Athlètes olympiques autochtones remarquables au Canada | l'Encyclopédie Canadienne

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Athlètes olympiques autochtones remarquables au Canada

S’inspirant des Jeux olympiques de la Grèce antique, les Jeux olympiques modernes ont débuté en 1896. Ils ont été suivis des Jeux paralympiques qui, tout comme les Jeux olympiques, ont lieu tous les deux ans et alternent entre les sports d’été et d’hiver. Les athlètes autochtones du Canada ont participé à ces jeux, représentant le pays dans divers sports, de la course de fond au ski en passant par les sports nautiques, et ont su s’y démarquer en gagnant des médailles. Cet article se concentre sur quelques-uns des athlètes olympiques autochtones les plus remarquables du Canada.

1. Tom Longboat (né le 4 juillet 1886; décédé le 9 janvier 1949; Onondaga)

Tom Longboat attire l’attention du monde entier lorsqu’il remporte le marathon de Boston en 1907, retranchant cinq minutes au record du parcours. Il remporte également le marathon Ward de Toronto en 1906, 1907 et 1908, et le championnat mondial de marathon professionnel en 1909. En 1908, Tom Longboat représente le Canada aux Jeux olympiques de Londres. Il se trouve en deuxième place et à seulement 10 km de la ligne d’arrivée lorsqu’il souffre d’épuisement et s’effondre. L’année suivante, il remporte une course internationale au Madison Square Garden de New York qui lui vaut le titre de champion professionnel du monde.

Le prix Tom Longboat est inauguré en 1951 et est décerné chaque année au meilleur athlète autochtone d’Amérique du Nord. En 1955, Tom Longboat est intronisé au Panthéon des sports canadiens. (Voir aussi Coureurs de fond autochtones remarquables au Canada.)

2. Kenneth Moore (né le 17 février 1910; décédé le 8 décembre 1981; Cri)

Kenneth Moore apprend à jouer au hockey à l’école, en Saskatchewan. En 1930, il remporte le Championnat de la coupe Memorial avec les Pats de Regina. C’est d’ailleurs lui qui, en sa qualité d’ailier droit d’une redoutable vitesse, marque le but gagnant avec seulement 40 secondes à jouer dans le match. Au sein du Winnipeg Hockey Club aux Jeux de 1932 à Lake Placid, Kenneth Moore devient le premier athlète autochtone à remporter une médaille d’or en représentant le Canada aux Jeux olympiques.

Kenneth Moore entreprend par la suite une carrière d’entraîneur couronnée de succès. Il est intronisé au Temple de la renommée des sports de la Colombie-Britannique en 1976 aux côtés de ses coéquipiers des Dynamiters de Kimberley et au Temple de la renommée des sports du Manitoba en 2004. Homme humble, Kenneth Moore ne parle jamais de sa médaille olympique, mais après sa mort, sa famille demande à plusieurs reprises au Panthéon des sports canadiens de reconnaître son exploit par une intronisation bien méritée.

3. Shirley Firth (née le 31 décembre 1953; décédée le 30 avril 2013; Dinjii Zhuh/Gwich’in) et Sharon Firth (née le 31 décembre 1953; Dinjii Zhuh/Gwich’in)

Nées dans les Territoires du Nord-Ouest, les sœurs jumelles commencent à faire du ski de fond à 12 ans dans le cadre du programme Territorial Experimental Ski Training, qui développe les capacités athlétiques et de leadership des jeunes autochtones du Nord. Deux ans plus tard, en 1968, Shirley remporte une médaille d’argent et Sharon, une médaille de bronze, aux Championnats canadiens juniors de ski de fond. Elles remporteront ensuite quelque 79 médailles dans des championnats canadiens et mondiaux. Depuis les Jeux olympiques de Sapporo en 1972, elles sont les seules skieuses à avoir représenté le Canada à quatre Jeux olympiques consécutifs.

Les sœurs Firth sont devenues membres de l’Ordre du Canada en 1987 et, en 1990, sont intronisées au Musée canadien du ski et au Skiing Hall of Fame. En 2002, elles reçoivent la Médaille du jubilé d’or de la Reine.

4. Alwyn Morris (né le 22 novembre 1957; Kanyen’hehà:ka/Mohawk)

Alwyn Morris commence à pagayer dès son enfance. En 1977, il remporte les championnats nationaux juniors de kayak aux épreuves du 1000 mètres K-1 et du 500 mètres K-1. Avec son partenaire Hugh Fisher, il gagne une médaille d’argent dans la course du 1000 mètres K-2 aux Championnats du monde de 1982. Le duo participe également aux Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles et remporte une médaille d’or dans la course de 1000 mètres K-2, puis une médaille de bronze au 500 mètres K-2. Lorsqu’il monte sur le podium pour accepter sa médaille d’or, Alwyn Morris brandit une plume d’aigle pour rendre hommage à son héritage autochtone et à sa grand-mère.

Alwyn Morris a remporté le prix Tom Longboat à deux reprises. Il devient membre de l’Ordre du Canada en 1985, et à l’occasion des Jeux olympiques de 2010 à Vancouver, porte la flamme olympique à travers le territoire de Kahnawake.

5. Colette Bourgonje (née le 17 janvier 1962; Métisse)

Pendant ses études secondaires en Saskatchewan, Colette Bourgonje participe à de nombreuses compétitions nationales de ski de fond. En 1980, juste avant d’obtenir son diplôme, elle subit un accident de voiture qui la laisse paralysée. Aux Jeux paralympiques d’hiver de 1992 à Barcelone, elle remporte des médailles de bronze dans les courses de 100 m et de 800 m en fauteuil roulant. Colette Bourgonje est la première athlète féminine à représenter le Canada à la fois aux Jeux paralympiques d’été et d’hiver. Lorsqu’elle prend sa retraite, elle compte plus 10 médailles gagnées lors de sept Jeux paralympiques d’hiver et trois Jeux paralympiques d’été.

En 2010, Colette Bourgonje reçoit le Prix Whang Youn Dai pour les efforts qu’elle a déployés pour surmonter l’adversité et atteindre l’excellence dans le sport, et elle est nommée athlète féminine de l’année en Saskatchewan. En 2019, Colette Bourgonje est intronisée au Panthéon des sports canadiens. (Voir aussi Le Canada aux Jeux paralympiques.)

6. Angela Chalmers (née le 6 septembre 1963; Sioux)

Angela Chalmers

Angela Chalmers est une coureuse remarquable qui remporte des courses provinciales dès le plus jeune âge, alors qu’elle est à l’école secondaire au Manitoba. À l’Université Northern Arizona, elle est nommée All-American à huit reprises. Elle remporte des médailles d’argent et d’or en représentant le Manitoba aux Jeux d’été du Canada de 1981. Elle ne décroche aucune médaille aux Jeux olympiques de 1988 à Séoul, mais gagne le bronze à l’épreuve du 3000 mètres aux Jeux de 1992 à Barcelone. Deux ans plus tard, Angela Chalmers remporte l’or à l’épreuve du 3000 mètres aux Jeux du Commonwealth de 1994, établissant un nouveau record canadien et des Jeux du Commonwealth. Lorsqu’elle prend sa retraite en 1997, elle se rend dans des réserves partout au Canada pour parler aux enfants de l’autonomisation des Autochtones et lutter contre le taux de décrochage scolaire chez les jeunes. Angela Chalmers a reçu de nombreux prix et a été intronisée au Panthéon des sports du Manitoba et de la Colombie-Britannique.

7. Waneek Horn-Miller (née le 30 novembre 1975; Mohawk)

Waneek Horn-Miller a été championne provinciale de l’Ontario en natation à l’âge de 13 ans. Sa mère était négociatrice pendant la crise d’Oka en 1990 et Waneek préparait les repas des guerriers. Pendant une trêve, alors qu’elle portait sa jeune sœur, Waneek a été poignardée par la baïonnette d’un soldat. Plus tard, elle mène l’équipe de water-polo de l’Université Carleton en finale de deux championnats et est nommée trois fois athlète féminine de l’année de l’université. Elle remporte 20 médailles d’or en carrière aux Jeux autochtones de l’Amérique du Nord. Wannek Horn-Miller mène également l’équipe canadienne de water-polo à une médaille d’or aux Jeux panaméricains de 1999 et est co-capitaine de l’équipe canadienne aux Jeux olympiques de 2000 en Australie. En 2015, l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique la nomme l’une des femmes les plus influentes du pays dans le domaine du sport.

8. Brigette Lacquette (née le 10 novembre 1992; Métisse)

Brigette Lacquette grandit dans la petite communauté nordique de Mallard, au Manitoba, et est membre de la Première Nation de Cote. Déjà à 5 ans, Brigette Lacquette démontre des compétences impressionnantes pour le hockey. Elle joue à l’Université du Manitoba, puis à l’Université du Minnesota-Duluth. Lorsqu’elle revient au Canada, elle ancre la défense de l’équipe canadienne qui remporte des médailles d’argent et d’or aux Championnats du monde féminins U18 de 2009 et de 2010 de la Fédération internationale de hockey sur glace. En 2013, Brigette Lacquette devient la première joueuse autochtone de l’équipe nationale féminine du Canada. En 2017, elle devient la première athlète autochtone à faire partie de l’équipe olympique féminine de hockey du Canada et contribue à remporter la médaille d’argent aux Jeux olympiques de PyeongChang. En 2019, Brigette Lacquette remporte le prestigieux prix Indspire, qui récompense les succès et les réalisations autochtones. Depuis 2021, elle est recruteuse pour les Blackhawks de Chicago.

Fanny Rosenfeld
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