Veronica Foster

Veronica Foster Guerrette, symbole de la Deuxième Guerre mondiale, mannequin et chanteuse (née le 2 janvier 1922 à Montréal, au Québec; décédée le 4 mai 2000 à Toronto, en Ontario). Veronica Foster travaille à l’assemblage de mitraillettes Bren légères pour la John Inglis Company pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle figure sur des affiches de propagande qui encouragent les femmes à servir le Canada en travaillant dans des usines de munitions, devenant ainsi un symbole canadien représentant les travailleuses du secteur industriel. Après la guerre, elle est la chanteuse principale de l’orchestre de danse Mart Kenney and His Western Gentlemen.

Veronica Foster Guerrette, symbole de la Deuxième Guerre mondiale, mannequin et chanteuse (née le 2 janvier 1922 à Montréal, au Québec; décédée le 4 mai 2000 à Toronto, en Ontario). Veronica Foster travaille à l’assemblage de mitraillettes Bren légères pour la John Inglis Company pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle figure sur des affiches de propagande qui encouragent les femmes à servir le Canada en travaillant dans des usines de munitions, devenant ainsi un symbole canadien représentant les travailleuses du secteur industriel. Après la guerre, elle est la chanteuse principale de l’orchestre de danse Mart Kenney and His Western Gentlemen.


Veronica Foster, une employée de la société John Inglis Co. Ltd. connue sous le nom de « la fille au fusil-mitrailleur », pose à l'usine où elle travaille avec un fusil mitrailleur Bren terminé. (Toronto, 10 mai 1941)

Jeunesse et éducation

Veronica Foster naît à Montréal, au Québec, le 2 janvier 1922. Elle est la cinquième des huit enfants, quatre filles et quatre garçons, de Daniel Leo Foster et de Catherine Frances Empey Foster. Sa mère, ses frères et sœurs et elle-même déménagent dans la région de Christie Pits, à Toronto, en Ontario. Adolescente, elle vit à Montréal et à Toronto.

Travailleuses de la Deuxième Guerre mondiale

Pendant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), Veronica Foster fait partie du nombre record de femmes canadiennes qui décrochent un emploi rémunéré. Alors que des milliers d’hommes quittent leur travail pour se joindre aux forces armées, des femmes comme Veronica Foster prennent le relais dans les usines de munitions et les autres industries. Elles intègrent également les marchés de l’agriculture, du textile et des services en très grand nombre. Certaines femmes réussissent aussi à décrocher des emplois autrefois réservés aux hommes, comme l’ingénieure en aéronautique Elsie Gregory MacGill, responsable de superviser tous les travaux d’ingénierie liés aux avions de chasse Hurricane et Helldiver. (Voir aussi Les femmes canadiennes et la guerre.)

Les femmes travaillent cependant principalement sur les chaînes de montage des usines. Veronica Foster, quant à elle, travaille sur celle de la John Inglis Company, située sur l’avenue Strachan, à Toronto. (L’entreprise est plus tard achetée par Whirlpool.) Elle est alors chargée d’assembler les mitraillettes Bren légères utilisées par les soldats britanniques et canadiens.

La fille au fusil-mitrailleur

Le gouvernement canadien recrute activement des travailleuses pendant la Deuxième Guerre mondiale pour pallier le manque de main-d’œuvre partout au pays. En 1941, l’ Office national du film du Canada (ONF) est nommé photographe officiel du gouvernement et se met à la recherche d’une Canadienne pouvant figurer sur les affiches de recrutement. Le service de photographie de l’ONF choisit Veronica Foster, alors âgée de 19 ans.

En 1941, l’ONF prend une série de photos de Veronica Foster à la John Inglis Company et utilise les images pour une campagne publicitaire visant à inciter les femmes à intégrer le marché du travail manufacturier. La jeune femme est dès lors connue sous le nom de « Ronnie, la fille au fusil-mitrailleur ». Dans une photo, elle porte un foulard de tête et fume une cigarette tout en étudiant une mitraillette Bren légère. D’autres images la montrent dansant au Glen Eagle Country Club, jouant au baseball et portant un chapeau et un manteau de fourrure élégants. En plus de son caractère travaillant, l’ONF veut montrer que Veronica Foster est une femme active qui se divertit pendant ses temps libres. « Ronnie, la fille au fusil-mitrailleur » est ainsi créée pour montrer à la population qu’une femme travaillant dans une usine peut aussi être élégante et féminine. Bien qu’elle ait une cigarette à la main sur son affiche la plus célèbre, la jeune femme ne fume pas. L’image est utilisée pour glorifier le travail industriel militaire au début de la Deuxième Guerre mondiale.

Veronica (Ronnie) Foster, une employée de la société John Inglis Co. Ltd. connue sous le nom de « la fille au fusil-mitrailleur », prenant une bière au club champêtre Glen Eagle. (Toronto, 10 mai 1941)

Toute la famille de Veronica Foster contribue grandement aux efforts de guerre. Pendant qu’elle travaille à l’usine John Inglis, trois de ses frères s’enrôlent dans l’armée. La jeune femme incarne quant à elle les idéaux patriotiques des Canadiens, ce qui incite la population à remplir son devoir envers la patrie et à entrer sur le marché du travail. Son image nourrit l’imaginaire du public et la rend populaire auprès des Canadiens.

Inspirés par le succès de la campagne de l’ONF, les États-Unis créent à leur tour un personnage féminin pour leurs affiches de propagande. Veronica Foster est donc une des sources d’inspiration directes pour le symbole américain de Rosie la rivetrice. Tout comme Ronnie, ce nouveau personnage porte un foulard de tête et projette une image forte et énergique, tout en restant féminine.

Plus tard pendant la guerre, une nouvelle stratégie est adoptée pour les affiches de recrutement. Avec un manque de main-d’œuvre de plus en plus important dans les usines, le gouvernement canadien commence à cibler les mères et les épouses. Contrairement aux photos de Veronica Foster de 1941, qui font la promotion de la liberté et de l’aventure, les campagnes de recrutement suivantes mettent en valeur des femmes qui conjuguent travail, vie familiale et piété. (Voir aussi La propagande au Canada.)

Veronica Foster, une employée de la société John Inglis Co. Ltd. connue sous le nom de « la fille au fusil-mitrailleur », danse le jitterbug avec le contremaître de la fabrique, Bill Ward, lors d'une réception au club champêtre Glen Eagle. (Toronto, 10 mai 1941)

Après-guerre

Après la Deuxième Guerre mondiale, Veronica Foster quitte son emploi à la John Inglis Company. Elle travaille ensuite comme mannequin et comme chanteuse avec les grands orchestres populaires, présentant souvent des spectacles à l’Old Mill Inn, à Toronto. Elle chante aussi avec le Trumps Davidson Orchestra.

Veronica Foster est également la chanteuse principale de l’orchestre de danse Mart Kenney and His Western Gentlemen, célèbre partout au Canada.

Pendant qu’elle chante avec l’orchestre Mart Kenney, elle rencontre le tromboniste George Guerrette, qui est aussi compositeur et chef d’orchestre. Le couple se marie en 1945 et a cinq enfants. George fils devient à son tour un musicien et compositeur professionnel. 

En 1948, la famille déménage à Edmundston, au Nouveau-Brunswick, où George Guerrette travaille comme directeur général de la station de radio locale. Après le décès de son mari en 1963, Veronica Foster déménage temporairement à Montréal pour travailler comme directrice des ventes des hôtels du CP. Elle déménage ensuite à Toronto avec ses cinq enfants. Pendant qu’elle est à Toronto, elle connaît un grand succès en tant qu’agente immobilière et remporte plusieurs prix. Elle fait également du bénévolat comme coordonnatrice du Metropolitan Symphonic Band (ensemble symphonique métropolitain).

Fin de vie et héritage

Veronica Foster a des intérêts variés tout au long de sa vie, notamment le golf et le dessin au fusain. Elle s’éteint le 4 mai 2000 à Toronto, en Ontario.

En 2016, une exposition itinérante de l’Office national du film du Canada présente des photos de Veronica Foster pendant la Deuxième Guerre mondiale. L’exposition, nommée « The Other NFB » (l’autre ONF), est conçue pour faire connaître au public le service de photographie de l’Office, en activité de 1941 à 1984.  


Liens externes

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