Espèces de serpents au Canada

Le serpent est un long et mince reptile du sous-ordre des serpentes et de l’ordre des squamates (qui inclut aussi les lézards). On compte actuellement 25 espèces de serpents au Canada. De plus, une espèce, le crotale des bois, et une sous-espèce, la couleuvre à nez plat du Pacifique, sont disparues du pays. Cela signifie que, bien qu’ils continuent de vivre dans d’autres parties de leur aire de répartition, on ne les trouve plus au Canada. Les espèces de serpents du Canada appartiennent à l’une des trois familles taxonomiques suivantes : Boidae, Viperidae ou Colubridae. La majorité des serpents vivent dans le sud du Canada, mais la couleuvre rayée se trouve aussi haut que le 60e parallèle Nord, près de Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Le serpent est un long et mince reptile du sous-ordre des serpentes et de l’ordre des squamates (qui inclut aussi les lézards). On compte actuellement 25 espèces de serpents au Canada. De plus, une espèce, le crotale des bois, et une sous-espèce, la couleuvre à nez plat du Pacifique, sont disparues du pays. Cela signifie que, bien qu’ils continuent de vivre dans d’autres parties de leur aire de répartition, on ne les trouve plus au Canada. Les espèces de serpents du Canada appartiennent à l’une des trois familles taxonomiques suivantes : Boidae, Viperidae ou Colubridae. La majorité des serpents vivent dans le sud du Canada, mais la couleuvre rayée se trouve aussi haut que le 60e parallèle Nord, près de Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Espèces de serpent au Canada

Nom commun

Nom scientifique

Sous-espèces

Provinces/Territoires

Couleuvre à petite tête

Thamnophis butleri

ON

Couleuvre rayée

Thamnophis sirtalis

- Couleuvre des Maritimes (Thamnophis sirtalis pallidulus)

- Couleuvre à collier de l’Est (Thamnophis sirtalis sirtalis)

- Couleuvre à flanc roux (Thamnophis ssirtalis parietalis)

- Couleuvre des vallées (Thamnophis sirtalis fitchi)

- Couleuvre de Puget Sound (Thamnophis sirtalis pickeringii)

T.N.-O., C.-B., AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, Î.-P.-É.

Couleuvre à queue fine

Contia tenuis

C.-B.

Couleuvre d’eau

Nerodia sipedon

- Couleuvre d’eau de lac Érié (Nerodia sipedon insularum)

- Couleuvre d’eau du Nord (Nerodia sipedon sipedon)

ON, QC

Couleuvre brune

Storeria dekayi

ON, QC

Couleuvre nocturne du désert

Hypsiglena chlorophaea

C.-B.

Couleuvre fauve de l’Est

Pantherophis vulpinus

ON

Couleuvre à nez plat

Heterodon platirhinos

ON

Crotale massasauga de l’Est

Sistrurus catenatus

ON

Couleuvre tachetée de l’Est

Lampropeltis Triangulum

ON, QC

Couleuvre mince

Thamnophis saurita

ON, QC, NS

Couleuvre à nez mince du Pacifique

Pituophis catenifer

- Couleuvre à nez mince du Grand Bassin (Pituphis catenifer deserticola)

- Couleuvre gaufre de Say (Pituphis catenifer sayi)

C.-B., AB, SK

Couleuvre obscure

Pantherophis spiloides

ON

Couleuvre agile

Coluber constrictor

- Couleuvre agile à ventre jaune de l’Ouest (Coluber constrictor mormon)

- Couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii)

- Couleuvre agile à ventre jaune de l’Est (Coluber constrictor flaviventris)

C.-B., SK, ON

Boa caoutchouc

Charina bottae

C.-B.

Couleuvre du Nord-Ouest

Thamnophis ordinoides

C.-B.

Couleuvre des Plaines

Thamnophis radix

AB, SK, MB

Couleuvre à nez retroussé

Heterodon nasicus

AB, SK, MB

Crotale des Prairies

Crotalus viridis

AB, SK

Couleuvre royale

Regina septemvittata

ON

Couleuvre à ventre rouge

Storeria occipitomaculata

SK, MB, ON, QC, NB, NS, Î.-P.-É.

Couleuvre à collier

Diadophis punctatus edwardsi

ON, QC, NB, NS, Î.-P.-É.

Couleuvre verte

Opheodrys vernalis

SK, MB, ON, QC, NB, NS, Î.-P.-É.

Couleuvre de l’Ouest

Thamnophis elegans

Couleuvre errante de l’Ouest (Thamnophis elegans vagrans)

C.-B., AB, SK

Crotale de l’Ouest

Crotalus oreganus

C.-B.


Description

Les serpents n’ont pas de pattes, mais les formes primitives, comme le boa caoutchouc du Nord, ont une ceinture pelvienne et des saillies osseuses. Les saillies osseuses sont de petites projections osseuses qui sont des vestiges des membres postérieurs. Comme chez les autres Reptiles, le corps des serpents est couvert d’écailles qui leur permettent de réduire les pertes d’eau dans les milieux secs et constituent une protection. Les serpents n’ont pas de paupières. Au lieu de cela, ils possèdent une écaille transparente qui recouvre chaque œil. Ils n’ont pas non plus d’ouvertures pour les oreilles externes et ont donc une mauvaise ouïe. Les serpents s’appuient principalement sur l’odorat pour naviguer dans leur environnement, notamment pour trouver des partenaires, chasser des proies et localiser des habitats familiers. Les molécules odorantes sont captées par la langue fourchue, qui entre et sort continuellement de la bouche. Les molécules de chaque côté de la langue sont acheminées vers l’organe voméronasal (ou organe de Jacobson) situé dans le toit de la bouche. La concentration relative des molécules odorantes de chaque côté de la langue fourchue permet aux serpents d’évaluer la direction des odeurs avec une grande précision. Quelques fois par année, les serpents muent, c’est-à-dire qu’ils perdent leur épiderme, habituellement en un seul morceau.

Habitat

Les serpents vivent dans une variété d’habitats, y compris des environnements terrestres, des terriers souterrains, des arbres et des cours d’eau fraîche et salée. La plupart des serpents canadiens sont terrestres, mais certains sont semi-aquatiques ou semi-arboricoles (ce qui signifie qu’ils grimpent aux arbres). Au Canada, où le temps est relativement frais, on trouve généralement les serpents dans les zones à canopée ouverte, où ils peuvent se prélasser au soleil pour maintenir une température corporelle optimale. Ces habitats comprennent les clairières et les lisières de forêt, les champs, les zones humides, les rives des lacs ou des rivières, les affleurements rocheux et les pentes des montagnes. Pendant les froids hivers canadiens, les serpents hibernent sous terre, dans des crevasses rocheuses, des terriers de mammifères, des fourmilières, des creux de racines ou d’autres habitats où ils peuvent se trouver sous la ligne de gel.

Locomotion

Bien qu’ils n’aient pas de pattes, les serpents peuvent se déplacer de façons variées. La méthode la plus communément utilisée est l’ondulation latérale, où le corps fait une série de courbes horizontales, l’arrière de chaque courbe s’appuyant contre les irrégularités du sol pour se propulser. Une technique similaire est aussi utilisée pendant la nage. Les serpents à corps massif (par exemple, les serpents à sonnette) peuvent également effectuer des déplacements rectilignes (en ligne droite). Cette propulsion s’effectue en alternant un mouvement avant de la peau et un ancrage des écailles du ventre qui sont orientées vers l’extrémité postérieure, suivi d’un mouvement vers l’avant de la partie interne du corps.

Dans des endroits confinés, certaines espèces utilisent des mouvements d’accordéon ou télescopiques : le serpent ancre sa partie postérieure par quelques courbes horizontales, étend et ancre à nouveau sa partie antérieure et tire la partie arrière vers l’avant. La forme la plus spécialisée de locomotion, le roulement ou zigzag latéral, n’est utilisée que sur des surfaces molles et chaudes telles que le sable du désert. Aucune espèce canadienne ne la pratique de façon régulière.

Régime alimentaire

Toutes les espèces de serpents sont carnivores et avalent leurs proies entières. Les boïdés, les vipéridés et les plus grands colubridés se nourrissent principalement d’animaux à sang chaud comme de petits mammifères. D’autres espèces de Colubridés se nourrissent d’une grande variété d’animaux comme de petits mammifères, des amphibiens et des poissons. Les plus petites espèces mangent des invertébrés, notamment des vers de terre, des limaces et des insectes.

Chez le serpent, les ligaments élastiques reliant les deux os des mâchoires inférieures et les nombreuses articulations entre les os du crâne permettent le mouvement indépendant des différentes parties du crâne et de la mâchoire inférieure. Cela signifie que le serpent peut avaler des proies beaucoup plus grosses que sa tête. Les dents recourbées vers l’arrière retiennent la proie tandis que le serpent avance ses mâchoires sur sa nourriture en l’avalant. La peau élastique et une ouverture trachéale dans la bouche sont également des adaptations qui facilitent l’ingestion souvent assez lente de grosses proies entières.

Crotale des prairies (Crotalus viridis)

Prédation

La plupart des espèces de serpent détectent leurs proies visuellement et chimiquement.

Les crotalidés (par exemple, les serpents à sonnette) se nourrissent principalement d’animaux à sang chaud et peuvent localiser une proie avec précision, même dans le noir, grâce à des fossettes thermosensorielles situées sous les yeux. Plusieurs espèces de boas et de pythons possèdent des organes thermosensoriels dans les mâchoires supérieures et inférieures. Bien que les serpents puissent détecter les vibrations provenant du sol ainsi que les sons de basse fréquence, leur acuité auditive est faible.

Plusieurs espèces attrapent simplement leur proie et l’avalent entière et encore vivante, généralement tête première. Toutefois, certaines proies représentent un risque élevé de blessure. Une méthode plus élaborée consiste à tuer la proie avant de l’avaler. Les constricteurs s’enroulent autour de la proie, ce qui empêche cette dernière de respirer ou encore provoque une insuffisance cardiaque. Quoique les boas et les pythons soient les constricteurs les plus connus, plusieurs autres espèces de serpents pratiquent cette technique, comme la couleuvre à nez mince et la couleuvre obscure au Canada.

La technique la plus efficace et la moins risquée pour maîtriser leurs proies est l’envenimation. Les serpents venimeux possèdent une glande à venin au-dessus de la mâchoire supérieure qui est reliée par un conduit aux crochets dans la bouche. Le venin tue la proie, et la digestion commence pendant que le serpent attend la mort de sa victime. Les vipéridés ont de longs crochets creux et articulés à l’avant de la bouche, ce qui leur permet de les replier le long de la voûte du palais lorsqu’ils ne servent pas. Les quatre espèces de serpents à sonnette indigènes du Canada sont des crotalidés, une sous-espèce des vipéridés (dont l’une, le crotale des bois, a disparu du pays).

Les serpents de la famille des Elapidae (par exemple, les cobras d’Afrique et d’Asie et les serpents corail de l’Amérique du Nord) possèdent quant à eux des crochets creux plus courts et fixes au-devant de la bouche. Ces espèces ne se retrouvent toutefois pas au Canada. Certains serpents de la famille des Colubridés sont venimeux, mais habituellement faiblement. Ils ont, à l’arrière des mâchoires, des dents rainurées et injectent le venin dans la proie en mastiquant. Parmi les serpents à crochets postérieurs canadiens, on compte la couleuvre nocturne du désert et les couleuvres à nez plat; ils sont tous inoffensifs pour l’humain.

Température corporelle

Comme les autres reptiles, les serpents sont ectothermes. Les espèces ectothermes ne génèrent pas leur propre chaleur corporelle; leur température corporelle est régie par des conditions extérieures. Ils peuvent réguler leur température corporelle grâce à leur comportement et à l’utilisation de leur habitat, par exemple en se déplaçant du soleil à l’ombre. Bien que les serpents nordiques soient généralement plus tolérants au froid que les espèces tropicales, les températures hivernales des régions tempérées nordiques sont trop froides pour qu’ils survivent ou puissent être actifs toute l’année. Les serpents du Canada doivent donc hiberner sous la limite de profondeur de pénétration du gel.

Dans les régions où les hivers sont très froids, les endroits où les serpents peuvent s’enfouir assez profondément pour éviter la congélation peuvent être rares, et les sites adéquats sont utilisés par plusieurs serpents. Dans l’Ouest canadien, le crotale de l’Ouest et la couleuvre rayée démontrent assez bien le phénomène d’hibernation collective : les couleuvres rayées forment parfois des groupes de milliers d’individus. Parce que les sites d’hivernage sont parfois concentrés dans certains endroits, l’hibernation collective est parfois accompagnée de migrations sur plusieurs kilomètres entre les sites d’hivernage et l’habitat d’été.

Reproduction

Au Canada, la majorité des espèces de serpents s’accouplent au printemps peu après la fin de l’hibernation, à la fin de l’été ou à l’automne. Lorsque l’accouplement a lieu à la fin de l’été ou à l’automne, la femelle conserve le sperme pendant l’hiver, et la fertilisation a lieu au printemps suivant. Chez les serpents, la fertilisation est interne, et le mâle utilise un organe copulateur pour transférer le sperme dans la femelle. Chaque mâle possède deux de ces organes (hémipénis) à la base de la queue. Certaines espèces de serpents pondent des œufs (ovipares), tandis que d’autres donnent naissance à des petits vivants (ovovivipares). Les premières sont plus nombreuses dans le monde, mais la proportion d’ovovivipares est plus grande dans les milieux froids. 15 des 26 espèces indigènes au Canada sont ovovivipares.

L’ovoviviparité est une adaptation utile dans les régions où les étés sont courts, parce que la femelle peut mieux régler la température de développement des petits que si elle pondait ses œufs dans un lieu donné. Les femelles mettent bas à la fin de l’été et peuvent être incapables de se nourrir suffisamment avant l’hibernation pour pouvoir se reproduire à nouveau l’été suivant. Conséquemment, les femelles des hautes latitudes ne peuvent produire de couvée qu’à un intervalle de deux ans ou plus.

Taxonomie des serpents

Règne

Animalia

Embranchement

Chordata

Classe

Reptilia

Ordre

Squamata

Sous-ordre

Serpentes

Familles trouvées au Canada

Boidae, viperidae, colubridae

En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • Carl H. Ernst and Evelyn E. Ernst, Snakes of the United States and Canada (2003); Harry W. Greene, Snakes: The Evolution of Mystery in Nature (1997); F. Harvey Pough, Robin M. Andrews, John E. Cadle, Martha L. Crump, Alan H. Savitzky, Kentwood D. Wells, Herpetology, 3rd ed (2004); George R. Zug, Laurie J. Vitt and Janalee P. Caldwell, Herpetology: An Introductory Biology of Amphibians and Reptiles, 2nd ed (2001).

Liens externes