Jets de Winnipeg

Les Jets de Winnipeg sont une équipe professionnelle de hockey située à Winnipeg, au Manitoba. Les Jets de Winnipeg font partie de l’Association mondiale de hockey de 1972 à 1979 et de la Ligue nationale de hockey de 1979 à 1996, avant que l’équipe soit vendue à des intérêts américains et déménage en Arizona pour devenir les Coyotes de Phoenix, aujourd’hui dénommés les Coyotes de l’Arizona. En 2011, True North Sports & Entertainment Limited rachète les Thrashers, la franchise en difficulté d’Atlanta, et transfère l’équipe de l’état de Géorgie à Winnipeg, lui redonnant par le fait même le nom de Jets de Winnipeg.



Winnipeg Jets, logo

Faits saillants sur les Jets de Winnipeg

Date de création :

Jets de Winnipeg d’origine : 1972 (AMH); 1979 (LNH); 1996 (Coyotes de Phoenix)

Jets de Winnipeg actuels : 1999 (Thrashers d’Atlanta); 2011 (Jets de Winnipeg)

Aréna : MTS Centre

Couleurs de l’équipe : bleu, rouge et blanc

Victoires en Coupe Stanley : aucune

Mascotte : Mick E. Moose

Débuts du hockey à Winnipeg

Le hockey a une longue et riche histoire à Winnipeg. À la fin du XIXe siècle et au début des années 1900, les équipes amateurs de Winnipeg font la fierté de la ville sur la scène nationale, les Victorias de Winnipeg remportant la Coupe Stanley, réservée aux équipes amateurs jusqu’en 1906, en 1896, 1901 et 1902. Winnipeg est la seule ville, à l’exception de Montréal, à mettre la main sur la Coupe Stanley dans la première décennie de son existence.

Winnipeg accueille également une autre équipe, les Falcons de Winnipeg, qui représente le Canada aux Jeux olympiques de 1920 en Belgique. À l’origine, les Falcons sont une équipe composée de joueurs d’origine islandaise exclus des autres équipes locales de hockey. Après avoir débuté dans une ligue de niveau inférieur, l’équipe se fraye un chemin jusqu’à devenir la meilleure, non seulement à Winnipeg, mais dans tout le pays. En 1920, les Falcons remportent la Coupe Allan récompensant la meilleure équipe amateur au Canada et représentent, de ce fait, le pays aux premiers Jeux olympiques comprenant des épreuves de hockey sur glace. Les Falcons décrochent la médaille d’or, demeurant invaincus durant toute la compétition avec des victoires contre la Tchécoslovaquie, les États‑Unis et la Suède.

En 1932, une autre équipe de Winnipeg représente le Canada aux Jeux olympiques : le Winnipeg Hockey Club, que l’on appelle également les Winnipegs. Cette formation garde la plupart de ses joueurs locaux pour les Jeux olympiques, l’Association olympique canadienne y ajoutant deux joueurs supplémentaires pour la renforcer. Bien qu’il n’y ait que quatre concurrents, la compétition s’avère particulièrement féroce en 1932, et l’équipe canadienne fait une nouvelle fois la fierté de Winnipeg en remportant la médaille d’or.

C’est pourtant une autre équipe de Winnipeg qui va représenter le Canada sur la scène mondiale en 1935, cette fois à l’occasion des Championnats du monde de hockey sur glace IIHF à Davos en Suisse. Les Monarchs de Winnipeg terminent le tournoi avec six victoires et un match nul, battant la Suisse en finale pour décrocher la médaille d’or.

Les Jets dans l’Association mondiale de hockey (1972‑1979)

Bien qu’il s’agisse d’un petit marché, le riche passé de Winnipeg en matière de hockey et la passion de la ville pour ce sport en font un choix attrayant pour une franchise professionnelle. En 1972, les Jets de Winnipeg deviennent la première équipe de hockey professionnel de la ville à intégrer l’Association mondiale de hockey (AMH), créée pour concurrencer la Ligue nationale de hockey (LNH). Dès leur première année, les Jets donnent ses lettres de noblesse à la nouvelle ligue en recrutant Bobby Hull, une supervedette de la LNH. À l’époque, l’entente d’une valeur de plusieurs millions de dollars signée par Bobby Hull constitue le contrat le plus lucratif jamais obtenu par un athlète professionnel nord‑américain.

Les Jets sont également les premiers à faire venir des joueurs européens en Amérique du Nord, avec le recrutement, dès 1974, de deux joueurs vedettes suédois, Anders Hedberg et Ulf Nilsson. Le trio d’attaque composé d’Anders Hedberg, d’Ulf Nilsson et de Bobby Hull s’avère l’un des plus dynamiques de la ligue, accumulant un total impressionnant de 156 buts lors de la saison 1974‑1975. Les Jets deviennent l’équipe la plus titrée de l’AMH, remportant trois des sept Championnats de la ligue, y compris le dernier, en 1979, contre les Oilers d’Edmonton de Wayne Gretzky.

Ligue nationale de hockey (1979‑1990)

En 1979, après l’effondrement de l’AMH, les Jets de Winnipeg intègrent la Division Smythe de la LNH. Sous l’impulsion de l’actionnaire majoritaire et président du club Michael Gobuty, la capacité du Winnipeg Arena, l’enceinte qui accueille les matchs des Jets à domicile, est portée à 15 250 places. Cependant, l’équipe perd quelques plumes après avoir dû satisfaire aux exigences d’entrée de la LNH , selon lesquelles elle doit se séparer d’un certain nombre de ses meilleurs marqueurs à l’occasion d’un repêchage spécial dit « de récupération ». Les Jets ne gagnent que 29 matchs lors de leurs deux premières campagnes en LNH, dont la saison catastrophique de 1980‑1981 au cours de laquelle l’équipe ne marque que 32 points.

Cependant, les choses s’améliorent nettement sous la houlette de l’entraîneur Tom Watt, et la franchise de Winnipeg termine deuxième de sa division la saison suivante, en 1981‑1982. Le repêchage de Dale Hawerchuk permet aux Jets d’obtenir en LNH leur première grande vedette offensive; cela s’avère toutefois insuffisant pour les conduire jusqu’au succès. La saison 1984‑1985 est la meilleure de l’équipe, qui termine globalement quatrième de la ligue avec 96 points. Il s’agit également, avec 53 buts et 130 points, de la meilleure saison offensive de toute la carrière de Dale Hawerchuk.

Malgré tout, les Jets ne réussissent jamais à franchir l’étape des séries éliminatoires de la division Smythe, notamment en raison du style de jeu très dur qui s’y pratique, notamment par les Oilers d’Edmonton et les  Flames de Calgary. En 1985 et en 1987, la franchise de Winnipeg réussit à atteindre la finale de division en éliminant les Flames de Calgary – les deux seules victoires en série de l’histoire des Jets – pour être ensuite vaincue, les deux fois, par les Oilers d’Edmonton. Alors que les Jets avaient réussi à prendre le dessus sur les Oilers à l’occasion des séries éliminatoires de l’AMH, ils connaissent un sort bien différent en LNH. De 1983 à 1990, la franchise d’Edmonton domine celle de Winnipeg, la battant six fois lors des séries éliminatoires.

La victoire des Jets de 1987 en séries éliminatoires contre les Flames donne lieu au premier « Winnipeg White‑Out » (littéralement, « voile blanc »), dans le cadre duquel les partisans s’habillent entièrement en blanc pour les matchs des séries éliminatoires pour contrer la « C of Red » (mer de rouge) de Calgary. Le White‑Out est resté une tradition des Jets de Winnipeg en séries éliminatoires, même après le déménagement de l’équipe en Arizona en 1996.

Difficultés et déménagement (1990‑1996)

Dans un contexte où les Jets ne réussissent pas à atteindre les séries éliminatoires, les pertes financières s’accumulent et on craint de plus en plus que l’équipe soit vendue à des intérêts américains. En 1991, elle est cédée à un groupe d’investisseurs locaux, incluant la Province, qui investit massivement dans l’équipe et s’engage à la maintenir à Winnipeg. Cependant, sur la patinoire, les Jets continuent d’éprouver des difficultés.

En 1992‑1993, Teemu Selanne, surnommé le « Finnish Flash », pulvérise les records des recrues de la LNH grâce à une fiche de 76 buts et 132 points. Avec Dale Hawerchuk, il est l’un des deux joueurs des Jets à remporter le trophée commémoratif Calder récompensant la meilleure recrue de la ligue. Cependant, en dépit de la contribution de Teemu Selanne, les Jets, battus dès la première ronde par les Canucks de Vancouver, se montrent encore une fois incapables de vaincre en séries éliminatoires.

À l’occasion de la vague d’expansion de la LNH au début des années 1990, les Jets sont déplacés dans la Division centrale de l’Association de l’Ouest pour la saison 1993‑1994. Malheureusement pour eux, cette nouvelle division comprend également l’une des équipes les plus fortes du milieu des années 1990, les Red Wings de Detroit. Lors des saisons régulières de 1993‑1994 et de 1994‑1995, les Jets ne réussissent pas à se qualifier pour les séries éliminatoires. En 1995‑1996, ils atteignent cette fois les séries, mais sont battus en première ronde par les Red Wings de Detroit.

Au cours des années 1990, les équipes implantées sur de petits marchés éprouvent de grandes difficultés à assurer leur viabilité, en particulier par rapport à celles qui sont ancrées sur des marchés beaucoup plus importants comme Detroit. L’absence d’un aréna moderne, la chute du dollar canadien, des coûts d’exploitation en hausse et la hausse continuelle des salaires des joueurs se conjuguent pour conduire le groupe des actionnaires de la franchise à la faillite. En 1995, en plein milieu des négociations d’un accord qui vise à vendre et déménager les Jets à Minneapolis, est lancée une campagne publique acharnée pour sauver l’équipe. Bien que trois échelons de gouvernement donnent leur accord pour la construction d’un nouvel aréna, un nouveau groupe d’actionnaires, constitué en mai 1995, se montre incapable d’amasser les fonds nécessaires à la participation du club au projet. La franchise est donc cédée à des intérêts américains et, le 1er juillet 2016, change officiellement de nom pour devenir les Coyotes de Phoenix.

Membres des Jets d’origine intronisés au Temple de la renommée du hockey

Nom

Poste

Année d’intronisation 

Robert Marvin « Bobby » Hull 

Ailier gauche

1983

Rudy Pilous

Entraîneur, directeur général

1985

Serge Aubrey Savard

Défenseur

1986

Dale Hawerchuk

Centre

2001

Phil Housley

Défenseur

2015

Clarke Drake

Entraîneur adjoint

2017 (intronisé dans la catégorie des bâtisseurs)

Teemu Selanne

Ailier droit

2017

Les nouveaux Jets de Winnipeg (2011 à ce jour)

En 2011, les Jets de Winnipeg reviennent à Winnipeg, pour le plus grand plaisir des partisans qui, en moins de 17 minutes, achètent la totalité des abonnements de saison lors de leur mise en vente le 4 juin. C’est le 31 mai précédent que True North Sports and Entertainment annonce la signature d’une entente pour l’achat des Trashers d’Atlanta et le déménagement de la franchise à Winnipeg. Le conseil d’administration de la LNH approuve ce déménagement le 21 juin. La société True North décide de ne pas inclure le nom des Trashers dans l’entente d’achat, mais plutôt de faire revivre le nom des Jets. L’organisation en fait l’annonce peu de temps avant de choisir son premier joueur à la séance de repêchage de la LNH en 2011.

Avant de déménager à Winnipeg, les Thrashers obtiennent des résultats médiocres en tant que franchise d’expansion à Atlanta. En 11 saisons, ils n’atteignent les séries éliminatoires qu’une seule fois pour se voir balayés, dès la première ronde, par les Rangers de New York. Au cours des dernières années de présence de la franchise à Atlanta, peu de spectateurs assistent aux matchs, et les propriétaires sont souvent critiqués pour leur manque d’engagement. En effet, durant quatre de leurs cinq dernières saisons, les Thrashers ont eu la masse salariale la plus faible de la ligue.

À Winnipeg, les nouveaux Jets se retrouvent sous les feux des projecteurs, soumis à un examen permanent, jouant devant des partisans et des médias passionnés par le hockey affichant des attentes élevées et n’ayant absolument pas l’intention de laisser cette nouvelle version de la franchise locale disparaître. Après avoir perdu leur équipe une fois, les partisans des Jets sont déterminés à montrer leur désir qu’il y ait une équipe de hockey de la LNH dans leur ville.

Au cours de leurs trois premières saisons à Winnipeg, les Jets ne réussissent pas à se qualifier pour les séries éliminatoires. Toutefois, en 2014‑2015, ils terminent la saison régulière avec 99 points, ce qui s’avère suffisant pour décrocher la huitième place de leur association et pour jouer une série éliminatoire contre les Ducks d’Anaheim, classés premiers. À l’occasion des premières séries éliminatoires de la LNH à Winnipeg en 19 ans, les partisans relancent fièrement la tradition du « White‑Out ». Cependant, bien qu’ayant été en avance à la marque lors de chacune des parties, les Jets perdent la série 4‑0.

Lors des deux saisons suivantes, les Jets ratent à nouveau les séries éliminatoires. Une maigre consolation survient en 2016, lorsque l’équipe, alors 25e au classement, est la deuxième pigée à la loterie du repêchage des séries. Cela lui permet de choisir ses joueurs en deuxième plutôt qu’en sixième au repêchage de 2016 et d’ainsi intégrer à l’équipe l’attaquant finnois Patrik Laine, qui a marqué plus de 36 buts lors de sa première saison (2016-2017) et 44 buts à sa deuxième saison (2017-2018) dans la ligue.

En 2017-2018, l’équipe de Winnipeg se taille une place dans les séries après une saison forte où elle amasse quelque 114 points. Elle devient ainsi l’équipe ayant marqué le plus de buts de l’Association de l’Ouest, et la deuxième meilleure de la ligue. Imposants, rapides et agiles, ils sont menés à la défense par Dustin Byfulgien, accompagné de Jacob Trouba et de Tyler Myers, tandis que l’attaque est assurée par Patrik Laine, Blake Wheeler, Mark Scheifele et Nikolaj Ehlers. Le gardien Connor Hellebuyck affiche une saison record de 44 victoires, un exploit inégalé par un gardien américain pour une seule saison dans la LNH. Au premier tour des séries éliminatoires, Winnipeg bat le Wild du Minnesota en cinq matchs, avant d’affronter au deuxième tour les Predators de Nashville, la seule équipe les ayant battus au classement en saison régulière. Les Jets remportent la victoire après sept matchs difficiles. À la finale de l’Association de l’Ouest, toutefois, l’équipe s’incline après cinq matchs devant les Golden Knights de Vegas.

Aréna et logo

Les Jets sont maintenant basés au centre MTS de Winnipeg, l’ancienne enceinte des Moose du Manitoba en LAH. Pouvant accueillir environ 15 015 partisans, il s’agit du plus petit aréna de la LNH.

Le logo des nouveaux Jets de Winnipeg rend hommage au riche passé de Winnipeg en relation avec l’Aviation royale du Canada. En effet, il représente un avion de chasse stylisé superposé à la cocarde de l’ARC, un cercle bleu doté d’un centre blanc où se trouve une feuille d’érable rouge.

En 2017, le magazine Forbes évalue le club à 375 millions de dollars.


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