Gilles Ste-Croix

Gilles Ste‑Croix, O.C., artiste de rue, homme d’affaires (né en 1950 à La Sarre, au Québec). En 1984, Gilles Ste‑Croix et Guy Laliberté ont transformé leur troupe d’artistes de la rue pour créer le Cirque du Soleil, qui allait devenir la plus grande compagnie de production de cirque et une des plus grandes entreprises de divertissement au monde. Gilles Ste‑Croix a été vice-président de la compagnie dès sa fondation et son directeur artistique de 1988 jusqu’à sa retraite en 2014. Il a été fait compagnon de l’Ordre des arts et des lettres du Québec et officier de l’Ordre du Canada.

Gilles Ste‑Croix, O.C., artiste de rue, homme d’affaires (né en 1950 à La Sarre, au Québec). En 1984, Gilles Ste‑Croix et Guy Laliberté ont transformé leur troupe d’artistes de la rue pour créer le Cirque du Soleil, qui allait devenir la plus grande compagnie de production de cirque et une des plus grandes entreprises de divertissement au monde. Gilles Ste‑Croix a été vice-président de la compagnie dès sa fondation et son directeur artistique de 1988 jusqu’à sa retraite en 2014. Il a été fait compagnon de l’Ordre des arts et des lettres du Québec et officier de l’Ordre du Canada.


Jeunesse

Gilles Ste‑Croix grandit dans la petite ville de La Sarre, en Abitibi, une région du Québec située près de la frontière de l’Ontario. (Voir aussi Lac Abitibi.) Enfant, il vénère les Beatles et demande à son père de lui acheter une guitare basse. Craignant que Gilles passe sa vie à jouer de la musique dans les bars, son père essaie de le dissuader de se lancer dans le monde du spectacle.

Gilles Ste‑Croix fréquente l’Université Simon Fraser, à Vancouver, où il entreprend un programme en architecture. Toutefois, il délaisse rapidement les études pour s’installer à Victoriaville, au Québec, où il se plonge dans le monde de la contreculture québécoise des années 1960. (Voir Hippies au Canada.) Alors qu’il vit dans une commune dont les membres gagnent leur vie en récoltant des pommes, Gilles Ste‑Croix transforme une échelle en paire d’échasses pour faciliter la cueillette. Ayant rapidement maîtrisé l’art de marcher sur des échasses, il commence à offrir des spectacles au public.

Les Échassiers de Baie-Saint-Paul

En 1979, Gilles Ste‑Croix et son ami Guy Laliberté se rencontrent à Baie-Saint-Paul, une communauté artistique bien connue de la région de Charlevoix, au Québec. Inspiré par le Bread and Puppet, une troupe de théâtre sur échasses du Vermont avec laquelle il a joué, Gilles Ste‑Croix crée sa propre troupe, Les Échassiers de Baie-Saint-.

À la recherche de financement pour sa troupe, Gilles Ste‑Croix songe à demander une subvention gouvernementale, mais il croit qu’il n’est pas assez connu pour qu’on le prenne au sérieux. À la suggestion d’un ami, il décide d’organiser un coup publicitaire pour faire connaître son projet, et entreprend de marcher près de 90 km en échasses, de Baie-Saint-Paul à Québec, ce qui lui permet de recueillir un fonds de lancement de 60 000 $. Sa troupe effectue une tournée du Québec en 1980, mais l’entreprise n’est pas un succès financier.

Club des Talons Hauts

Gilles Ste‑Croix décide alors de mettre pied une société de portefeuille à but non lucratif pour obtenir du financement public par le biais de programmes gouvernementaux. Cette organisation est baptisée le Club des Talons Hauts. En moins d’un an, l’initiative se révèle fructueuse et le groupe atteint le seuil de rentabilité. En 1982, Gilles Ste‑Croix et Guy Laliberté créent La Fête Foraine, une foire de spectacles de rue incluant des numéros et des ateliers de cirque. C’est la base de ce qui deviendra plus tard le Cirque du Soleil.

En 1983, le gouvernement du Québec offre à Gilles Ste‑Croix et Guy Laliberté une subvention de 1,6 million de dollars pour se produire dans 11 communautés de la province à l’occasion des célébrations du 450e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier au Canada en 1984. Cette série de spectacles apporte une visibilité considérable au groupe et se révèle un succès financier. S’appuyant sur cette excellente performance, Gilles Ste‑Croix et Guy Laliberté obtiennent des prêts et une aide financière supplémentaires du gouvernement, ce qui leur permet de transformer leur troupe d’artistes pour en faire un véritable cirque.

Cirque du Soleil

Le concept artistique du Cirque du Soleil se développe autour des techniques de cirque théâtral et de théâtre de rue : les prouesses acrobatiques et technologiques sont présentées dans des costumes fantaisistes et colorés et accompagnés d’effets lumineux et de musique originale afin de créer des univers de poésie physique. À la différence des cirques traditionnels, le Cirque du Soleil n’utilise pas d’animaux. Gilles Ste‑Croix est responsable de la conception et de la direction de nombreux spectacles de la compagnie, dont Saltimbanco, Alegría, Mystère, Quidam, La Nouba, « O » et Dralion.

Pendant le mandat de vice-président et directeur artistique de Gilles Ste‑Croix, le Cirque du Soleil connaît une croissance considérable, au point d’inclure 1 300 artistes et un personnel de près de 4 000 employés dans 50 pays. Des membres de sa famille collaborent aussi à l’entreprise. Son fils Olivier Rochette travaille comme technicien ; il meurt tragiquement en 2016, blessé à la tête dans un accident du travail sur un chantier de montage.

En avril 2015, Guy Laliberté vend le Cirque du Soleil à des investisseurs américains et chinois pour un montant estimé à 1,5 milliard, conservant toutefois une participation minoritaire avec 10 % des parts. Gilles Ste‑Croix demeure directeur artistique et vice-président du Cirque du Soleil jusqu’à sa démission en 2014. Après son départ, toutefois, la compagnie connaît un déclin, éprouvant des difficultés financières, et s’attire la réputation de mal payer son personnel. En juin 2020, Gilles Ste‑Croix critique publiquement l’orientation que le Cirque du Soleil a prise sous la nouvelle administration.

En 2016, Gilles Ste‑Croix commence à travailler comme directeur artistique pour les spectacles de Céline Dion à Las Vegas. Il est fait compagnon de l’Ordre des arts et des lettres du Québec en 2016 et officier de l’Ordre du Canada en 2019.


Lecture supplémentaire

  • Tony Babinski et Kristian Manchester, Cirque du Soleil. 20 ans sous le soleil (2004).

  • Gilles Ste Croix, Ma place au Soleil, Récit biographique d’'un des fondateurs du Cirque du Soleil, (2016).

  • Ian Halperin, Guy Laliberté : La vie fabuleuse du créateur du Cirque du Soleil (2009).

  • Lyn Heward, Réveiller la créativité (2006).