Shannen Koostachin

Shannen Noella Jane Koostachin, jeune leader crie, activiste pour l’éducation des Autochtones (née le 12 juillet 1994 dans la Première Nation d’Attawapiskat, en Ontario; décédée le 31 mai 2010 près de Temagami, en Ontario). Shannen Koostachin est à la tête de la campagne Students Helping Students, qui vise à faire construire une nouvelle école dans sa communauté autochtone. Celle-ci devient le plus grand mouvement pour la défense des droits initié par des jeunes dans l’histoire du Canada. La campagne, lancée en novembre 2010 par des enfants d’Attawapiskat, vise à améliorer l’éducation des Autochtones au Canada. Elle existe encore aujourd’hui sous le nom de Rêve de Shannen. (Voir aussi Éducation des Autochtones.)

Shannen Noella Jane Koostachin, jeune leader crie, activiste pour l’éducation des Autochtones (née le 12 juillet 1994 dans la Première Nation d’Attawapiskat, en Ontario; décédée le 31 mai 2010 près de Temagami, en Ontario). Shannen Koostachin est à la tête de la campagne Students Helping Students, qui vise à faire construire une nouvelle école dans sa communauté autochtone. Celle-ci devient le plus grand mouvement pour la défense des droits initié par des jeunes dans l’histoire du Canada. La campagne, lancée en novembre 2010 par des enfants d’Attawapiskat, vise à améliorer l’éducation des Autochtones au Canada. Elle existe encore aujourd’hui sous le nom de Rêve de Shannen. (Voir aussi Éducation des Autochtones.)


Shannen Koostachin

Statue de bronze à l’effigie de l’activiste Shannen Koostachin, sculptée par l’artiste Tyler Fauvelle. Image © Tyler Flauvelle

© Tyler Flauvelle


Jeunesse et éducation

Shannen Koostachin, surnommée Shan Shan, est la troisième des six enfants d’Andrew Koostachin et de Jenny Nakogee. Même très jeune, elle adore aller à l’école. Toutefois, l’école primaire J.R. Nakogee de la communauté isolée d’Attawapiskat, près de la côte de la baie James, est forcée de fermer ses portes en 2000 à la suite de pressions exercées par le public. En effet, le terrain de l’école est contaminé depuis qu’une fuite de diesel survenue en 1979 a été mal nettoyée. Ainsi, la communauté se retrouve sans école primaire convenable et 400 enfants se voient obligés d’étudier dans des roulottes fournies par le gouvernement fédéral.

Shannen Koostachin commence sa maternelle dans ces roulottes (prévues comme une mesure temporaire) où l’isolation et la ventilation sont inadéquates. Lorsque l’enfant entre en 8eannée, les roulottes sont dans un état encore plus déplorable : il fait froid, les souris y ont élu domicile et de la moisissure noire prolifère. Ainsi, des jeunes commencent à décrocher dès la 4e et la 5e année. Malgré sa promesse de construire une nouvelle école dans la communauté, le ministère fédéral des Affaires autochtones et du Nord revient constamment sur sa parole.

Campagne pour une école à Attawapiskat

Shannen Koostachin mobilise ses camarades pour la Campagne pour une école à Attawapiskat, qui cherche à obtenir une école «sécuritaire et confortable». À l’aide de médias sociaux comme YouTube et Facebook, elle encourage les enfants du Canada, autochtones ou non, à écrire des lettres au gouvernement pour demander un changement et l’égalité des chances pour tous les élèves. Trois ministres des Affaires autochtones leur promettent une nouvelle école, soit en 2000, en 2005 et en 2006-2007, mais aucun d’entre eux ne respecte sa parole. En 2008, le ministre Chuck Strahl écrit à la communauté et affirme que le gouvernement n’est pas en mesure de financer une nouvelle école.

La classe de 8e année de la jeune fille décide alors d’annuler son voyage de fin d’année à Toronto et à Niagara Falls et utilise l’argent amassé pour se rendre à Ottawa et demander une nouvelle école. Un groupe d’élèves, dont fait notamment partie Shannen Koostachin, est choisi pour rencontrer Chuck Strahl en mai 2008. Ce dernier répond aux jeunes que le gouvernement fédéral n’a pas les moyens de payer une nouvelle école et qu’il n’a d’ailleurs aucune intention de le faire. Plus tard, Shannen Koostachin prononce un discours sur les marches du Parlement et déclare aux médias qu’elle n’abandonnera pas tant que tous les enfants des Premières Nationss n’auront pas accès à une école convenable.


Campagne Students Helping Students

Shannen Koostachin dirige la plus grande campagne des droits des enfants menée par des jeunes dans l’histoire du Canada : l’initiative Students Helping Students. Ses efforts lui permettent de sensibiliser la population aux mauvaises conditions dans les écoles des Premières Nations. En décembre 2009, le gouvernement s’engage donc finalement à respecter sa promesse de bâtir une nouvelle école à Attawapiskat.

Déménagement pour fréquenter l’école secondaire

À 14 ans, Shannen Koostachin déménage à 600 km de sa communauté pour se rendre à New Liskeard, en Ontario. Elle y rejoint sa sœur aînée, Serena, afin de pouvoir fréquenter l’école secondaire. Elles vivent alors avec Charlie Angus, le député du Nouveau Parti démocratique pour Timmins-Baie James, pendant un an. L’homme écrit plus tard un livre sur l’histoire de l’éducation des Autochtones et la campagne de la jeune fille, intitulé Children of the Broken Treaty: Canada’s Lost Promise and One Girl’s Dream (2015).


Décès

Shannen Koostachin perd la vie en 2010, peu avant son 16e anniversaire, lorsque la fourgonnette dans laquelle elle est passagère entre en collision avec un camion de transport sur l’autoroute 11, près de Temagami, au sud de New Liskeard. L’accident cause également la mort de la conductrice de la fourgonnette, Rose Thornton, âgée de 56 ans. Deux adolescents subissent également des blessures non mortelles.


Le Rêve de Shannen

La campagne de Shannen Koostachin pour améliorer l’éducation offerte aux Autochtones partout au pays existe encore aujourd’hui sous le nom du Rêve de Shannen, un mouvement lancé par des jeunes d’Attawapiskat en novembre 2010. Elle perdure grâce à la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations, un organisme de réseautage national sans but lucratif fondé en 1998 à Ottawa. La Société compte parmi ses objectifs la promotion d’une bonne éducation pour les enfants des Premières Nations. (Voir aussi Éducation des Autochtones.)

En février 2012, six jeunes des Premières Nations se présentent devant le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, à Genève, en Suisse, pour décrire, entre autres, les conditions dans les écoles des Premières Nations. Le même mois, la Chambre des communes adopte à l’unanimité une requête proposée par Charlie Angus visant à éliminer le déficit de financement par rapport aux élèves des Premières Nations et à leur offrir une éducation de qualité.

Shannen Koostachin laisse en héritage une nouvelle école à Attawapiskat, l’école primaire Kattawapiskak. L’école, dont la construction commence le 22 juin 2012 (le jour où elle aurait obtenu son diplôme), ouvre ses portes le 8 septembre 2014.

En 2013, l’Office national du film produit Hi-Ho Mistahey! («Je t’aime pour toujours» l’une des expressions préférées de la jeune femme), un long métrage documentaire racontant l’histoire du Rêve de Shannen. Un autre documentaire intitulé Shannen’s Dream (Le Rêve de Shannen) porte quant à lui sur les efforts et la campagne de l’adolescente pour améliorer l’éducation et les écoles dans les communautés autochtones.

Le saviez-vous?
Shannen Koostachin a été immortalisée par DC Comics, qui s’est inspiré d’elle pour créer une héroïne de la Ligue des Justiciers du nom d’Equinox. Celle-ci apparaît dans une histoire en cinq numéros de la série Justice League Canada en 2014.

Reconnaissance

L’activisme de Shannen Koostachin est reconnu de plusieurs manières aux échelles nationale et internationale. En 2008, elle reçoit une nomination pour le Prix international de la paix destiné aux enfants, décerné à un jeune ayant travaillé pour améliorer la vie des enfants partout dans le monde. En 2012, l’adolescente reçoit à titre posthume le Prix de la clause 12, remis par la Coalition canadienne pour les droits des enfants. (Voir aussi Droits de la personne.)

Une statue de bronze de 1,4 mètre à l’effigie de Shannen Koostachin, créée par l’artiste de Sudbury Tyler Fauvelle, est dévoilée à New Liskeard en 2015. Reposant sur un socle de granite, elle la représente en train de danser et portant des ornementations autochtones de pow-wow. Des symboles de son héritage cri y figurent également. Des bancs en forme de papillon sont installés tout près. Un documentaire réalisé en 2017, Butterfly Monument: A Tribute to Shannen Koostachin (Monument papillon : hommage à Shannen Koostachin), raconte la création de la statue. La même année, la jeune femme obtient une place parmi les 150 Canadiens les plus influents, sélectionnés dans le cadre du 150e anniversaire du Canada. En 2019, une nouvelle école à Hamilton, en Ontario, est nommée en son honneur : l’école primaire Shannen Koostachin.