Mouvement pentecôtiste au Canada

Le mouvement pentecôtiste, aussi connu sous le nom de pentecôtisme, repose sur une foi charismatique reconnue pour l’expression du Saint-Esprit par l’intermédiaire de ses membres. Selon les Assemblées de la Pentecôte du Canada, la plus grande confession pentecôtiste au Canada, environ 235 000 personnes assistent aux services religieux dans plus de 40 langues d’un bout à l’autre du pays.

Le mouvement pentecôtiste, aussi connu sous le nom de pentecôtisme, repose sur une foi charismatique reconnue pour l’expression du Saint-Esprit par l’intermédiaire de ses membres. Selon les Assemblées de la Pentecôte du Canada, la plus grande confession pentecôtiste au Canada, environ 235 000 personnes assistent aux services religieux dans plus de 40 langues d’un bout à l’autre du pays.


Aimee Semple McPherson

Histoire

Au Canada, le mouvement pentecôtiste apparaît au début du 20e siècle, lancé par des chrétiens évangélistes qui croient que le monde est prêt à un renouveau spirituel et organisent des assemblées de prière dans ce but. Parmi les premiers pentecôtistes, bon nombre proviennent des Églises de l’Illumination. Ils croient que les fidèles doivent être sanctifiés par l’Esprit Saint après avoir été sauvés. Quand ils apprennent qu’un renouveau débute sous la direction de W.J. Seymour à Los Angeles, quelques évangélistes canadiens s’y rendent pour participer aux « réunions du renouveau d’Azusa Street ». W.J. Seymour est un éminent leader religieux afro-américain; fils d’esclaves libérés, c’est un prédicateur. Il est largement reconnu comme l’un des fondateurs du pentecôtisme moderne.

Ce message du « baptême du Saint-Esprit » est d’abord accueilli à la mission Hebden, sur la rue Queen, à Toronto. Peu après, des anglicans, des mennonites, des catholiques romains et des méthodistes se joignent aux confessions évangéliques et aux Églises de l’Illumination en affirmant qu’eux aussi, comme les apôtres du Christ le jour de la première Pentecôte des chrétiens (Actes 2), ont parlé en des langues qu’ils n’avaient jamais apprises, ce qui est la preuve d’une « deuxième bénédiction ».

Rituels et signes

Parler en langues, phénomène qui consiste à parler en ce que certains considèrent comme une langue sacrée, se produit souvent pendant une cérémonie ou un service religieux. Cela est considéré par certains comme un don du Saint-Esprit. Les croyants pratiquent aussi le baptême des adultes. Cette immersion dans l’eau est administrée aux fidèles qui ont accepté la foi et ont établi un lien personnel avec Dieu. (Voir aussi Baptistes.) 

Développement 

L’hostilité des Églises locales et le besoin de partager leurs expériences amènent ceux qui adhèrent au renouveau à créer le mouvement pentecôtiste, une structure dirigée par une organisation-cadre englobant un éventail de perspectives théologiques et organisationnelles. L’Union pentecôtiste missionnaire est formée en 1909; au début, ses fins sont missionnaires. Certains dirigeants ne sont pas en faveur de la création d’une organisation officielle, soit parce qu’ils considèrent le gouvernement de l’Église comme l’œuvre des hommes, soit parce qu’ils craignent l’inflexibilité de la hiérarchie de leurs vieilles Églises.

En 1917, les pentecôtistes en viennent à constater qu’ils doivent être constitués en société enregistrée pour obtenir des permis de construction d’églises, d’orphelinats et d’écoles. Ce fait, ajouté à l’existence de règlements gouvernementaux régissant les missionnaires envoyés à l’étranger et au besoin d’une structure doctrinale et disciplinaire au sein du mouvement, amène la formation de différentes associations. Celles-ci se structurent en fonction de questions doctrinales (p. ex., l’Église apostolique de la Pentecôte, qui rejette le dogme de la Trinité), de l’identité ethnique (p. ex., l’Église pentecôtiste allemande) ou de régions géographiques (p. ex., les Assemblées de la Pentecôte de Terre-Neuve-et-Labrador).

Plus grande Église pentecôtiste

La plus grande église pentecôtiste reçoit sa charte en 1919 sous le nom d’Assemblées de la Pentecôte du Canada (APDC). Pendant un certain temps, l’organisation fait partie des Assemblées de Dieu, le plus grand regroupement américain. Tous les groupes pentecôtistes trinitaires sont actuellement reliés entre eux par l’organisation-cadre de la Communauté pentecôtiste d’Amérique du Nord. En 1994, la Communauté pentecôtiste d’Amérique du Nord est reconstituée en tant qu’Églises pentecôtistes/charismatiques d’Amérique du Nord. À mesure que leurs rangs s’élargissent, les pentecôtistes forment d’autres alliances; par exemple, des hommes d’affaires du Canada deviennent membres de l’Association d’hommes d’affaires du Plein Évangile, organisme nord-américain regroupant les hommes d’affaires pentecôtistes, mais aussi attachés à des confessions diverses. Les Églises demeurent quand même la base de la croissance du mouvement.

Le nombre de membres fluctue au fil des années comme dans toutes les confessions religieuses du Canada. De 1981 à 1991, selon Statistique Canada, tandis que le nombre global de membres des confessions protestantes décline, celui des pentecôtistes augmente. De 1981 à 1995, des représentants pentecôtistes estiment que les participants actifs dans des Églises pentecôtistes du Canada sont passés du nombre de 300 000 à 500 000. Au 21e siècle, on observe un déclin. Selon les Assemblées de la Pentecôte du Canada, environ 235 000 personnes assistent aux services religieux dans plus de 40 langues d’un bout à l’autre du pays. On compte plus de 1 100 églises pentecôtistes affiliées, tant du côté anglophone que du côté francophone au Canada.

Politique sociale

Les pentecôtistes adoptent généralement une approche traditionnelle en ce qui concerne les questions de politique sociale. Par le passé, les pasteurs pentecôtistes ne pouvaient épouser des personnes divorcées, car cela était considéré comme un signe de péché. En 1993, toutefois, les Assemblées de la Pentecôte du Canada (APDC) modifient la politique de façon à autoriser le remariage. Alors que de plus en plus de gens de la classe moyenne se joignent au mouvement, celui-ci permet l’incorporation de la musique populaire dans ses rituels, ainsi que l’utilisation de la radio et de la télévision pour rejoindre plus de gens. Les pentecôtistes s’installent dans les banlieues et élaborent des programmes très bien organisés qui se déroulent dans de grands auditoriums. Au même moment, de nombreuses petites églises situées en zone rurale sont forcées de fusionner ou de fermer leurs portes.

Les pentecôtistes connaissent les mêmes difficultés que les autres groupes religieux pour attirer et retenir les pasteurs dans les petites congrégations rurales. Dans certains cas, des groupes autonomes se forment là où de grandes organisations ne veulent plus apporter un soutien financier. Ainsi, des groupes autonomes mettent sur pied des initiatives importantes, comme par exemple dans les populations autochtones, où l’on peut maintenant voir des églises pentecôtistes dans de petites réserves, souvent rassemblées autour d’un prédicateur du coin qui vit parmi ses paroissiens, mais sans dépendre des grandes organisations pentecôtistes.

Un autre exemple de cette tendance est la Toronto Airport Christian Fellowship (TACF). En 1994, un groupe d’environ 360 personnes se réunit au bout d’une piste d’atterrissage de l’aéroport international Pearson de Toronto. Ce renouveau qualifié d’« effusion de l’Esprit » sera connu ultérieurement sous le nom de « bénédiction de Toronto ».

Les pentecôtistes canadiens utilisent la télévision de façon plus discrète que leurs confrères américains. Aux États-Unis, des prédicateurs comme Oral Roberts recrutent de nombreux adeptes grâce à la télévision; au Canada, le CRTC impose des restrictions à l’usage de la télévision à des fins confessionnelles. Le télé-évangéliste pentecôtiste qui obtient le plus de succès est David Mainse, dont l’émission 100 Huntley Street est écoutée dans l’ensemble du pays; il est toutefois tenu de présenter un message qui, en grande partie, ne doit se rattacher à aucune confession. La pentecôtiste canadienne la plus connue de tous les temps est l’évangéliste ontarienne Aimee Semple McPherson, qui s’installe à Los Angeles pour y fonder l’International Church of the Foursquare Gospel, organisation américaine qui possède des filiales au Canada.




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