Wilder Graves Penfield

Il étudie en 1924, avec le neurohistologiste madrilène Pio del Rio-Hortega et acquiert ainsi les techniques de coloration métallique qui permettent de faire avancer les connaissances sur l'ensemble des cellules de soutien du système nerveux, qu'on appelle la « glie ».

Wilder Penfield
Pour Penfield, le cerveau et le syst\u00e8me nerveux repr\u00e9sentaient le plus important domaine inexploré de toute la science.

Wilder Graves Penfield, neurochirurgien et scientifique (Spokane, Wash., 26 janv. 1891 -- Montréal, 5 avril 1976). Fondateur et premier directeur de l'Institut neurologique de Montréal, Penfield établit le « protocole de Montréal » dans le traitement chirurgical de l'épilepsie. Après avoir obtenu un baccalauréat (B.Litt.) de Princeton en 1913, il fréquente le Merton College d'Oxford. C'est là qu'il est influencé par deux très grands professeurs en médecine : sir William Osler, qui deviendra son héros pour le reste de sa vie, et l'éminent neurophysiologiste Charles Sherrington, qui l'initie à l'étude expérimentale du système nerveux. Après l'obtention de son doctorat en médecine de Johns Hopkins en 1918, il est chirurgien au Presbyterian Hospital (affilié à l'U. Columbia) et au New York Neurological Institute de 1921 à 1922.

Il étudie en 1924, avec le neurohistologiste madrilène Pio del Rio-Hortega et acquiert ainsi les techniques de coloration métallique qui permettent de faire avancer les connaissances sur l'ensemble des cellules de soutien du système nerveux, qu'on appelle la « glie ». En 1928, le chirurgien allemand Otfrid Foerster lui apprend la méthode d'excision chirurgicale des « cicatrices » cérébrales pour remédier à l'épilepsie partielle. Cette même année, il s'en va avec son collègue neurochirurgien William Vernon Cone travailler à l'Hôpital Royal Victoria de Montréal, où ils feront équipe avec le neurologue Colin K. Russel. En 1934, grâce aux subventions de la Rockefeller Foundation, du Gouvernement du Québec, de la Ville de Montréal et de donateurs privés, Penfield fonde l'Institut neurologique de Montréal, qui devient rapidement un centre international d'enseignement, de recherche et de traitement dans le domaine des maladies du système nerveux, et dont il sera le directeur jusqu'en 1960.

L'épilepsie devient une très grande source d'inspiration pour Penfield. Ses observations au cours des opérations chirurgicales l'amènent à produire des rapports sur les tumeurs du cerveau, la circulation dans la pie-mère, les mécanismes du mal de tête, la localisation des fonctions motrice, sensorielle et linguistique, et le rôle de l'hippocampe sur les mécanismes de la mémoire. L'épilepsie temporale revêt une importance particulière en raison de la perception de scènes irréelles avec l'impression de déjà-vu, qui survient lorsque le cortex est stimulé durant une opération chirurgicale. L'élaboration de certaines des théories modernes sur la fonction indépendante de chacun des deux hémisphères cérébraux s'appuie sur ses découvertes. Son concept voulant que l'épilepsie centrale provienne des parties médianes profondes du cerveau a une influence importante sur la compréhension des relations entre les structures du cerveau et la conscience. Ses travaux lui rapportent de nombreuses récompenses prestigieuses tant au Canada qu'à l'étranger. Ses articles scientifiques ainsi que les manuels et monographies qu'il a publiés avec ses collègues sont des ouvrages de référence de base sur la fonction du cerveau humain.

Pendant les 15 dernières années de sa vie, Penfield exerce avec plaisir une deuxième carrière en écrivant des romans historiques et des biographies médicales. Il se consacre au service de la collectivité, plus particulièrement en appuyant l'enseignement universitaire. Il occupe le premier le poste de président de l'Institut Vanier de la famille. Il acquiert une grande renommé pour sa promotion de l'apprentissage précoce d'une deuxième langue. Parmi les ouvrages qu'il écrit durant cette période, on relève The Mystery of the Mind (1975), qui résume ses points de vue sur le problème cerveau-esprit, et No Man Alone (1977), une autobiographie des années 1891 à 1934.

C'est la fondation et la dotation de l'Institut neurologique de Montréal qui représente le legs le plus durable de Penfield. Cet hôpital neurologique intégré à un complexe de recherche sur le cerveau sert toujours de centre où les spécialistes des sciences fondamentales et les médecins étudient le cerveau; il sert également de modèle pour l'établissement d'institutions similaires dans le monde entier. Pour Penfield, le cerveau et le système nerveux représentaient le plus important domaine inexploré de toute la science. Comme il l'écrit, « Le problème de la neurologie est de comprendre l'homme lui-même ». Entre autres distinctions, il a reçu le prix de la Banque Royale.


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