Robinson, Svend J.

Svend Robinson, politicien, militant (né le 4mars1952 à Minneapolis, au Minnesota, aux États-Unis). Svend Robinson est un député du NPD pour le comté de Burnaby, en Colombie-Britannique, de 1979 à 2004. En 1988, il devient le premier député à s’identifier ouvertement comme gai. Svend Robinson donne sa démission en 2004 après avoir plaidé coupable pour le vol d’une bague. Il reçoit plus tard un diagnostic de cyclothymie, une forme de trouble bipolaire. Au Parlement comme à l’extérieur, il milite pour la protection de l’environnement, le droit au suicide assisté, les droits des personnes LGBTQ2 et la santé mentale. En janvier2019, il annonce sa candidature aux élections en tant que candidat du NPD pour le comté de Burnaby North-Seymour.




Svend Robinson
Svend Robinson défend de nombreuses causes publiques et politiques, notamment les droits des homosexuels et le droit à l'euthanasie.
(photo de Graham Law)

Jeunesse et éducation

Bien qu’il soit né aux États-Unis, Svend Robinson grandit et va à l’école à Burnaby, en Colombie-Britannique. Ses parents, Edith Jensen et Wayne Robinson, se rendent au Canada puisque son père s’oppose à la guerre du Vietnam. Leur manifestation de conscience sociale, avec le temps, en vient à influencer la passion de Svend Robinson pour la justice sociale.

Svend Robinson termine ses études secondaires à Burnaby North Secondary. En 1971, il travaille comme ouvrier manuel et enseignant pour Collège Frontière, un organisme caritatif national d’alphabétisation. Il poursuit ensuite son éducation à l’ Université de Colombie-Britannique (UBC), où il étudie la science et le droit, puis à la London School of Economics, pour des études aux cycles supérieurs. Pendant son passage à l’UBC, il reçoit plusieurs prix, y compris la plus haute distinction de l’université, la bourse Sherwood Lett Memorial Scholarship, en 1972. Le jeune homme s’implique également en politique étudiante et est l’un des premiers étudiants à être élu à l’assemblée des gouverneurs de l’université. Svend Robinson est admis au barreau de la Colombie-Britannique en tant qu’avocat et notaire en 1978.

Carrière politique

En mai1979, Svend Robinson est élu à la Chambre des communes. En tant que député du NPD pour le comté de Burnaby, en Colombie-Britannique, il se fait connaître pour sa position ferme sur la politique étrangère américaine, surtout en lien avec Cuba. Au début de sa carrière politique, il mène un groupe de députés du NPD à chahuter le président américain Ronald Reagan pendant un discours à la Chambre des communes portant sur l’Initiative de défense stratégique des États-Unis et l’aide apportée aux contras.Svend Robinson milite également lors du mouvement antiapartheid et est l’un des délégués officiels du Canada aux élections sud-africaines de 1994. L’homme politique, critique d’Israël, manifeste également de la sympathie pour la Palestine et ses dirigeants. Critique des affaires étrangères, il désapprouve les actions d’Israël, surtout en lien avec les crimes de guerre présumés de 2002 à Jénine, une ville palestinienne du nord de la Cisjordanie. Il dénonce aussi les auteurs d’attentat-suicide palestiniens.

Au cours de sa carrière politique, Svend Robinson milite également pour les droits des personnes LGBTQ2, les mouvements écologistes et le droit au suicide assisté.

Premier député LGBTQ2 au Canada

Le 29février1988, Svend Robinson devient le premier député à s’identifier comme gai. Il demeure le seul membreLGBTQ2 de la Chambre des communes jusqu’en 1994, où le député Réal Ménard, du Bloc Québécois, affirme son homosexualité.

Droits LGBTQ2

Au cours de sa carrière, Svend Robinson milite pour les droits des personnes LGBTQ2. En 2003, il réussit à faire passer un projet de loi pour que l’orientation sexuelle soit protégée par les mesures législatives fédérales sur les crimes haineux. Avant cela, il était illégal d’encourager la haine contre un individu en raison de son ethnie, de sa race, de sa religion, de sa couleur, de son sexe, de son âge ou d’un handicap, mais l’orientation sexuelle n’était pas mentionnée. Svend Robinson fait également partie d’un comité consultatif ayant aidé à rédiger les excuses officielles du premier ministre Justin Trudeau aux fonctionnaires et au personnel militaire gai et lesbienne (voir aussi Purges dans le service public canadien pendant la guerre froide: le cas des personnes LGBTQ).

Écologisme

Svend Robinson est un environnementaliste dévoué qui participe à de nombreuses manifestations, notamment à une désobéissance civile pacifique pour empêcher l’ exploitation forestière à Lyell Island, dans l’archipel Haida Gwaii (1985), pour laquelle il reçoit une amende de 750$. Le militant participe également à des manifestations à ce propos à la baie Clayoquot en 1993. L’année suivante, il est déclaré coupable d’outrage au tribunal pour ne pas avoir respecté une ordonnance de la cour interdisant l’obstruction de l’exploitation forestière dans la baie. Il reçoit ainsi une peine d’emprisonnement de 14jours, dont il purge 9jours et pendant lesquels il renonce à son salaire de député.

Son activisme écologique est notamment célébré par son adoption dans la Nation Haïda, où l’aînée Ada Yovanovich lui attribue le nom Tethunadas, qui signifie «cygne blanc».

Droit de mourir

Svend Robinson est un militant important du mouvement du droit à la mort. Au début des années1990, il soutient Sue Rodriguez, atteinte de SLA, dans sa lutte pour le droit de mettre fin à sa vie avec l’aide d’un médecin. À l’époque, le suicide assisté est encore illégal au Canada. Sue Rodriguez soumet aux tribunaux une requête faisant valoir que l’article241(b) du Code criminel, qui interdit le suicide assisté, est inconstitutionnel (voir Suicide assisté au Canada et Suicide au Canada).Malgré l’échec de sa contestation judiciaire de septembre1993, Sue Rodriguez va de l’avant et met fin à sa vie avec l’aide d’un médecin anonyme trouvé par Svend Robinson. Au moment de son décès, l’homme politique se trouve à son chevet, et ce, tant pour la réconforter que pour agir comme témoin de son décès assisté. En 2015, lorsque la Cour suprême vote à l’unanimité pour permettrele suicide assisté dans certaines conditions, Svend Robinson considère la décision comme une «victoire historique pour la compassion, la justice et l’humanité».

Candidature pour la chefferie du NPD

En 1995, Svend Robinson se présente pour devenir chef du NPD, et ainsi succéder à Audrey McLaughlin. Son adversaire principale au congrès d’investiture est alors Alexa McDonough. Bien qu’il connaisse un certain succès lors du premier vote, il comprend qu’il ne pourra pas remporter la deuxième ronde, les supporteurs du candidat arrivé en dernière place, Lorne Nystrom, se tournant plutôt vers Alexa McDonough. Il lui concède alors la victoire avant le deuxième vote et présente une motion pour qu’elle devienne finalement chef du parti.

New Politics Initiative

Au début des années2000, Svend Robinson devient membre de la New Politics Initiative (NPI), une faction du NPD formée en 2001. La NPI, croyant alors que le NPD se dirige trop vers la droite, désire créer un parti politique plus progressiste qui soutient activement les mouvements populaires axés sur la justice sociale, l’égalité et le développement durable. Les leaders principaux de la NPI, y compris Svend Robinson, appuient la candidature de Jack Layton, qui est favorable à leur cause, pour devenir chef de parti. Le NPI se dissout alors au début de 2004, environ un an après que Jack Layton devienne chef du NPD. La participation de Svend Robinson dans le NPI le positionne catégoriquement à la gauche du parti général.

Svend Robinson

Svend Robinson au congrès d’investiture du NPD de 2003, à Toronto (28 janvier 2003).

      (photo par Montrealais/Wikimedia CC)


      Retrait de la politique

      En 2004, Svend Robinson se retire de la vie politique après un vol très médiatisé et un diagnostic de cyclothymie. En avril, l’homme politique, qui souffre alors de stress et d’un trouble de santé mentale non diagnostiqué, vole une bague à diamant d’une enchère publique. Confessant son crime, il prend un congé temporaire de son poste et ne cherche pas à être réélu par la suite. Il en ressort avec une absolution sous conditions et une peine de 100heures de travaux communautaires. Il entame également un suivi en thérapie et reçoit un diagnostic de cyclothymie, une forme de bipolarité. L’incident et le diagnostic qui en résulte motivent Svend Robinson à militer pour les enjeux de santé mentale.

      En 2006, il propose sa candidature pour le comté Vancouver-Centre, mais le siège est remporté par Hedy Fry, la candidate libérale. Ayant été au Parlement de 1979 à 2004 (soit sept mandats consécutifs), il est l’un des députés britanno-colombiens ayant eu le plus long parcours.

      Carrière post-politique

      Après avoir quitté la vie politique en 2004, Svend Robinson travaille pour le syndicat des employés du gouvernement de la Colombie-Britannique, à Burnaby. Il accepte ensuite un poste à l’Internationale des services publics, la fédération mondiale des syndicats du secteur public. Il est ensuite embauché par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et déménage à Genève pour coordonner la participation de l’organisme avec des législateurs de partout dans le monde, y compris de pays donateurs et de pays partenaires. En 2017, il se démet de ses fonctions au Fonds mondial et retourne au Canada.

      Retour en politique?

      Le 15janvier2019, Svend Robinson annonce sa participation aux élections de 2019 comme candidat du NPD pour le comté de Burnaby North-Seymour.

      Vie personnelle

      Svend Robinson est brièvement marié à sa copine du secondaire, Patricia Fraser, de 1972 à 1975. Il est en couple avec Max Riveron depuis 1994.

      Prix et distinctions

      Ordre de la Pléiade, Chevalier, Organisation internationale de la Francophonie (1990)

      Prix Edith Adamson pour le leadership dans les questions de conscience, Conscience Canada (1995)

      Prix du héros, Section sur l’orientation et l’identité sexuelles,Association du Barreau canadien (1999)

      Médaille du Jubilé d’or de la reine ElizabethII (2002)

      Grand prix du Conseil, Conseil Québécois LGBT (2009)