Russell Peters

Russell Dominic Peters, comédien et acteur (né le 29 septembre 1970 à Toronto, en Ontario).

Russell Dominic Peters, comédien et acteur (né le 29 septembre 1970 à Toronto, en Ontario). Russell Peters compte parmi les humoristes les plus accomplis au monde. Son style d’humour politiquement incorrect confronte les stéréotypes raciaux les plus communs, puisant dans son expérience personnelle en tant qu’Indo-Canadien. La persévérance dont il fait preuve pour se faire connaître au sud de la frontière, ainsi que ses réussites spectaculaires presque partout ailleurs, lui valent l’admiration de Chris Rock, qui dit de lui qu’il est la « personne la plus célèbre dont personne n’a jamais entendu parler ». Russell Peters est nommé premier ambassadeur mondial de Toronto en 2008, pour être ensuite intronisé au Temple de la renommée du Canada trois ans plus tard. À partir de 2009, le magazine Forbes le cite à maintes reprises parmi les humoristes les mieux payés au monde.

Jeunesse et début de carrière

Russell Peters, Anglo-Indien de confession catholique, naît à Toronto après que ses parents, Eric et Maureen, émigrent d’Inde en 1965. Dans son enfance, sa famille déménage dans la ville voisine de Brampton, où il est continuellement exposé au racisme. Certains de ses camarades le surnomment « Paki » et se moquent de sa peau foncée. Son père lui conseille alors de se défendre à l’aide des mots, et le jeune Russell Peters se rend vite compte que l’ignorance est la véritable ennemie.

Après son expulsion de l’« école régulière » après la dixième année en raison de piètres résultats scolaires – découlant selon toute vraisemblance d’un TDAH non diagnostiqué –, Russell Peters est inscrit à la North Peel High School (aujourd’hui, école secondaire Judith Nyman). North Peel, avec sa population étudiante diversifiée, présente l’avantage de créer un climat plus inclusif. Russell Peters obtient son diplôme d’études secondaires en 1989. Il mettra sur pied, plusieurs années plus tard, une bourse d’études pour les diplômés de cette école.

Après l’obtention de son diplôme, Russell Peters présente une demande d’admission au Collège Sheridan. Sa demande est rejetée. Qu’à cela ne tienne, il fréquentera quand même l’établissement, même si ce n’est qu’à titre d’animateur radio faisant tourner des chansons populaires sous le pseudonyme DJ Russell. À la même époque, il poursuit une carrière en humour, présentant son premier numéro à l’âge de 19 ans lors d’une soirée d’amateurs au Yuk Yuk’s Comedy Club. Il consacre quatre années au développement de ses compétences avant de passer aux ligues majeures : les événements payants. En 1992, lors d’une rencontre fortuite avec le légendaire humoriste George Carlin, celui-ci conseille à Russell Peters de saisir toutes les occasions qui se présentent de se produire devant un public. Russell Peters suit sagement cette recommandation, participant à de nombreux événements partout au Canada, souvent pour un salaire dérisoire.

Réalisations de début de carrière

Russell Peters se fait connaître en 1995 grâce à une apparition à l’émission de télévision Comics! de la CBC. Son humour provocateur – on se souviendra notamment d’un numéro dans lequel il imite un homme noir tentant de prononcer des noms indiens en y ajoutant une connotation sexuelle – en amène plusieurs à crier au génie, tandis que d’autres appellent plutôt au boycottage de la CBC. Le magazine torontois Eye Weekly estime que ce spectacle compte parmi les points les plus bas de l’année 1995 en humour; l’émission spéciale vaut malgré tout à Russell Peters une mise en nomination aux prix Gemini, en plus d’augmenter sa visibilité du point de vue commercial. L’humoriste effectue une tournée au Royaume-Uni et figure dans un épisode de la série humoristique Comedy Now! de la chaîne canadienne CTV en 1997. Il est également choisi comme animateur de l’émission Network East Late de la BBC, poste qu’il occupera de 2000 à 2002.

Sa grande percée survient avec un retour à l’émission Comedy Now! de la CTV en 2004. Il est mis en nomination aux prix Gemini pour l’épisode dans lequel il figure, mais c’est plus tard, avec la publication de séquences non autorisées de son spectacle sur YouTube, qu’il fait sensation sur la scène internationale. Cette « percée piratée » propulse la carrière de l’humoriste. Son frère, Clayton, devient son gestionnaire, tandis que Russell conclut une entente pour créer une comédie de situation – bien que les réseaux ne mordent pas à l’hameçon. En 2006, Russell Peters présente une série de spectacles à guichets fermés au Beacon Theater de New York et enregistre son premier long métrage d’édition spéciale, Outsourced, diffusé sur la chaîne Comedy Central et dont la version DVD se vend à plus de 100 000 exemplaires.

Performances record

Le succès d’Outsourced conduit à plusieurs performances record. En 2007, Russell Peters devient le premier humoriste à remplir le Centre Air Canada de Toronto. Il se produit au Madison Square Garden de New York à guichets fermés et publie le spectacle sous forme de projet autofinancé intitulé Red, White, and Brown, dont le DVD se vend lui aussi à plus de 100 000 exemplaires. En 2009, il bat le record d’assistance à un spectacle d’humour précédemment établi par Chris Rock au Royaume-Uni, vendant environ 16 000 billets au stade O2 de Londres. Russell Peters établit également des records d’assistance en Australie et à Singapour lorsqu’il se produit devant plus de 13 000 personnes au stade Acer de Sydney en 2010 et devant plus de 18 000 personnes sur deux soirées au Indoor Stadium de Singapour en 2012.

En 2009, Forbes inscrit Russell Peters sur sa liste des dix humoristes les mieux payés de l’année, avec des gains de dix millions de dollars. Son nom figurera sur cette même liste à plusieurs reprises après 2009, se hissant au troisième rang en 2013 avec des gains de 21 millions de dollars. En 2015, les gains de l’humoriste totalisent 19 millions de dollars. Russell Peters, en choisissant le titre « Almost Famous » (Presque célèbre) pour sa longue – et lucrative – tournée mondiale, fait allusion à sa furtive célébrité aux États-Unis.

Apparitions au cinéma et à la télévision

Russell Peters s’installe à Los Angeles en 2006, mais a du mal à se faire une place à Hollywood. Il auditionne pour divers rôles au cinéma et à la télévision, refusant toutefois de jouer des personnages à l’accent indien exagéré. Il joue dans plusieurs films, dont le film d’action The Take (2008), Happy New Year (2011) de Garry Marshall, la comédie canadienne Breakaway (2011), racontant l’histoire d’une équipe de hockey sikh, le film à suspense Code source (2011) de Jake Gyllenhaal, tourné à Montréal, et le succès surpris Chef (2014) de Jon Favreau. L’autobiographie de Russell Peters, Call Me Russell, est publiée par Anchor Canada en 2010. En 2013, l’humoriste conclut une entente avec Netflix concernant la distribution de l’édition spéciale de son spectacle Notorious et du documentaire Russell Peters vs. The World.

À la télévision, Russell Peters anime une émission rendant hommage à George Carlin en 2007, anime le gala des prix Juno en 2008 et en 2009 (la première prestation lui valant d’ailleurs un prix Gemini), présente le spectacle A Russell Peters Christmas Special (2011), apparaît dans Mr. D (2013), comédie de la CBC, et sert de juge dans l’émission de téléréalité Last Comic Standing (2014), diffusée sur les ondes de NBC. Russell Peters devient animateur de la série Web Speakeasy en 2015. Il prête également sa voix au film Le Livre de la jungle (2016), remake à gros budget de Disney.

Style caractéristique

Le type d’humour de Russell Peters se compose d’observations farfelues sur la race et les stéréotypes raciaux, toujours avec l’objectif de tourner l’ignorance en dérision. (Son site Web, à une certaine époque, contient la mention suivante, on ne peut plus pince-sans-rire : « Le contenu de ce site pourrait ne pas convenir à votre héritage culturel »). Russell Peters cherche souvent à connaître la composition ethnique de son auditoire, pour ensuite cibler certaines personnes afin de rendre son matériel plus inclusif. Sa famille lui inspire bon nombre de ses blagues les mieux connues, dont un numéro à propos de son père dans lequel il fait de gros yeux et énonce sa célèbre phrase « Someone’s gonna get a hurt real bad » (Quelqu’un est sur le point de se faire très, très mal). Russell Peters peut imiter les accents à la perfection, donnant à son humour parfois choquant encore une autre facette. Certains considèrent le caractère irrévérencieux de ses observations politiques comme l’une des clés de son succès.

Les critiques de Russell Peters sont tantôt élogieuses, tantôt méprisantes – le Montreal Gazette parle du « produit d’exportation humoristique le plus convoité du Canada », tandis que du côté du National Post, on remet en question le mérite même de sa célébrité, attribuant sa réussite à « son ethnicité et au bon vieil effet d’entraînement ». L’ethnicité est en effet un thème récurrent pour l’humoriste, qui décrit souvent celle-ci comme l’une des raisons de son immense succès en tant que premier humoriste canadien reconnu d’origine sud-asiatique. Certains soutiennent que les origines indo-canadiennes de Russell Peters lui procurent une marge de manœuvre confortable. Par exemple, on dit dans le LA Times que « ses numéros s’appuient sur le statut d’immigrant de sa famille et, pour cette raison peut-être, il peut tenir des propos qui, pour un humoriste blanc, finiraient à la une des journaux et mettraient fin à une carrière ». Russell Peters cherche toutefois régulièrement à obtenir les commentaires des groupes ciblés par ses blagues et maintient que c’est à l’ignorance qu’il s’attaque, pas aux personnes. « Je ne crée pas les stéréotypes », répète-t-il souvent dans ses spectacles. « Je ne fais que les constater. »

Prix

Prix Dave Broadfoot, Canadian Comedy Awards (2007)

Meilleur spectacle d’humour – Grande salle de concert, Canadian Comedy Awards (2008)

Meilleure prestation ou animation dans un spectacle ou une émission de variétés (Les prix Juno 2008), prix Gemini (2008)

Intronisation, Allée des célébrités canadiennes (2011)

Prix Trailblazer, Association of South Asians in Media, Marketing and Entertainment (2013)


Lecture supplémentaire

  • Russell Peters avec Clayton Peters et Dannis Koromilas, Call Me Russell (Toronto: Doubleday Canada, 2010).

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