The Sweet Hereafter (De beaux lendemains)

L’un des films canadiens les plus primés de tous les temps, The Sweet Hereafter d’Atom Egoyan, sorti en 1997, a été sélectionné pour seize prix Génie et en a remporté huit, notamment dans les catégories Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur acteur. Il a également obtenu trois récompenses majeures au Festival de Cannes et a été sélectionné aux Oscars dans les catégories Réalisateur et Scénario adapté. Largement considéré comme l’un des meilleurs films canadiens jamais réalisés, The Sweet Hereafter a été élu meilleur film canadien de tous les temps en 2002 par le magazine Playback lors d’un sondage conduit auprès de ses lecteurs. Il s’est également hissé parmi les cinq premiers rangs dans la liste des dix meilleurs films canadiens de tous les temps établie par le Festival international du film de Toronto (TIFF) en 2004 et 2015. Le film est classé parmi 150 œuvres essentielles de l’histoire du cinéma canadien lors d’un sondage similaire mené en 2016.

Ian Holm (\u00e0 gauche) et Sarah Polley dans The Sweet Hereafter
On avait \u00e0 l'origine choisi Donald Sutherland pour camper le personnage principal; toutefois, celui-ci s'étant retiré du film dix jours avant le début du tournage, c'est Ian Holm qui le remplace.

Synopsis

Réalisé d’après le livre de Russell Banks traduit en français sous le titre De beaux lendemains, The Sweet Hereafter raconte les événements fictifs qui précèdent et suivent un accident d’autobus scolaire ayant tué 14 enfants dans une petite ville de l’intérieur de la Colombie‑Britannique. L’histoire suit les familles dont la vie est irrémédiablement bouleversée et un avocat de la grande ville, Mitchell Stephens, interprété par Ian Holm, qui espère les convaincre d’accepter qu’il les représente afin d’engager une action collective en justice. Dans l’atmosphère de soupçon, de culpabilité et de doute qui s’ensuit, une adolescente survivante, interprétée par Sarah Polley, qui a perdu l’usage de ses jambes dans l’accident, retrouve sa force et sa dignité et, en racontant un mensonge, réunit la communauté.

Contexte

Le roman de Russell Banks s’inspire d’un accident d’autobus survenu en 1989 à Alton au Texas au cours duquel 21 enfants ont perdu la vie et qui a débouché sur une série de transactions lucratives ayant profondément désuni les résidents de la petite ville. La lecture du livre, offert par sa femme Arsinée Khanjian pour son anniversaire, convainc pleinement Atom Egoyan de l’adapter; toutefois, il découvre que Fox Searchlight a déjà déposé une option sur le roman pour son adaptation cinématographique. Une amie commune, l’auteure Margaret Atwood, organise une rencontre entre le réalisateur et l’auteur des Beaux lendemains à la suite de laquelle Atom Egoyan acquiert les droits auprès de Russell Banks après le rejet par Searchlight du scénario que l’entreprise avait commandé et l’expiration de l’option qu’elle avait prise sur le livre.

The Sweet Hereafter est le premier scénario adapté par Atom Egoyan à partir d’une source extérieure. Contrairement au roman dont l’action se situe dans le nord de l’État New York, le film se passe dans une petite ville de la Colombie-Britannique intérieure. En outre, la structure narrative est réordonnée de façon non linéaire et des lectures du Joueur de flûte d’Hamelin servent à délimiter le cadre du récit. Donald Sutherland devait à l’origine interpréter le rôle de Mitchell Stevens; toutefois, il se retire du film dix jours avant le début du tournage et est remplacé par Ian Holm.

Analyse

L’adaptation par Atom Egoyan du récit complexe de Russell Banks, une histoire de culpabilité et de rédemption, est racontée, dans le film, à partir de multiples points de vue et la distribution, avec notamment Bruce Greenwood, Tom McCamus, Maury Chaykin et Arsinée Khanjian, est impeccable. C’est toutefois la performance centrale de Ian Holm dans le rôle de l’avocat, figure tragique remplie de failles, qui ressort de l’ensemble et qui, agissant comme un aimant, donne son unité au film. The Sweet Hereafter parle de gens qui, bien que vivants, sont déjà morts et continuent, cependant, à vivre une vie de laquelle tout espoir et toute signification ont disparu. Il s’agit d’une lamentation stoïque sur la condition humaine, d’un récit empreint d’une profonde tristesse et d’une réelle tendresse pour les personnages dont la fin envoie, notamment, un coup de poing émotionnel au spectateur.

Réception critique

The Sweet Hereafter est quasi unanimement encensé par la critique. Time décrit le film comme « plein de gravité, subtilement structuré, merveilleusement joué et, finalement, totalement hypnotique ». Roger Ebert en parle comme de « l’un des meilleurs films de l’année, une lamentation stoïque sur la condition humaine ». Entertainment Weekly dit du film qu’il « laisse [le spectateur] à la fois ébranlé et totalement enthousiaste, transporté par la vision d’un cinéaste majeur ». Janet Maslin, du New York Times, écrit « qu’en dépit de toutes les souffrances qu’il décrit avec éloquence, ce film est également porteur de l’ivresse d’une vision artistique à la pureté cristalline ».

Aux États-Unis, le bouche-à-oreille fonctionne à merveille, permettant à Atom Egoyan d’être sélectionné dans deux catégories aux Oscars en dépit de recettes au guichet inférieures à quatre millions de dollars en Amérique du Nord. Cependant, The Sweet Hereafter est également à l’origine d’un certain nombre de controverses, plusieurs critiques émettant des réserves quant à la description de la relation incestueuse entre Nicole et son père, interprété par Tom McCamus, qu’ils perçoivent comme étant présentée de façon trop consensuelle.

\u00c0 sa sortie, The Sweet Hereafter a droit \u00e0 un chaleureux accueil critique. Le film engrange \u00e0 peine 3 millions de dollars au box-office nord-américain; en revanche, il est mis en nomination pour l'oscar du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation cinématographique.

Distinctions et héritage

L’un des films canadiens les plus primés de tous les temps, The Sweet Hereafter remporte huit prix Génie, notamment dans les catégories Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur acteur (Ian Holm). Il est également sélectionné aux Oscars dans les catégories Meilleur réalisateur et Meilleur scénario adapté, Atom Egoyan devenant le premier Canadien à être sélectionné dans la catégorie Meilleur réalisateur pour un film canadien. En 1997, il obtient également le prix du meilleur long métrage canadien au Festival international du film de Toronto et trois récompenses majeures au Festival de Cannes.

The Sweet Hereafter se classe au 11e rang de la liste des 25 films les plus « dangereux » jamais réalisés établie par le magazine Premiere, ces films étant définis comme « des expériences galvanisantes mettant sans détour le spectateur face à toutes ces choses dont Hollywood suppose que le public ne veut pas entendre parler lorsqu’il va au cinéma… autrement dit des expériences souvent désagréables, mais qui permettent d’élargir le champ de la conscience individuelle ».

Il est élu meilleur film canadien de tous les temps en 2002 par le magazine Playback, et se classe parmi les cinq premiers rangs des 10 meilleurs films canadiens de tous les temps du Festival international du film de Toronto (TIFF) en 2004 et en 2015. En 2016, il est classé parmi 150 œuvres essentielles de l’histoire du cinéma canadien dans le cadre d’un sondage auprès de 200 professionnels des médias mené par le TIFF, Bibliothèque et Archives Canada, la Cinémathèque québécoise et la Cinematheque de Vancouver en prévision des célébrations entourant le 150e anniversaire du Canada en 2017.

Voir aussiLongs métrages canadiens.

Récompenses

Prix Génie 1997

Meilleure photographie (Paul Sarossy)

Meilleur montage (Susan Shipton)

Meilleure musique originale (Mychael Danna)

Meilleur son (Ross Redfern, Daniel Pellerin, Keith Elliott, Peter Kelly, Tony Van Den Akker)

Meilleur montage sonore (Sue Conley, Steve Munro, Andy Malcolm, Goro Koyama, David Drainie Taylor)

Meilleur acteur (Ian Holm)

Meilleur réalisateur (Atom Egoyan)

Meilleur film (Camelia Frieberg, Atom Egoyan)

Autres

Prix FIPRESCI, Festival de Cannes (1997)

Grand prix du jury, Festival de Cannes (1997)

Prix du jury œcuménique, Festival de Cannes (1997)

Meilleur long métrage canadien (ex aequo avec The Hanging Garden), Festival international du film de Toronto (1997)

Meilleur film canadien ou vidéo de plus de 60 minutes (ex aequo avec The Hanging Garden), Atlantic Film Festival (1997)

Meilleure actrice dans un second rôle (Sarah Polley), prix de la Boston Society of Film Critics (1997)

Meilleur film, Festival international du film de Fort Lauderdale (1997)

Golden Spike, Festival international du film de Valladolid (1997)

Prix du jury de la jeunesse, Festival international du film de Valladolid (1997)

Meilleur acteur (Ian Holm), prix du Kansas City Film Critics Circle (1997)

Meilleur film, prix de la Society of Texas Film Critics (1997)

Meilleur réalisateur (Atom Egoyan), prix de la Society of Texas Film Critics (1997)

Meilleure performance d’ensemble d’une distribution, National Board of Review (1997)

Dix meilleurs films, National Board of Review (1997)

Meilleur film, prix de l’Association des critiques de films de Toronto (1998)

Meilleur film canadien, prix de l’Association des critiques de films de Toronto (1998)

Meilleur acteur (Ian Holm), prix de l’Association des critiques de films de Toronto (1998)

Meilleur réalisateur (Atom Egoyan), prix de l’Association des critiques de films de Toronto (1998)

Prix de la WGC (Atom Egoyan), Writers Guild of Canada (1998)

Meilleur film étranger, Independent Spirit Awards (1998)


The Sweet Hereafter

Pays

Canada

Année

1997

Durée

110 min

Langue

Anglais

Réalisation

Atom Egoyan

Production

Camelia Frieberg,

Atom Egoyan

Scénario

Atom Egoyan

Photographie

Paul Sarossy

Montage

Susan Shipton

Son

Steven Munro

Musique

Mychael Danna

Interprétation

Ian Holm,

Bruce Greenwood,

Alberta Watson,

Sarah Polley,

Tom McCamus,

Maury Chaykin,

Gabrielle Rose,

Arsinée Khanjian

Maison de production

Ego Film Arts

Lecture supplémentaire

  • Wyndham Wise, dir., Take One's Essential Guide to Canadian Film (University of Toronto Press, 2001).