Angela Chalmers

Angela Frances Chalmers, coureuse de fond de niveau international de la Première Nation Birdtail Sioux (née le 6 septembre 1963, à Brandon, au Manitoba). Angela Chalmers est l’une des athlètes autochtones canadiennes les plus accomplies. Elle a remporté trois médailles d’or, en carrière, aux Jeux du Commonwealth, en 1990 et en 1994. Défenseure des Autochtones dans de nombreux domaines, elle s’est toujours efforcée d’établir des relations avec la jeunesse autochtone, partout au Canada, et d’être pour elle une source d’inspiration. Parmi les nombreuses récompenses et les nombreux honneurs qu’elle a reçus, elle a été intronisée au Temple de la renommée d’Athlétisme Canada, en 2019.



Angela Chalmers (sur la droite) lors de sa victoire, pour le Canada, sur 3000 m, aux Jeux du Commonwealth de 1994, à Victoria, en Colombie-Britannique.

Jeunesse

La mère d’Angela Chalmers est une Sioux (voir aussi Dakota) et son père un militaire d’origine écossaise. Dans sa jeunesse, elle habite dans différentes villes, notamment Shilo, au Manitoba, ainsi que Nanaimo et Victoria, en Colombie‑Britannique. Elle a l’habitude de courir contre ses frères, et ces premières courses lui apprennent à se dépasser pour gagner. Elle a, un jour, expliqué : « Jeune, j’ai appris à être tenace, à avoir l’esprit de compétition et à vouloir réussir. Ce sont ces qualités qui expliquent, en premier lieu, les raisons de ma réussite. Ces compétences mentales m’ont permis d’exploiter au mieux mes qualités physiques. »

Angela Chalmers commence sa carrière à l’école secondaire Neelin à Brandon, en 1979, remportant les courses du 400 m, du 800 m et du 1 500 m aux championnats provinciaux des écoles secondaires. À sa sortie de l’école secondaire, elle obtient une bourse sportive pour aller étudier à la Northern Arizona University, à Flagstaff, en Arizona, aux États‑Unis. Là, elle est choisie pour faire partie, à huit reprises, de la sélection virtuelle des meilleurs athlètes aux États‑Unis; elle remporte, en 1986, la médaille d’or au championnat de cross‑country de la National Collegiate Athletic Association (voir aussi Athlétisme).

Premières compétitions majeures

Angela Chalmers commence à se faire connaître, à l’échelon national, à l’occasion des Jeux d’été du Canada de 1981, organisés à Thunder Bay, en Ontario. Membre de l’équipe du Manitoba, elle remporte deux médailles d’argent individuelles, au 800 m et au 1 500 m, ainsi qu’une médaille d’or au relais 4 x 400 m.

Angela Chalmers ne réussit pas à se qualifier pour les Jeux olympiques d’été à Los Angeles, en Californie, en 1984, mais elle remporte, l’année suivante, la médaille de bronze au 3 000 m, aux Universiades d’été, à Kobe, au Japon.

Angela Chalmers participe aux Jeux panaméricains de 1987, à Indianapolis, dans l’Indiana, aux États‑Unis, décrochant l’argent sur 3 000 m. Un an plus tard, lors des Jeux olympiques d’été de 1988, à Séoul, en Corée, elle s’aligne dans les épreuves du 1 500 m et du 3 000 m, sans, toutefois, remporter de médaille.

Le saviez‑vous?

En langue sioux, Angela Chalmers s’appelle Dusmanwe, ce qui signifie « Marche vite femme » (voir aussi Langues autochtones au Canada).


Apogée sportif

Angela Chalmers se fait un nom, sur la scène internationale, lors des Jeux du Commonwealth, en 1990, à Auckland, en Nouvelle‑Zélande, où elle met la main sur deux médailles d’or, dans le 3 000 m, le 28 janvier, puis dans le 1 500 m, le 3 février, ce qui fait d’elle la première athlète à inscrire son nom au palmarès de ces deux épreuves.

À l’occasion des Jeux olympiques d’été de Barcelone, en Espagne, éliminée en demi‑finale du 1 500 m, Angela Chalmers réussit à décrocher la médaille de bronze sur le 3 000 m. Pour elle, cette performance revêt une importance toute particulière, puisqu’elle avait promis à son père, avant son décès en 1984, qu’elle réussirait dans sa carrière sportive. Elle a, un jour, expliqué, à cet égard : « Mon père a eu une grande influence dans ma vie… Je lui ai dit, quand il était à l’hôpital, que je voulais lui prouver que je pouvais y arriver. »

En 1994, Angela Chalmers décroche l’or sur 3 000 m aux Jeux du Commonwealth de Victoria, en Colombie‑Britannique, son temps de 8 min 32 sec 17/100 lui valant d’établir un record national canadien et un record des Jeux du Commonwealth sur cette distance. Elle défile en tête de l’équipe canadienne lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux du Commonwealth, le 18 août, au stade Centennial de Victoria.

Angela Chalmers

Angela Chalmers portant le drapeau du Canada, aux Jeux du Commonwealth de 1994, à Victoria, en Colombie‑Britannique.

Cette même année, Angela Chalmers décroche la médaille d’or sur 1 500 m, lors de la finale du Grand Prix, à Paris, en France. Toujours en 1994, elle met également la main sur la médaille d’argent, dans l’épreuve du 1 500 m, lors de la Coupe du monde de l’Association internationale des Fédérations d’athlétisme (AIFA), à Londres, en Angleterre.

En août 1995, Angela Chalmers termine quatrième sur cette distance aux Championnats du monde de l’AIFA, à Göteborg, en Suède, échouant à seulement cinq petits centièmes de seconde de la médaille de bronze. Elle est choisie pour faire partie de la sélection canadienne pour les Jeux olympiques d’été de 1996 à Atlanta, en Géorgie, aux États‑Unis, sur 1 500 m et sur 3 000 m. Malheureusement, une blessure à la jambe l’empêche de participer à ces épreuves.

Le saviez‑vous?

Pendant des années, la Manitoba Runners' Association a organisé la course commémorative Joe‑Keeper–Angela‑Chalmers, une compétition appelée ainsi en l’honneur d’Angela Chalmers et d’un autre coureur autochtone, Joseph Benjamin Keeper.


Autres rôles

Angela Chalmers prend sa retraite de la compétition en 1997. Tout au long de sa brillante carrière sportive internationale, elle n’oubliera jamais ses racines autochtones et prendra le temps de se rendre dans différentes réserves au Canada, pour parler aux jeunes Autochtones d’autonomie et de capacité d’agir. Elle collabore également étroitement avec le ministère de l’Éducation de la Colombie‑Britannique, pour limiter le taux de décrochage scolaire chez les élèves autochtones du secondaire (voir aussi Éducation des Autochtones au Canada).

Aujourd’hui, Angela Chalmers vit près de Brisbane, en Australie, avec son mari, Simon Doyle – qui a, lui‑même, été détenteur du record australien du 1 500 m, de 1991 à 2010 – et leurs deux enfants.

Distinctions et récompenses

Outre les médailles et les prix obtenus lors des compétitions sportives auxquelles elle a participé, Angela Chalmers a également reçu de nombreuses distinctions :

  • Collegiate Women Sports Awards, cross‑country (1986‑1987)
  • Athlète féminine de l’année, Manitoba Sportswriters & Sportscasters Association (1990)
  • Trophée commémoratif Phil‑A.‑Edwards – Athlète sur piste de l’année, Athlétisme Canada (1990)
  • Athlète de l’année, Athlétisme Canada (1994)
  • Prix national d’excellence décerné aux Autochtones (prix Indspire), sports (1995)
  • Manitoba Sports Hall of Fame (2001)
  • British Columbia Sports Hall of Fame, Athlete (2004)
  • Manitoba Runners’ Association Hall of Fame (2007)
  • Manitoba High Schools Athletic Association Hall of Fame, catégorie athlète (2009)
  • Nanaimo Museum Sports Hall of Fame, catégorie athlète (2010)
  • Temple de la renommée d’Athlétisme Canada, catégorie athlète (2019)

Guide pédagogique perspectives autochtones

Collection des peuples autochtones

Liens externes