Deborah McGregor | l'Encyclopédie Canadienne

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Deborah McGregor

Deborah McGregor, experte en systèmes de savoirs autochtones, environnementaliste, professeure (née dans la Première Nation de Whitefish River, à Birch Island, en Ontario). Deborah McGregor est une érudite anichinabée et une experte en systèmes de savoirs autochtones. Son travail est centré sur la manière dont les connaissances, les expériences, et les voix autochtones peuvent être appliquées pour résoudre des problèmes environnementaux. Deborah McGregor a occupé des postes à la fois dans des institutions universitaires et dans les organismes publics pour adresser les enjeux reliés au changement climatique.

Éducation

Deborah McGregor obtient un baccalauréat en sciences de la psychologie à l’Université de Toronto et une maîtrise ès sciences en études environnementales à l’Université York. Elle retourne ensuite à l’Université de Toronto et complète son doctorat en foresterie en 2000. Sa thèse de doctorat porte sur la participation des Autochtones à la planification de la gestion forestière en Ontario.

Carrière

Deborah McGregor commence sa carrière universitaire en tant que professeure agrégée au département de géographie de l’Université de Toronto. Elle est également directrice du Centre for Aboriginal Initiatives de l’université et de son programme d’études autochtones. En 2015, elle est nommée à un poste interfacultaire avec la faculté de droit de Osgoode Hall et la faculté d’études environnementales et de changement urbain de l’Université York. L’année suivante, Deborah McGregor est nommée titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la justice environnementale autochtone. Deborah McGregor dirige les recherches sur des sujets liés à l’environnementalisme autochtone en tant que chercheuse principale de deux projets financés par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH).

Parallèlement à ses fonctions universitaires, Deborah McGregor travaille également avec des organismes du secteur public en tant qu’experte en savoir autochtone et en environnementalisme. Elle travaille comme conseillère politique principale sur les relations avec les Autochtones pour Environnement Canada, et elle est membre du groupe d’experts de L’Institut climatique du Canada et du comité consultatif de l’Assemblée des Premières Nations pour l’action climatique et l’environnement.

Contexte : les savoirs autochtones et les systèmes de savoirs autochtones

Les savoirs autochtones sont une collection d’informations qui sont transmises de génération en génération chez les peuples autochtones. Les systèmes de savoirs autochtones placent les savoirs autochtones dans des cadres qui tiennent compte des systèmes politiques, légaux, socio-économiques, et culturels plus vastes au sein desquels les peuples autochtones vivent. Les systèmes de savoirs autochtones incluent non seulement le savoir, mais également les modes de vie et les relations entre tous les êtres et organismes vivants.

Les systèmes de savoirs autochtones prennent en considération les liens des peuples autochtones à la terre (voir aussi Territoire autochtone). Les peuples autochtones sont également touchés de manière disproportionnée par le changement climatique. Pour cette raison, les systèmes de savoirs autochtones sont essentiels pour lutter contre le changement climatique. Comme Deborah McGregor l’explique : « Nous affirmons que pour retrouver nos liens avec la terre, nous devons faire connaître la terre à nos enfants. Ils doivent connaître la langue. Tout revient à la nécessité de se reconnecter et de comprendre ce qui se passe dans le monde naturel afin de pouvoir y répondre de manière appropriée. Lorsqu’on définit le problème différemment, les solutions sont différentes. »

Le savoir et les systèmes de savoirs autochtones sont généralement négligés par les parties non autochtones. Récemment, des efforts ont commencé à être faits pour incorporer plus largement le savoir et les systèmes de savoirs autochtones aux politiques, aux pratiques, et à la législation afin d’aider à résoudre des problèmes, surtout en ce qui concerne l’environnement. Cependant, il existe toujours de nombreux obstacles à l’intégration du savoir et des systèmes de savoirs autochtones dans les systèmes non autochtones.

Sujets de recherches

Les recherches de Deborah McGregor sont centrées sur la manière dont les systèmes de savoirs autochtones peuvent être appliqués pour remédier à un éventail d’enjeux environnementaux. Ces enjeux incluent la gestion de l’eau et de l’environnement forestier, la justice environnementale, et le développement durable. Deborah McGregor espère utiliser les systèmes de savoirs autochtones pour combler les lacunes dans le système actuel de gestion de l’environnement (voir aussi Gestion des ressources) à tous les niveaux du gouvernement. Les recherches de Deborah McGregor ont identifié les préjugés qui ont causé d’importantes lacunes dans les recherches au sujet des peuples autochtones et de l’environnementalisme.

En dehors du milieu universitaire, le travail de Deborah McGregor s’inspire de ses expériences en tant que conseillère et chercheuse auprès des communautés autochtones pour les projets concernant les questions environnementales. Grâce à son travail, elle est en mesure d’évaluer la manière dont ces communautés développent des approches innovatrices face au changement climatique.

Défense

Parallèlement à l’inclusion des systèmes de savoirs autochtones, Deborah McGregor se porte également à la défense des voix et du leadership autochtones dans la lutte contre le changement climatique. Elle soutient que les questions environnementales doivent tenir compte des expériences et des connaissances réelles des peuples autochtones. Deborah McGregor croit également que les peuples autochtones sont prêts à faire face au changement climatique en raison de la résilience qu’ils ont dû bâtir lorsqu’ils ont été confrontés au colonialisme.

En plus de créer des solutions pour les enjeux environnementaux, Deborah McGregor se porte à la défense de la nécessité d’adresser les causes profondes de ces enjeux. Ceci inclut en particulier le colonialisme, à la fois passé et présent. Par exemple, de nombreuses communautés des Premières Nations au Canada souffrent de contamination de l’eau. Des solutions devraient être trouvées pour non seulement traiter l’eau, mais également pour en éviter la contamination en premier lieu (voir aussi Racisme environnemental au Canada).

Publications

Deborah McGregor publie de nombreux ouvrages sur les systèmes de savoirs autochtones et sur l’environnementalisme dans les journaux canadiens et internationaux. Elle contribue à au moins 22 livres, est corédactrice de Indigenous Research : Theories, Practices, and Relationships (2018), et autrice de Indigenous Peoples and Autonomy: Insights for a Global Age (2010). De plus, Deborah McGregor est corédactrice de Anishinaabewin, une série sur les procédures de conférences.

En 2022, Deborah McGregor contribue au sixième rapport d’évaluation du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Son travail décrit la manière dont les peuples autochtones du Canada et des États-Unis vivent avec le changement climatique et la façon dont ils lui font face.

Prix

  • Prix Outstanding Aboriginal Graduate du programme Great Minds Communication, Université de Toronto
  • Prix du leader en recherches, Université York
  • Prix de reconnaissance du mérite, Premières Nations de Whitefish River, Birch Island