Charbon

Le charbon est un combustible fossile employé comme ressource énergétique au Canada depuis le XVIIIe siècle. On trouve au Canada 10 % des ressources mondiales de charbon, et 90 % du charbon canadien se situe en Alberta, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan.

Charbon, exploitation du
Tofield, en Alberta (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada/PA-21617).

Le charbon est un combustible fossile employé comme ressource énergétique au Canada depuis le XVIIIe siècle. On trouve au Canada 10 % des ressources mondiales de charbon, et 90 % du charbon canadien se situe en Alberta, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan. Au cours des dernières années, l’industrie du charbon a été vivement critiquée par les environnementalistes, puisqu’elle détruit l’écologie, engendre des risques pour la santé et contribue au réchauffement climatique.

Description

Le charbon est une roche sédimentaire exploitée en tant que combustible fossile et formée à partir de la dégradation des matières végétales. Situé principalement dans l’hémisphère nord, il constitue la plus grande ressource énergétique fossile du monde. Le charbon n’est pas une substance uniforme : il est en fait composé d’une variété de minéraux hétérogènes qui présentent des caractéristiques distinctes selon la nature de la végétation, l’historique d’enlisement, le temps et les forces géologiques (notamment la température et la pression atmosphérique) qui ont mené à sa formation.

Il existe quatre catégories ou classes de charbon : l’anthracite, le bitumineux, le subbitumineux et le lignite. Chacune de ces classes est sous-divisée selon la teneur en carbone, la teneur en matières volatiles et la valeur calorifique. L’anthracite, la catégorie la plus profitable, est une ressource essentielle pour la sidérurgie ainsi que pour d’autres industries chimiques. Parfois appelé le charbon métallurgique, l’anthracite peut être brûlé à des températures extrêmement élevées. On crée ainsi des granules de charbon pratiquement pur, que l’on appelle le coke et qui servent à produire de l’acier. Bien que le Canada soit un joueur modeste sur le marché international de charbon, le pays se démarque par sa production de charbon métallurgique, qui vaut pour environ 90 % de ses exportations de charbon.

Le charbon bitumineux, parfois utilisé dans la fabrication de l’acier, sert surtout à la production d’électricité. Le charbon subbitumineux, quant à lui, sert à alimenter les centrales thermiques des industries, en plus d’être utilisé en gazéification et en liquéfaction du charbon. La classe la moins profitable de charbon, le lignite, sert aux mêmes fins que le charbon subbitumineux.

On a découvert jusqu’à présent un seul bassin d’anthracite au Canada, au nord-ouest de la Colombie-Britannique. On trouve toutefois du charbon bitumineux en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, en Alberta et en Colombie-Britannique; du charbon subbitumineux en Alberta; et du lignite en Saskatchewan et en Colombie-Britannique. En Nouvelle-Écosse, la majorité du charbon se trouve sous le plancher océanique, tandis que dans l’Ouest canadien — qui détient plus de 97 % des ressources nationales de charbon —, les formations se concentrent dans le sud et le centre de l’Alberta.

Ressources

Le Canada détient la dixième plus grande réserve de charbon au monde, avec 0,1 % des gisements — en comparaison, les États-Unis ont la plus grande réserve au monde, avec plus du quart des gisements au monde.

En 2011, le Canada a extrait et produit environ 67 mégatonnes (Mt) de charbon, se classant au treizième rang mondial des producteurs de charbon. Plus de 90 % des formations de charbon du pays se trouvent en Alberta, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan. Au rythme de production actuel, les réserves de charbon du Canada seront à sec d’ici environ 100 ans.

Histoire au Canada

Au Canada, la première mine de charbon ouvre en 1639 à Grand Lake, au Nouveau-Brunswick. En 1720, des soldats français commencent à extraire du charbon à Cow Bay (île du Cap-Breton, Nouvelle-Écosse) afin d’alimenter la forteresse de Louisbourg. L’île du Cap-Breton fournit plus tard des ressources de charbon à des ports américains comme Boston, ainsi qu’à la milice de Halifax. En 1870, plus de 21 mines de charbon sont actives à l’île du Cap-Breton. Elles sont cependant toutes abandonnées au tournant du XXe siècle.

L’extraction commerciale de charbon commence au Nouveau-Brunswick en 1825 et, mis à part quelques exportations, la grande majorité de la production est utilisée à l’intérieur même de la province. Dans l’Ouest canadien, les premières mines de charbon ouvrent à l’île de Vancouver au milieu du XIXe siècle. La construction du chemin de fer transcontinental en Alberta et en Colombie-Britannique engendre le développement de mines de charbon sur les rives de la rivière Oldman, notamment à Lethbridge, Banff, Drumheller et Edmonton.

En 1867, la production nationale atteint un total annuel de 3 millions de tonnes, dont plus de 2 millions viennent de la Nouvelle-Écosse. L’autre million de tonnes provient surtout de l’Ouest, et dans une bien moindre mesure, du Nouveau-Brunswick. Dès 1911, cependant, l’Ouest canadien prend les devants. En 1947, année qui marque le début de l’exploitation commerciale du pétrole et du gaz naturel à Leduc, en Alberta, le charbon alimente la moitié des besoins énergétiques du pays — la mine de Drumheller produit à elle seule au-delà de 2 millions de tonnes annuellement et emploie quelque 2 000 ouvriers. L’expansion du marché du pétrole et du gaz naturel s'avère vite de mauvais augure pour l’industrie du charbon : à partir des années 1950, le pétrole et le gaz naturel remplacent presque totalement le charbon pour le chauffage résidentiel, l’énergie industrielle et le transport.

Malgré tout, les mines de charbon connaissent un renouveau vers la fin des années 1960. Les producteurs canadiens signent en effet des contrats à long terme avec le Japon, auquel ils fournissent des millions de tonnes de charbon métallurgique chaque année. Ce phénomène cause la réouverture de mines fermées, ainsi que le développement de nouvelles mines en Alberta et en Colombie-Britannique. Au même moment, l’Alberta et la Saskatchewan commencent à utiliser leurs ressources considérables de charbon pour produire de l’électricité.

Au cours des années 1970, l’augmentation sans précédent du prix du pétrole rappelle que le charbon est une bonne source d’énergie de rechange. La sidérurgie étant en pleine expansion, des producteurs d’acier majeurs tels que le Japon souhaitent diversifier leurs sources d’alimentation. Voilà qui donne un bon coup de pouce à l’industrie du charbon au Canada dans les années 1970 et 1980. De nouvelles mines voient le jour, et des chemins de fer et des installations portuaires sont construits.

Industrie moderne

Après une expansion considérable dans les années 1970 et 1980, l’extraction du charbon demeure relativement stable depuis les années 1990 avec une production annuelle de 65 à 75 mégatonnes.

En 2010, le charbon représente 7 % de l’énergie générée au Canada et 12,6 % de la génération nationale d’électricité. L’Alberta, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse sont de loin les provinces les plus dépendantes au charbon : plus de la moitié de leur électricité est produite de cette façon. De ces trois provinces, néanmoins, c’est l’Alberta qui brûle le plus de charbon : la province génère environ 40 000 GWh d’électricité grâce au charbon en 2012, comparativement à la Saskatchewan et à la Nouvelle-Écosse qui en produisent respectivement 12 000 et 7 000 la même année. Le Canada produit plus de charbon qu’il n’en utilise, et puisque la demande pour ce combustible fossile est grandissante ailleurs dans le monde, près de la moitié de la production canadienne est exportée, principalement vers les pays d’Asie où la demande en charbon métallurgique est élevée.

Parallèlement, il est surprenant que les importations de charbon au Canada soient si élevées pour un pays qui en exporte autant. C’est que la plupart du charbon canadien se trouve à plus de 2 000 km des centres industriels du centre du Canada. Par conséquent, les usines d’acier en Ontario et la compagnie d’électricité Ontario Hydro préfèrent faire venir leur charbon de mines aux États-Unis, qui sont beaucoup plus proches.

Impact environnemental

L’extraction et la combustion de charbon engendrent plusieurs problèmes pour la santé et pour l’environnement. Ces dernières années, les mouvements pour la justice écologique s’y sont vivement opposés.

L’industrie est régulée en matière de sécurité au travail, de protection écologique et (à divers degrés) d’émissions toxiques. De nature intensément carbonique et à grande échelle, la pollution causée par le charbon demeure toutefois un problème majeur au Canada.

La plupart du charbon canadien est extrait dans des mines à ciel ouvert. Encore plus que les mines souterraines, l’exploitation à ciel ouvert détruit les habitats sauvages et menace les écosystèmes avec la pollution qu’elle engendre. Elle demeure toutefois le premier choix des entreprises, puisqu’elle est moins dangereuse pour les ouvriers. La Colombie-Britannique tente de restaurer près de 42 % des territoires défrichés par les mines de métaux et de charbon, mais l’efficacité à long terme de ce programme est incertaine. Après tout, les mines à ciel ouvert causent des dommages probablement irréparables au sol.[1]

À l’étape de sa combustion, le charbon cause énormément d’émissions de gaz à effet de serre et de polluants toxiques. Des dix installations industrielles qui produisent le plus de gaz à effet de serre au Canada, sept sont des centrales thermiques au charbon.

La combustion du charbon est aussi nocive pour la santé publique. Les usines qui brûlent du charbon émettent un grand taux de dioxyde de soufre, d’oxyde d’azote et de mercure, substances que l’on associe à une variété de troubles de santé comme la bronchite, les maladies pulmonaires, et un taux élevé de mortalité infantile.

En raison de ces enjeux de santé et environnementaux, certaines provinces, dont la Nouvelle-Écosse, l’Ontario et le Manitoba, ont choisi au cours des dernières années de prendre leurs distances vis-à-vis du charbon. En Ontario, par exemple, on a complètement remplacé le charbon dans la production d’électricité. La décision est draconienne et le changement, impressionnant : pas plus tard qu’en 2000, 26 % de l’électricité générée en Ontario provenait du charbon. Peu à peu, des centrales ont fermé, et ce chiffre est passé à 19 % en 2007, puis à 8 % en 2010. En avril 2014, la toute dernière centrale au charbon, à Thunder Bay, ferme ses portes. L’Ontario devient par le fait même la première région d’Amérique du Nord à éliminer complètement le charbon de sa production d’électricité. Un petit nombre d’usines d’acier et de ciment y demeurent toutefois autorisées à faire la combustion du charbon.


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