taxonomiques, ainsi que des populations géographiquement distinctes. Par exemple, étant donné qu’il y a 15 populations de saumons de l’Atlantique au Canada, faisant face à différentes menaces pour leur survie, cette espèce figure 15 fois sur la liste des espèces en péril du COSEPAC. De même, lorsqu’une de ces populations s’éteint, comme cela a été le cas pour le saumon de l’Atlantique dans le lac Ontario en 1898, on assiste à des effets en cascade propres à l’écosystème auquel appartient la population disparue. Les communautés humaines peuvent perdre des possibilités de pêche et les autres animaux une source de nourriture. S’il est vrai que le saumon de l’Atlantique constitue un exemple d’espèce dont il existe encore des populations observables à l’état sauvage, il n’en demeure pas moins que cette liste de 18 espèces comprend également des animaux qui n’existent plus, nulle part sur la planète, comme le vison de mer ou le grand pingouin. Les raisons de l’extinction de ces espèces vont de la chasse excessive à la prédation par des espèces envahissantes en passant, dans le cas de la patelle des zostères, par une épidémie majeure de myxomycose.

Mammifères

  1. Morse de l’Atlantique (Odobenus rosmarus rosmarus), population de l’aire Nouvelle‑Écosse–Terre‑Neuve–Golfe du Saint‑Laurent.

Le COSEPAC évalue trois populations de morse de l’Atlantique. Il a déclaré disparue, en 2017, la population vivant le long des côtes du Québec, du Nouveau‑Brunswick, de l’Île‑du‑Prince‑Édouard, de la Nouvelle‑Écosse et de Terre‑Neuve.

  1. Caribou de Dawson (Rangifer tarandus dawsoni)

La sous‑espèce dawsoni du caribou est connue pour n’avoir vécu que dans la partie nord‑ouest de l’île Graham, sur l’archipel Haïda Gwaii, en Colombie‑Britannique. Cet animal n’a pas été observé depuis les années 1930. Le COSEPAC évalue 10 populations de caribou (Rangifer tarandus) et deux sous-espèces (Rangifer tarandus pearyi et Rangifer tarandus dawsoni).

  1. Grizzli (Ursus arctos), population de l’Ungava

Il y avait deux populations de grizzlis au Canada, l’une originaire de l’ouest du pays, l’autre, connue sous le nom de population d’Ungava, originaire du nord du Québec et du Labrador. Observée pour la dernière fois en 1948, la population de l’Ungava est disparue.

  1. Vison de mer (Mustela Marcodon)

Les chercheurs pensent que le dernier vison de mer a été tué sur l’île Campobello, au Nouveau‑Brunswick, vers 1894. L’aire de répartition de l’espèce s’étendait du Connecticut à la Baie de Fundy et, peut‑être, dans ses limites septentrionales, jusqu’à Terre‑Neuve. Le vison de mer était environ deux fois plus gros que son cousin, le vison d’Amérique (Mustela vison). La chasse excessive, à l’époque de la traite des fourrures, a conduit à l’extinction de l’espèce.

Oiseaux

Great Auk5. Grand pingouin (Pinguinus impennis)

D’une taille d’environ 75 cm, le grand pingouin était le plus grand membre de la famille des alcidés, qui comprend également, parmi d’autres espèces d’oiseaux, les guillemots et les macareux. Les chercheurs pensent que les deux derniers grands pingouins restant sur la planète ont été tués, en Islande, en 1844, par des chasseurs. Appréciée pour sa viande, ses œufs, son huile, sa graisse et ses plumes, l’espèce s’est éteinte du fait d’une chasse excessive. Au Canada, les grands pingouins étaient présents le long des rives du Québec, du Nouveau‑Brunswick, de la Nouvelle‑Écosse et de Terre‑Neuve

6. Eider du Labrador (Camptorhynchus labradorius)

L’eider du Labrador était un oiseau de mer qui nidifiait sur des îles au large du Labrador. Son bec était spécialement conçu pour qu’il puisse se nourrir de moules. Son extinction est probablement le résultat d’un déclin des populations de moules et d’autres coquillages dû à la pollution. Les chercheurs pensent que le dernier eider du Labrador a été observé à Elmira, dans l’État de New York, en 1878.

7. Tourte voyageuse (Ectopistes migratorius)

La tourte voyageuse était présente dans une grande partie du sud du Canada, de la Saskatchewan à la Nouvelle‑Écosse. Il s’agissait de l’espèce la plus nombreuse en Amérique du Nord, avant qu’elle ne s’éteigne, du fait d’une chasse excessive et d’une perte d’habitat. La dernière tourte voyageuse est morte dans un zoo de Cincinnati, en 1914.

Poissons

Atlantic Salmon
8. Saumon de l’Atlantique (Salmo salar), population du lac Ontario

Le COSEPAC évalue 15 populations de saumons. La population du lac Ontario a été observée, pour la dernière fois, en 1898. La colonisation humaine a été la principale raison de l’extinction de cette population, le défrichement des terres pour le bois et l’agriculture ayant modifié les niveaux d’eau et s’étant répercuté négativement sur la qualité de l’eau. Dans le même ordre d’idées, les moulins et les barrages construits pour le commerce du bois interdisaient le passage du saumon en amont.

9. Naseux de rapides de Banff (Rhinichthys cataractae smithi)

Le naseux de rapides de Banff était une sous‑espèce de naseux des rapides présente dans un seul marais du parc national Banff. De petite taille, il atteignait au maximum 5 cm. Cette sous-espèce n’a plus été observée depuis les années 1970 et a été désignée comme disparue en 1986.

10. Doré bleu (Sandre vitreus glaucus)

Le doré bleu, une sous‑espèce du doré jaune, était présente dans les lacs Ontario et Érié, ainsi que dans la rivière Niagara. Victime d’une surexploitation, dans le cadre d’une pêche commerciale, le dernier doré bleu a été capturé en 1965.

11. Cisco de profondeur (Coregonus johannae)

Au Canada, le cisco de profondeur était présent dans le lac Huron, avant que l’espèce ne s’éteigne en 1952. Selon les scientifiques, cette disparition est due à la pêche commerciale et à la prédation par la lamproie (voir également Les espèces envahissantes au Canada : animaux).

12. et 13. Épinoche benthique et épinoche limnétique à trois épines du lac Hadley (Gasterosteus aculeatus)

Évalués séparément par le COSEPAC, ces deux types d’épinoches à trois épines n’étaient présents que dans le lac Hadley sur l’île Lasqueti, en Colombie‑Britannique. L’un de ces deux types (benthique) se nourrissait au fond du lac et l’autre (limnétique) à proximité de la surface. Déclarés éteints en 1999, les deux types ont disparu après l’introduction d’une espèce de poisson‑chat appelée barbotte.

14. Kiyi du lac Ontario (Coregonus kiyi orientalis)

Comme son nom l’indique, le kiyi du lac Ontario n’était présent que dans le lac Ontario. Observée pour la dernière fois en 1964, cette sous‑espèce s’est éteinte en raison de la surpêche et de la prédation par des espèces de poissons introduites (voir aussi Les espèces envahissantes au Canada : animaux).

15. et 16. Grand corégone (Coregonus clupeaformis), populations de petite et de grande taille du lac Cumo

Le COSEPAC évalue six populations de grand corégone présentes en Nouvelle‑Écosse, en Ontario et au Yukon. Parfois, le grand corégone évolue en paires de la même espèce : un type de petite taille et un type de grande taille. Bien que le corégone soit encore présent dans le lac Cumo (situé au nord‑ouest de Sudbury, en Ontario), cette paire d’espèces distincte a été désignée disparue en 2018, le cladocère épineux, une espèce envahissante de zooplancton, ayant modifié le réseau trophique et entraîné le déclin du corégone.

17. Bar d’Amérique (Morone saxatilis), population du Saint‑Laurent

Le COSEPAC évalue trois populations de bar d’Amérique, qui étaient présentes dans le Saint‑Laurent, dans la partie sud du golfe du Saint‑Laurent et dans la baie de Fundy. En 2002, le gouvernement provincial du Québec a réintroduit le bar d’Amérique dans le Saint‑Laurent et a interdit la pêche commerciale et sportive de cette espèce dans le fleuve. Bien que cette population se soit acclimatée dans son nouvel habitat, il ne s’agit pas de la population originale de bar d’Amérique qui y était présente. Le COSEPAC a désigné la population originale de bar d’Amérique du Saint‑Laurent comme disparue en 2019.

Mollusques

18. Patelle des zostères (Lottia alveus alveus)

Les patelles sont des animaux ressemblant à des escargots, avec des coquilles en forme de cône. Lottia alveus alveus était une sous‑espèce de patelle des zostères que l’on trouvait dans le nord de l’océan Atlantique, de New York au Labrador. Elle se nourrissait exclusivement de zostères, une plante aquatique à fleurs. Quand une moisissure myxomycète, appelée Labyrinthula, a causé la disparition des zostères des régions Est et Ouest de l’Atlantique Nord, la patelle des zostères a également disparu et n’a plus été observée depuis 1929.