Sir Frederick Grant Banting, KBE, C.M., MSR, FRSC, codécouvreur de l’insuline, lauréat du prix Nobel, scientifique médical et peintre (né le 14 novembre 1891 à Alliston, en Ontario; décédé le 21 février 1941 près de Musgrave Harbour, à Terre-Neuve). Frederick Banting est célèbre pour avoir découvert l’insuline. Après sa découverte de l’insuline, il devient le premier Canadien à être nommé professeur de recherche médicale à l’Université de Toronto. Il fut également un peintre amateur accompli qui a entretenu des liens avec A.Y. Jacksonet le Groupe des sept.

Formation et début de carrière

Frederick Banting est le plus jeune des six enfants de William Thompson Banting et de sa femme Margaret Grant. D’origine britannique et de religion méthodiste, les Banting font partie d’une vaste famille d’agriculteurs travailleurs, stricts et prospères de la région d’Alliston, à environ 60 km au nord de Toronto, en Ontario.

Frederick Banting grandit comme n’importe quel autre enfant sur la ferme de ses parents. Plutôt timide et studieux, il parvient à accomplir un cursus scolaire difficile, termine ses études secondaires et entre à l’Université de Toronto où il nourrit le vague projet de devenir un pasteur chrétien. Il n’obtient pas les notes suffisantes pour continuer à l’issue de sa première année en arts généraux à l’Université de Toronto et s’inscrit alors à la Faculté de médecine.

Frederick Banting est un étudiant en médecine calme et discret, qui obtient des notes légèrement supérieures à la moyenne. Il déclarera plus tard que sa formation médicale a été très insuffisante, en partie parce que sa dernière année d’étude a été condensée. La promotion qui doit sortir en 1917 voit en effet ses cours accélérés, les étudiants recevant leur diplôme en 1916 à cause du besoin urgent de médecins pour soutenir l’engagement dans la Première Guerre mondiale. Encore étudiant, Frederick Banting s’enrôle dans le Corps de santé royal canadien et une fois diplômé, il est envoyé à l’étranger à titre d’officier de médecine.

Première Guerre mondiale

Frederick Banting travaille dans plusieurs hôpitaux militaires en Angleterre où il commence à s’intéresser à la chirurgie et à la recherche. Au cours de l’été 1918, Il est envoyé en France en tant qu’officier de médecine de bataillon. Il est témoin de violents combats lors des dernières grandes batailles de la guerre et il est blessé au front en septembre, à Cambrai, par des éclats d’obus. Le capitaine Banting va alors récupérer en Angleterre. Il reçoit la Croix militaire pour sa bravoure au combat et revient au Canada en 1919.

Médecine générale

Frederick Banting suit pendant un an une formation de chirurgien à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, mais ne parvient pas à obtenir un poste permanent dans un hôpital de cette ville. Il décide alors d’ouvrir un cabinet de médecine générale et de chirurgie à London, en Ontario, en juillet 1920. Découragé par la lenteur avec laquelle son cabinet progresse, il prend un poste à temps partiel comme démonstrateur en physiologie à l’Université de Western Ontario.

Découverte de l’insuline

Le 31 octobre 1920 au soir, après avoir lu un article dans un journal de médecine alors qu’il prépare une présentation qu’il s’apprête à faire devant des étudiants en médecine, Frederick Banting couche sur papier une idée de recherche : isoler une sécrétion interne du pancréas qui pourrait bien être la cure contre le diabète, longtemps cherchée par d’autres scientifiques. Le lendemain matin, il discute l’idée avec F.R. Miller, un professeur de physiologie à l’Université Western Ontario, qui lui conseille de chercher à obtenir le soutien de l’Université de Toronto pour son projet de recherche. Le 17 mai 1921, Frederick Banting entame ses travaux sous la direction de John J.R. Macleod, assisté par Charles H. Best.

Les expérimentations menées par Frederick Banting et de Charles Best durant l’été et l’automne 1921 sont conduites de manière grossière, et ne confirment pas l’hypothèse du chercheur, qui est incorrecte sur le plan physiologique. Frederick Banting a quitté London et misé tous ses maigres biens sur ses travaux de recherche à Toronto. Avec Charles Best, il parvient tout de même à obtenir des résultats suffisamment probants en traitant certains symptômes chez des chiens diabétiques pour que John Macleod approuve la poursuite des travaux et l’élargissement de l’équipe de recherche.

Après une période d’activités frénétiques, souvent conflictuelles, dont l’enjeu est la vie de nombreux êtres humains et une potentielle renommée scientifique, les expériences réalisées à Toronto culminent durant l’hiver 1921-1922 avec la découverte de l’insuline. Lors de l’annonce de la découverte, à Washington, D.C., le 3 mai 1922, l’équipe de recherche est composée de Frederick Banting, Charles Best, John Macleod et James B. Collip et trois autres collaborateurs.

Prix Nobel et autres distinctions honorifiques

L’insuline s’avère immédiatement efficace, de manière spectaculaire, non pas comme une cure, mais comme une puissante thérapie contre le diabète, qui permet de sauver des vies. Frederick Banting est célébré comme le principal découvreur de l’insuline parce que c’est son idée qui a motivé le lancement des travaux de recherche et parce qu’il a joué un rôle de premier plan lors des premières utilisations de l’insuline.

Avec ses partisans, il engage une campagne visant à discréditer ses collaborateurs principaux, John Macleod et James Collip, qu’il suspecte d’avoir essayé de s’approprier le projet et avec lesquels il ne s’entend pas pour des raisons de tempérament. John Macleod est un scientifique prudent et sceptique tandis que Frederick Banting est un chercheur enthousiaste, entier et agressif. Pendant des années, le rôle important joué par John Macleod et James Collip dans la découverte de l’insuline sera éclipsé par des histoires romancées et trompeuses relatant des travaux de recherche héroïques menés par Frederick Banting et Charles Best.

Le Comité du prix Nobel, en Suède, reconnaît pour sa part la contribution de Frederick Banting aussi bien que celle de John Macleod à cette importante découverte. Lorsqu’il apprend qu’il devra partager le prix Nobel de 1923 en physiologie ou médecine avec John Macleod, Frederick Banting fait don de la moitié de sa récompense à Charles Best. John Macleod fait de même avec James Collip. Frederick Banting reçoit une rente viagère de la part du gouvernement du Canada, en plus d’être le premier Canadien nommé professeur de recherche médicale à l’Université de Toronto. Fait chevalier en 1934, Frederick Banting est également membre de la Société royale (Londres) et membre de la Société royale du Canada.

Recherches ultérieures

Plus jeune lauréat du prix Nobel de médecine de tous les temps, le Dr Banting devient un héros populaire des années 1920 et certainement le plus célèbre des Canadiens. Tout le monde attend qu’il vienne à bout d’autres maladies. Ces attentes pèsent lourd sur les épaules d’un chercheur qui manque beaucoup d’assurance et de formation et qui tient surtout à prouver que sa découverte de l’insuline n’est pas un coup de chance.

Dans les années 1920, sa collaboration avec Charles Best étant terminée, Frederick Banting se tourne vers la recherche sur le cancer. Il n’arrive cependant à rien dans ce domaine, si ce n’est à accumuler de la frustration. D’étranges explorations consistant par exemple à étudier la gelée royale ou à ressusciter les victimes de noyade ne l’amènent nulle part. Le groupe de jeunes scientifiques qu’il supervise au Département de recherche médicale de l’Université de Toronto parvient néanmoins à effectuer des travaux utiles sur la silicose (une maladie professionnelle des poumons) et d’autres problèmes.

À la fin des années 1930, l’importance de Frederick Banting au niveau national et son enthousiasme pour la recherche le propulsent à la tête de la recherche médicale au Canada. Avec la guerre qui se dessine à l’horizon, Frederick Banting s’intéresse fortement à la médecine aéronautique et aux problèmes liés aux armes chimiques et bactériologiques. Il est responsable des premiers efforts de recherche du Canada dans ces domaines.

Frederick Banting est officier en chef de liaison du Canada avec les chercheurs britanniques au début de la Deuxième Guerre mondiale. En février 1941, il décide de se rendre une nouvelle fois en Angleterre et s’arrange pour monter à bord d’un bombardier Hudson amené de Terre-Neuve au Royaume-Uni.

Après avoir décollé de Gander avec une mauvaise météo, l’avion a des problèmes de moteur. Il fait demi-tour, mais s’écrase à côté d’un étang à Terre-Neuve. Mortellement blessé, le major Frederick Banting décède avant l’arrivée des secours. Les diverses histoires portant sur un éventuel sabotage de l’avion et une supposée mission exceptionnellement importante de Frederick Banting n’ont jamais été prouvées.

Personnalité

Frederick Banting possède la perspicacité et le sens aigu d’intégrité et de devoir de ses ancêtres, mais il n’a que peu de formation et d’expérience en tant que chercheur. Il se fait donc mal à l’immense célébrité qui accompagne son statut de découvreur de l’insuline. La pression qui a accompagné ses travaux de recherche sur l’insuline a bien failli avoir raison de lui. Plusieurs fois, il déclare à ses amis qu’il envisage de se suicider si ses efforts ne sont pas couronnés de succès. Ce stress est également responsable de la fin de l’histoire d’amour de sa vie – sa relation avec Edith Roach, son amour de jeunesse, puis sa fiancée, avec laquelle il rompt puis se réconcilie plusieurs fois.

Frederick Banting a toujours éprouvé de la difficulté à trouver un certain degré d’harmonie en lui-même et à se comporter élégamment avec son entourage. En 1924, il épouse Marion Robertson, une technicienne des rayons X pleine d’entrain qui travaille à l’Hôpital général de Toronto. Mais le couple se rend vite compte que ce mariage est une erreur, compte tenu de leurs personnalités et de leurs opinions bien différentes sur le mariage. Le couple aura néanmoins un enfant, leur fils William Robertson, né en avril 1929. Le mariage finit cependant par s’effondrer et ils divorcent en 1932, après des allégations d’adultère et d’abus. Frederick Banting a horreur d’être sous le feu des projecteurs, en particulier après la publication dans les journaux des détails de son divorce sensationnel.

En 1939, Frederick Banting épouse Henrietta « Henrie » Ball, une étudiante diplômée en science de l’Université de Toronto, qui travaille dans son département. Cette brève union se termine cependant avec la mort de Frederick Banting, en 1941.

Certains de ses amis les plus proches pensent que le Dr Banting aurait été plus heureux s’il avait pu épouser son premier amour, Edith, et passer sa vie comme médecin de campagne dans un petit village.

Peintre amateur

Frederick Banting est cependant parvenu à s’épanouir dans la peinture. Membre de l’Arts and Letters Club of Toronto, il finit par connaître la plupart des membres de l’école canadienne des artistes paysagers qui forment à l’époque le Groupe des sept. Il adopte leur technique, leur vie élégante et bohémienne (souvent ponctuée de réunions entre hommes et de consommation excessive d’alcool) et leur sens aigu du nationalisme canadien. Frederick Banting et A.Y. Jackson, qui fait partie du Groupe, font plusieurs sorties pour faire des croquis ensemble. L’influence de Jackson est si forte qu’il est difficile de différencier certaines de leurs œuvres. Frederick Banting parle souvent de son désir de prendre sa retraite et de passer son temps à peindre.

Au cours des dernières années, les croquis et les huiles de Banting se sont souvent vendus pour plusieurs dizaines de milliers de dollars. Tout comme sa carrière médicale, les peintures de Frederick Banting reflètent à la fois une capacité naturelle et la chance d’avoir pu travailler avec des associés plus talentueux.

Héritage

Frederick Banting reste un des Canadiens les plus réputés du monde. L’immense communauté internationale des diabétiques a exprimé sa gratitude pour la découverte de l’insuline en nommant un nombre incalculable de prix, de présentations, de médailles et d’autres événements en l’honneur de Frederick Banting. Plusieurs écoles canadiennes et un cratère de la Lune portent son nom et il reste toujours proche de la première place lors des sondages sur les « Canadiens les plus fameux ». Le lieu historique national du Canada de la Maison-Banting à London, en Ontario, où il a eu son idée géniale, a été préservé sous la forme d’un musée et lieu de divertissement, tout comme la propriété des Banting à Alliston, en Ontario.