Harpe

La harpe est appréciée autant pour sa richesse de son expressivité et sa douce texture que pour son apparence élégante.

Harpe

La harpe au Canada de nos jours

La harpe est appréciée autant pour sa richesse de son expressivité et sa douce texture que pour son apparence élégante. L'instrument est utilisé non seulement pour l'interprétation de musique classique, mais, de plus en plus, il devient partie intégrale de l'interprétation de musique celtique et de musique folklorique au Canada et ailleurs. Des orchestres canadiens utilisent fréquemment la harpe et les compositeurs canadiens écrivent de nombreuses pièces pour cet instrument.

Compositions canadiennes pour harpe

Ces dernières années, un bon nombre de compositeurs canadiens écrivent des pièces pour harpe et des enregistrements de plusieurs de celles-ci remportent des prix. The Passion of Angels pour deux harpes et un orchestre de Marjan Mozetich (1995) est créée et enregistrée pour la SRC par le duo de harpes composé de Nora Bumanis et Julia Shaw en 1996. The Crown of Ariadne pour harpe et percussions de R. Murray Schafer est commandée et créée le 5 mars 1979 par Judy Loman. Son enregistrement de la pièce (1979, Aquitaine MS 90570) gagne ensuite un Juno Award. Elle l'enregistre de nouveau en 1991, ainsi que d'autres pièces, sur le CD Chimera (Centrediscs CMC-4191). Loman enregistre aussi Tanzmusik pour harpe solo de Glenn Buhr. Michael Conway Baker compose un concerto pour harpe pour Elizabeth Volpe Bligh, qui le crée avec l'Orchestre symphonique de Vancouver en 2003.

En 1987, Erica Goodman enregistre Concerto, d'Oskar Morawetz, avec l'Orchestre symphonique d'Edmonton (CBC SMCD-5086), un disque qui remporte un Juno Award en 1990. En 1994, Goodman fait un autre enregistrement consacré à la musique de harpe canadienne. Donald Patriquin inclut la harpe dans ses pièces chorales, notamment dans Songs of Innocence, inspirée de la poésie de William Blake. Sharlene Wallace commande des pièces pour harpe et clavecin à John Beckwith et Bruce Mather qu'elle enregistre à Montréal pour la SRC en mai 2000. Milton Barnes, Frank Haworth, Talivaldis Kenins, Alexina Louie, Bruce Mather, Tibor Polgar, Allan Rae, Nicole Rodrigue, Frederick Schipizky et Gerhard Wuensch composent aussi des pièces pour harpe solo.

Compositions récentes pour harpe celtique

Des compositeurs canadiens s'intéressent aussi aux harpes plus petites : Sharlene Wallace commande à Kirk Elliot des compositions pour harpe celtique, clavecin et banjo. En 2002, le Concerto pour harpe celtique de Mark Mitchell est créé à Ottawa par Lucile Brais Hildesheim. La Suite pour harpe celtique d'Antoine Ouellette est enregistrée par Danièle Habel (SNE).

L'intérêt d'après-guerre pour la composition pour harpe

L'intérêt actuel pour la harpe repose sur l'engouement des compositeurs canadiens pour cet instrument après 1940. J.-J. Gagnier compose une Suite avec orchestre en cinq mouvements (1945). La Suite avec orchestre de chambre (1949) de Harry Somers est enregistrée par Marie Iösch-Lorcini et un orchestre de chambre de la SRC, sous la direction de Geoffrey Waddington (RCI 86 et 10-ACM 7), et par l'Orchestre symphonique de la SRC, dirigé par Walter Susskink avec Judy Loman comme soliste (Col MS 6285). Michel Perrault écrit Margoton (1954) et Jeux de quartes (1961), deux œuvres avec orchestre. Le Concerto de John Weinzweig avec orchestre de chambre (1967) compte parmi ses œuvres les plus importantes. Il est joué au Canada et en Europe et enregistré par Judy Loman pour la SRC. De Weinzweig, Loman enregistre aussi 15 Pieces (CBC Musica Viva MV-1029). Pour sa part, Robert Turner compose Little Suite (1957) et Fantasy and Festivity (1970), deux œuvres pour harpe solo. En 1972, George Fiala écrit un Concertino Canadese pour quatre harpes, pour le quatuor soviétique Chitari Arpi.

L'enseignement de la harpe aujourd'hui au Canada

L'enseignement de la harpe est toujours très présent au Canada. Au Québec, parmi les professeurs notables nommons Isabelle Fortier (Conservatoire de Québec), Manon LeComte (Conservatoire de Montréal), Jennifer Swartz (Université McGill); en Ontario, Lori Gemmel (Université de Western Ontario, Université Wilfrid-Laurier), Lucile Brais Hildesheim (Université d'Ottawa), Judy Loman (Université de Toronto et Conservatoire royal de musique), Maureen McKay (Conservatoire royal de musique), Marie Lorcini (une spécialiste de la méthode Suzuki à Hamilton); et beaucoup d'autres. Iain Phillips (b 31 mai 1954, d 18 juillet 2006) dirige l'ensemble de musique ancienne de l'Université Carleton. En Colombie-Britannique, enseignent Elizabeth Volpe Bligh (Université de la Colombie-Britannique, Vancouver) et, en Nouvelle-Écosse, Karen Rokos.

Harpistes classiques canadiens

Ontario
Au TCM (RCMT), le premier professeur de harpe est Joseph Quintile (1918-1923), suivi de John Duncan (1930-1941), Muriel Farrell Donnellan (1932-1943) et Nora Phelan Rogers (1943-1952). Heloise Macklem, membre du Toronto Symphony (TS) (1923-1925, 1930-1931), interprète avec cet orchestre (1<sub>er</sub> février 1927) le concerto Lavender and Old Lace composé par son mari, Francis Paget Macklem. Parmi les autres harpistes ayant joué avec le TS figurent Donnellan, Rogers et Maude Watterworth Craig qui joue aussi avec l'Orchestre symphonique civique d'Ottawa. Winifred Bambrick, née à Ottawa, est une harpiste réputée.

Carla Emerson (Saint-Jean, T.-N., 4 mars 1922) étudie avec Muriel Donnellan au TCM et ensuite avec Grandjany à la Juilliard School dont elle est diplômée en 1948. Pendant une partie de son séjour à Londres (1950-55), elle est membre du Royal Philharmonic, dirigée par sir Thomas Beecham. À son retour à Toronto, elle enseigne au RCMT (1955-1962) tout en jouant avec l'Orchestre philharmonique d'Ottawa de même qu'avec le TS (1957-1958) à titre de seconde harpe.

Judy Loman devient harpe solo du TS en 1959, succédant à Donna Hossack et, depuis 2004, elle est harpe solo émérite du TS. Outre son activité dans l'orchestre, Loman se produit comme soliste et enseigne notamment à Sarah Davidson, Janice Lindskoog, Jennifer Swartz (Orchestre symphonique de Montréal), Lori Gemmel (Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo), Sharlene Wallace (Orchestre symphonique de Kingston) et Erica Goodman. Cette dernière joue comme soliste, en duo avec Robert Aitken et avec des ensembles de musique de chambre.

Janice Lindskoog et Dorothy White jouent avec l'Orchestre du Centre national des arts (OCNA) et le TSO. Manon Lecomte occupe le poste de harpe solo à l'OCNA durant plus de 25 ans. La harpiste Caroline Léonardelli, de l'Orchestre symphonique d'Ottawa, se produit en duo avec la harpiste montréalaise Caroline Lizotte.

Québec

Dans l'Orchestre symphonique de Québec, le poste de harpe solo est occupé par Lucile Baby, à qui Nathalie Teevin-Lebens et ensuite Isabelle Fortier succèdent. Parmi les harpistes de l'Orchestre métropolitain nommons Danièle Habel.

Nouvelle-Écosse

Depuis 2004, Karen Rokos est harpe solo du Symphony Nova Scotia. Phyllis Ensher (née au Massachusetts) joue avec l'Orchestre symphonique de Halifax de 1958 à 1978 et, pendant cette période, elle est la principale harpiste de la ville. Elle se produit à la télévision de la SRC et aux concerts NOVA MUSIC. Ses arrangements pour voix et harpe de chansons folkloriques de la Nouvelle-Écosse sont fréquemment diffusés.

Provinces de l'ouest

Élève d'Ysaÿe pour le violon, Frank J. Simons - d'origine belge, venu à Winnipeg en 1921 - est le seul harpiste de la ville de 1949 à 1961. Membre de l'Orchestre symphonique de Winnipeg, il a comme élève Antoinette Corbeil. Susan George, Barbara Kraichy et Richard Milton Turner occupent le poste par la suite. Tuner est aujourd'hui son principal harpiste.

Tisha Murvihill est la harpiste principale de l'Orchestre philharmonique de Calgary. Les années précédentes, Eva Bohmbach est membre de l'Orchestre symphonique de Calgary dont elle est aussi soliste en 1913. Parmi les autres harpistes de Calgary, nommons Jean Farquharson et Barbara Keenan. Dans les années 1970, Regina Watson est harpe solo à Edmonton, poste occupé aujourd'hui par Nora Bumanis.

Les postes principaux de harpistes de la côte ouest sont actuellement occupés par Liz Volpe (Vancouver) et Annabelle Vitek (Victoria). La harpiste de Colombie-Britannique Rita Costanzi est régulièrement entendue à la SRC. Pendant les années 1960, Donna Hossack est harpiste avec l'Orchestre symphonique de Vancouver et, vers la fin des années 1970, Lanalee de Kant est harpiste solo avec l'orchestre de la ville.

La harpe folklorique (à palettes)
La harpe dite folklorique ou à palettes devient très populaire au Canada dans les vingt dernières années. Auparavant principalement utilisée pour la musique folklorique et celtique, son prix abordable et sa portabilité intéressent beaucoup d'élèves adultes et enfants. Les plus petites harpes permettent aux enfants de commencer des cours de harpe dès l'âge de quatre ans, comme l'offre le studio Suzuki de Marie Lorcini à Hamilton. La méthode d'enseignement unique de Lorcini intègre des techniques françaises (de Grandjany) et la méthode Suzuki. Il est de plus en plus courant de trouver des harpistes classiques qui enseignent les deux types d'instrument et même les deux styles.

On retrouve de nombreux styles de harpe dans le monde de la harpe à palettes (dont la harpe à palettes, la harpe paraguayenne et électro-acoustique) ainsi que de nombreux styles de musique. La harpiste de Colombie-Britannique Lori Pappajohn et son ensemble, composé de sept personnes, Winter Harps interprète de la musique du monde et de la musique celtique et médiévale. Comme beaucoup de harpistes celtiques, Pappajohn écrit de la musique originale, dont deux pièces pour deux harpes et percussions et une œuvre commandée pour deux harpes et orchestre. À Montréal, Eralio Gill joue de la harpe paraguayenne pendant plusieurs dizaines d'années. Toujours à Montréal, Robin Grenon crée son propre style de musique en combinant des sons celtiques et sud-américains et joue autant de la harpe paraguayenne que celtique en concert avec la harpiste Gisèle Guibord. Il est aussi harpiste avec la Compagnie musicale La Nef (interprétant de la musique du Moyen-Âge) et fondateur de Harpissimo Québec. Parmi les harpistes de la côte est, on compte Joan Woods (Î.-P.-É.) et Cheryl Reid O'Hagan (Nouvelle-Écosse) qui enseigne au Maritime Conservatory of Music à Halifax et dirige le Eastcoast Harpshop.

Exploration celtique et classique
Certains harpistes classiques se tournent vers la harpe à palettes pour explorer d'autres avenues musicales. Sharlene Wallace (Université York et Guelph, Conservatoire royal de musique) écrit des compositions originales mélangeant des sons celtiques, sud-américains et canadiens et commande des pièces pour harpe à palettes. Pour illustrer les différences entre la harpe classique et la harpe à palettes, Wallace et Lucile Brais Hildesheim créent un programme présentant les deux instruments dans le même concert. Lori Pappajohn et son trio Harps International (harpes celtique, paraguayenne et classique) présentent leur unique combinaison dans toute l'Amérique du Nord et au Chili.

Activités récentes en enseignement, composition et construction de harpe folklorique
Des compositeurs canadiens s'intéressent aussi aux harpes plus petites : Kirk Elliot reçoit des commandes de Sharlene Wallace pour des œuvres pour harpe celtique, clavecin et banjo; en 2002, le Concerto pour harpe celtique de Mark Mitchell est créé à Ottawa par Lucile Brais Hildesheim; La Suite pour harpe celtique d'Antoine Ouellette est enregistrée par Danièle Habel (SNE).

Quelques écoles celtiques et festivals d'été offrent des cours de harpe, notamment le Saint Anne Gaelic College (Nouvelle-Écosse), le Goderich Celtic College (Ontario) et le Island Mountain Arts (Colombie-Britannique).

La demande de harpes à palettes est très forte et les constructeurs tels que Timothy Habinski et Tat Stanley (Ontario), Alain Beaudoin (Québec) et Joseph Jourdain (Colombie-Britannique) produisent des instruments de calibre international.

L'histoire de la harpe au Canada

- Introduction de la Harpe au Québec

On ne connaît pas la date exacte de l'arrivée de cet instrument au Canada, mais il est utilisé à Québec le 21 février 1792 lors d'un « concert vocal et instrumental au bénéfice du sieur Jouve, musicien de son Altesse royale ». Ce dernier vient à Québec en 1791 avec le duc de Kent et enseigne la harpe. Le programme annonce une « scène et ariette d'Atis avec accompagnement de Harpe » et « Le sommeil d'Atis avec Harpe, chanté par Messieurs Bentley, Glackemeyer et Jouve ». Vers la même époque, la harpe est l'un des instruments enseignés au couvent des Ursulines.

À l'occasion du concert de M. Wall, harpiste irlandais, une critique est publiée dans Le Journal de Québec (17 juin 1843): M. Wall a donné mercredi, comme il l'avait annoncé, son unique concert. La harpe est assez ingrate de nature, puisque malgré toute l'habileté de l'artiste, elle laissait cependant échapper des sons raides au timbre métallique.

Joseph Lajeunesse, père de la cantatrice Emma Albani, joue notamment de la harpe, et il l'enseigne à sa fille dès 1858 au couvent du Sacré-Coeur du Sault-au-Récollet (Montréal) où il enseigne aussi le piano. À ses concerts de Montréal (1862) et d'Albany, N.Y. (1864), la future Albani exécute ses propres variations sur « Tis the Last Rose of Summer », vraisemblablement la première œuvre pour harpe écrite par un compositeur canadien. La première harpe d'Albani est conservée par la ville de Chambly et une autre harpe, dont elle aurait été également propriétaire, se trouve au Château de Ramezay à Montréal.

La harpiste Josephine Chatterton, femme d'Henri Bohrer, se produit à Montréal dans les années 1880. Le luthier montréalais George Violetti annonce (1890) des harpes à vendre et une dame Parratt se présente comme professeur de cet instrument en 1898. En mars 1901, deux harpistes de New York, les sœurs Rasina, se font entendre avec succès au His Majesty's et l'une d'elles joue la Ballade de Hasselmans avec l'OSM de Goulet en 1904. Nicholas Eichorn est le harpiste attitré de cet ensemble pour la saison 1905-1906.

Il est possible que le premier récital entier de harpe donné à Montréal soit celui de l'Italien Alberto Salvi en 1922. Dans les années 1930, Juliette Drouin est la harpiste la plus en demande, sinon l'une des seules à Montréal. Elle donne son premier récital au Ritz-Carlton le 9 février 1930. Marcel Grandjany, qui s'est fait entendre en récital dès 1926, est invité par Wilfrid Pelletier à ouvrir une classe de harpe au Conservatoire de Musique du Québec à Montréal en 1943. Il en est le titulaire pendant 20 ans et parmi les nombreuses harpistes qu'il forme, les mieux connues sont Gloria Agostini, Claude Hill (Metropolitan Opera), Marie Iösch-Lorcini, Lise Nadeau, Cécile Préfontaine et Dorothy Weldon.

- Introduction de la harpe en Ontario

Au milieu du siècle dernier, la harpe est enseignée dans plusieurs collèges de jeunes filles en Ontario. À Toronto, un nommé Ransome s'annonce comme prof. de flûte et de harpe en 1841-1842. Le harpiste et compositeur français Nicolas Bochsa se produit à Bytown (Ottawa) en 1853 et probablement aussi à Montréal et Québec. Alfred Toulmin exécute quelques pièces sur l'instrument au Saint Lawrence Hall à Toronto (1851). Fabiani est harpiste de l'orchestre de Heinrich Klingenfeld (1895).

Voir aussi Instruments - Moyen Âge, Renaissance et Baroque.