Clifford MacKay McEwen

Clifford MacKay McEwen, dit « Black Mike », pilote de chasse et as de l’aviation, commandant supérieur de l’Aviation royale du Canada, cadre de compagnie aérienne, défenseur des anciens combattants (né le 2 juillet 1896 à Griswold, au Manitoba; décédé le 6 août 1967 à Toronto, en Ontario). Clifford McEwen a été l’un des meilleurs pilotes de chasse du Canada lors de la Première Guerre mondiale. Il a commandé le 6e Groupe de l’Aviation royale canadienne (ARC) au sein du Bomber Command, pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Clifford MacKay McEwen, dit « Black Mike », pilote de chasse et as de l’aviation, commandant supérieur de l’Aviation royale du Canada, cadre de compagnie aérienne, défenseur des anciens combattants (né le 2 juillet 1896 à Griswold, au Manitoba; décédé le 6 août 1967 à Toronto, en Ontario). Clifford McEwen a été l’un des meilleurs pilotes de chasse du Canada lors de la Première Guerre mondiale. Il a commandé le 6e Groupe de l’Aviation royale canadienne (ARC) au sein du Bomber Command, pendant la Deuxième Guerre mondiale.


Clifford MacKay McEwen
Clifford McEwen a été l’un des meilleurs pilotes de chasse canadiens de la Première Guerre mondiale et a commandé le6eGroupe (ARC), au sein du Bomber Command, pendant la Seconde Guerre mondiale. (Avec la permission deRAF/tracesofwar.com,Wikimedia, sous licence Creative Commons.)

Jeunesse

CliffordMacKayMcEwen est l’un des huit enfants (cinq filles et trois garçons) de Mary etdeMurdock McEwen,qui exerce le métier de quincaillier. Le jeune Clifford grandit àMooseJaw, enSaskatchewan, et sort diplômé du MooseJaw College. Il suit ensuite des cours à l’Université de la Saskatchewan, avec l’intention de devenir ecclésiastique. Le 24 mars 1916, il s’enrôle comme soldat dans le 196e Bataillon (universités de l’Ouest) duCorps expéditionnaire canadien. En novembre, il arrive en Europe, où il est nommé officier.

Première Guerre mondiale

En juin 1917, Clifford McEwen est transféré au Royal Flying Corps, qui deviendra la Royal Air Force à compter du 1er avril 1918. Il suit une formation à la première école d’aéronautique militaire, à Reading, à l’ouest de Londres, et obtient son brevet de pilote de chasse sur Sopwith Camel.
En octobre 1917, Clifford McEwen intègre le 28e Escadron juste au moment où il quitte la Grande-Bretagne pour la France, en service actif. Le mois suivant, le 28epart pour l’Italie, où le natif de Griswoldvole avec son compatriote William Barker. À la fin de la guerre, le pilote manitobain trône au classement des pilotes de son unité, avec 27 victoires à son tableau de chasse. Il reçoit la Croix militaire, la Croix du service distingué dans l’Aviation avec et une barrette et la Médaille de bronze italienne de la bravoure en récompense de ses exploits dans les airs et de ses qualités de pilote.

Entre-deux-guerres

Après l’armistice de 1918, Clifford McEwen intègre la toute jeune Aviation canadienne, qui utilise des avions de chasse donnés par la RAF. Lorsque les Britanniques suppriment ce financement, en juin 1919, lesunités de l’Aviation canadienne sont dissoutes. Le pilote canadien revient au pays en février 1920. Il se joint alors à la Commission de l’air, qui fait face à de nombreuses difficultés pour maintenir une force aérienne vivante au Canada.
Clifford McEwen est affecté au camp Borden, en Ontario, en tant qu’instructeur de vol. Lorsque l’ARC est créée, en 1924, il est nommé capitaine d’aviation et mène des opérations de levé aérien pour le gouvernement. En 1929, il est promu chef d’escadron, puis commandant d’escadre en 1937. Durant cette période, il poursuit sa formation au collège de l’état-major de la RAF, à Cranwell, dans le Lincolnshire, en Angleterre.
Le saviez-vous?
Clifford MacKay McEwen devient connu sous le nom de «Black Mike» («Mike le noir») pendant son séjour au camp Borden pendant l’entre-deux-guerres. Il explique plus tard à un intervieweur: «Ce n’était rien de sinistre. Je bronze très facilement et deviens foncé.» Hugh Halliday, historien spécialiste des forces aériennes à la retraite, fait remarquer que Clifford McEwen a une moustache et des cheveux noirs, et «a même des airs de pirate». Mais pourquoi «Mike»? Selon Will Pratt, historien de l’Université de Calgary, la femme de Clifford MacKay McEwen l’appelle «Mack», probablement en raison de son deuxième prénom. C’est le nom que celui-ci utilise pour parler de lui dans les lettres qu’il lui envoie. Selon Will Pratt, les collègues de l’ARC ont transformé ce nom en «Milke», même s’il demeure Mack pour la famille.

Deuxième Guerre mondiale

Lorsque la guerre éclate, en septembre 1939, Clifford McEwen commande la station Trenton de l’ARC,qui constitue l’une des bases les plus importantes du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB). Entre 1940 et 1945, le Canada aura formé, dans le cadre de ce programme, 131 533 aviateurs du Commonwealth.
En 1941, Clifford McEwen est promu commodore de l’air. Il est affecté au commandement du 1er Groupe du Commandement aérien de l’Est, dont le quartier général est à St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador. Son groupe a comme rôle de mener la guerreanti-sous-marine contre les sous-marins allemands, qui attaquent les convois alliés traversant l’Atlantique Nord à destination de l’Europe.
En avril 1943, Clifford McEwen est envoyé en Grande-Bretagne. Il est tout d’abord affecté à une base d’entraînement de bombardiers de l’ARC dans le Yorkshire. En juin, il est nommé commandant de la 62e Base « Beaver » (opérationnelle) à la station de Linton-on-Ouse de la RAF, qui contrôle également deux autres aérodromes, à East Moor et à Tholthorpe. Rapidement, il aura sous son commandement cinq escadrons de bombardiers lourds de l’ARC.
En février 1944, Clifford McEwen est promu vice-maréchal de l’air. Il est nommé officier des forces aériennes commandant le 6e Groupe, qui passe alors à 14 escadrons de bombardiers. À l’époque, le moral est au plus bas au sein du 6e Groupe, qui a subi de lourdes pertes. Connu pour son goût pour la discipline et pour son respect scrupuleux des règlements, le nouveau commandant met en place un programme d’entraînement rigoureux qui, bien qu’impopulaire au départ, donne des résultats, et ce, aussi bien sur les performances du groupe que son moral. L’ancien as de la Grande Guerre gagne également le respect de ses subordonnés grâce au courage dont il fait preuve personnellement. En effet, les ordres interdisent aux officiers supérieurs de voler lors d’opérations, mais le natif de Griswoldvole tout de même, occasionnellement, à bord d’un bombardier, pour des missions difficiles, déguisé en sergent de section. 1944, le groupe canadien présente le taux de précision le plus élevé et le nombre de pertes le plus faible de tous les groupes du Bomber Command.
Après la défaite de l’Allemagne, Clifford McEwen est choisi pour commander le groupe canadien de bombardiers de huit escadrons de ce qui devait être la nouvelle Tiger Force. Il s’agit d’une force aérienne de bombardiers du Commonwealth britannique destinée à servir dans la guerre contre le Japon. Elle ne sera toutefois jamais déployée. Le Japon se rend le 14 août 1945, peu de temps après que les États-Unis ont largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. (Voir aussi Le Canada et le Projet Manhattan.)
Pour ses contributions à la guerre aérienne contre l’Allemagne, Clifford McEwen est nommé Compagnonde l’Ordre du Bain. Cet honneur lui est décerné par le roi George VI au palais de Buckingham en février 1945. Peu de temps après, la France le nomme Officier de la Légion de l’Ordre, tandis que les États-Unis le nomment Commandeur de la Legion of Merit.
Le commandant du Bomber Command, le maréchal en chef de l’air sir Arthur « Bomber » Harris, a estimé que la contribution de Clifford McEwen « à l’efficacité et à la performance de l’offensive des bombardiers » s’était avérée « inestimable ».

Après la guerre

En avril 1946, Clifford McEwen prend sa retraite de l’ARC et s’installe à Toronto. Il est embauché comme directeur de TransCanada Airlines, la compagnie qui a précédé Air Canada, de 1959 à 1961, et travaille comme consultant auprès de différents avionneurs. Il occupe les fonctions de vice-président de la Légion canadienne (devenue la Légion royale canadienne) et de président du Conseil national du Fonds du Souvenir, qui fournit aux anciens combattants dans le besoin des funérailles dignes.
Clifford McEwen décède à l’hôpital Sunnybrook de Toronto, en 1967, après une brève maladie, et est enterré au Champ d’honneur national du Fond du Souvenir à Pointe-Claire, au Québec. Après près de 40 ans de mariage, il laisse derrière lui son épouse Helen Claire Bertha Low. Celle-ci décédera en 1985 et sera enterréeaux côtés de son mari.

Postérité

En 2003, l’aéroport de la BFC MooseJaw, en Saskatchewan, est nommé Aérodrome Vice-Maréchal de l’air C.M. McEwen. En 2020, Clifford McEwen est intronisé au Panthéon de l’aviation du Canada, à Wetaskawin, en Alberta.

RCAF Officers at Allerton Hall, 1944

Officiers de l’ARC à Allerton Hall, 1944
Les hommes sur la photo ont joué un rôle clé dans la direction de l’offensive des bombardiers canadiens contre l’Allemagne. Ils se trouvent ici devant Allerton Hall, la majestueuse propriété qui servait de quartier général au 6e Groupe, après une conférence le 17 avril 1944. Clifford McEwen, vice-maréchal de l’air et officier des forces aériennes commandant du groupe de bombardiers de l’ARC, se trouve au milieu de première rangée. Des commandants d’autres escadrons de bombardiers de l’ARC se trouvent aussi dans la photo.
(avec la permission du ministère de la Défense nationale, PL-28715)

6e Groupe de l’ARC, 1944

6e Groupe de l’ARC, 1944
Des officiers supérieurs des opérations du 6e Groupe planifient une mission de bombardement le 23 mai 1944 dans la salle des opérations d’Allerton Hall, la majestueuse propriété qui servait de quartier général au groupe. Clifford McEwen, vice-maréchal de l’air et officier des forces aériennes commandant du groupe de bombardiers de l’ARC, est cinquième en partant de la droite.
(avec la permission du ministère de la Défense nationale, DND PL-29730)