Plantes traditionnelles et peuples autochtones au Canada

L’ensemble des peuples autochtones de ce qui est aujourd’hui le Canada utilisaient plus de 1 000 plantes différentes pour se nourrir, se soigner, fabriquer des produits et pratiquer des rites ou rituels culturels. Elles étaient également présentes dans la mythologie des peuples autochtones. De nombreuses espèces végétales, comme les algues, les conifères et les plantes à fleurs, demeurent très importantes pour les communautés autochtones. La connaissance des plantes et de leurs propriétés a permis aux Autochtones de prospérer dans les divers environnements du Canada. L’utilisation traditionnelle de nombreuses plantes a été adaptée à la vie moderne, et ce, autant chez les Autochtones que chez les peuples non Autochtones. (Voir aussi Médecine traditionnelle des Premières Nations au Canada.)

L’ensemble des peuples autochtones de ce qui est aujourd’hui le Canada utilisaient plus de 1 000 plantes différentes pour se nourrir, se soigner, fabriquer des produits et pratiquer des rites ou rituels culturels. Elles étaient également présentes dans la mythologie des peuples autochtones. De nombreuses espèces végétales, comme les algues, les conifères et les plantes à fleurs, demeurent très importantes pour les communautés autochtones. La connaissance des plantes et de leurs propriétés a permis aux Autochtones de prospérer dans les divers environnements du Canada. L’utilisation traditionnelle de nombreuses plantes a été adaptée à la vie moderne, et ce, autant chez les Autochtones que chez les peuples non Autochtones. (Voir aussi Médecine traditionnelle des Premières Nations au Canada.)


Salal

Plantes alimentaires

Avant l’arrivée des Européens dans ce qui est aujourd’hui le Canada, les Autochtones pratiquaient la culture vivrière dans diverses régions fertiles. Cette culture était particulièrement élaborée dans le sud de l’Ontario et les basses terres du Saint-Laurent. Les Premières Nations cultivaient entre autres les « trois sœurs », soit le maïs, les haricots et la courge, ainsi que le tournesol, le tabac et probablement le topinambour (le tubercule d’une espèce de tournesol). Les trois sœurs étaient souvent plantées ensemble : il s’agit d’une méthode de compagnonnage, c’est-à-dire que chaque plante contribue à la croissance et à la nutrition des autres.

Au Canada, plus de 500 espèces de plantes sauvages ont historiquement été des sources de nourriture pour les Autochtones. Certaines de ces espèces ressemblent à celles que l’on mange de nos jours : racines potagères et légumes verts, fruits, noix, baies, graines et champignons. Des aliments traditionnels, comme le sirop d’érable, le riz sauvage et les fruits sauvages, sont toujours appréciés à la fois des Autochtones et des non autochtones au Canada.

D’autres aliments sauvages, y compris certains types de et d’algues marines, ainsi que l’écorce interne de certains arbres, ne font habituellement plus partie de l’alimentation des Autochtones. Autrefois, ceux-ci se servaient des plantes comme édulcorants, assaisonnements et boissons. Par ailleurs, de nombreuses plantes sauvages leur fournissaient plus qu’un type d’aliment.

Le saviez-vous?
Les routes commerciales des Autochtones ont joué un rôle important dans la distribution de certaines plantes, par exemple le pawpaw. Originaire de l’est des États-Unis, cet arbuste se retrouve à présent dans le sud de l’Ontario. Les Autochtones consommaient son fruit sucré et crémeux. Ils utilisaient également le fruit et d’autres parties de la plante pour le traitement de divers problèmes de santé, dont les poux et les ulcères de la peau.


Plantes médicinales

Les plantes occupaient une très grande place dans la médecine traditionnelle des Premières Nations, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Le traitement des maladies et leur prévention relevaient habituellement des spécialistes des plantes. On associe parfois l’administration de remèdes à base de plantes aux rituels et, dans de nombreuses cultures, le traitement par les plantes et les guérisons magiques étaient pratiquement inséparables, mais les spécialistes n’étaient pas nécessairement des chamans qui invoquaient des forces surnaturelles pour guérir les malades. À certains moments de l’histoire, des organisations spirituelles et guérisseuses particulières ont existé, comme la Midewiwin des Ojibwés, grande société de médecine qui faisaient passer à ses initiés plusieurs niveaux pour leur transmettre la connaissance des rituels et des plantes pour traiter les maladies.

Plus de 500 plantes étaient utilisées en médecine autochtone. Les spécialistes administraient celles-ci sous forme de tisanes; de préparations à mastiquer, à avaler ou à inhaler; de cataplasmes; ou de multiples autres façons. Ils pouvaient prescrire l’utilisation de n’importe quelle partie d’une plante, à utiliser seule ou avec d’autres plantes.

Les praticiens autochtones possédaient les compétences nécessaires à la sélection, à la préparation et au dosage des plantes médicinales, et les traitements traditionnels étaient efficaces pour soigner des malaises en tous genres (p. ex., blessures, lésions cutanées, problèmes gastro-intestinaux, toux, rhumes, fièvre et rhumatismes). Un exemple célèbre est la guérison des hommes de Jacques Cartier atteints du scorbut pendant l’hiver 1535-1536. Les de Stadacona les ont traités avec une tisane riche en vitamine C à base de conifère (probablement du pin blanc).

Plantes utilitaires

Le bois avait une importance considérable, car il servait de combustible et de matériau de base dans la fabrication d’articles utilitaires (p. ex. constructions, pirogues, boîtes, totems, pagaies, bâtons fouisseurs, hampes de lance, flèches, arcs et cadres de raquettes). Les Autochtones transformaient l’écorce, surtout celle du bouleau, en contenants et en canots. Ils l’utilisaient aussi pour recouvrir les toits et pour tapisser les fosses d’entreposage.

Les tissus fibreux des tiges, des racines, de l’écorce et des feuilles servaient à fabriquer de la ficelle, de la corde et du fil à tisser utilisé dans la confection de paniers (en vannerie), de matelas et de vêtements. Les Autochtones utilisaient aussi la résine des arbres comme colle ou scellant imperméable. Les plantes fournissaient aussi des colorants, des pigments, des arômes, des matériaux absorbants, des abrasifs, des matériaux à tapisser et à emballer, des produits insectifuges, des jouets, des objets de loisir et des parures.

Foin d’odeur tressé

Importance spirituelle des plantes

Puisqu’elles représentent le lien spirituel avec la terre, bon nombre de plantes apportent bien plus que de simples bénéfices corporels et utilitaires. Par exemple, le peuple haudenosaunee tient diverses cérémonies, comme les cérémonies pour la sève, la graine, la fraise, le haricot et le maïs vert, qui honorent l’interconnectivité de la vie des plantes et de celle des hommes.

Le tabac est d’une grande importance pour de nombreuses Premières Nations. Honoré lors de cérémonies, il est utilisé au quotidien et inspire de nombreuses histoires sur la création. Les Autochtones se servent du tabac, de la sauge, du foin d’odeur et du cèdre à plusieurs fins spirituelles dans les cérémonies de purification, dans lesquelles on envoie de la fumée au visage et à la tête des participants.