​Sarah Burke

​Sarah Burke, skieuse acrobatique (née le 3 septembre 1982 à Barrie, ON; décédée le 19 janvier 2012 à Salt Lake City, Utah).

Sarah Burke, skieuse acrobatique (née le 3 septembre 1982 à Barrie, ON; décédée le 19 janvier 2012 à Salt Lake City, Utah). Quadruple médaillée d’or aux X Games au superpipe féminin et championne mondiale de halfpipe, Sarah Burke parvient à convaincre le Comité olympique international d’inclure le slopestyle et le halfpipe au programme de ski des Jeux olympiques d’hiver de 2014 à Sotchi. Sarah Burke connaît une fin tragique le 19 janvier 2012 dans un hôpital de Salt Lake City, neuf jours après avoir subi une sérieuse blessure à la colonne vertébrale lors d’un entraînement de superpipe au Park City Mountain Resort de l’Utah.

Enfance

Sarah Burke grandit dans une famille passionnée par le ski. Sarah adopte ce sport dès l’âge de quatre ans et skie sur une base régulière avec ses parents, Jan et Gord, et sa sœur Anna. À l’âge de 14 ans, Sarah Burke se met à participer à des compétitions de ski sur bosses, et se joint à l’Équipe Ontario en 2000.

Sarah Burke commence à s’intéresser de près au halfpipe pendant qu’elle s’entraîne au ski sur bosses au Horseshoe Valley Resort à Barrie, Ontario. À l’époque, le halfpipe est le domaine des surfeurs des neiges et non celui des skieurs (en effet, le surf des neiges sur halfpipe est une discipline olympique depuis les Jeux olympiques d’hiver de 1998 à Nagano).

En 1999, Sarah Burke se mérite la première place à la compétition nationale junior Big Air à Hull, au Québec, et défend son titre l’année suivante, en 2000, à Whistler, en Colombie-Britannique.

La compétition : un monde masculin

En 2001, Sarah Burke et l’Américaine Kristi Leskinen sont rivales au U.S. Open de Freeski. Elles sont les deux seules femmes parmi tous les participants, et doivent faire mieux que leurs opposants masculins pour espérer l’emporter. Sarah Burke se montre à la hauteur du défi et termine première lors de la compétition de ski de halfpipe, et seconde dans la compétition de slopestyle. Elle se mérite une médaille au U.S. Open les quatre années suivantes, remportant trois nouvelles médailles d’or.

« Au début, les organisateurs des compétitions ne savaient pas trop quoi faire d’elle », a dit la mère de Sarah Burke, Jan Phelan, lors d’une entrevue pour le site Internet du Comité olympique canadien (19 janvier 2013). « Une jeune femme qui pouvait se démarquer parmi ses collègues masculins. Ils ne le savaient pas encore, mais ils avaient affaire à une vraie tigresse. »

Championne du monde 2005

En 2005, le ski de halfpipe féminin fait partie des Championnats du monde de ski acrobatique de la FIS (Fédération internationale de ski) pour la première fois. Sarah Burke obtient un score de 44 points, battant Kristi Leskinen par 4,3 points à Ruka, en Finlande. Sarah Burke bat ainsi dix skieurs représentant le Canada, les États-Unis, la Norvège, la Suède, la Suisse et la Grande-Bretagne.

Le talent de Sarah Burke est manifeste, en particulier aux yeux de l’homme qui allait devenir son entraîneur, Trennon Paynter. Dans une entrevue datant de 2013 avec le Freeskier Magazine, Trennon Paynter se souvient de la manière maladroite dont il a proposé à Sarah Burke de devenir son entraîneur aux Championnats du monde de 2005 :

Elle était déjà une étoile dans l’industrie du ski à l’époque, et était également favorite pour remporter la compétition. Je ne voulais surtout pas que ma proposition de devenir son entraîneur semble sous-entendre qu’elle avait besoin d’aide. Je ne sais pas trop comment, mais je suis arrivé à lui en parler, un peu gauchement. Elle a accepté mon offre, et j’ai passé le reste de la semaine à lui servir d’entraîneur comme au reste de mon groupe.

Elle a remporté la compétition, et je suis certain qu’elle y serait parvenue sans aucune aide, de ma part ou de la part de qui que ce soit. Elle m’a malgré tout remercié pour mon aide; elle avait une grande classe.

Après sa victoire au championnat du monde de 2005, Sarah Burke accumule les victoires internationales au niveau de la FIS. Entre 2006 et 2011, elle remporte cinq Coupes du monde en halfpipe féminin.

X Games

En 2004, Sarah Burke contacte la chaîne ESPN pour discuter de la possibilité d’inclure les femmes aux X Games d’hiver (les X Games, une compétition de sports extrêmes, sont tenus par la chaîne de télévision sportive). ESPN croit au départ qu’il n’y a pas suffisamment de femmes capables de ce genre de performances. Sarah Burke n’est pas d’accord, et dresse une liste de concurrentes potentielles, qu’elle livre elle-même aux organisateurs. En 2005, le superpipe féminin est incorporé au programme des X Games, où Sarah Burke remporte la médaille d’argent. Elle obtient ensuite des médailles d’or aux X Games d’hiver en 2007, en 2008, en 2009 et en 2011, ainsi qu’une autre médaille d’argent en 2006.

En 2007, Sarah Burke se joint à la première équipe nationale canadienne de ski de halfpipe, et devient la première femme à exécuter un 1080 lors d’une compétition (soit trois rotations dans les airs) à la compétition mondiale sur invitation de ski à Whistler, en Colombie-Britannique. En 2007, elle se voit décerner le prix ESPY de la meilleure athlète féminine de sports extrêmes. Le prix lui est remis par ESPN, le réseau avec lequel elle avait négocié, avec succès, trois ans plus tôt.

Convaincre le CIO

Sarah Burke s’est aussi démenée pour convaincre le CIO d’ajouter le halfpipe et le slopestyle au programme de ski des Jeux olympiques d’hiver. Dans le cas du halfpipe, elle fait valoir que l’installation de nouvelles infrastructures ne serait pas nécessaire, puisque le halfpipe est déjà utilisé pour le surf des neiges.

En 2011, le Conseil exécutif du Comité international olympique annonce que le ski de halfpipe et de slopestyle seraient ajoutés au programme olympique (ainsi que le saut à ski féminin, le slopestyle en surf des neiges, le slalom parallèle spécial en surf des neiges, le patinage artistique par équipe, la luge en équipe et le biathlon en équipe).

Décès

Sarah Burke décède de manière tragique le 19 janvier 2012 à Salt Lake City, en Utah, neuf jours après un accident au Park City Moutain Resort en Utah pendant un entraînement en vue des X Games d’hiver de 2012. L’impact déchire une artère vertébrale, l’une de celles qui assure la circulation sanguine au cerveau. Cette blessure cause un arrêt cardiaque, et le manque d’oxygène qui en résulte cause à son cerveau d’irréparables dommages. Son époux Rory Bushfield, skieur professionnel et ancien skieur de bosses au niveau de la Coupe du monde, crée en sa mémoire la Fondation Sarah Burke.

Héritage

Après la mort de Sarah Burke, de nombreux skieurs de la communauté internationale de ski acrobatique portent des autocollants en son honneur sur leur équipement. Aux X Games d’hiver de 2012, ses anciens compétiteurs participent à un cortège aux flambeaux afin de lui rendre hommage.

L’influence de Sarah Burke a également été déterminante au Momentum Ski Camp de Whistler. Ancienne élève du camp, elle y entraîne des skieurs de 2001 à 2011, et met sur pied un camp d’une semaine destiné aux filles. Depuis sa mort, le Momentum Ski Camp, en collaboration avec la Fondation Sarah Burke, offre une bourse annuelle intitulée « Spirit of Sarah » à une jeune skieuse.

Sarah Burke est intronisée au Temple de la renommée olympique du Canada en 2012 et au Temple de la renommée des sports du Canada en 2014. Elle est également honorée par Postes Canada, qui inaugure un timbre commémoratif avant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, en 2014, ainsi que par le gouvernement de l’Ontario, qui rebaptise l’autoroute 93 la Sarah Burke Memorial Highway le 26 mars 2014.

Aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014, Dara Howell de Huntsville, en Ontario, devient la première femme à remporter une médaille d’or olympique pour le ski slopestyle féminin. Dara Howell dédie sa médaille à Sarah Burke :

« J’ai dit l’autre jour que j’espérais sincèrement qu’un Canadien allait remporter la médaille d’or, et que ce serait pour Sarah. Cette médaille est vraiment pour elle. Elle a repoussé les limites de notre sport. Elle a toujours voulu voir réaliser des progrès. Et voir les femmes exécuter les mêmes performances que les hommes… Aujourd’hui, je crois, c’est ce que j’ai réussi à faire. »