Ronnie Hawkins

Ronald Cornett Hawkins, OC (honoraire), chanteur, compositeur, entrepreneur, acteur (né le 10 janvier 1935 à Huntsville, en Arkansas).

Ronnie Hawkins
Hawkins est un personnage qui a fait école dans l'histoire de la musique populaire canadienne (avec la permission de Backstage Productions International).

Ronald Cornett Hawkins, OC (honoraire), chanteur, compositeur, entrepreneur, acteur (né le 10 janvier 1935 à Huntsville, en Arkansas). L’une des personnalités les plus flamboyantes du rock, le légendaire frontman rockabilly Ronnie Hawkins est un pionnier de la musique rock canadienne et le mentor de plusieurs des plus grands musiciens rock du pays. Appelé également « Rompin' Ronnie Hawkins », « le roi du rockabilly », « The Hawk » (le faucon) et « M. Dynamo », il est connu pour ses performances pleines d’énergie et pour sa personnalité charismatique, dans sa vie privée comme sur la scène. Il a gagné un prix Juno et mérite bien le nom de « grand-père du rock ‘n’ roll canadien ». Ronnie Hawkins est un Officier honoraire de l’Ordre du Canada et membre du Temple de la renommée de l’industrie de la musique canadienne, de l’Allée des célébrités canadiennes, du Temple de la renommée des artistes professionnels d’Arkansas, et du temple de la renommée du rockabilly.

Formation et début de carrière

Ronnie Hawkins grandit à Fayetteville, en Arkansas, où il est influencé par la musique jazz dixieland, le gospel et la musique blues de la population afro-américaine locale. Son père est barbier; sa mère, une enseignante. Pendant ses études en éducation physique à l’Université d’Arkansas, il fonde son groupe, The Hawks, et part en tournée en Arkansas et dans les états voisins. Après avoir abandonné ses études, il s’engage dans l’armée étatsunienne et y sert pendant six mois en 1956 et 1957. Pendant ce temps, il est le frontman d’un groupe rock ‘n’ roll, The Black Hawks, composé de musiciens afro-américains. Il s’agit d’un geste audacieux dans le sud des États-Unis à cette époque-là, avant le mouvement des droits civils.

Il a d’autres liens à la scène rock ‘n’roll de Fayetteville, grâce à sa propre boîte de nuit, le Rockwood Club, où il engage des figures légendaires comme Jerry Lee Lewis, Carl Perkins et Conway Twitty. C’est ce dernier qui le convainc d’emmener The Hawks au Canada pour y tenter leur chance.

Arrivée au Canada

Ronnie Hawkins et The Hawks présentent leurs premiers spectacles sur le circuit des boîtes de nuit en Ontario à The Golden Rail Tavern et The Grange à Hamilton en 1958. Le son franchement rockabilly de ce musicien, rassemblant des éléments du rock, du blues et du country, est rehaussé par sa personnalité animée et ses mouvements athlétiques sur scène. Il effectue parfois une culbute à revers en plein milieu d’une chanson et sa « marche de dromadaire » caractéristique est le précurseur du fameux moonwalk de Michael Jackson. Le haut niveau d’énergie de ses numéros sur scène mérite à Ronnie Hawkins le surnom « M. Dynamo ».

De 1959 à 1964, Ronnie Hawkins et The Hawks sont sous contrat avec Roulette Records. Ils connaissent un certain succès aux États-Unis en 1959 avec les simples Mary Lou et Forty Days (une reprise de « Thirty Days » de Chuck Berry), ce qui permet au chanteur de paraître aux émissions télévisées américaines The Dick Clark Show et American Bandstand. Malgré qu’on l’invite à retourner aux États-Unis, il choisit de rester en Ontario, où il est devenu populaire.

À partir de 1959 et de 1960, une succession de boîtes de nuit de la rue Yonge deviennent ses points d’attache musicaux, notamment, Le Coq D’Or et The Hawk’s Nest. Il tient aussi, pendant plusieurs années, le Campbell’s Tavern à London, en Ontario. En 1961, il est déjà établi à Toronto et en 1964 il devient résident permanent du Canada, tout en gardant sa citoyenneté étatsunienne. Plus tard, il déménagera à Mississauga et ensuite près de Peterborough, en Ontario. Il gère également sa propre maison de disques, Hawk Records.

Mentorat auprès de musiciens canadiens

L’une des contributions les plus remarquables de Ronnie Hawkins à la musique canadienne est son rôle de mentor auprès de plusieurs musiciens qui sont devenus eux-mêmes de grands noms dans l’industrie. Il développe les talents de bon nombre d’artistes qui jouent avec lui au début de leur carrière, y compris des membres des groupes The Band et Crowbar, Jack DeKeyzer, Pat Travers, David Clayton-Thomas, Domenic Troiano, David Foster, B.J. Cook, Lawrence Gowan, King Biscuit Boy, Tobi Lark, Bob McBride (Lighthouse) et John Till (du Full Tilt Boogie Band de Janis Joplin).

Ronnie Hawkins se produit ou part en tournée de façon presque continue et se taille une réputation d’éthique de travail solide. Il s’attend à ce que ses musiciens d’accompagnement se pratiquent souvent et de façon rigoureuse, ce qui contribue à en faire des musiciens accomplis. Le batteur Levon Helm (The Hawks et The Band) décrit Ronnie Hawkins comme « un grand leader, avec l’étonnante facilité de choisir les meilleurs musiciens et de les intégrer dans des groupes de premier ordre. »

Enregistrements

Ronnie Hawkins sort bon nombre de simples à succès en début de carrière, y compris sa version classique Who Do You Love? (1963) de Bo Diddley, Blue Birds over the Mountain (1965) et Goin’ to the River (1965). Bien qu’il se concentre de préférence sur le rockabilly, il explore aussi d’autres genres musicaux. Son album The Folk Ballads of Ronnie Hawkins (1960) l’identifie brièvement au renouveau de la musique folklorique. Il enregistre également quelques albums country au début des années 1980, y compris A Legend in his Spare Time (1981) et Songs of Hank Williams (1983). Ce dernier lui mérite des nominations aux prix Juno en 1982 et 1985 dans la catégorie du meilleur chanteur de country. Son enregistrement de Home from the Forest (1967) de Gordon Lightfoot représente un bref changement d’orientation vers la musique country folklorique. En revanche, Down in the Alley représente son retour vers le rock ‘n’ roll flamboyant et plutôt lugubre de ses débuts, tandis que (Stuck in) Lodi (1981) renoue avec le country.

John Lennon et le retour aux États-Unis

En 1969 et 1970, Ronnie Hawkins jouit d’un retour aux États-Unis très médiatisé (quoique seulement modérément réussi), qui lui mérite un article dans la revue Rolling Stone en 1969, ainsi qu’un contrat avec Atlantic Records. Le retour est basé sur le succès international de The Band et sur une brève association avec l’ancien Beatle John Lennon qui, avec Yoko Ono, est resté chez Ronnie Hawkins à Mississauga pendant la visite du couple au Canada en 1969. En 1969 et 1970, Ronnie Hawkins se rend à Ottawa avec le « train de la paix » de John Lennon et Yoko Ono afin de rencontrer le premier ministre Pierre Trudeau. Le musicien voyage par la suite à l’international afin de répandre le message « l’amour, pas la guerre » de John Lennon.

Le retour se poursuit

Ronnie Hawkins apparaît au concert d’adieu de The Band le 25 novembre 1976 à San Francisco et fait l’objet du film qui en résulte, The Last Waltz (1978), réalisé par Martin Scorsese. Suite au renouvellement d’intérêt pour le rockabilly à l’international, il se produit aux Pays-Bas et en Belgique, en 1980, et en Angleterre en 1982. Il enregistre en direct l’album The Hawk & Rock au Dingwalls, à Londres.

Il est l’animateur de sa propre émission de variétés musicales, Honky Tonk (1981-1982), au réseau CTV. Il y accueille des invités comme Johnny Nash, Bo Diddley, David Clayton-Thomas, Conway Twitty, Eddie Shack et Carroll Baker. En 1982, il gagne le prix Juno du meilleur chanteur de country et il reçoit une nouvelle nomination en 1985. Il continue à faire des tournées au cours des années 1980, chante dans l’enregistrement caritatif Tears Are Not Enough en 1985, se produit à l’Expo 86 à Vancouver et anime les célébrations de la veille de l’an au Nathan Phillips Square, à Toronto, pendant plusieurs années.

Ronnie Hawkins fait des tournées et donne des représentations tout au long des années 1990, par exemple, à Cannes, en France (1992), à l’ambassade canadienne à Washington, D.C. (1995) et dans son état natal, l’Arkansas, ainsi qu’en Europe (1990 et 1991) et en Asie. Bill Clinton l’invite à se produire à la maison du gouverneur en Arkansas à plusieurs reprises, et à son bal inaugural présidentiel en 1993, à Washington, D.C. En janvier 1995, il fête son 60e anniversaire avec un spectacle à guichets fermés au Massey Hall, à Toronto, qui inclut des performances par Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, The Band, Jeff Healey et Lawrence Gowan. Il effectue une tournée canadienne pour la sortie de l’album en direct qui en résulte, Let it Rock! (1995).

Carrière après 2000

En 2000, Ronnie Hawkins fait l’objet d’un épisode de la série biographique Life and Times de la CBC. En 2002, il sort son 27e album, Still Cruisin’. La même année, il apprend qu’il a un cancer du pancréas en phase terminale et bénéficie d’une couverture médiatique considérable lorsqu’il se fait soigner par un guérisseur religieux britanno-colombien. En 2004, le CTV diffuse le documentaire Ronnie Hawkins: Still Alive and Kickin’ au sujet de sa carrière; celui-ci gagne le prix Gémeaux du meilleur programme documentaire biographique.

Il se remet de son cancer et fête sa guérison avec un spectacle hommage au Massey Hall en 2005. Vieillissant et souffrant de problèmes de santé, il réduit le nombre de ses apparitions publiques, mais celles-ci incluent tout de même quelques spectacles, comme ceux à Stratford, en Ontario, en 2006 et 2008. Vers la fin de 2013, il entreprend une tournée de six villes en Ontario, y compris un autre spectacle au Massey Hall avec plusieurs invités, comme Dan Hill, Amy Sky et Marc Jordan. Son fils Robin est son guitariste depuis les années 1980; sa fille, Leah, l'accompagne régulièrement comme choriste.

Carrière d’acteur

Ronnie Hawkins étend ses activités au cinéma vers la fin des années 1970. En effet, dans le film Renaldo and Clara (1978) de Bob Dylan, il interprète une version de celui-ci. Il a aussi d’autres rôles mineurs dans les films La Porte du Paradis (1980), Meatballs III – Académie de vacances (1986) et Duct Tape Forever (2002). Son travail à la télévision inclut des rôles d’invité dans les séries Seeing Things (1987), Due South (1998) et Doc (2004).

Activités philanthropiques

Au fil des ans, Ronnie Hawkins a contribué à de nombreuses œuvres de charité, notamment, la Société ontarienne de la schizophrénie.

Honneurs

Ronnie Hawkins est l’objet du Silver Cloud Rolls Royce de Gordon Lightfoot. Il est aussi célèbre pour avoir généré, à un certain degré, sa propre légende. Son biographe, Peter Goddard, le décrit comme « Elvis, le Père Noël et Robert E. Lee combinés dans un seul personnage; le parrain du rock’n’roll de deux générations de musiciens mésadaptés… Le seul Yank que les Canadiens sont contents de compter parmi les leurs. »

En 1996, Ronnie Hawkins reçoit à la cérémonie de remise des Junos le prix Walt Grealis pour contribution exceptionnelle, en reconnaissance de son rôle dans l’édification au Canada d’une forte industrie de la musique. Il est intronisé à l’Allée des célébrités canadiennes par Kris Kristofferson le 4 octobre 2002 (déclarée la « Journée Ronnie Hawkins » par la Ville de Toronto). En 2007, il reçoit un prix SOCAN pour contribution exceptionnelle en raison de ses contributions à l’industrie canadienne de la musique. En 2013, il est fait Officier honoraire de l’Ordre du Canada.

Une version de cet article a d’abord été publiée dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.

Prix

Meilleur chanteur de country de l’année, prix Juno (1982)

Prix Walt Grealis pour contribution exceptionnelle, prix Juno (1996)

Intronisé, Allée des célébrités canadiennes (2002)

Intronisé, Temple de la renommée de l’industrie de la musique canadienne (2004)

Docteur en Lettres honoraire, D. ès L., Université Laurentienne (2005)

Prix pour contribution exceptionnelle, SOCAN (2007)

Intronisé, Temple de la renommée des artistes professionnels d’Arkansas (2008)

Intronisé, Allée des célébrités de la musique de Mississauga (2012)

Officier honoraire, Ordre du Canada (2013)

Intronisé, Temple de la renommée du Rockabilly


Liens externes