Jean-Louis Blais (Source primaire)

Jean-Louis Blais était un Franco-Canadien qui a servi comme radiologue pendant la guerre de Corée. Blais est resté avec l'hôpital en Corée après que l’infanterie canadienne s’est retournée chez elle à la fin de 1956, en traitant les soldats des autres pays qui sont restés. Écoutez Blais qui décrit son entraînement comme radiologue et ce qu’il a vu pendant la guerre de Corée.

Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.

Jean-Louis Blais était un Franco-Canadien qui a servi comme radiologue pendant la guerre de Corée. Blais est resté avec l'hôpital en Corée après que l’infanterie canadienne s’est retournée chez elle à la fin de 1956, en traitant les soldats des autres pays qui sont restés. Écoutez Blais qui décrit son entraînement comme radiologue et ce qu’il a vu pendant la guerre de Corée. Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.


Canadian 3rd Advanced Dressing Station camp near the 38th Parallel in Korea during winter 1955.
Canadian 3rd Advanced Dressing Station camp near the 38th Parallel in Korea during winter 1955.
(Courtesy of The Memory Project/Jean-Louis Blais)

« Ça existe encore, Panmunjom demeure et c’est le même contrat. Aller faire une entente signée tous les trois ou six mois. Faire des ententes qui gardent la paix. »


Transcription

Mon nom est Jean-Louis Blais. Je suis né à Montréal le 13 janvier 1929. L’enrôlement j’ai trouvé ça dur parce que nous sommes arrivés à peu près 6 ou 7 français (francophones) de Québec, on était ensemble sur le même cours. Lorsqu’on est arrivé à Borden (Camp Borden, Ontario) entre nous on se comprenait très bien en français, mais on se faisait faire de reproches. Autant par le commandant du camp qui nous disait de parler français, parler blanc, parler français, parlé anglais excusé! On nous reprochait de parler français parce qu’ils ne nous comprenaient pas. Mais on en est venu à bout.

Un fait qui est arrivé et que je me rappelle. Le premier cours de français, un cours de FNA (Female Nursing Assistant) dans ce temps-là qui se trouvait à être aide infirmière féminine. Le premier cours qui s’est donné en (19)54, le cours (19)54 c’est supposé, se donnait là, à Borden pour la première fois. On avait des cours en français au camp Borden. Puis c’était des filles qui avaient ce cours-là. On avait le même cours pour les hommes. Le premier cours de femmes s’est donné en français c’est à Borden. On apprend, disons qu’on a tout le cours de base de First Aid comme tout professionnel apprend. À temps on nous donne tous le cours de médical assistant ou d’infirmier. Vous pouvez continuer infirmier, aller chercher votre licence infirmier. Vous avez tant de temps à faire, on fait tant de temps de pratique. Tant de temps d’études, tant de temps de pratique.

Moi j’ai eu l’occasion d’aller dans différents hôpitaux. Peut-être au moins 8 à 10 hôpitaux différents. Ou on donne des cours, on vous donne la théorie puis après ça on vous envoie pratiquer dans différents hôpitaux. Que ça soit Kingston que ça soit Toronto, j’ai fait plusieurs hôpitaux comme ça. Puis vous faites votre stage de tant de temps, mettons trois mois. Et puis après ça vous voulez avancer, vous voulez monter de promotion, ben là vous avez d’autres cours plus avancés. Soit vous vous rendez en chirurgie, soit vous vous rendez en pharmacologie selon le métier que vous voulez avoir. Moi je voulais avoir la radiologie, donc la radiologie se donnait à l’hôpital de Kingston (Ontario), l’hôpital militaire. Et puis l’occasion d’aller travailler à l’hôpital civil pour apprendre et se perfectionner. C’est l’occasion qu’on a eue. Comme à Montréal j’ai eu plusieurs hôpitaux et plusieurs occasions de voyager et puis d’aller se perfectionner. Puis vous passer vos examens et puis on montait de rang puis on monte de grade.

La seule chose que je déplorais dans le temps c’est que les promotions ne venaient pas assez vite. Puis quand tu avais une certaine promotion à un certain niveau pour avoir la promotion il faut que tu attendes que quelqu’un parte. Fais que moi je suis devenu sergent, je voulais avoir ma promotion plus haute. On était 12 sergents, il y avait à peu près six ou cinq places qui avaient possibilité de monter en rang. Donc ça voulait dire qu’il fallait attendre qu’il y en ait plusieurs qui partent.

Moi je suis arrivé en (19)55, juillet (19)55 (en Corée). Quand on est arrivé nous autres on ramassait ce qui avait en arrière. Quand je suis allé en (19)55-(19)56 à la fin de (19)56 on a fermé la brigade là-bas (la 25eBrigade d’infanterie canadienne). C’est nous là-bas qui sont les derniers avec l’hôpital qui a fermé la brigade, les British (Britanniques), la New Zealand (Néo-Zélandais), les Écossais, les Turcs. Toutes des unités qui avaient à l’entour de nous. Toutes fermaient et reculaient et s’en retournaient vers leurs pays. Fais que moi j’ai assisté là-bas. J’ai eu des photos que j’ai prises lorsqu’on a fait la fermeture de la brigade là-bas avec l’ambassadeur de l’Angleterre qui est venu. Et puis on a ouvert un hôpital à Inchon (Corée), plus bas. On est descendu jusqu’au port (près de Séoul). On a fermé en haut la brigade. On a descendu au port avec l’hôpital. On a ouvert un petit hôpital qu’on appelait MIR dans ce temps-là,Medical Inspection Room. Un petit hôpital de 10 lits, 10-12 lits. Jusqu'à tant qu’on quitte en juillet (19)57.

L’année a été longue. Ç’a été une année complète qu’on a fait là-bas. C’était justement le traitement, soigner les gens qui nous restaient, les British du côté des British, la Nouvelle-Zélande et puis les Écossais. On avait toujours le problème que les gens essayaient de rentrer pour nous voler. Les Nord-Coréens essayaient de rentrer. Vous avez la ligne de démarcation (une zone démilitarisée séparant les Corées du Nord et du Sud à la hauteur du 38eparallèle) et puis des gens essayaient toujours de traverser sur le côté sud. Mais c’est là qu’il y avait des escarmouches. Ça se faisait tirer et nous autres on partait et il fallait ramasser ces corps-là et les ramener. Comme en hiver j’ai vu ramasser des corps gelés dans la montagne. Les hommes qui travaillaient là-bas c’est gelés là, des corps gelés. T’embarques dans le camion des blocs de glace et puis tu rentres ça dans le camion.

Non, mais il y avait tout le temps des échauffourées d’un bord ou de l’autre. Premièrement les pratiques se faisaient pareil. On avait les Turcs qui se pratiquaient. On avait nous-mêmes qui se pratiquait tout le temps. Parce qu’il y avait toujours le conflit entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. À Panmunjom il fallait tout le temps signé à tous les trois mois ou six mois. Il fallait monter là-bas, je suis allé deux fois. Il fallait se rendre là et puis eux autres les officiers signaient une entente de paix pour trois mois renouvelables trois mois par trois mois, par trois mois. Depuis ce temps-là et puis ça existe encore aujourd’hui. Vous pouvez calculer après 50 quelques années. C’est encore la même chose à la même place les mêmes signatures. Ça existe encore, Panmunjom demeure et c’est le même contrat. Aller faire une entente signée tous les trois ou six mois. Faire des ententes qui gardent la paix. Il y en a toujours qui essaye de passer. Pis ceux qui essayent de passer, c’est unno man's land. Ils se font tirer c’est certain. Dans ce temps-là, il faut aller les chercher.

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