Québec solidaire

Québec solidaire, parti politique provincial officiellement créé le 4 février 2006 à Montréal. Parti progressiste de gauche, il défend comme valeurs et principes : l’écologie, la justice sociale, le féminisme, l’altermondialisme, le pluralisme, la souveraineté et la solidarité. Après quatre élections générales, Québec solidaire a trois députés à l’Assemblée nationale du Québec et est le quatrième parti en importance. Depuis mai 2017, ses porte-paroles parlementaires sont Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.

Françoise David
Françoise David, co-porte-parole de Québec solidaire lors de l'élection générale québécoise de 2012
Amir Khadir
Amir Khadir à la marche lors du Jour de la Terre 2012 à Montréal (Québec)
Amir Khadir
Amir Khadir, député de Québec solidaire lors de l'élection générale québécoise de 2012

Création du parti

Québec solidaire voit le jour officiellement le 4 février 2006 au terme d’un congrès ayant eu lieu à l’Université de Montréal. Ce parti politique provincial, naît de la fusion entre l’Union des forces progressistes (UFP) et Option citoyenne (un mouvement politique créé en 2004 par Françoise David). On se souvient que l’UFP est née en 2002 suite à la fusion du Rassemblement pour une alternative progressiste (RAP), du Parti de la démocratie socialiste (PDS) et du Parti communiste du Québec (PCQ).

Principes et valeurs de Québec solidaire

Dès ses débuts, Québec solidaire adopte comme principes et valeurs fondamentales : « l’écologie, la justice sociale, le féminisme, l’altermondialisme, la démocratie, le pluralisme, la souveraineté du Québec et la solidarité ». Toutefois, pour certains militants et observateurs politiques, ces principes et valeurs éparses ont eu comme principale conséquence de diluer le contenu politique du programme, ce qui en laisse plus d’un sceptique quant à sa capacité de faire coexister toutes ces préoccupations pour rallier l’électorat.

De plus, dès sa naissance, un débat émotif sévit au sein des instances du parti en ce qui a trait à l’idée d’avoir deux porte-parole pour le représenter. Certains militants ne voient pas d’un bon œil cette direction bicéphale, particulièrement au niveau médiatique. Cependant, pour d’autres militants, il est indispensable d’avoir deux chefs afin de respecter le principe d’égalité homme-femme du parti et pour être plus démocratique – ce qui, aux yeux de plusieurs, permet de rejoindre différentes catégories d’électeurs.

Les élections générales de 2007 et 2008

Le premier rendez-vous à une élection générale auquel Québec solidaire est convié est celui du 26 mars 2007. Les deux porte-parole, Amir Khadir et Françoise David, accompagnés de 121 candidats, se présentent respectivement dans les circonscriptions de Mercier et de Gouin à Montréal. Plus de la moitié des candidats sont des femmes, 65 au total, une première pour un parti politique en Amérique du Nord. Au terme de la soirée électorale, le parti enregistre un pourcentage de 3,64 % pour un total de 144 418 votes. Bien qu’Amir Khadir et Françoise David font bonne figure dans leur circonscription respective avec 29 % et 26 % des suffrages, terminant tous les deux deuxième derrière Daniel Turp et Nicolas Girard du Parti québécois, il n’en demeure pas moins que l’objectif de faire une chaude lutte aux partis traditionnels dans une quinzaine de circonscriptions ne se concrétise pas.

Québec solidaire se reprend l’année suivante. En raison du gouvernement libéral minoritaire, le Premier ministre Jean Charest convie les électeurs québécois aux urnes le 8 décembre 2008. À l’occasion de ce scrutin, les dirigeants et militants de Québec solidaire souhaitent faire élire leurs tout premiers députés à l’Assemblée nationale. Au soir de la journée électorale, tous les yeux sont rivés sur les résultats qui commencent à sortir dans les comtés de Mercier et Gouin où Amir Khadir et Françoise David se présentent à nouveau. Au sein de Québec solidaire, les militants sont conscients que la victoire est possible dans ces deux comtés qui demeurent, depuis 1976, des châteaux forts péquistes, à l’exception de la victoire libérale de 2001 dans Mercier. À 21 h, la victoire d’Amir Khadir dans Mercier est confirmée avec 38 % des suffrages. Khadir devient le tout premier député socialiste de l’histoire du Québec à se faire élire à l’Assemblée nationale (voir également Social-démocratie). Il n’est, toutefois, pas accompagné par Françoise David qui termine deuxième dans Gouin avec 32 % des suffrages. À l’échelle de la province, Québec solidaire ne réussit pas à dépasser le 4 % du suffrage avec 122 618 votes.

Québec solidaire à l’Assemblée nationale

Dès son entrée à l’Assemblée nationale, le député-médecin Amir Khadir devient la référence en matière d’éthique et d’intégrité. Sa diatribe contre Henri-Paul Rousseau, ancien président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, au sujet des pertes de 40 milliards de dollars de la caisse restera longtemps dans les annales de l’histoire de l’Assemblée nationale. Tout au long de son mandat, le député Khadir fait flèche de tout bois pour dénoncer la corruption dans le milieu de la construction et dans le financement des partis politiques, notamment la pratique des prête-noms pour le financement électoral. Il est le premier député à demander une enquête publique sur le sujet. Cela conduit à la mise sur pied de la Commission Charbonneau à l’automne 2011. Au printemps 2012, Amir Khadir appuie les étudiants québécois dans leur lutte contre l’augmentation des droits de scolarité proposée par le gouvernement de Jean Charest (voir Grève étudiante québécoise de 2012).

À l’élection du 4 septembre 2012, Françoise David est élue dans le comté de Gouin avec 46,03 % des suffrages et rejoint Amir Khadir à l’Assemblée nationale. Ce dernier est réélu dans Mercier à la faveur de 46,73 % des suffrages. À la grandeur du Québec, Québec solidaire récolte 6,03 % pour un total 263 111 votes.

Laïcité et souveraineté

Depuis le début de son existence, deux principaux débats se sont tenus au sein de Québec solidaire, à savoir ceux sur la laïcité et le pluralisme identitaire et celui sur l’assemblée constituante pour accéder à la souveraineté du Québec. Sur ces deux questions, les militants demeurent encore, à ce jour, très partagés. Certains sont pour une laïcité ouverte et dénoncent le Projet de loi 60 (voir Charte des valeurs québécoises) du gouvernement de Pauline Marois, tandis que d’autres qui ont créé le Collectif pour la laïcité sont pour une laïcité plus inclusive et contre le port des signes religieux dans la fonction publique. Quant à la question de la souveraineté (voir Séparatisme), plusieurs militants se questionnent sur la pertinence de convoquer une éventuelle assemblée constituante pour lancer le processus référendaire.

Élection générale d’avril 2014

Lors de l’élection générale du 7 avril 2014, Québec solidaire récolte 7,63 % des suffrages, soit 323 124 votes. Amir Khadir et Françoise David sont réélus dans leur circonscription respective et une troisième députée, Manon Massé (élue dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques à Montréal), bien connue pour son engagement dans les milieux communautaires, fait son entrée à l’Assemblée nationale. Elle avait été la première candidate de cette formation politique à participer à une élection lors de l’élection partielle du 10 avril 2006.

En janvier 2017, Françoise David annonce son départ de la vie politique pour des raisons de santé. Gabriel Nadeau-Dubois, un des jeunes leaders de la grève étudiante de 2012 lui succède dans la circonscription Gouin à l’occasion de l’élection partielle du 29 mai 2017. Quelques jours auparavant, il a été choisi aux côtés de Manon Massé, comme le nouveau co-porte-parole de Québec solidaire.

Le 2 décembre 2017, les militants entérinent la proposition de fusionner avec le parti Option nationale, une autre formation souverainiste et progressiste. Ce projet est confirmé la semaine suivante lors d’un vote tenu parmi les membres d’Option nationale réunis à l’occasion d’un congrès extraordinaire. Le 26 février 2018, Québec solidaire annonce que Manon Massé sera candidate au poste de première ministre du Québec lors du scrutin du 1er octobre 2018.


Lecture supplémentaire

  • Françoise David, De colère et d’espoir (Montréal : Éditions Écosociété, 2011).

    Françoise David, Bien commun recherché (Montréal : Éditions Écosociété, 2004).

    Josiane Lavallée, « Du Parti de la démocratie socialiste à Québec solidaire : 1995–2010 », Bulletin d’histoire politique, vol. 19, n° 2 (hiver 2011) : 202–214.

    Pierre Mouterde, dir., L’avenir est à gauche : douze contributions pour un renouvellement de la gauche au Québec (Montréal : Éditions Écosociété, 2008).

    Jacques Pelletier, La gauche a-t-elle un avenir ?: écrits à contre-courant (Montréal : Nota bene, 2000).

Liens externes