Petronila Cleto

Petronila Cleto, écrivaine, militante sociale (née le 18 octobre 1945 à Nueva Ecija, aux Philippines; décédée le 11 janvier 2018 à Toronto, en Ontario). Petronila Cleto était également connue sous son surnom, Pet. Elle s’est surtout fait remarquer en tant que critique de cinéma originaire des Philippines. Elle était poète, dramaturge et journaliste. En tant que militante des droits des femmes, elle a participé à la fondation du groupe de femmes philippines GABRIELA.

Voir aussi Canadiens d’origine philippine.

Petronila Cleto, écrivaine, militante sociale (née le 18 octobre 1945 à Nueva Ecija, aux Philippines; décédée le 11 janvier 2018 à Toronto, en Ontario). Petronila Cleto était également connue sous son surnom, Pet. Elle s’est surtout fait remarquer en tant que critique de cinéma originaire des Philippines. Elle était poète, dramaturge et journaliste. En tant que militante des droits des femmes, elle a participé à la fondation du groupe de femmes philippines GABRIELA. Voir aussi Canadiens d’origine philippine.


Formation et début de carrière

Petronila Galicia Cleto est née et a grandi dans la province de Nueva Ecija, aux Philippines. Dès son plus jeune âge, elle développe une forte affinité pour l’écriture. Elle devient journaliste étudiante et rédactrice en chef du journal de son école secondaire à Manille. En 1961, elle participe à la conférence de presse nationale des écoles secondaires. À l’époque, il s’agit de la plus prestigieuse compétition pour les journalistes du niveau secondaire aux Philippines. Elle reçoit une médaille d’argent lors de cette conférence.

Bien qu’elle fasse des études de médecine, son désir d’écrire la pousse à changer de voie quelques années plus tard. Elle décide de rejoindre sa sœur au Canada. Petronila Cleto part donc étudier la technologie médicale et la littérature à l’Université de Carleton. Dans les années 1970, elle rentre à Manille, où elle étudie à l’Université des Philippines. Elle y obtient un baccalauréat en anglais et en littérature comparée.

À cette époque, les Philippines tombent sous le régime autoritaire de Ferdinand Marcos. En 1972, Marcos impose la loi martiale au pays. Il abuse de son pouvoir pour acquérir de vastes quantités de richesses et de biens. Il orchestre la répression militaire des journaux, ainsi que des réseaux de télévision et de radio. Les publications étudiantes deviennent alors la presse alternative. Elles exposent les conditions de vie des Philippins sous Marcos. Le climat politique pousse Petronila Cleto à s’impliquer activement dans le mouvement étudiant contre la dictature. Tout en composant des poèmes et des articles de journaux sur la scène culturelle philippine, elle donne des cours d’alphabétisation aux personnes défavorisées en milieu urbain. Elle donne également des ateliers de théâtre et de journalisme.

Journalisme

Après l’université, Petronila Cleto est déterminée à poursuivre une carrière en journalisme. Elle écrit sur un large éventail de sujets pour des journaux de grande diffusion. On peut notamment la lire dans le Philippine Daily Inquirer, le Manila Times et Malaya. Elle rédige également des articles de fond pour Philippine Panorama, le magazine Who et Celebrity. Ses critiques d’art et de cinéma contribuent à propulser sa carrière d’écrivaine. Au milieu des années 1970, elle couvre le festival du film de Manille (aujourd’hui le festival du film de Metro Manila). Ce faisant, elle produit une série d’articles sur les réalisateurs de renom Akira Kurosawa, Werner Herzog et Gilberto Pontecorvo.

Petronila Cleto réalise un reportage sur la corruption aux Philippines, travail qui conduit à une poursuite judiciaire d’un million de pesos philippins à son encontre. Au début des années 1990, elle s’exile au Canada. (Voir aussi Réfugiés au Canada.) Une fois sur place, elle rejoint le réseau international des écrivains en exil de PEN Canada. En 2008, elle est écrivaine internationale en résidence au département d’anglais et d’études culturelles de l’Université McMaster. En 2010-2011, elle devient conférencière en résidence à la School of Liberal Arts and Sciences du Collège George Brown à Toronto.

Pendant son séjour au Canada, Petronila Cleto gère Newsfilm, une agence de presse vidéo basée à Manille. Elle produit des documentaires sur les prisonniers politiques et les travailleurs migrants. (Voir aussi Histoire des migrations de travail au Canada.) Elle est un membre actif de diverses organisations médiatiques, dont le National Ethnic Press and Media Council of Canada, le Philippine Press Club of Ontario et le Filipino Canadian Writers and Journalists Network.

Petronila Cleto travaille comme rédactrice pour le journal The Philippine Reporter. Elle coanime également les émissions d’affaires publiques TV Migrante et Radyo Migrante. Elle joue un rôle central dans l’émission de radio qui remporte une mention honorable de l’Association nationale des radios universitaires et communautaires en 2014. En tant que radiodiffuseur communautaire, elle se voit également décerner le prix J.S. Woodsworth 2016 pour les droits de la personne et l’équité. (Voir aussi Équité des genres).

Activisme pour les droits des femmes

Petronila Cleto défend les droits des femmes. (Voir aussi .) Elle prend part à l’organisation et à la cofondation de nombreux groupes de femmes qui voient le jour aux Philippines dans les années 1980. Parmi ceux-ci, citons GABRIELA (General Assembly Binding Women for Reforms, Integrity, Equality, Leadership and Action), WOMB (Women for the Ouster of Marcos and Boycott) et la Concerned Mothers League. Petronila Cleto joue également un rôle de premier plan dans le tout premier parti politique entièrement féminin des Philippines : KAIBA (Kababaihan para sa Inang Bayan [Femmes pour la mère patrie]). En 1989, elle cofonde le Women’s Crisis Center à Manille. Ce centre offre une intervention immédiate, un refuge temporaire et des services de soutien aux femmes et à leurs enfants victimes de violences fondées sur le genre. Petronila Cleto demeure membre de diverses organisations même après son émigration au Canada. (Voir Mouvements de femmes au Canada).

En 2008, Petronila Cleto est du nombre des créateurs de la section locale de GABRIELA à Toronto. La section l’élit secrétaire générale en 2012. Elle guidera le groupe dans diverses campagnes de défense des travailleurs étrangers temporaires et des fournisseurs de soins à domicile. En 2010, elle rejoint également d’autres militants pour fonder l’Alliance internationale des femmes (IWA). L’IWA est un réseau anti-impérialiste de groupes de femmes et d’individus de la communauté. Elle se consacre à la cause de l’autonomisation des femmes en tant que force politique. L’IWA coordonne également des campagnes qui relient les questions touchant les femmes à l’échelle mondiale.

Fin de carrière et héritage

L’un des essais cinématographiques de Petronila Cleto figure dans The Urian Anthology 1980-1989. Cette anthologie est un recueil d’œuvres des membres de Manunuri ng Pelikulang Pilipino (MPP), une association philippine de critiques de cinéma, d’écrivains et d’universitaires. En 2004, MPP désigne Petronila Cleto comme l’un des principaux critiques de cinéma du pays.

Petronila Cleto écrit de nombreuses pièces de théâtre au cours de sa vie. Operetang Tatlong Kusing est une adaptation de l’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht. L’opéra est produit deux fois par l’Université des Philippines. Sa pièce Pasintabi Sa Nuno (À nos ancêtres) est présentée au Festival international de théâtre de Nancy, en France. Sa pièce de théâtre Operetang Maynila est quant à elle présentée en 2008 à l’Université McMaster.

Petronila Cleto édite deux volumes d’Akdaan, une anthologie de l’écriture philippine au Canada publiée en 2013 et 2015. Elle commence alors à préparer le montage de son troisième volume et prévoit d’écrire un roman. Ses projets ne se concrétiseront toutefois pas, puisqu’elle décède le 11 janvier 2018 à l’hôpital St. Michael’s de Toronto.

En 2018, Petronila Cleto reçoit à titre posthume le prix Golden Balangay pour l’ensemble des réalisations. Ce prix lui est remis en reconnaissance de ses années de service communautaire au Canada.