Feo Monck

Frances Elizabeth Owen « Feo » Monck, auteure (née le 1eraoût 1835 à Charleville, Enniskerry, comté de Wicklow, Irlande; morte le 31 juillet 1919). Le beau-frère de Feo Monck était le gouverneur général vicomte Monck, et son mari, Richard Monck, a été secrétaire militaire du gouverneur général de 1864 à 1869. Quand lady Monck s’absentait, Feo la remplaçait en tant qu’hôtesse des événements sociaux vice-royaux, notamment lors du bal donné à l’occasion de la Conférence de Québec en 1864. Feo Monck a consigné ses impressions dans un livre, My Canadian Leaves: An Account of a Visit to Canada in 1864-1865.

Frances Elizabeth Owen « Feo » Monck, auteure (née le 1eraoût 1835 à Charleville, Enniskerry, comté de Wicklow, Irlande; morte le 31 juillet 1919). Le beau-frère de Feo Monck était le gouverneur général vicomte Monck, et son mari, Richard Monck, a été secrétaire militaire du gouverneur général de 1864 à 1869. Quand lady Monck s’absentait, Feo la remplaçait en tant qu’hôtesse des événements sociaux vice-royaux, notamment lors du bal donné à l’occasion de la Conférence de Québec en 1864. Feo Monck a consigné ses impressions dans un livre, My Canadian Leaves: An Account of a Visit to Canada in 1864-1865.


Le vicomte Monck et sa famille à Rideau Hall. Photo prise à Ottawa, en Ontario, en 1866.

Jeunesse

Feo est la fille du poète Owen Blayney Cole et de Frances Monck, une pianiste amatrice de talent. Son père est un riche propriétaire foncier, possédant des maisons à Londres et Dublin ainsi qu’un domaine rural dans le comté de Monaghan. Frances Monck est l’une des 11 filles d’Henry Monck, premier comte de Rathdowne. Les Cole organisent des soirées musicales fréquentées par des écrivains, des artistes et des acteurs, de même que par le premier ministre britannique William Gladstone. Feo reçoit une excellente éducation et voyage avec ses parents en Allemagne, en France, en Espagne et en Belgique. Elle fait de longs séjours à Charleville House, en Irlande, avec ses grands parents maternels et sa tante Elizabeth Monck, qui a épousé son cousin germain et l’héritier de leur succession, Charles Stanley Monck, 4evicomte Monck.

Mariage

Le 13 août 1861, Feo épouse le cousin de sa mère, Richard « Dick » Monck (1829-1904), à Dublin. Richard Monck est un colonel du régiment des Coldstream Guards et le plus jeune fils du vicomte Monck. Le premier fils de Feo et Richard, William Frederick, naît en 1862 et meurt durant son enfance. Leur deuxième fils, Cecil Stanley Owen, naît en 1863. Il devient officier du régiment des Coldstream Guards et combat à la guerre des Boers.

Une force de la nature

En 1861, le beau-frère de Feo Monck, le vicomte Monck, devient gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique. En 1864, il offre à son frère Richard le poste de secrétaire militaire. À la dernière minute, Feo décide d’accompagner son mari. Ils vivent à Spencer Wood avec le vicomte et lady Monck.

La vivacité de Feo contraste avec le style plus formel et réservé de sa tante lady Monck. L’arrière-petite-fille du vicomte Monck, Elisabeth Batt, la décrit comme « la parfaite “house party girl” », « toujours prête à se joindre sans cérémonie à une partie de cartes, ou à charmer la compagnie en chantant de simples balades ou des chansons comiques ». L’historienne Amanda Foreman la décrit comme « une force de la nature, quoique douce, qui manquait perpétuellement les trains, perdait ses chapeaux et renversait tout ce qui était chaud et plein à ras bord. » Malgré leurs personnalités différentes, elles entretiennent une relation étroite, comme tante et nièce, et Feo remplace lady Monck comme hôtesse vice-royale durant ses longs séjours en Europe.

Couverture du livre My Canadian Leaves: An Account of a Visit to Canada in 1864-1865 (1891) par Frances E.O. Monck. « Feo » Monck était la belle-sœur du vicomte Monck, premier gouverneur général du Canada. Elle a vécu au Canada durant les années 1860 et a consigné ses impressions sur la société et la politique canadiennes.
(avec la permission du Projet Gutenberg Canada)

My Canadian Leaves

Feo Monck tient un journal durant son premier séjour au Canada, de mai 1864 jusqu’à mai 1865, et y consigne ses impressions sur la société canadienne. C’est une période déterminante de l’histoire du Canada, où les premiers pourparlers sur la Confédération se déroulent sur fond de menaces d’invasion américaine, pendant la guerre de Sécession. Le 19 décembre 1864, elle écrit: « C’est une année où il est intéressant de se trouver au Canada, pour suivre l’affaire de la Confédération et observer si le Canada possède la capacité et la volonté de se défendre par lui-même. » Elle évoque la menace d’une invasion américaine lorsque des commandos confédérés utilisent le Canada comme base d’opérations. (Voir Raid de St. Albans.) Elle note plus tard, le 19 avril 1865 : « Tout le monde a ri de moi parce que j’ai dit que j’avais supplié le gouverneur général de ne pas aller au théâtre, car [on dit] que Booth se trouve au Canada. » (John Wilkes Booth est l’homme qui a assassiné le président américain Abraham Lincoln au théâtre Ford à Washington, D.C., le 14 avril 1865.)

Participants du raid de St. Albans
Combattants confédérés debout devant la prison de Montréal, en 1864, après avoir participé au raid de St. Albans, au Vermont.

Feo Monck est étonnée par la simplicité de la société canadienne. Elle rapporte que lors de la réception du Nouvel An du gouverneur général, en 1865, « le G.G. a serré la main de toutesles personnes présentes ». Elle participe aux loisirs d’hiver et, en décembre 1864, elle écrit: « On dirige le toboggan avec un morceau de bois; sport terrible, je crois, mais je dois l’essayer au moins une fois! » Elle écrit: « Montréal est une ville si charmante, comme une ville française », mais elle se dit « très dégoûtée par l’allure sordide d’Ottawa. »

Feo Monck envoie son journal à son père, qui conserve le manuscrit. Il le publie en privé en 1873 puis publiquement en 1891. Une version complète est publiée par l’University of Toronto Press en 1963.

Descente en toboggan

Près de Montréal, au Québec, en 1850; aquarelle de J. Duncan.

La conférence de Québec de 1864

Feo Monck est absente lorsque débute la conférence de Québec. Elle visite à ce moment Niagara Falls avec un groupe de personnes, dont lord Lyons, l’ambassadeur britannique aux États-Unis. Toutefois, elle est de retour pour le bal de la conférence. Feo Monck raconte, au sujet des Pères de la Confédération au bal : « Il avait été prévu que je suivrais le G.G. avec le premier ministre, sir E. Taché, et que je danserais le premier quadrille avec lui, mais sirE. est très âgé et ne peut danser, et il ne voulait pas entrer avec moi, de crainte d’avoir à danser avec moi, il s’est donc avancé en premier, seul; puis le G.G. et John A. [Macdonald] sont entrés avec moi. »

Conférence de Québec

La Conférence de Québec en 1864, tenue pour établir les bases d'une union des provinces de l'Amérique du Nord britannique.

Retour au Canada

En mai 1865, Richard et Feo Monck prennent un congé en Irlande. Ils reviennent au Canada à la fin de 1867 avec leur fils Cecil et s’installent avec le vicomte et lady Monck dans leur nouvelle résidence d’Ottawa, Rideau Hall. Durant son séjour au Canada, Feo Monck est soliste vocale lors du premier événement tenu au théâtre Her Majesty’s, sur la rue Wellington, un concert bénéfice au profit de l’église St. Bartholomew. Sir John Young succède au vicomte Monck au poste de gouverneur général. Richard et Feo Monck restent à Ottawa jusqu’en 1869, quand s’achève son mandat de secrétaire militaire, d’une durée de cinq ans.

Les deux plus jeunes enfants de Feo Monck, Beatrice Isabella Bridget et Reginald St. Lawrence, sont nés à Ottawa en 1868 et 1869 respectivement. Tous deux meurent en bas âge et sont enterrés à Dublin.

Vie ultérieure

Richard et Feo Monck quittent le Canada en 1869 et partagent leur temps entre Dublin et Londres. Richard reprend son service dans le régiment des Coldstream Guards et devient lieutenant général en 1889. Feo Monck meurt en 1919.