Les Guerres

The Wars (1977; tr. Guerres, 2018) est un roman de Timothy Findley qui décrit la destruction mentale et physique d’un jeune soldat canadien durant la Première Guerre mondiale. Il a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général pour œuvre de fiction en anglais et il est considéré par beaucoup comme un des meilleurs romans historiques canadiens portant sur la guerre. On l’a décrit comme « un des plus remarquables romans de guerre jamais publiés » et « le plus brillant roman historique jamais écrit par un Canadien ». Le Globe and Mail considère Guerres comme « le meilleur roman canadien portant sur la Première Guerre mondiale ».
The Wars (1977; tr. Guerres, 2018) est un roman de Timothy Findley qui décrit la destruction mentale et physique d’un jeune soldat canadien durant la Première Guerre mondiale. Il a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général pour œuvre de fiction en anglais et il est considéré par beaucoup comme un des meilleurs romans historiques canadiens portant sur la guerre. On l’a décrit comme « un des plus remarquables romans de guerre jamais publiés » et « le plus brillant roman historique jamais écrit par un Canadien ». Le Globe and Mail considère Guerres comme « le meilleur roman canadien portant sur la Première Guerre mondiale ».


Timothy Findley
Les écrits de Timothy Findley présentent une grande diversité de sujets, toujours traités avec imagination (photo de Sussi).

Contexte

Timothy Findley est né à Toronto le 30 octobre 1930. (Il est mort en France le 21 juin 2002.) S’intéressant peu à l’école, il décroche après sa dixième année pour étudier la danse et le théâtre. En 1953, il se joint à la première compagnie de théâtre du Stratford Shakespeare Festival. Il joue en Amérique du Nord et en Angleterre. Le théâtre, dira-t-il plus tard, est le meilleur apprentissage pour un auteur : « Parce que vous apprenez la langue, la structure, la cadence, le rythme, comment faire monter la tension. Comment amener quelque chose à un climax à la fin de l’acte premier, ou du premier chapitre, ou ailleurs. Vous apprenez tout ça au théâtre, et vous l’utilisez dans votre prose. » 

Timothy Findley commence à écrire sous les encouragements de l’actrice Ruth Gordon et du dramaturge Thornton Wilder. Il publie deux nouvelles hors du Canada : The Last of the Crazy People (1967; tr. Le Dernier des fous, 1995) et The Butterfly Plague (1969). Il écrit aussi deux scénarios et co-écrit en 1974 la minisérie télévisée de CBCThe National Dream, basée sur le livre de Pierre Berton. Il devient ensuite le premier dramaturge en résidence au Centre national des arts à  Ottawa avant de publier The Wars(Guerres) en 1977. 

Le protagoniste deGuerres, Robert Ross, est en partie inspiré de l’oncle de Timothy Findley, Thomas Irving Findley, à qui le roman est dédié. Les lettres qu’il a envoyées au pays pendant la guerre ont constitué la principale documentation de l’auteur.

Résumé de l’intrigue

The Wars(Guerres) relate l’histoire de Robert Ross, un jeune lieutenant qui sert dans l’Armée canadienne pendant la Première Guerre mondiale. Le roman est composé d’une narration à la première personne, ainsi que d’entrevues censées être menées par un historien qui essaie de reconstituer l’histoire de Robert Ross des années après les faits. 

Robert Ross s’enrôle dans l’armée par culpabilité en raison de son rôle dans la mort de sa sœur, Rowena, tombée de sa chaise roulante en jouant avec ses. Robert était censé veiller sur elle, mais il était plutôt dans sa chambre en train de se masturber. La mère de Robert lui ordonne de tuer les lapins, mais il ne peut se résoudre à le faire. La honte de Robertvis-à-vis du sexe et sa tendresse à l’égard des animaux deviennent des thèmes récurrents du livre. 

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Réception

The Wars(Guerres) connaît un succès instantané et durable dès sa publication en 1977. Il est encensé pour sa description des horreurs de la guerre et leurs effets sur les soldats. Canadian Literature le décrit comme « un des plus remarquables romans de guerre jamais publiés », soulignant « l’honnêteté et l’intensité de son expression ». Dans son introduction à l’édition de 2005 du roman, l’écrivain Guy Vanderhaeghe le décrit comme « le plus brillant roman historique jamais écrit par un Canadien ». Sa réputation s’étend au-delà des recensions directes du livre. Dans une critique de Three Day Road, de Joseph Boyden, le Globe and Mail évoque Guerres comme « le grand roman canadien sur la Première Guerre mondiale ».

En 1977, le livre remporte le Prix littéraire du Gouverneur général pour œuvre de fiction en anglais, le premier prix important pour Timothy Findley. En 1983, le roman est adapté au grand écran sur un scénario écrit par Timothy Findley. Le long métrage est réalisé par Robin Phillips et met en vedette  Brent CarverMartha HenryWilliam Hutt et Jackie BurroughsGuerres est aussi adapté au théâtre par Dennis Garnhum et le Theatre Calgary en 2007. Il demeure au programme de beaucoup d’écoles et d’universités, bien que certains lui aient reproché ses évocations explicites de relations homosexuelles et d’agressions sexuelles.

Voir aussiRoman de langue anglaiseRoman de langue française.

Pendant son entraînement militaire, Robert Ross rencontre Taffler, un héros de guerre de qui il espère apprendre à tuer sans peur. Pendant une visite dans un bordel, Robert voit Taffler avoir une relation sexuelle avec un autre homme, et il brise un miroir de colère et de honte. Sur le bateau qui le conduit en Europe, Robert prend soin des chevaux qui sont à bord. Lorsque l’un d’entre eux tombe malade, il doit l’abattre, mais il le manque à plusieurs reprises, ce qui l’amène à se demander s’il est bien prêt pour la guerre.

Quand ils arrivent sur le front de l’Ouest, Robert et les autres recrues sont enthousiastes, mais leurs ardeurs sont rapidement refroidies par les horreurs de la guerre. Robert voit un ami succomber à l’obusite et commence à se sentir coupable de la mort d’autres hommes. En tant que lieutenant, il se sent responsable de leur sécurité, de la même manière qu’il se sentait responsable de Rowena. Après avoir sauvé la vie de ses hommes dans une attaque au gaz en les cachant dans un cratère d’obus, Robert est submergé par la culpabilité lorsqu’il abat accidentellement un tireur allemand qui avait choisi de ne pas tuer ses hommes pendant qu’ils sortaient du cratère. 

Tandis qu’il se remet de ses blessures dans un hôpital converti, Robert retrouve Taffler, qui a perdu ses deux bras dans le combat. Robert s’engage dans une violente relation sexuelle avec une des filles qui vivaient dans la maison avant qu’elle ne devienne un hôpital. En retournant au front, Robert se perd, et se retrouve dans un établissement de santé mentale, où il est sexuellement agressé par d’autres soldats. Sa santé mentale se détériorant, il brûle la photo de sa sœur qu’il portait sur lui, ayant décidé que quelque chose d’aussi innocent ne devrait pas exister dans un monde aussi horrible. 

Peu après le retour de Robert au front, sa position est bombardée. Soucieux du sort des chevaux de la compagnie, Robert tente de les libérer de la grange, mais en est empêché par son capitaine. Un obus tombe sur la grange et les chevaux sont brûlés vifs. Robert abat son capitaine et s’enfuit du front. Il tombe sur un wagon plein de chevaux destinés au front et les libère. Il se cache ensuite dans une grange après avoir tué un soldat qui essayait de retenir les animaux. Quand d’autres soldats trouvent Robert, ils mettent le feu à la grange pour l’enfumer. Robert refuse de sortir et subit d’horribles brûlures, tandis que les chevaux meurent. 

Robert se retrouve devant la cour martiale pour avoir déserté et abattu d’autres soldats, mais il est en trop mauvaise condition pour aller en prison. Il passe le reste de ses jours dans l’hôpital où il a été soigné pendant la guerre. Il meurt quelques années après la fin de la guerre. 

Prix

  • Prix littéraire du Gouverneur général pour œuvre de fiction en anglais (1977)

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