Ségrégation scolaire des élèves noirs au Canada

Historiquement, de nombreuses écoles ont gardé les Canadiens noirs séparés des Canadiens blancs. Les politiques de ségrégations raciales excluaient et limitaient les droits des Canadiens noirs. Certaines universités refusaient l’admission aux Noirs en raison de leur race. (Voir Racisme anti-noir au Canada.) C’était particulièrement le cas dans les programmes de médecine et de soins infirmiers.  

Voir Ségrégation raciale des Noirs au Canada.

Historiquement, de nombreuses écoles ont gardé les Canadiens noirs séparés des Canadiens blancs. Les politiques de ségrégations raciales excluaient et limitaient les droits des Canadiens noirs. Certaines universités refusaient l’admission aux Noirs en raison de leur race. (Voir Racisme anti-noir au Canada.) C’était particulièrement le cas dans les programmes de médecine et de soins infirmiers.   Voir Ségrégation raciale des Noirs au Canada.


Écoles primaires

Au début du 19e siècle, les gouvernements provinciaux de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse créent des écoles communes légalement ségréguées. Celles-ci sont également connues sous le nom d’écoles publiques. Au début des années 1840, la structure des écoles publiques est officialisée au Canada. (Voir Histoire de l’éducation au Canada;  Écoles séparées.) Les conseillers scolaires de l’Ontario (qui sont tous blancs) créent des écoles séparées pour les enfants noirs dans certaines régions du sud-ouest de l’Ontario. C’est particulièrement le cas dans les régions où l’on trouve de nombreux chercheurs de liberté récemment arrivés. (Voir Loi des esclaves fugitifs de 1850.) Certains conseillers scolaires falsifient les limites des circonscriptions électorales pour empêcher les enfants noirs de fréquenter certaines écoles. Ceci oblige ces enfants à fréquenter l’école séparée réservée aux Noirs du district.

En 1850, la Common Schools Act, loi régissant l’éducation en Ontario, est amendée. Une clause relative aux écoles séparées est ajoutée. Cette clause permet l’établissement d’écoles séparées pour les catholiques, les protestants et les Noirs. L’amendement permet à ces communautés de demander une école séparée par l’entremise du conseil d’administration scolaire. Toutefois, les conseillers scolaires des écoles publiques utilisent la clause pour soutenir la pratique de la ségrégation raciale. (Voir Ségrégation raciale des Noirs au Canada.) Ils demandent des écoles séparées pour les enfants noirs, même si les parents de ces derniers s’y opposent.

La ségrégation raciale dans les écoles se manifeste de différentes manières. Dans certains endroits, on trouve des bâtiments scolaires séparés et désignés comme étant des « écoles pour les nègres ». Dans des endroits comme Hamilton et West Flamborough ( voir Flamborough), les élèves fréquentent la même école à classe unique, mais à des heures différentes. S’ils sont présents en même temps, ils sont assignés à des bancs différents en fonction de leur race.

La ségrégation raciale en éducation est renforcée et maintenue par le système judiciaire provincial de l’Ontario. (Voir Système judiciaire canadien.) Après l’établissement des écoles ségréguées, les tribunaux maintiennent cette pratique. Les enfants noirs se voient refuser l’admission dans les écoles réservées aux Blancs même si des parents noirs poursuivent les conseillers scolaires des écoles publiques.

Une législation semblable est mise en œuvre en Nouvelle-Écosse en 1865. En 1884, des amendements stipulent que les enfants noirs ne peuvent être empêchés de fréquenter les écoles situées où ils vivent. Néanmoins, la ségrégation raciale se poursuit dans certaines régions où vivent de nombreux résidents noirs, comme à Halifax. À Inglewood et Weymouth Falls, la pratique de la ségrégation raciale persiste parce que les quartiers résidentiels sont ségrégués. (Voir Ségrégation résidentielle.) Dans des cas extrêmes, les enfants noirs se voient refuser tout accès aux écoles publiques locales. Dans des villages comme Fundy et le comté de Guysborough, il n’existe pas d’école séparée. Les dispositions originales de la ségrégation raciale en éducation demeurent en vigueur en Nouvelle-Écosse jusqu’en 1950.

En réaction à l’activisme des parents noirs, les écoles ségréguées de l’Ontario sont progressivement supprimées. La dernière école ségréguée en Ontario, la School Section No. 11 située à Colchester, ferme ses portes en 1965. Ceci survient après que le député provincial nouvellement élu, Leonard Braithwaite, a fait pression pour que la clause relative aux écoles séparées réservées aux Noirs soit officiellement retirée de la politique provinciale en matière d’éducation. La dernière école ségréguée en Nouvelle-Écosse, située dans le comté de Guysborough, ferme ses portes en 1983. 

Leonard Braithwaite, le premier député provincial noir du Canada.

L’Ontario et la Nouvelle-Écosse sont les seules provinces à légiférer sur les écoles à ségrégation raciale. Cependant, une ségrégation informelle est présente dans d’autres provinces comme l’Alberta, la  Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard. C’est une pratique acceptable pour les résidents blancs de refuser aux familles noires l’accès aux écoles publiques locales. On utilise l’intimidation pour décourager les parents noirs d’envoyer leurs enfants dans les écoles publiques locales, ou pour forcer les familles noires à ouvrir leurs propres écoles.

Éducation postsecondaire

L’exclusion et la ségrégation raciales ne se limitent pas à l’enseignement primaire et secondaire. Des pratiques discriminatoires sont également observées dans les établissements d’enseignement postsecondaire. (Voir Universités au Canada.) Certaines universités, comme l’Université McGill, l’ Université Queen’s et l’Université de Toronto, admettent des étudiants noirs de sexe masculin avant la guerre de Sécession. Cependant, les attitudes sociales et institutionnelles changent au tournant du 20e siècle.

Écoles de médecine

En 1918, l’assemblée de l’Université Queen’s située à Kingston, en Ontario, vote pour interdire l’admission d’étudiants noirs à son programme de médecine. La décision est attribuée à l’intolérance raciale des résidents blancs locaux. Ces derniers ne veulent avoir aucun contact physique avec des médecins noirs. Cependant, un autre facteur clé a influencé la décision de l’assemblée. L’Université Queen’s subit également de la pression de la part de la American Medical Association (AMA), une organisation médicale professionnelle qui évalue les écoles de médecine des États-Unis et du Canada. La AMA veut que l’Université Queen’s expulse ses étudiants noirs. Fondée en 1847, la AMA n’a accueilli des médecins noirs que vers la fin des années 1960. Cette restriction raciste est pratiquée à l’Université Queen’s jusqu’en 1965. La politique demeure en vigueur jusqu’en 2018, bien qu’elle ne soit plus appliquée.

En 1916, le Montreal Maternity Hospital, l’hôpital d’enseignement en obstétrique rattaché à l’Université McGill, parvient à interdire l’admission d’étudiants noirs de sexe masculin. L’Université McGill adopte ensuite des restrictions raciales qui interdisent l’admission d’étudiants noirs dans les années 1920 à 1930, et à nouveau de 1945 jusqu’au début des années 1960. Les étudiants noirs en médecine de Montréal se voient également interdire de pouvoir effectuer leur stage dans les hôpitaux montréalais de 1930 à 1947. L’Université McGill doit donc prendre des dispositions pour que ses étudiants noirs en médecine puissent remplir leurs obligations en matière de résidence à l’Université Howard de Washington, D.C.

À l’Université Dalhousie, des restrictions racistes sont mises en œuvre sous la direction du président Stanley Mackenzie. Entre 1911 et 1931, les étudiants noirs qui ne sont pas des sujets britanniques se voient refuser l’accès à la faculté de médecine. Dans les années 1930, un seul hôpital en Nouvelle-Écosse, le Tuberculosis Hospital, permet aux étudiants noirs en médecine d’y effectuer leur stage.

L’Université de Toronto refuse d’admettre des étudiants noirs dans les années 1920. Cette politique est vivement dépeinte dans une lettre de correspondance concernant la demande d’admission en 1923 de Lean Elizabeth Griffin, une Afro-Américaine. Dans la lettre, Edward Stanley Ryerson, vice-doyen et secrétaire de la faculté de médecine, pousse le registraire James Brebner à rejeter la demande d’admission de Lean Elizabeth Griffin. Ils n’ont pas réalisé que cette dernière était « de couleur » lorsqu’elle a fait sa demande la première fois. Edward Stanley Ryerson se justifie en affirmant que « les étudiants de couleur représentent un problème lorsqu’ils arrivent à l’hôpital ».

Soins infirmiers

Les écoles de soins infirmiers refusent souvent l’admission aux femmes noires. C’est particulièrement le cas lorsque la profession infirmière se développe au Canada du début du 20e siècle jusqu’à la fin des années 1940. L’explication courante de cette pratique discriminatoire est que les patients blancs ne veulent pas être touchés par des infirmières noires. Dans certains endroits, comme à Montréal, les femmes noires qui arrivent à suivre une formation d’infirmière sont limitées au traitement des patients noirs.