Le Québec est la plus grande des provinces canadiennes. Son territoire représente 15,5 % de celui du Canada et s'étend sur plus de 1,5 million de km². Elle possède des frontières communes avec les provinces de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve. Le Québec partage aussi ses frontières avec quatre États américains : le Maine, le New Hampshire, le Vermont et l'État de New York. Le mot « Québec » tire son origine d'un mot algonquien signifiant « là où la rivière se rétrécit ». En Nouvelle-France, les Français l’utilisent exclusivement pour désigner la ville. Ce sont les Britanniques qui sont les premiers à employer le nom pour l'ensemble de la province.

Territoires et ressources

Malgré son étendue considérable, le territoire du Québec actuel ne représente qu'une portion de ce qu'était la Nouvelle-France. Les frontières originales ont été modifiées par la Proclamation royale de 1763, l'Acte de Québec de 1774, l'Acte constitutionnel de 1791 et l'Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867.

L'empire français d'Amérique du Nord d'avant 1763 constitue un vaste territoire comprenant la vallée du fleuve Saint-Laurent, la région des Grands Lacs et les territoires autour de la rivière Missouri et du fleuve Mississippi, à partir de la vallée de la rivière Ohio jusqu'au golfe du Mexique. La région de la baie James et la partie nord du Québec deviennent officiellement des territoires britanniques après le Traité d'Utrecht en 1713, près de 50 ans avant la Conquête de 1760. C'est le mot « Canada » (signifiant « village » en Iroquoien) et non « Québec », que les Français utilisent lorsqu'ils parlent du territoire de la Nouvelle-France situé le long du fleuve Saint-Laurent. Le sentiment d'appartenance envers l'Amérique du Nord est très présent chez les Français d'alors. Cette conscience de faire partie d'un vaste territoire à l'intérieur du continent américain, sentiment renforcé par la traite des fourrures et les découvertes des explorateurs français (voir Exploration), n'a jamais complètement disparu du sentiment identitaire des Québécois francophones d'aujourd'hui.

Géologie

Le Québec comprend trois grandes régions géologiques : la vallée du fleuve Saint-Laurent, le Bouclier canadien et la région des Appalaches. La vallée du Saint-Laurent est la région la plus fertile et la plus développée. C'est là qu'est concentrée la majorité de la population, principalement entre Montréal et Québec. Le Bouclier canadien couvre la majorité de la superficie totale et s'étend à partir de 80 km au nord de la vallée du fleuve Saint-Laurent jusqu'à l'Ungava. Il s'agit d'une immense région où abondent des milliers de lacs et de kilomètres carrés de forêts. Enfin, sur la rive sud du Saint-Laurent, entre la rivière Richelieu et la péninsule gaspésienne, se trouve la portion québécoise des Appalaches, chaîne de montagnes qui s'étend de Gaspé au sud de l'Alabama.

Au quaternaire, l'ensemble du territoire est recouvert par des glaciers. Leur retrait s'est fait progressivement il y a 15 000 ans et a donné lieu à la formation de milliers de lacs qui font la renommée du Québec. La majeure partie du territoire québécois varie entre 300 et 600 m d'altitude. Seulement 7 % du Québec dépasse la limite des 600 mètres. Le mont d'Iberville, dans les monts Torngat (voir aussi Parc national des Monts-Torngat), au nord du territoire, culmine à 1 652 mètres, et le mont Jacques-Cartier, en Gaspésie, à 1 268 mètres. D'une altitude moyenne de 150 mètres, la vallée du Saint-Laurent possède les terres les plus fertiles. Le Bouclier canadien, par contre, ne comprend que 5 % environ de terres arables, situées pour la plupart dans la partie sud du bouclier, dans les Laurentides ou les hautes terres laurentiennes. L'autre région fertile est située dans le Sud du Québec, près de la frontière américaine, où une succession de petits massifs montagneux entrecoupés de plateaux et de plaines propices à l'agriculture offre un paysage magnifique. La plupart des colons français se sont établis dans la vallée du Saint-Laurent, connue aussi sous le nom de basses-terres du Saint-Laurent. Après la guerre de l'Indépendance américaine, les immigrants loyalistes s'établissent dans les Cantons de l’Est, dans le Sud du Québec.

Sols et végétation

Les trois régions géologiques de la province sont constituées de quatre zones distinctes aux paysages forts différents : la toundra arctique, la taïga, la forêt boréale et la forêt tempérée (voir Régions de végétation; Régions forestières). Toutes, sauf la forêt tempérée, sont très peu habitées.

La toundra arctique couvre un territoire qui s'étend du 56e parallèle jusqu'au Nord du Québec. Elle est caractérisée par l'absence de végétation forestière et d’un sol couvert de lichens et de mousses. La taïga, située entre le 52e et le 56e parallèle, est une zone dénudée, où n'arrive à croître, ici et là, qu'une végétation rare, composée d'épinettes, de sapins et d'arbres nains. La forêt boréale est située entre la frontière septentrionale de la vallée du Saint-Laurent et le 52e parallèle. C'est une région densément boisée. Finalement, la forêt tempérée couvre la vallée de l'Outaouais, les basses-terres du Saint-Laurent, les Appalaches et le Lac-Saint-Jean. Ces régions sont aussi densément boisées de sapins, d'épinettes, de pins, de mélèzes, d'érables, de frênes, de hêtres et de chênes. Il s'agit là de la principale source d'approvisionnement de l'industrie forestière. La forêt boréale n'a pas fait l'objet d'une exploitation intensive, et la réputation du Québec pour la flamboyance des couleurs automnales dans ses forêts boréales et tempérées n'est plus à faire.

Faune

La toundra arctique est l'habitat naturel de l'ours polaire, du renard et du lièvre arctiques. Dans la taïga, le cervidé le plus répandu est le caribou. Quant aux forêts boréale et tempérée, elles sont peuplées de nombreuses espèces, comme les chevreuils, les coyotes, les orignaux et les lynx. Les poissons (105 espèces au total) abondent dans les lacs et les rivières, surtout la truite, la perchaude, l'achigan et le brochet. D'autres espèces, comme le saumon et l'éperlan, vivent dans les eaux salées, mais viennent frayer dans les eaux douces du Québec. La rivière Saguenay et le fleuve Saint-Laurent servent aussi de refuges pour les mammifères marins tels que le phoque, le béluga, l'épaulard, le rorqual à bosse et même le rorqual bleu (voir Baleine).

Le Québec abrite aussi 350 espèces d'oiseaux, dont 10 % y hivernent. Des oiseaux de proie, comme le faucon émerillon, la crécerelle et le grand-duc d'Amérique, hivernent dans la province et vivent surtout dans la forêt boréale. D'autres espèces plus communes comprennent la corneille, l'étourneau, l'hirondelle et le roselin. À l'automne, au cours de leur migration vers le sud, des milliers d'oies blanches se rassemblent le long des rives du Saint-Laurent, particulièrement à Cap-Tourmente, près de Québec. Chaque année, cet événement attire des milliers de touristes et d'ornithologues amateurs.

Hydrographie

Le Québec est renommé pour ses innombrables lacs et rivières. Le fleuve Saint-Laurent, avec son estuaire et le golfe, est la voie navigable la plus importante et l'élément géographique le plus remarquable de la province. Ses principaux affluents sont, sur la rive sud, les rivières Richelieu, Yamaska, Chaudière et Matapédia; sur la rive nord, les rivières Saint-Maurice, Saguenay, Manicouagan et des Outaouais. Les deux autres principaux bassins hydrographiques sont celui de la baie James, le bassin de la baie d'Hudson et la baie d'Ungava. Dans la région de la baie James, des barrages ont été érigés sur les rivières Nottaway, Rupert et Eastmain dans les années 1970 dans le cadre de la construction du plus grand projet hydroélectrique du Canada. D'immenses réservoirs, comme celui de la Manicouagan, sur la rivière du même nom, au nord de Baie-Comeau, et le réservoir Gouin, sur la Saint-Maurice, sont aussi le cadre d'importants projets hydroélectriques.

Le fleuve Saint-Laurent a toujours posé des problèmes de navigation, surtout en amont, près de l'île de Montréal et des rapides de Lachine. Les Français y ont d'abord construit un canal. Ensuite, les Britanniques, qui, en 1800, rêvent toujours d'ériger un empire commercial nord-américain pour éclipser leurs concurrents américains, en construisent un plus grand. L'achèvement, en 1824, du projet connu sous le nom de canal Lachine n'empêche pas New York de devenir la porte d'entrée principale en Amérique du Nord, surtout après l'inauguration du canal Érié en 1825. Le réseau de canaux en amont de Montréal est constamment amélioré entre 1824 et 1954, jusqu'à l'ouverture, au cours de cette dernière année, de la voie maritime du Saint-Laurent. Comme l'avaient prédit les nombreux détracteurs du projet, notamment les administrateurs du port de Montréal dans les années 1930, le lien direct entre les Grands Lacs et l'Atlantique va détourner le transport maritime du port de Montréal. La construction de la voie maritime du Saint-Laurent est largement perçue comme une des principales causes du déclin de Montréal depuis les années 1960.

Climat

Les masses d'air continentales sont fréquentes au Québec. Les courants marins peuvent avoir une incidence directe sur leurs températures. L'un des plus importants est le courant froid du Labrador. Il descend vers le sud jusqu'à la hauteur de Terre-Neuve. C'est ce qui cause la fraîcheur des étés de la côte orientale. Par contre, les vagues de chaleur humide de l'été sont dues au Gulf Stream. En raison de la rencontre parfois brutale des masses d'air chaud et humide qui montent du golfe du Mexique et des masses d'air froid et sec qui viennent du nord et de l'ouest, toute la province reçoit des précipitations de neige abondantes pendant l'hiver. Parfois, l'effet combiné d'un important système d'air chaud au-dessus d'un système d'air froid au niveau du sol occasionne de grosses tempêtes accompagnées de pluies verglaçantes. C'est ce qui s'est produit en janvier 1998, quand le Sud du Québec et l'Est de l'Ontario ont connu quatre jours consécutifs de pluies verglaçantes, les pires de toute l'histoire du pays (voir Crise du verglas).

Ressources naturelles et conservation

Le Québec possède d'abondantes ressources naturelles. Dans les années 1990, ses mines ont produit 98 % de l'amiante, 27 % de l'or, 85 % du tellure et 100 % du titane et du colombium du Canada. Le sous-sol québécois contient aussi des minéraux industriels comme la tourbe, le calcaire, la silice, le granit et le mica. L'industrie de la construction de la province est autosuffisante, grâce à l'abondance de la pierre, du ciment, du sable et de la chaux.

Au cours des dernières décennies, la nécessité de protéger l'environnement et de conserver les ressources naturelles est devenue une préoccupation majeure. Le ministère de l'Environnement s'est vu confier plusieurs responsabilités, notamment la prévention de la pollution. Il s'agit d'une question primordiale puisque la plupart des rivières et des lacs du Québec sont victimes des pluies acides. En 2006, le ministère intégrait la notion de développement durable dans sa vocation et se voyait confier la gestion des parcs. En 2012, le gouvernement de Jean Charest adoptait un important Plan d’action sur les changements climatiques avec pour cible la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 % sous le niveau de 1990 pour 2020. Ce nouveau mandat du ministère quant à la lutte contre les changements climatiques a été officialisé en avril 2014 par une nouvelle refonte de la dénomination du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). La forêt, la faune et les parcs sont dorénavant gérés et protégés par un ministère distinct.

Le 19 décembre 2001, l’adoption du projet de loi 44, visant à modifier la Loi sur les parcs , a remplacé les notions de parc de conservation et de récréation par la désignation de parc national répondant ainsi aux critères internationaux établis par l’Union internationale pour la conservation de la nature Le gouvernement du Québec planifie également de créer plusieurs parcs au nord du 50e parallèle. Le parc national des Pingualuit, créé en 2004, est le premier du genre; il est suivi par le parc national Kuururjuaq. Si l’on inclut ces deux derniers parcs, tous deux gérés par Parcs Nunavik, on compte en 2014 un total de 26 parcs nationaux sur le territoire québécois.

Population

Les premiers habitants de la province sont les Autochtones. Les trois principaux groupes linguistiques sont les Algonquiens, les Inuits-Aléoutes et les Iroquoiens. Le recensement de 2011 indique qu'au total, la population autochtone du Québec est de 141 915 individus répartis en 14 villages inuites et 41 communautés amérindiennes. En 2011, la population totale du Québec s’élevait à 7 903 001 personnes dont 78,1 % d’entre elles disent avoir le français comme langue maternelle, 7,7 % avoir l’anglais comme langue maternelle et 12,3 % déclarent une autre langue maternelle que le français ou l’anglais. Au 1er juillet 2014, selon l’Institut de la statistique du Québec, la population estimée de la province était de 8 241 700 personnes.

Centres urbains

Montréal est le cœur économique et culturel de la province. En 2013, c’est le principal centre urbain avec une population de 1 959 987 (24 % de la population du Québec) et près de 4 millions d’habitants (représentant 49 % de la population de la province) en incluant sa région métropolitaine. Après Toronto, Montréal est la deuxième agglomération en importance au Canada. C’est aussi la plus grande ville francophone en Amérique.

Le siège du gouvernement est situé dans la ville de Québec. En 2013, cette ville comptait 570 379 habitants et plus de 725 000 en incluant sa communauté métropolitaine, soit 9 % de la population du Québec. Depuis 1985, l’arrondissement historique du Vieux-Québec fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Les autres villes, en ordre d’importance selon leur population, sont Laval, Gatineau, Longueuil, Sherbrooke, Saguenay, Lévis, Trois-Rivières et Terrebonne.

Main-d'œuvre

En 2001, 20 % de la main-d’œuvre québécoise est concentrée dans l'industrie de production de biens (agriculture, industrie primaire, fabrication manufacturière, construction), et environ les deux tiers dans l'industrie des services (transport, commerce, finance, services, administration publique). Au Québec en 2012, comme dans la décennie qui précède, le taux de chômage s’est maintenu autour de 8 %, mais demeure légèrement plus élevé que la moyenne canadienne; environ 40 % de la main-d’œuvre est syndiquée, comparativement à 29 % dans le reste du Canada et à 11 % aux États-Unis. L'adhésion élevée aux syndicats n'est sans doute pas étrangère à l'histoire des syndicats catholiques de la province, extrêmement militants. La Confédération des travailleurs catholiques du Canada, créée en 1921, est engagée dans de nombreuses grèves sanglantes dans le secteur des textiles dans les années 1920 et dans la fameuse grève de l'amiante en 1949. En 1960, le syndicat prend le nom de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), et il est toujours à l'œuvre aujourd'hui (voir Histoire des travailleurs du Québec).

Langues et diversité ethnique

Durant la période coloniale française, la France est la puissance dominante de l'Europe. Au cours du XVIIIᵉ siècle, sa population varie entre 20 et 25 millions d'habitants, tandis que celle des îles britanniques n'est que d'environ 7 millions. Au cours de ce siècle, la France et la Grande-Bretagne se disputent leurs colonies dans le monde entier et cette concurrence entre les deux nations a des répercussions sur tous les continents. En dépit d'un système colonial impressionnant, la France n'est qu'une puissance continentale au XVIIIᵉ siècle, période au cours de laquelle la Grande-Bretagne est en train d'ériger un système colonial international.

À la fin du XVIIᵉ siècle, les minorités religieuses d'Europe cherchent à émigrer afin de fonder des sociétés où donner libre cours à leurs croyances religieuses. Des minorités françaises, comme les Huguenots, se dirigent essentiellement vers l'Europe centrale, tandis que les minorités religieuses de Grande-Bretagne émigrent en Amérique du Nord. Le refus de l'Église de permettre aux minorités religieuses d'entrer en Nouvelle-France ainsi que le sol fertile et le climat tempéré des côtes de l'Atlantique expliquent les raisons de l'écart si prononcé entre la population de la Nouvelle-France et celle de la Nouvelle-Angleterre. Entre 1608 et 1713, malgré son expansion remarquable sur le continent, la population de la Nouvelle-France augmente peu. Ainsi, alors qu’en 1715, la population de la Nouvelle-Angleterre est de 400 000 personnes et de deux millions en 1763, celle de la Nouvelle-France pour le même laps de temps ne passe que de 15 000 à un peu moins de 70 000 habitants.

En fait, c'est sous le Régime anglais, après 1763, que la population francophone s'accroît considérablement : de 100 000 en 1784, à plus de 400 000 en 1825 et à près d'un million en 1860. En 1911, la population francophone du Québec est évaluée à près de deux millions d'habitants, en 1951 à quatre millions et en 2013 à presque huit millions. Entre 1840 et 1930, un million de Canadiens français, la plupart en quête d'un emploi dans les usines de la Nouvelle-Angleterre, quittent le Québec pour les États-Unis. On estime à cinq millions la population franco-américaine actuelle.

Sous le Régime français, les terres sont divisées d'une manière particulière. Le système seigneurial, qui est finalement aboli en 1854, est organisé de façon à créer un sentiment d'appartenance envers la communauté grâce à la proximité des voisins. Les lots individuels, alignés habituellement le long de la rivière, sont très étroits (environ 175,5 m de largeur) et très profonds (près de 1 700 m de longueur). D'aucuns voient dans ce système et dans l'érection des paroisses les instruments clés de la constitution d'une société rurale dotée d'une mentalité fort peu encline à l'urbanisation et à l'industrialisation. D'autres, par contre, allèguent que le modèle unique du système seigneurial a permis au Québec de développer très tôt une civilisation de type urbain.

Durant le XIXᵉ siècle, de nombreux Canadiens français s'installent dans les centres urbains partout en Amérique du Nord. Malgré l'opposition officielle mais parfois ambiguë de l'Église à l'émigration, les Québécois quittent les régions rurales dès 1840 pour s'installer dans des centres urbains de la Nouvelle-Angleterre ou dans des villes du Québec. De 1850 à 1930, le taux de la population urbaine connaît une croissance régulière. En 1871, il n'y a que 15 % de la population qui vit dans les villes. Deux décennies plus tard, ce nombre a doublé pour atteindre 52 % en 1921. Ces chiffres dépassent la moyenne canadienne et sont comparables à ceux de l'Ontario. En 2011, selon Statistique Canada, la population urbaine (population vivant dans une région métropolitaine de recensement ou une agglomération de recensement) du Québec atteint 80,4 %, le quatrième pourcentage le plus élevé au Canada, après l'Ontarioà 88,7 %, la Colombie-Britanniqueà 87,6 et l'Albertaà 80,6 %.

À la fin du XVIIIᵉ siècle, les personnes d'origine britannique représentent 12,5 % de la population totale. Plusieurs milliers ont émigré au Canada à la suite de la guerre de l'Indépendance américaine (les Loyalistes). Au cours du XIXe siècle, les immigrants proviennent de la Grande-Bretagne, surtout d'Écosse et d'Irlande. Neuf pour cent des 17 millions de personnes qui quittent la Grande-Bretagne à cette époque choisissent le Canada : 53 463 Irlandais entre 1825 et 1829; 185 953 entre 1830 et 1834; environ 200 000 durant la grande famine, de 1845 à 1849. Environ 20 % des immigrants irlandais s'installent au Québec. À la fin du XIXe siècle, l'immigration essentiellement irlandaise, cède le pas aux Juifs d'Europe de l'Est et aux Italiens. Au Québec, la population juive passe de 1,5 % en 1901 à 5,7 % en 1941, tandis qu'à la même époque, celle des Italiens passe de 0,5 % à 2,3 %. En 1996, les personnes d'origine italienne représentent 4,2 % de la population du Québec, tandis que celles d'origine juive représentent 2,6 %. Le recensement de 1996 indique que les Grecs, les Portugais, les Chinois, les Haïtiens (voir Antillais), les Libanais et les Asiatiques du Sud-Est font partie des autres groupes importants, chacun d'eux représentant entre 0,5 et 1 % de la population.

Depuis l'immigration irlandaise des années 1830 à 1840, la société québécoise connaît une diversité démographique et culturelle. En 2011, à la question sur les origines ethniques, 4 571 990 Québécois se sont dits Canadiens (soit 59,1 % des Québécois), 2 246 705 se sont dits d’origine française (29,1 %), 428 570 se sont dits d’origine irlandaise (5,5 %), 299 655 d’origine italienne et 245 155 d’origine anglaise. L’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 a révélé que 12,6 % de la population du Québec (soit 974 895 personnes) est née à l'étranger (immigrants) et que 86,5 % (soit 6 690 535 personnes) est née au Canada (non-immigrants) et que 0,9 % correspond à des résidents non permanents. En 2011, lorsque l’on observe les immigrants vivant au Québec, 223 400 sont arrivés au Canada entre 2006 et 2011. Ces immigrants récents représentent 22,9 % des immigrants de la province. Ils proviennent en majeure partie d’Haïti (7,1 % de la population immigrante au Québec), de France (6,9 %) et d’Italie (5,9 %). Onze pour cent de la population du Québec appartient en 2011 à un groupe de minorités visibles (soit 850 240 personnes). À titre comparatif, les minorités visibles représentent 19,1 % de la population canadienne.

Religions

Depuis l'époque de la Nouvelle-France, l'influence de l'Église catholique a toujours été un élément important du développement de la province. Après la Conquête, les Britanniques n'autorisent pas la venue des prêtres jésuites et des récollets, ce qui fait des Sulpiciens le seul groupe de prêtres en importance. Il existe aussi sept communautés de religieuses, mais, à la fin du XIXᵉ siècle, on compte plus de 100 communautés de prêtres et 200 communautés de religieuses. Les Jésuites sont de retour au Canada en 1842. Les premiers Oblats arrivent en 1844 et s'installent dans la région d'Ottawa et de la baie James avant d'envoyer des missionnaires dans l'Ouest du Canada. Les clercs de Saint-Viateur arrivent en 1847. Les religieuses sont aussi actives, particulièrement la communauté des Sœurs grises, fondée en 1737.

De nombreux sociologues, politicologues et historiens allèguent que le Québec francophone est alors une société soumise à la religion, obsédée par le maintien des valeurs rurales et fortement opposée à la modernité et à ses conséquences, principalement l'urbanisation et l'industrialisation. Certains faits sont irréfutables. En 1900, le nombre moyen de paroissiens par prêtre n'est que de 537. Globalement, on compte un membre du clergé pour 109 catholiques. Une bureaucratie aussi phénoménale n'a probablement aucun équivalent dans les pays catholiques du monde occidental, pas même en Italie. Malgré tout, rien ne permet de conclure que cela a retardé le développement de la province ou, au contraire, ouvert une voie différente vers la modernité. L'Église dirige alors un réseau scolaire complexe et investit dans l'immobilier et les marchés financiers. Paradoxalement, les syndicats catholiques s'opposent aux fiducies et aux grandes entreprises. Les communautés de religieuses, comme les Sœurs grises, gèrent des hôpitaux. La question du rôle de l'Église dans l'histoire du Québec est complexe et alimente les débats entre historiens et sociologues au fil des ans.

En 2011, l’ENM révèle que 87,9 % de la population au Québec a déclaré une appartenance religieuse, alors que 12,1 % a déclaré n’en avoir aucune. En comparaison, à l'échelle du pays, 76,1 % de la population a déclaré une appartenance religieuse, tandis que 23,9 % a déclaré n'avoir aucune appartenance religieuse. De ce nombre, au Québec, 5 766 750 personnes s’identifient à la religion catholique romaine, soit 74,6 % de la population. Les autres appartenances religieuses les plus souvent déclarées sont musulmanes (3,1 %) et chrétiennes (1,4 %).

Historique : de la Nouvelle-France à la Confédération

La colonisation française commence avec l'arrivée à Gaspé de Jacques Cartier en 1534. Un an plus tard, les Français découvrent des villages iroquoiens de part et d'autre des rives du Saint-Laurent, comme à Stadaconé, près de l'emplacement de la future ville de Québec, et à Hochelaga, qui deviendra Montréal. En fait, la colonisation française dans la vallée du Saint-Laurent remonte à 1608, date où Samuel de Champlain érige un fort à Cap Diamant, l'emplacement actuel de Québec. Dès le début du XVIIᵉ siècle, les Iroquois ont mystérieusement disparu de la rive Nord du Saint-Laurent et la population innue (Montagnais-Naspaki) qui y vit atteint alors 4 000 personnes. En 1666, le premier recensement indique la présence d'une population coloniale, non autochtone, de 3 215 personnes seulement.

L'empire français nord-américain s'étend considérablement au cours du XVIIᵉ siècle. En 1672 et 1673, Louis Jolliet et Jacques Marquette explorent le fleuve Mississippi et, en 1682, Robert Cavelier de La Salle atteint le golfe du Mexique par le Mississippi. On assiste à l'établissement de nombreuses institutions, notamment des hôpitaux comme l'Hôtel-Dieu de Québec en 1639 et l'Hôtel-Dieu de Montréal en 1657. En 1664, la Coutume de Paris a force de loi dans la colonie. En 1663, Mgr François de Laval inaugure le premier séminaire, le Grand séminaire de Québec, tandis que le Séminaire Saint-Sulpice voit le jour à Montréal en 1677. En 1713, le Traité d'Utrecht, qui met fin à la guerre de Succession d'Espagne après la défaite de la France face à une coalition de pays européens, force la France à céder l'Acadie (sur le territoire de la Nouvelle-Écosse, excluant la région de ce qui est aujourd'hui l'île du Cap-Breton), Terre-Neuve et les terres autour de la baie d'Hudson. C'est ainsi que plusieurs milliers d'Acadiens font désormais partie de l'empire britannique en Amérique du Nord. Au lendemain de la Guerre de Sept ans, Québec et Montréal sont conquises par les Britanniques. C'est la fin de l'empire français en Amérique du Nord.

Quelques années après la Conquête, ce qui reste des populations françaises de la nouvelle colonie britannique tirent avantage des tensions entre les 13 colonies et les Britanniques et bénéficient ainsi de l'Acte de Québec de 1774. Celui-ci repousse les frontières du Québec, reconnaît la liberté religieuse des catholiques, la légalité du système seigneurial et le code civil français. Après la guerre de l'Indépendance américaine, la Loi constitutionnelle de 1791 réduit de nouveau les frontières du Québec afin d'y établir une nouvelle colonie, le Haut-Canada (Ontario) et garantit à chaque colonie (le Haut-Canada et le Bas-Canada) la mise en place d'une assemblée législative, aux pouvoirs toutefois limités.

Entre 1791 et 1867, les Canadiens français se montrent très actifs en politique et dans tous les domaines de la vie économique. Des recherches récentes montrent que les marchés locaux sont très complexes et diversifiés. Certains Canadiens français, comme Augustin Cuvillier et Joseph Masson, pratiquent des activités commerciales et bancaires à l'échelle internationale. Tous deux sont administrateurs de la Banque de Montréal. Certains de leurs compatriotes ouvrent des banques françaises, comme la Banque du peuple en 1835.

En 1837-1838, les rébellions dans le Haut-Canada et le Bas-Canada pour obtenir l'autonomie gouvernementale entraînent une répression militaire et donnent lieu au Rapport Durham en 1839. Lord Durham recommande l'application du principe d'autonomie gouvernementale, mais suggère que la seule façon de régler le problème, c'est d'unir les deux colonies. Son but est d'assimiler les Canadiens français. Ce plan est adopté par l'Acte d'union voté à Londres en 1840 et promulgué en 1841. L'article 41 décrète que l'anglais est la seule langue de la nouvelle colonie. Toutefois, quand la Grande-Bretagne abolit le système mercantiliste entre 1846 et 1848, elle accorde l'autonomie gouvernementale aux colonies en compensation pour la perte de l'accès protégé au marché britannique.

À la suite de cette décision, une coalition de réformistes dirigée par Robert Baldwin et Louis-Hyppolite LaFontaine forme le premier gouvernement démocratique du Canada uni (colonie formée par l'union du Haut et du Bas-Canada) en 1848 (voir Province du Canada), et celui-ci reconnaît la langue française. En 1864, les négociations pour la mise en œuvre d'une nouvelle fédération des colonies britanniques de l'Amérique du Nord montrent clairement une reconnaissance accrue de la réalité française dans la proposition de fédération. (Voir aussi Le Québec et la Confédération; Québec depuis la Confédération.)

Économie

L'histoire économique du Québec se divise en cinq grandes périodes. La première commence avec l'arrivée des Français et se termine au Traité d'Utrecht en 1713. À cette époque, l'activité économique la plus importante est la traite des fourrures. Sous le système mercantiliste imposé par la France, les colonies, y compris la Nouvelle-France, exportent leurs richesses naturelles et, en retour, reçoivent des biens fabriqués de la métropole. Le commerce des fourrures est le pilier de l'économie de la Nouvelle-France. Par contre, on n'y encourage guère les activités économiques susceptibles d'entrer en concurrence avec celles de la mère patrie.

Au cours de la deuxième période (1713-1812), l'économie de la Nouvelle-France est toujours dominée par la traite des fourrures, bien qu'on essaie de diversifier l'économie par la mise en valeur de l'agriculture et en favorisant des projets comme les Forges Saint-Maurice. La Conquête britannique de 1760 ne change pas du tout au tout le système mercantiliste, du moins pour un certain temps, puisque la Grande-Bretagne est aussi un pays protectionniste. Durant la troisième période (1812-1867), le blé et le bois d'œuvre (voir Histoire du commerce du bois) remplacent la fourrure comme principaux produits d'exportation. Cette période marque la montée du capitalisme commercial. Le principal événement à survenir au cours de cette période est l'abolition, entre 1845 et 1848, par la Grande-Bretagne, de ses lois protectionnistes et l'abandon du système mercantiliste.

À cette époque où Montréal est le centre commercial et financier le plus important de la colonie, un changement aussi radical modifie la stratégie économique de l'élite du monde des affaires du Canada et du Québec. La solution est de transformer le Canada en un pays industrialisé et l'Acte constitutionnel de 1867 en est l'expression politique. Cette année-là marque le commencement de la quatrième période (1867-1945), qui se caractérise par la montée du capitalisme industriel. Le Québec, surtout la région et le port de Montréal, joue un rôle crucial dans l'industrialisation du pays. En 1900, 51 % des usines sont situées en Ontario, comparativement à 32 % au Québec. Les principales industries du Québec se trouvent dans le secteur du textile, de la chaussure, des aliments, des chemins de fer et du bois d'œuvre. En 1900, l'hydroélectricité est déjà la principale source d'énergie, tandis que les usines de pâtes et papier ainsi que les alumineries offrent de nombreux emplois et attirent d'importants investisseurs étrangers. La cinquième et dernière période s'étend de 1945 à nos jours. C'est l'ère du développement rapide des communications modernes et des services. Contrairement aux autres périodes, on s'éloigne du secteur manufacturier. Dans les années 1990 le gouvernement investit avec vigueur dans le secteur informatique et la province devient un joueur mondial important avec des entreprises comme Softimage, CGI, CAE et Ubisoft.

Agriculture

Dans les années 1990, la part du Québec dans la production agricole canadienne se situe autour de 13 %. Québec possède 6,8 millions d'hectares de terres arables. À la suite d'une forte spéculation et d'une croissance urbaine considérable entre 1972 et 1978, le gouvernement amorce une politique de protection des terres agricoles. Selon les historiens, les agriculteurs québécois approvisionnent les marchés publics depuis les années 1880, sinon plus tôt. Des études récentes montrent la présence d'une économie locale complexe au cours du XIXᵉ siècle. À la fin de ce siècle, le Québec se spécialise dans les produits laitiers et le porc. La spécialisation favorise l'industrialisation de l'agriculture, au point que la production agricole a plus que quadruplé entre 1901 et 1921 (voir Histoire de l’agriculture).

La Loi sur la protection du territoire agricole est adoptée en 1978 et protège maintenant les meilleures terres du Québec. D'autres mesures sont mises en œuvre pour renforcer l'industrie agricole, notamment des régimes d'assurance-récolte et d'assurance-stabilisation, ainsi qu'une augmentation considérable des sommes affectées aux divers programmes d'aide. En 2012, les recettes agricoles totalisent 8,4 milliards de dollars alors qu’elles étaient de 4,6 milliards de dollars en 1996.Le secteur de la production laitière demeure le plus important avec 2,1 milliards de dollars en revenus, ce qui représente 26 % de la production agricole. Vient en deuxième place, la production porcine avec 1,3 milliard de dollars (15 %). Le Québec compte 29 000 exploitations agricoles en 2012.

Industrie

Les principales industries du Québec sont les industries manufacturières, hydroélectriques, minières et des pâtes et papier. Le secteur manufacturier québécois représente 25 % de la production totale au Canada. Cinq groupes d'industries représentent 65 % des usines de la province et plus de 50 % des emplois manufacturiers : vêtements et textile, aliments et boissons, papier et produits connexes, produits métalliques, produits du bois.

Forêt

Avec ses 825 000 km² de terres forestières, le Québec se situe au deuxième rang des provinces canadiennes, après les Territoires du Nord-Ouest. La majorité de ces terres appartiennent à l'État, bien que des revendications territoriales de la part des Autochtones soient devant les tribunaux. Les forêts productives accessibles représentent au total 540 000 km² et sont, pour les trois quarts, situées dans les régions du Saguenay‒Lac-Saint-Jean, de l'Abitibi et de la Côte-Nord. Chaque année, on coupe près de 33 millions de m³ de bois, dont 80 % sont des conifères. La majorité du bois coupé est destiné au sciage et à la fabrication de pâte. Un vaste programme de reboisement a été mis en œuvre au cours des 20 dernières années. Toutefois, le nombre d’arbres plantés annuellement a diminué depuis 1989 en raison de l’adoption de nouvelles pratiques dont la récolte de la matière ligneuse avec protection de la régénération préétablie. Ainsi, en 2011, 140 millions de plants ont été mis en terre, comparativement à 251 millions en 1989. Plus des trois quarts de ces arbres ont été plantés dans la forêt publique et la majorité sont des résineux.

L'industrie des pâtes et papiers du Québec compte parmi les 10 premiers producteurs au monde et elle est le deuxième exportateur de papier journal au Canada. Ce secteur emploie plus de 23 000 travailleurs, qui produisent environ 42 % du papier du pays. Ensemble, les trois produits (bois d'œuvre, pâte de bois et papier journal) représentent 20 % des exportations québécoises, dont 80 % sont dirigés vers les États-Unis. L'industrie du sciage est un autre secteur actif. La province compte 1 300 scieries et ateliers qui emploient 36 000 personnes.

Pêche

Le Québec compte environ 4 200 pêcheurs à temps plein, œuvrant dans différentes régions, principalement en Gaspésie, où la pêche industrielle est un pilier important de l'économie locale. En 1997, ce nombre a été réduit à 1 200. La plupart des bateaux de pêche côtière mesurent moins de 10 mètres. Les prises annuelles du Québec ne sont qu'une fraction de celles des provinces maritimes. Les principales prises sont constituées de poissons de fond, de mollusques et de crustacés. La pêche repose maintenant davantage sur les mollusques et les crustacés, qui constituent les deux tiers des prises. Les poissons de fond ne comptent que pour 10 % des prises et les poissons pélagiques (p. ex. hareng, maquereau) constituent le reste.

Énergie

Le Québec est le plus grand producteur d'électricité au Canada. Sa puissance génératrice installée est de 36 068 MW, soit plus de 30 % du total canadien; plus de 99 % de la production est hydraulique. Dans les années 1970, la province essaie de réduire sa dépendance aux produits pétroliers, qui représentent alors 74 % de la consommation de toute l'énergie; elle n'est plus que de 31,9 % en 1998. Le projet de la baie James est le plus important projet hydroélectrique des années 1970. Ces installations produisent plus de 10 000 MW d'électricité, dont la majorité est exportée vers l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et le Nord-Est des États-Unis. Le complexe La Romaine, sur la Côte-Nord, devrait ajouter 1 550 MW au réseau lors de sa mise en activité prévue pour 2020.

Depuis les années 2000, le Québec explore la possibilité d’exploiter les ressources gazière et pétrolière sur son territoire (voir Fracturation hydraulique), notamment en Gaspésie et à l'Île d'Anticosti où des gisements à potentiel élevé ont été découverts.

Transport

Les marchands français et anglais ont toujours rêvé d'ériger un empire commercial le long du fleuve Saint-Laurent. Bien que cet empire commercial nord-américain ne se soit jamais concrétisé, le fleuve Saint-Laurent et Montréal ont joué un rôle crucial dans l'histoire du transport au Canada. Montréal abrite les sièges sociaux de nombreuses entreprises de transport, notamment Air Canada. Dans les années 1990, 50 % des sièges sociaux de l'industrie aéronautique et spatiale étaient situés à Montréal.

Le port de Montréal n'a pas tiré profit de l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent puisque cela lui a fait perdre sa position stratégique. Si l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent en 1954 a contribué à l'essor des ports de la Côte-Nord, elle a aussi permis la croissance rapide des ports ontariens des Grands Lacs. Le Québec possède 28 ports, dont les plus importants sont ceux de Montréal-Contrecœur, Québec-Lévis, Port-Cartier et Sept-Îles-Pointe-Noire. Au milieu des années 1990, on y manipulait annuellement 73,7 millions de tonnes de marchandises.

Au XIXᵉ siècle, c'est à Montréal que le système ferroviaire du Canada prend forme. Le Grand Tronc dans les années 1850, le Canadien Pacifique dans les années 1880 et le Canadien National dans les années 1910 font partie intégrante de l'histoire de Montréal et du Québec. Le développement du réseau ferroviaire se fait surtout dans le Sud du Québec. Bien qu'on ait investi d'importantes sommes d'argent dans la construction du Chemin de fer National Transcontinental, cela n'a contribué en rien au développement des régions éloignées du Nord.

La construction de l'aéroport de Mirabel dans les années 1970 a suscité de nombreuses controverses. Durant 20 ans, les vols intercontinentaux étaient dirigés vers Mirabel et les vols continentaux vers Dorval. Aujourd'hui, après coup, force est de constater que les adversaires du projet avaient raison puisqu'en 1997, la plupart des vols intercontinentaux sont de nouveau dirigés vers Dorval, ne laissant pratiquement que le fret aérien à Mirabel. Dans les années 1990, les deux aéroports de Montréal accueillaient environ 11 % des passagers canadiens, contre 35 % pour Toronto. Pour ce qui est du fret aérien, le rapport est de 14 % pour Montréal et de 38 % pour Toronto. Dorval et Mirabel accaparaient presque 85 % des 10 millions de passagers qui utilisaient chaque année les aéroports québécois. En 2004, avec l’annonce de la fermeture officielle de l'aéroport Mirabel, tout le trafic aérien, passagers et cargos est dirigé vers l'aéroport Dorval, nouvellement nommé aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. En 2014, le Québec compte à nouveau deux aéroports internationaux : l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau (Montréal) et l’Aéroport international Jean-Lesage (Québec).

Le Québec est doté de 55 700 km de routes et de 2 300 km d'autoroutes ainsi que d'un parc de plus de 3,6 millions de véhicules. Près de 2 400 entreprises de camionnage emploient plus de 38 000 travailleurs et se partagent chaque année 2 milliards de dollars en revenus d'exploitation.

Gouvernement et politique

Depuis 1867, les institutions politiques de la province n'ont guère changé. Colonie française au début, le Québec est par la suite administré directement par l'autorité britannique avant de faire partie d'une union législative (1841), puis de devenir membre de la fédération canadienne (1867). En 1982, le Québec ne signe pas le rapatriement de la constitution mais, en 1987, il signe tout de même un accord qui lui permet de faire partie de l'entente constitutionnelle canadienne (voir l'Accord du lac Meech; Accord du lac Meech, document). En 1992, il signe aussi l'Accord de Charlottetown (voir Accord de Charlottetown, document). Cependant, aucun de ces accords n'a été ratifié et le dernier a été massivement rejeté lors d'un référendum national. Aucune rupture juridique n'a donc marqué son évolution institutionnelle. Les institutions les plus importantes sont les institutions politiques centrales.

Gouvernement provincial

Au Québec, comme dans tous les régimes constitutionnels de tradition britannique, les fonctions législatives et exécutives ne comportent pas de coupure rigide. Il s'agit donc d'un régime de collaboration plutôt que de séparation des pouvoirs. L'Assemblée législative, rebaptisée Assemblée nationale par le gouvernement de Maurice Duplessis dans les années 1950, représente la collectivité et est composée de 125 membres élus dans autant de circonscriptions électorales. Dans les années 1960, on prend des mesures pour assurer le même nombre d'électeurs par circonscription, soit environ 34 000. L'Assemblée nationale adopte les lois dans les domaines de juridiction québécoise, conformément à l'article 92 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Le parti politique qui compte le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale forme le gouvernement. Le chef du parti devient le premier ministre de la province (voir Premiers ministres du Québec).

Structure du gouvernement

Le lieutenant-gouverneur est le représentant de la reine au Québec. Il ou elle est nommé par les autorités fédérales en consultation avec la province. Son rôle est surtout symbolique mais, dans certaines situations, il pourrait être appelé à se prononcer sur des affaires parlementaires. En tant que représentant direct et personnel de la souveraine, il assure la continuité de l'État. Même s'il demeure un fonctionnaire du gouvernement fédéral, il agit en fait selon les directives du Conseil exécutif de la province. Le Conseil exécutif, aussi appelé Conseil des ministres, est composé du Premier ministre et de ses ministres. C'est le Conseil exécutif qui décide de l'orientation générale de l'activité gouvernementale. Il intervient à l’aide de projets de lois et d'arrêtés en conseil. Les quelque 27 ministres sont nommés par le premier ministre et sont liés par le principe de la solidarité ministérielle.

Depuis les années 1970, d'importantes réformes ont transformé le fonctionnement de ces instances centrales. Ainsi, les règles de fonctionnement de l'Assemblée nationale ont été modernisées pour être adaptées aux réalités québécoises. Des commissions parlementaires permanentes, 11 au total, ont été mises sur pied et les débats de l'Assemblée sont maintenant télévisés. Le Conseil exécutif reçoit de plus en plus l'aide de comités permanents ministériels, chacun dirigé par un ministre d'État. Un comité des priorités permet d'avoir une meilleure planification. Le Conseil du Trésor, dirigé par un ministre, est responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre des politiques financières du gouvernement.

Vie politique

De la Conquête de 1760 à la Proclamation royale de 1763, et de fait jusqu'en 1867, le Québec est une colonie britannique. L'Acte constitutionnel de 1791 réduit ses frontières à ce qui est essentiellement le Sud du Québec actuel. Cette loi donne aussi à la colonie le droit de former une assemblée élue. Le territoire est toutefois gouverné directement et de façon non démocratique par un gouverneur nommé par Londres et par un conseil non élu, tout comme les autres colonies britanniques. L'Assemblée a des pouvoirs limités.

Les Canadiens français ayant déjà développé le sentiment d'une identité distincte dès la fin du XVIIIᵉ siècle, la lutte pour la démocratie devient, du moins pendant un demi-siècle, synonyme de nationalisme. À la suite des rébellions de 1837-1838, le Québec est fusionné avec le Haut-Canada (Ontario) en 1841 et fait désormais partie d'une union législative. Après l'échec de cette union, le Québec devient en 1867 une province de la fédération canadienne.

Pour de nombreux Canadiens francophones qui appuient l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867, la Confédération repose sur le principe d'une fédération de nations, à savoir celles des Britanniques et des Français (qui excluent tous deux les Premières Nations). Toutefois, la majorité des Canadiens anglophones sont loin de partager cette interprétation de l'acte constitutionnel. Ils voient plutôt le Canada comme une nation homogène composée de différentes régions représentées par les provinces. Ce débat non résolu concernant la nature de la fédération est au cœur de toutes les crises politiques et constitutionnelles au Canada et au Québec depuis 1867.

Le premier référendum sur l'indépendance du Québec, en 1980, aboutit à un échec, la majorité des électeurs souhaitant demeurer au sein du Canada. Deux ans plus tard, les relations entre le Canada et le Québec s'enveniment lorsque le Québec refuse de signer le rapatriement de la constitution canadienne, une initiative du gouvernement de Pierre Elliott Trudeau. Une autre crise survient entre 1987 et 1990 durant le débat entourant l'Accord du lac Meech. En 1992, l'Accord de Charlottetown est rejeté, pour des raisons différentes toutefois, par le Québec et le reste du Canada. En 1995, les opposants à la souveraineté gagnent le deuxième référendum de justesse (49,42 % en faveur de la souveraineté, 50,58 % contre).

Après la Conquête et durant tout le XIXᵉ siècle, les Français se considèrent comme « les Canadiens » et les « autres » sont « les Anglais ». Un grand nombre de Canadiens anglophones ont toujours réfuté la perception, très répandue chez les Canadiens francophones, que l'Acte de 1867 reflétait une fédération de nations. Cela a sans doute contribué à l'émergence d'un mouvement séparatiste et d'une spécificité québécoise. Les rébellions des Métis en 1870, la pendaison de Louis Riel en 1885, l'abolition illégale et inconstitutionnelle de la langue française au Manitoba en 1890, les crises de 1917 et 1942 relatives à la conscription, la marginalisation constante de la langue française de la part des autorités fédérales jusqu'à la promulgation de la Loi sur les langues officielles en 1969, tous ces événements ont contribué à donner une image négative de la fédération canadienne.

Partis politiques

L'histoire des partis politiques au Québec reflète à la fois l'évolution du sentiment d'identité des Québécois et, comme dans toutes les sociétés, les contradictions qui y sont liées. De 1867 à 1897, les conservateurs ont la mainmise sur la politique provinciale et, à l'exception d'une parenthèse de cinq années (en 1878-1879 et de 1887 à 1891), ils forment le gouvernement. Le pouvoir du parti conservateur symbolise l'alliance entre l'Église et le monde des affaires ainsi qu'un engagement envers une société conservatrice sur le plan social dans un milieu dirigé par l'entreprise privée. La victoire de Wilfrid Laurier au fédéral en 1896 porte les libéraux québécois au pouvoir en 1897. Ils y resteront durant un demi-siècle, jusqu'en 1944, sauf entre 1936 et 1939. Ils réussissent à maintenir une alliance entre l'Église et l'entreprise privée : on donne carte blanche à la première en ce qui touche les affaires sociales et l'éducation, tandis que les sphères politiques et économiques sont confiées aux hommes politiques et aux hommes d'affaires.

Le règne des libéraux est interrompu en 1936 lorsque l'Union nationale, avec à sa tête Maurice Duplessis, prend le pouvoir. Ce parti est formé par la fusion, en 1935, du Parti conservateur provincial et de jeunes libéraux mécontents mais actifs durant la Grande Crise. Ensemble, ils forment l'Action libérale nationale, dont l'un des objectifs est de nationaliser les entreprises hydroélectriques privées. Cependant, une fois au pouvoir, l'ancien chef du parti conservateur, Maurice Duplessis, qui devient chef de l'Union nationale en 1936, n'introduit aucune des réformes proposées par l'Action libérale nationale et dirige la province de la même façon que les libéraux avant lui.

C'est le nouveau chef du parti libéral provincial, Adélard Godbout, réélu en 1939, qui applique ces réformes. Il s'agit sans doute du premier gouvernement provincial le plus progressiste de ce siècle sur le plan social. En effet, ses réformes comprennent le droit de vote des femmes au palier provincial (accordé en 1940), la création d'Hydro-Québec et des réformes dans le domaine de l'éducation. Mais de telles réalisations sont éclipsées par la Deuxième Guerre mondiale, alors que le gouvernement fédéral se sert de ses pouvoirs spéciaux en temps de guerre pour s'immiscer dans les affaires provinciales. En 1944, le règne du parti libéral, au pouvoir depuis 1897, arrive à son terme. Avec 35 % seulement du vote populaire, Maurice Duplessis est réélu et reste au pouvoir jusqu'en 1959.

Le gouvernement de Duplessis est représentatif de la guerre froide, c'est-à-dire de droite et violemment anti-communiste. L'opposition à ce style de gouvernement extrêmement conservateur des années 1950 pave la voie aux réformes des années 1960. Lorsqu'un groupe de jeunes libéraux, dirigé par Jean Lesage, prend le pouvoir en 1960, c'est le début d'une ère nouvelle et d'une période de réformes connue sous le nom de Révolution tranquille. L'État remplace l'Église dans les affaires sociales et intervient dans l'économie afin de promouvoir les intérêts des entreprises francophones. L'importance accordée à l'État provincial correspond au changement dans la façon dont de nombreux Canadiens français s'identifient. Les historiens s'interrogent toujours sur les effets de la Révolution tranquille. Certains experts la considèrent comme une période de profonds changements qui a enfin propulsé le Québec dans le monde moderne. Pour d'autres, l'association de l'Église et du monde des affaires, qui a commencé au moins dès la seconde moitié du XIXᵉ siècle, est typiquement en contradiction avec la modernité. À leurs yeux, en dépit de leur ampleur, les changements des années 1960 ne constituent qu'un réalignement des forces politiques et sociales dans une société déjà moderne.

Le Parti québécois, formé en 1968, arrive au pouvoir quelques années plus tard, en 1976. Or, quelques mois avant l'élection provinciale, le premier ministre canadien, Pierre Elliott Trudeau, avait annoncé la mort du « séparatisme » au Québec! L'élection de René Lévesque comme premier ministre du Québec a été un avertissement non seulement pour Trudeau, mais pour le pays entier.

Le Parti québécois est élu en 1976 grâce à une plate-forme électorale nettement sociale-démocrate. En effet, de 1976 à 1980, le gouvernement du Parti québécois applique de nombreuses réformes, dont certaines sont sujettes à la controverse, comme le système d'assurance-automobile et la Charte de la langue française(la célèbre « loi 101 »), qui réglemente la langue française dans la province. En 1980, conformément à la promesse de René Lévesque, le Parti québécois tient un référendum sur le mandat de négocier un nouveau partenariat avec le Canada, la souveraineté-association. De nombreux commentateurs allèguent que ce nouveau partenariat est en fait une proposition pour la mise en œuvre d'une nouvelle confédération, un système où l'État central a très peu de pouvoirs. D'autres, par contre, y voient une forme de sécession. Même si la question semble modérée, le « non » l'emporte haut la main par 60 % contre 40 %. Le Parti québécois est quand même réélu en 1981, surtout parce que la majorité des électeurs sont satisfaits de ses réalisations en tant que gouvernement responsable. C'est donc ce parti qui est pouvoir en 1982 lorsque Trudeau rapatrie la constitution d'Angleterre.

En 1983, le Parti québécois effectue un véritable virage à droite lorsque vient le temps de régler les conflits avec les syndicats du secteur public et délaisse en partie son approche sociale-démocrate. Cela joue sans contredit un rôle crucial dans la défaite du parti en 1985. C'est alors que Robert Bourassa, qui a patiemment repris contrôle du Parti libéral après sa cuisante défaite de 1976, devient une fois de plus premier ministre du Québec. En 1989, il se fait réélire malgré le débat entourant l'Accord du lac Meech (1987-1990) et finalement son échec, et ce, malgré la controverse (1988-1989) entourant le projet de loi 178 (Loi modifiant la Charte de la langue française) sur la réglementation de la langue au Québec (cette loi permet d'utiliser le français ou d'autres langues sur des affiches à l'intérieur des magasins ou des édifices publics, mais impose l'usage du français sur les affiches à l'extérieur des édifices). Son deuxième mandat est cependant marqué par la crise d'Oka, pendant l'été 1990, tout de suite après l'échec de l'Accord du lac Meech, et l'échec non moins catastrophique de l'Accord de Charlottetown en 1992. Daniel Johnson remplace Robert Bourassa et, en 1994, le Parti libéral est défait par le Parti québécois, alors dirigé par Jacques Parizeau. Un an après sa victoire, le Parti québécois perd de justesse un deuxième référendum sur la souveraineté lorsque le oui obtient, à la surprise générale, 49,42 % des votes. Parizeau démissionne, et Lucien Bouchard est assermenté pour le remplacer. En 2001, Bernard Landry devient à son tour premier ministre de la province.

Le 14 avril 2003, le Parti québécois est défait et Jean Charest, chef du Parti libéral, est élu premier ministre du Québec. Il reste au pouvoir neuf ans et deux réélections. Au printemps 2012, un projet sur la hausse des frais de scolarité universitaire provoque la colère des étudiants qui prennent la rue. Ils sont rejoints par d'autres segments de la population, dans un ras-le-bol général du gouvernement. Aux élections générales du 4 septembre 2012, le Parti québécois prend le pouvoir et Pauline Marois devient la première femme à occuper le poste de premier ministre du Québec. Toutefois, elle ne reste au pouvoir que 18 mois. À la suite d’une élection qu’elle déclenche au début mars 2014 afin d’obtenir un mandat majoritaire, le Parti québécois se retrouve évincé du pouvoir. Le 7 avril 2014, Philippe Couillard – porté à la tête du Parti libéral treize mois plus tôt – devient le 31e premier ministre de l’histoire du Québec.

Relations intergouvernementales

Le Québec compte 75 représentants à la Chambre des communes du Parlement fédéral ainsi que 24 membres au Sénat. Plus d'une centaine de comités conjoints et de nombreuses conférences fédérales-provinciales permettent aux autorités fédérales et québécoises de coordonner, non sans difficulté, leurs activités respectives. Mais c'est surtout dans le domaine des relations internationales que le Québec s'est distingué. Dès 1871, il ouvre deux bureaux à l'étranger et, en 1882, un agent commercial est nommé en France. Cette ouverture sur l'extérieur s'est traduite par la création, en 1961, du premier ministère des Affaires intergouvernementales, devenu celui des Relations internationales. Depuis, des délégations du Québec ont été établies aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, en Europe et en Afrique. Des accords de coopération lient le Québec à plusieurs pays, particulièrement la France. De plus, le gouvernement du Québec est membre de nombreuses institutions internationales, notamment l'Organisation internationale de la Francophonie (voir Francophonie) et l'UNESCO.

Institutions judiciaires

Le système juridique du Québec est régi par le Code civil français, tandis que celui du reste du Canada est régi par la Common Law. L'organisation judiciaire du Québec comprend deux paliers : plusieurs tribunaux se partagent les compétences de première instance, alors qu'il n'y a qu'une seule Cour d'appel. Ces tribunaux interprètent et appliquent le droit québécois mais aussi une partie importante du droit fédéral. En effet, le Parlement fédéral n'a pas pleinement exercé son droit constitutionnel de créer des tribunaux pour faire appliquer ses lois. La hiérarchie judiciaire comporte 4 composantes :

1) la Cour municipale, soit 86 cours compétentes surtout en matière de réclamation de taxes et d’infraction aux règlements, notamment le Code de la sécurité routière;

2) la Cour du Québec qui comprend 270 juges répartis entre la Chambre civile, la Chambre criminelle et pénale, et la Chambre de la jeunesse;

3) la Cour supérieure, qui compte 144 juges, compétents notamment pour les causes graves comme les homicides, ainsi que pour les appels des décisions rendues par les tribunaux des deux autres cours précédentes;

4) la Cour d’appel est, comme son nom l’indique, un tribunal général d’appel pour le Québec; c’est le plus haut tribunal de la province, composé de 20 juges.

Institutions municipales

L'Acte de l'Amérique du Nord britannique (par. 8, art. 92) stipule que chaque province peut promulguer des lois exclusivement dans certains domaines, comme celui des institutions municipales. La Loi constitutionnelle de 1982 a réitéré le pouvoir des provinces d'organiser et d'administrer ses institutions municipales. Il y a 1134 municipalités au Québec en 2013 et elles sont régies par le Code municipal et la Loi des cités et villes.

La plupart d'entre elles sont réparties grosso modo en 100 municipalités régionales de comté (MRC); la vocation d’une MRC est de regrouper toutes les municipalités locales de son territoire. Deux communautés urbaines, Montréal et Québec, exercent des pouvoirs supplémentaires. En 2002, la Loi portant réforme de l’organisation territoriale municipale des régions métropolitaines de Montréal, de Québec et de l’Outaouais (projet de loi no 170) fusionne certaines municipalités et change le portrait toponymique; Hull devient Gatineau et Chicoutimi et Jonquière s’unissent pour devenir Saguenay. À l'extérieur des grands centres urbains, des municipalités de comté rurales ont été fondées afin de regrouper les services communautaires.

Finances publiques

Les revenus de toutes les provinces, y compris le Québec, proviennent de deux sources : les taxes et impôts ainsi que les transferts du gouvernement du Canada reçus en vertu de programmes établis. Pour l'exercice financier 2011-2012, les revenus de la province s'élèvent à environ 66 milliards de dollars, dont 44 % proviennent des impôts sur les revenus et les sociétés, 22 % des diverses taxes à la consommation (tabac, vente au détail, carburant), et environ 7 % des transferts des sociétés d'État. Les transferts du gouvernement canadien totalisent sensiblement 15 milliards de dollars. À la même période, les dépenses du Québec sont d'environ 69 milliards de dollars, dont plus de la moitié est destinée à la santé, aux services sociaux et à l'éducation, et environ 625 millions à la culture.

En 1980, Québec accuse un déficit accumulé de près de 8 milliards de dollars, déficit qui atteint le montant astronomique de 67 milliards de dollars en 1995. Le gouvernement du premier ministre Lucien Bouchard prend alors des mesures pour essayer de résoudre ce grave problème en suivant l'exemple d'autres provinces, comme l'Alberta, qui a radicalement coupé dans ses dépenses pour réduire son déficit. Bien que le gouvernement ait retrouvé l'équilibre budgétaire dans les années 2000, la dette continue à croître et atteint 191 milliards de dollars en 2013.

Institutions sociales et de santé

Québec possède une Charte des droits et libertés de la personne, une Loi sur la protection des consommateurs, un système d'assurance-automobile provincial et des systèmes séparés de sécurité du revenu et d'allocations familiales. La province possède aussi un réseau complexe de plus de 800 institutions sociales, dont des hôpitaux, des centres communautaires et des établissements de soins prolongés pour les personnes âgées. Depuis 1965, une agence du gouvernement québécois gère les programmes de prestations sociales du Québec. Plusieurs organismes, comme la Régie des rentes du Québec, la Régie de l'assurance-automobile et le Commissaire à la santé et au bien-être, investissent leurs fonds dans la Caisse de dépôt et de placement du Québec. Au 31 décembre 2013, les actifs de la Caisse s’élèvent à 200,1 G$ et le rendement annualisé sur 4 ans est de 10 %. La Caisse est sans doute la réalisation la plus importante des réformes des années 1960, qui ont permis à l'État de jouer un rôle plus grand dans l'économie de la province.

Éducation

Dès le milieu du XVIIᵉ siècle, les principales villes de la Nouvelle-France (Québec, Montréal et Trois-Rivières) confient leurs écoles primaires aux bons soins des communautés religieuses. L'enseignement secondaire est assuré en 1635, avec l'établissement du Séminaire de Québec. À partir de 1680, ce dernier offre des cours plus avancés, notamment en droit, en mathématiques et en arpentage. L'arrivée des Loyalistes et des immigrants britanniques dans le dernier quart du XVIIIᵉ siècle entraîne la mise sur pied graduelle d'un réseau scolaire anglophone complet, de la maternelle à l'université. C'est ainsi que l'Université McGill ouvre ses portes en 1843. L'article 93 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique stipule que, dans la province de Québec, le réseau scolaire doit être organisé selon le principe de l'affiliation religieuse. Le réseau scolaire anglophone québécois est financé par l'État au même titre et selon les mêmes critères que le réseau francophone.

Jusque dans les années 1960, le système d'éducation francophone est décentralisé. Les commissions scolaires locales sont responsables des activités quotidiennes, alors que l'Église catholique et l'État, par l'entremise de leurs représentants et du bureau du secrétaire provincial, choisissent les programmes d'études. Dans les années 1960, une commission dirigée par Mgr Parent recommande plusieurs changements. L'éducation devient alors la priorité et tous sont d'accord sur la nécessité d'accroître la scolarité de la population et d'offrir une meilleure formation technique donnant accès à des emplois particuliers. Cette réforme de l'éducation basée sur les conclusions du rapport Parent entraîne quatre changements majeurs :

1) l'accès généralisé à l'enseignement secondaire par la mise sur pied de commissions scolaires régionales et l'établissement d'un réseau complet d'écoles secondaires;

2) la création des Collèges d’enseignement général et professionnel (CEGEPS). Il s'agit d'un niveau intermédiaire entre l'école secondaire et l'université, dont les objectifs sont d'offrir aux étudiants du postsecondaire deux années de préparation à l'université ou trois années de formation technique en vue du marché du travail;

3) la création du réseau de l'Université du Québec, qui offre une formation universitaire dans toutes les régions;

4) l'établissement d'un ministère de l'Éducation, qui est devenu l'autorité suprême en matière d'enseignement.

En 2007-2008, le Québec compte 60 commissions scolaires francophones, 9 anglophones et 3 à statut particulier dont deux desservent les enfants des communautés autochtones (les nations cries de la baie James et nations inuites du Nunavik), pour un total de 2 362 écoles, sans compter près de 300 écoles privées (351 en 2014). La province offre aussi des services d'enseignement aux adultes. L'adoption du projet de loi 107, en décembre 1988, établit désormais les commissions scolaires non plus en fonction de la religion, mais de la langue. En raison de l'opposition des groupes catholiques, la mise en œuvre du projet de loi a été retardée jusqu'en 1993, lorsque la Cour Suprême du Canada a confirmé par décision unanime la constitutionnalité de la loi. Ainsi, en 1997, à la suite d'un très long processus, le Québec et le fédéral acceptent de modifier l'article 93 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique afin de garantir la constitutionnalité des commissions linguistiques et de supprimer les critères religieux. Dans les années 1990, les écoles primaires et secondaires accueillent un peu plus d'un million d'élèves.

Dans le secteur collégial, on compte 43 cégeps francophones et cinq collèges anglophones. Le réseau des universités est formé de huit universités privées et d’un réseau public regroupant 18 établissements. Il est constitué par quatre universités francophones (Université de Montréal – englobant deux écoles affiliées –, Université du Québec – regroupant dix établissements –, Université Laval, Université de Sherbrooke) et de trois institutions anglophones (Université Bishop’s, Université Concordia, Université McGill). Le campus de l'Université de Montréal est le plus vaste. Au début des années 2010, plus de 180 000 étudiants sont inscrits au collégial, et plus de 200 000 à l’université.

Vie culturelle

Techniquement, le Québec est une province, mais certains prétendent qu'il est une nation, en vertu du fait qu'il est le berceau des francophones en Amérique du Nord et des autres Québécois qui ne sont pas d'origine française. D'autres, de plus en plus rares, voient le Québec comme un territoire abritant l'élément le plus important de la nation canadienne-française.

Arts

Les racines de la culture canadienne-française se retrouvent dans la littérature, la peinture et la sculpture dès le début du XIXᵉ siècle. C'est à cette époque que remontent les débats passionnés sur l'importance des arts dans la communauté francophone. En littérature, le père Henri-Raymond Casgrain, dans la seconde partie du XIXᵉ siècle, et monseigneur Camille Roy, dans la première partie du XXᵉ siècle, cherchent à créer une littérature qui reflète l'essence de la société canadienne-française. Ils s'attirent les foudres des tenants de l'universalisme, défendant l'idée d'une littérature universelle. Après la Révolution tranquille, même si de nombreux écrivains prétendent exprimer une nouvelle identité, ils ne font en fait qu'explorer, tout comme Casgrain et Roy, l'identité de la société de langue française devenue depuis la société québécoise.

L'un des paradoxes des 30 dernières années est que la complexité de la société canadienne-française québécoise a été sous-estimée au point de devenir un stéréotype culturel. Par conséquent, les artistes canadiens-français du passé sont presque complètement tombés dans l'oubli. Emma Lajeunesse, mieux connue sous le nom d'Emma Albani, fut l'une des plus grandes divas du siècle dernier. Son succès, au tournant du siècle, peut facilement se comparer à celui de Céline Dion.

La structure culturelle de la province est impressionnante : 150 compagnies théâtrales, près de 100 théâtres d'été et au moins cinq festivals de théâtre importants. Plus de 100 groupements musicaux dynamisent la scène musicale de la province, notamment le Club musical du Québec et le Ladies' Morning Musical Club, dont les activités remontent au XIXᵉ siècle. L'Orchestre symphonique de Montréal est considéré comme l'un des 10 grands orchestres mondiaux, tandis que de nombreux conservatoires et écoles de musique offrent une formation musicale. Du côté de la danse, le Québec compte 59 écoles de danse et connaît une réputation internationale grâce aux Grands Ballets canadiens et à La La La Human Steps. Montréal possède environ 230 salles de cinéma commerciales et reçoit le prestigieux Festival du film de Montréal. Des réalisateurs comme Denys Arcand, Denis Villeneuve et Jean-Marc Vallée ont remporté de nombreux prix internationaux. Il n'est donc pas surprenant que même Mordecai Richler, le célèbre romancier anglophone, considère les québécois francophones comme les plus cultivés des Canadiens.

Communications

Les réseaux francophones de télévision comprennent Radio-Canada, TVA, V Télé et Télé-Québec, les chaînes d'information continue RDI et LCN, les réseaux anglophones CBC, CTV et Global. À cela s'ajoute une quarantaine de chaînes spécialisées francophones et un grand nombre de chaînes anglophones provenant surtout des États-Unis. Les Québécois francophones écoutent surtout des émissions de langue française produites au Québec (70 % des heures d'écoute). Le Québec possède une soixantaine de stations radio MF privées de grande écoute, ainsi que les stations publiques de Radio-Canada et de la CBC. On y trouve 10 quotidiens, dont deux de langue anglaise, 200 hebdomadaires, plus de 300 périodiques et plus de 30 publications en langues autres que le français et l'anglais.

Lieux historiques

La province compte 190 lieux historiques nationaux du Canada, dont une trentaine sont administrés par Parcs Canada. Parmi les plus connus, mentionnons le Canal-de-Chambly, le Domaine Joly-de-Lotbinière, les Forges Saint-Maurice, les Fortifications de Québec, les Forts de Lévis, la Grosse Île et le mémorial des Irlandais, les Jardins de Métis, la Maison Étienne-Paschal-Taché, la Maison Wilfrid-Laurier, le Manoir Papineau, Pointe-du-Buisson (Musée québécois d’archéologie) et la Pulperie de Chicoutimi.

Le 19 octobre 2011, l’adoption par l’Assemblée nationale de la Loi sur le patrimoine culturel est venue remplacer la Loi sur les biens culturels (1972). Cette nouvelle législation a permis d’élargir la notion de patrimoine et le champ d’action du gouvernement en matière de protection. Comme la loi précédente, la Loi sur le patrimoine culturel a pour objet la connaissance, la protection, la mise en valeur et la transmission des biens patrimoniaux (immeubles, sites, documents et objets), mais également les paysages culturels patrimoniaux, le patrimoine immatériel, les personnages, les événements et les lieux historiques. Enfin, la nouvelle loi confère davantage de pouvoirs aux municipalités ainsi qu’aux communautés autochtones notamment dans l’attribution de statuts légaux aux éléments du patrimoine culturel se trouvant sur leur territoire.