Turnbull, Wallace Rupert | l'Encyclopédie Canadienne

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Turnbull, Wallace Rupert

Wallace Rupert Turnbull (Rupert), ingénieur en aéronautique (né le 16 octobre 1870, à Saint John, au Nouveau‑Brunswick; décédé le 26 novembre 1954, à Saint John, au Nouveau‑Brunswick). On attribue à Wallace Turnbull la construction de la première soufflerie au Canada, à Rothesay, au Nouveau‑Brunswick. Il est également reconnu pour avoir conçu, avec succès, la première hélice à pas variable, qu’il a brevetée en 1922. (Voir aussi Aviation.)

Turnbull, Wallace

Formation et début de carrière

Issu d’une famille aisée, Rupert Turnbull étudie en génie mécanique à l’Université Cornell (1893) et en physique à l’Université de Heidelberg et à l’Université de Berlin, en Allemagne. À l’issue de sa formation, il travaille pendant six ans comme ingénieur chez Edison Lamp Works, du groupe General Electric, à Harrison, aux États‑Unis. On rapporte que c’est pendant cette période qu’il commence un échange de lettres avec Gustave Eiffel, qui a construit une soufflerie, et avec Samuel P. Langley, un pionnier de l’aviation (voir Aérodynamique).

Première soufflerie au Canada

En 1901, Rupert Turnbull revient au Nouveau‑Brunswick et construit, en 1902, la première soufflerie au Canada dans son laboratoire privé de Rothesay. Bien que son laboratoire soit éloigné sur le plan géographique, il est tout de même en mesure de collaborer avec des pionniers de l’aviation comme Alexander Graham Bell et John Hamilton Parkin. Il y effectue des essais de profils aérodynamiques, c’est‑à‑dire de surfaces comme les ailes des aéronefs déterminant la portance et la poussée, et d’hélices. Ses recherches sont très rapidement reconnues et, en 1909, il remporte une médaille de bronze de la Royal Aeronautical Society of Great Britain et une subvention de recherche. (Voir aussi Aviation.)

Première Guerre mondiale

En 1914, lors de la Première Guerre mondiale, Rupert Turnbull ferme temporairement son laboratoire de Rothesay et se rend en Grande-Bretagne, où il travaille chez Frederick Sage and Company Ltd., contribuant à l’effort de guerre en concevant des hélices et d’autres dispositifs aéronautiques. (Voir aussi Aviation militaire.) C’est durant cette période qu’il débute ses travaux sur l’hélice à pas variable.

Hélice à pas variable

Rupert Turnbull revient à Rothesay en 1918, où il poursuit son travail sur ce qui sera peut‑être sa plus grande réalisation : l’hélice à pas variable. Ce dispositif ajuste l’angle auquel les pales de l’hélice coupent l’air, garantissant ainsi une sécurité et une efficacité optimale à tous les régimes du moteur. Une hélice de ce type permet, par exemple, de disposer d’une puissance maximale au décollage et à l’atterrissage, tout en limitant la consommation de carburant en régime de croisière sur de longues distances. Ce système va devenir aussi essentiel à l’aviation que la boîte de vitesses l’est à l’ automobile.

En 1922, Wallace Turnbull brevette sa conception de l’hélice à pas variable qui est alors construite par Canadian Vickers Limited et soumise, en 1927, avec succès, à des essais en vol sur un Avro 504K de l’Aviation royale canadienne, à Camp Borden (voir Canadair Ltée; Base des Forces canadiennes Borden). En 1929, les droits de brevet de l’hélice à pas variable sont vendus à Bristol Airplane Company et à Curtiss‑Wright Corporation. Cette dernière, une société américaine, fabriquera ultérieurement des hélices à pas variable pour les avions alliés pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Postérité

L’hélice à pas variable a été perfectionnée indépendamment dans plusieurs pays, de sorte que le travail de Wallace Turnbull a été négligé par certains historiens, peut‑être parce qu’il a autorisé la fabrication de son système sous licence et a ensuite élaboré d’autres inventions. Toutefois, c’est bien son dispositif (aujourd’hui exposé au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, à Ottawa) qui semble avoir été le premier à voler avec succès.

En 1955, l’Institut aéronautique canadien met en place une série de conférences annuelles nommées en l’honneur de Wallace Turnbull. Pour ses contributions au génie aéronautique et pour son travail sur la première soufflerie du Canada, il est désigné personne d’importance historique nationale par le gouvernement du Canada en 1960. Il a également été intronisé, à titre posthume, au Panthéon de l’aviation du Canada, en 1977, et ultérieurement au Panthéon canadien des sciences et du génie. En 2022, Postes Canada a émis un timbre commémoratif en l’honneur de Wallace Turnbull et de l’hélice à pas variable.

Sélection de distinctions et de récompenses

  • Membre, Royal Meteorological Society (1916)
  • Doctorat honorifique en sciences, Université du Nouveau‑Brunswick (1942)
  • Membre honoraire, Institut aéronautique canadien (1924)
  • Membre honoraire, Institut canadien des ingénieurs (1951)

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