Rick Mercer

Richard Vincent Mercer, O.C., satiriste, humoriste, scénariste, acteur et humanitaire (né le 17 octobre 1969 à St. John’s, à Terre-Neuve). Déclaré l’« opposition officieuse » du Parlement canadien, Rick Mercer met sa répartie mordante et son vif intérêt pour la politique au service de sa prolifique carrière d’observateur de l’actualité politique et sociale du Canada. Décrit par le magazine Maclean’s comme « l’une des personnalités les plus monnayables de la télévision canadienne », il combine sa relation « mutuellement parasitaire » avec les politiciens, sa facilité à communiquer avec des Canadiens de tous les milieux et sa personnalité espiègle de fou du roi pour se faire en quelque sorte la conscience de la culture canadienne-anglaise. Officier de l’Ordre du Canada, il s’est également démarqué par son travail humanitaire et son implication auprès de plusieurs organismes de charité. Il a remporté 18 prix Gémeaux, 10 prix Écrans canadiens, un Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle, ainsi que la Médaille du jubilé de diamant de la reine, en plus de nombreuses autres distinctions.

Mercer, Rick

Début et carrière

Élevé au sein d’une famille de classe moyenne dans la banlieue de Middle Cove, aux environs de St. John’s, Rick Mercer est président de l’association étudiante de son école secondaire, mais ironiquement, n’obtient jamais son diplôme. Le premier spectacle qu’il coécrit, une pièce d’un acte intitulée The 20-Minute Psychiatric Workout, remporte le festival de théâtre des écoles secondaires de Terre-Neuve. Rick Mercer et ses amis fondent une compagnie de théâtre, la Corey and Wade’s Playhouse, et présentent leurs sketches dans des théâtres à St. John’s et dans les environs. Alors qu’il a 18 ans et qu’il travaille comme plongeur, Rick Mercer décroche un poste de commentateur humoristique à la radio de la CBC en convainquant un groupe de producteurs, alors en plein repas, qu’il est temps d’intégrer un peu d’humour à la politique.

Sa vertigineuse ascension débute réellement en 1990, alors qu’il est âgé de 21 ans, avec son spectacle d’humour solo Show Me the Button, I’ll Push It. Il s’agit d’un spectacle commentaire incisif et satirique sur la vie au Canda après l’accord du lac Meech et qu’il présente pour la première fois au Centre national des Arts, à Ottawa, avant une tournée qui le mènera un peu partout au pays. Son second spectacle, I’ve Killed Before, I’ll Kill Again, remporte tout autant de succès.

This Hour Has 22 Minutes

En 1993, Rick Mercer s’associe à Greg Thomey, ainsi qu’à Cathy Jones et Mary Walsh, toutes deux d’anciennes membres de CodCo, pour écrire la première saison de l’émission satirique This Hour Has 22 Minutes, présentée sur les ondes de la CBC. Pendant les huit saisons que dure l’émission, lauréate de plusieurs prix, Rick Mercer met à profit son style conflictuel : il adresse directement à la caméra des monologues au ton souvent furieux au cours desquels il traite d’une question politique d’actualité tout en traversant d’un pas décidé une ruelle aux murs couverts de graffitis.

Talking to Americans

Rick Mercer doit son plus grand succès à Talking to Americans, où il expose l’ignorance américaine par rapport au Canada en demandant à des Américains leur opinion sur des faits complètement inventés. Ce qui n’est d’abord qu’un segment récurrent dans This Hour Has 22 Minutes devient une émission spéciale d’une durée d’une heure en 2001. Le concept jouit d’une popularité internationale et attire 2,7 millions de spectateurs, ce qui en fait le numéro spécial d’humour le mieux coté de l’histoire de la CBC.

Made in Canada et le Rick Mercer Report

En 1998, Rick Mercer crée une compilation de ses monologues les mieux connus sous la forme du livre Streeters, qui se hisse au sommet du palmarès national de vente de livres du Globe and Mail. Cette année-là, il crée et écrit une comédie de situation, Made in Canada, une satire de l’industrie du film et de la télévision au Canada. La populaire série prend fin en 2003, et dès l’année suivante, Rick Mercer crée une nouvelle émission d’actualité, Rick Mercer’s Monday Report. Au moment du lancement de la troisième saison, il s’agit de l’émission d’art et de divertissement la mieux cotée de la CBC. En plus de reportages satiriques sur les nouvelles et les affaires courantes, on y voit Rick Mercer s’engager auprès de diverses communautés un peu partout au pays. Lorsqu’il est décidé que l’émission passera plutôt les mardis soirs, le titre en est raccourci pour devenir le Rick Mercer Report.

Une autre compilation des monologues à saveur politique de Rick Mercer paraît en 2007 sous le titre Rick Mercer Report : The Book. En 2008, il est étendu à Rick Mercer Report : The Paperback Book. En 2012, une collection de ses monologues, articles et essais est publiée sous le titre A Nation Worth Ranting About.

En septembre 2017, avant le lancement de la 15e saison du Rick Mercer Report, Rick Mercer annonce qu’il s’agit de la dernière de l’émission, qui ne sera pas renouvelée après avril 2018. « Cela reste le plus beau métier du monde », confie-t-il à CBC News. « En un sens, je pourrais l’exercer toute ma vie. Mais rien ne dure toujours. Les émissions que je respecte le plus sont celles qui se terminent au meilleur moment pour les gens qui les ont créées, ce qui est exactement ce que je suis en train de faire. » La dernière saison de l’émission connaît encore beaucoup de succès, attirant en moyenne 971 000 téléspectateurs par épisode. Le 277e et dernier épisode — une émission spéciale d’une heure mettant en vedette les meilleurs moments des saisons précédentes — est diffusé le 10 avril 2018.

Autres activités

Rick Mercer obtient la 50e place au concours Plus grande personnalité canadienne, tenu par la CBC en 2004. Il est en outre un hôte convoité pour les séries et les soirées de remise de prix, ayant animé les prix Gemini, les prix Juno, le gala de la Canadian Country Music Association et du Prix de la musique de la côte Est, ainsi que l’événement annuel de la CBC pour la fête du Canada sur la colline parlementaire. Son style unique en a fait un invité de marque pendant des émissions spéciales telles que The Next Great Prime Minister, sur la CBC, l’émission d’histoire It Seems Like Yesterday et le numéro spécial de la veille du jour de l’an 2016 sur la CBC : Canada’s New Year’s Eve: Countdown to 2017.

En 2003, l’émission spéciale de Noël Rick Mercer’s Christmas in Kabul a pour sujet la visite de Rick Mercer à des soldats canadiens en Afghanistan et lui vaut une nomination aux prix Gémeaux. Il obtient des rôles dans des films et des séries télévisées canadiennes, comme Bon Cop, Bad Cop(2006) et Republic of Doyle (2014), et encourage de nombreux jeunes adultes à voter lors des élections fédérales de 2011. En réponse à l’épidémie de suicides parmi les jeunes lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (LGBT) au Canada, Rick Mercer condamne fermement l’intimidation dans les écoles, prend part à la campagne vidéo It Gets Better et encourage les personnalités publiques LGBT, lui-même compris, à parler plus ouvertement de leur vie privée afin d’offrir aux jeunes des modèles homosexuels qu’ils respectent.

Vie personnelle

Rick Mercer est en couple avec Gerald Lunz, scénariste et producteur télé, depuis 1990. Lunz a écrit pour This Hour Has 22 Minutes de 1996 à 1998, en plus d’être auteur, cocréateur et producteur exécutif de Made in Canada et producteur exécutif et cocréateur du Rick Mercer Report.

Distinctions

Rick Mercer a été honoré plusieurs fois pour son travail en tant qu’humoriste, acteur et scénariste, notamment en recevant le titre Artiste de l’année du Conseil des arts de Terre-Neuve et du Labrador en 1993, le prix Sir Peter Ustinov du Festival de la télévision de Banff en 2003, ainsi que le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle en 2004. En 2012, il reçoit le Prix d’excellence ACTRA de Toronto pour célébrer « ses accomplissements exceptionnels et son dévouement à la défense des droits d’autrui ». En 2016, il reçoit le prix John Drainie de l’ACTRA pour « la manière unique dont il conscientise les gens à la politique et à l’actualité canadiennes ».

Il reçoit également de nombreuses distinctions en reconnaissance de son travail humanitaire et de bienfaisance, dont le prix King Clancy de la Canadian Foundation for Physically Disabled Persons, le prix Stanley Knowles pour son travail humanitaire de la part du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario, et le prix Woodrow-Wilson pour son service public décerné par le Woodrow Wilson International Center for Scholars, situé à Washington, D.C. Il reçoit également le Prix d’excellence Rick Hansen de la fondation March of Dimes et est intronisé au Temple de la renommée de la Canadian Foundation for Physically Disabled Persons pour son dévouement à l’endroit des personnes souffrant de handicaps physiques (voir aussi Mouvement des droits des personnes handicapées).

Travail de bienfaisance

Rick Mercer s’implique auprès d’organismes de bienfaisance pendant toute sa carrière. Il fait don de 15 000 $, prélevés sur la bourse accompagnant son Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle, au LSPU Hall, l’un des théâtres de St. John’s où il a fait ses débuts. Il fait également don de ses profits en tant que porte-parole du « défi d’une tonne » du gouvernement du Canada au Casey House, à Toronto, un centre d’accueil pour personnes atteintes du VIH. Il est cofondateur, avec Belinda Stronach, de la campagne Spread the Net, qui a permis d’amasser plus d’un million de dollars pour enrayer la propagation de la malaria en Afrique. Il est engagé auprès de Walk for Life, une campagne de financement pour les victimes du VIH et du SIDA, et a servi de représentant à plusieurs causes environnementales, comme la conservation de l’énergie. Il n’hésite pas à témoigner de son appui envers les hommes et les femmes des Forces armées canadiennes, et a été nommé colonel honoraire de l’escadron d’hélicoptères maritimes 423, situé en Nouvelle-Écosse.

Voir aussi : Rick Mercer (Profil).

Prix

Prix Gémeaux

  • Meilleure performance (individuelle ou d’ensemble) dans une émission ou une série humoristique (This Hours Has 22 Minutes) (1995, 1996, 1997)
  • Meilleure écriture dans une émission ou une série humoristique ou de variétés (This Hours Has 22 Minutes) (1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000)
  • Meilleure performance dans une émission ou une série destinée à la petite enfance (The Adventures of Dudley the DragonThe Last Dudley) (1998)
  • Meilleure performance dans une émission ou une série humoristique (This Hours Has 22 Minutes) (1999, 2000)
  • Meilleure performance d’ensemble dans une émission ou une série humoristique (Made in Canada) (2001, 2004)
  • Meilleure écriture dans une émission ou une série humoristique ou de variétés (Made in Canada) (2002, 2004)
  • Meilleure émission ou série humoristique (Rick Mercer Report) (2009, 2011)

Prix Écrans canadiens

  • Meilleure musique pour une émission ou une série de variété, de sketchs, d’humour ou de débats (Rick Mercer Report) (2013)
  • Meilleure performance (individuelle ou d’ensemble) pour une émission ou une série de sketchs ou de variétés (Rick Mercer Report) (2013, 2014, 2015)
  • Meilleure écriture dans une émission ou une série de sketchs ou de variétés (Rick Mercer Report) (2013, 2015, 2016)
  • Meilleure émission ou série de sketchs ou de variétés (Rick Mercer Report) (2014, 2015, 2016)

Canadian Comedy Awards

  • Pretty Funny - Performance masculine (Made in Canada) (2000)
  • Pretty Funny - Écriture (This Hour Has 22 Minutes) (2000)
  • Pretty Funny - Écriture, épisode ou numéro spécial (This Hour Has 22 Minutes) (2000)
  • Pretty Funny - Écriture, séries (This Hour Has 22 Minutes) (2001)
  • Pretty Funny - Performance masculine (Made in Canada) (2002)
  • Pretty Funny - Écriture, séries (This Hour Has 22 Minutes) (2002)
  • Pretty Funny - Écriture (Made in Canada) (2003)

Prix de la Writers Guild of Canada (WGC)

  • Prix WGC (This Hour Has 22 Minutes) (1997)
  • Prix WGC (This Hour Has 22 Minutes, “New Year’s Eve Special”) (1999)
  • Prix WGC (Made in Canada, “Damacles: What a Doll”) (2001)

Autres distinctions

  • Prix de l’artiste de l’année, Conseil des arts de Terre-Neuve et du Labrador (1993)
  • Prix Sir Peter Ustinov, Festival de la télévision de Banff (2003)
  • Prix du Centre national des Arts, Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (2004)
  • Prix d’excellence, ACTRA Toronto (2012)
  • Médaille du jubilé de diamant de la reine (2012)
  • Prix King Clancy, Canadian Foundation for Physically Disabled Persons (2012)
  • Prix Woodrow-Wilson pour le service public, Woodrow Wilson International Center for Scholars (2013)
  • Prix pour l’ensemble de son œuvre en tant que monument de l’humour, festival de l’humour Cracking Up the Capital (2014)
  • Officier, Ordre du Canada (2014)
  • Prix d’excellence Rick Hansen, March of Dimes (2014)
  • Intronisation au Temple de la renommée, Canadian Foundation for Physically Disabled Persons (2015)
  • Prix humanitaire Stanley Knowles, Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (2015)

Diplômes honorifiques


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