Géographie

On retrouve au Manitoba trois des sept régions physiographiques du Canada : les basses-terres de la baie d’Hudson au nord-est, le Bouclier canadien dans la région centrale, et les plaines Intérieures dans la partie sud-ouest.

Des roches sédimentaires plates forment l’assise des basses-terres de la baie d’Hudson, où le climat est extrêmement froid. On y compte peu de colonies ou de développements ailleurs qu’à Churchill, le seul port d’eau salée de la province. Une ligne partant du sud-est du Manitoba jusqu’à Flin Flon, sur la frontière occidentale, sépare les terres arables et peuplées du sud et de l’ouest des territoires situés au nord et à l’est, déserts et sauvages, qui couvrent environ les deux tiers de la superficie de la province.

Le Bouclier canadien se compose de granit dur et de roches cristallines fortement érodées par les glaces pendant la période glaciaire. Le sol est pauvre, où les roches affleurent et les innombrables lacs aux fonds rocheux rendent cette région impropre à l’agriculture, mais favorisent les installations hydroélectriques, la pêche en eau douce, l’exploitation minière et la sylviculture.

Au fil du temps, les rivières Assiniboine, Valley et Swan ont modelé la partie sud-ouest de la province, soit une section des plaines Intérieures du Canada, pour en faire de bas plateaux au relief variable qui forment la majorité des terres arables du Manitoba.

Géologie

Le substrat rocheux, qui forme la base de la province, est constitué soit d’anciennes roches précambriennes (datant de 4,6 milliards à 542 millions d’années), soit de jeunes roches sédimentaires datant des périodes cénozoïque à paléozoïque (datant de 542 à 66 millions d’années). Les roches précambriennes font partie du Bouclier canadien, un secteur géographique dont les roches comptent parmi les plus anciennes du monde. Elles sont composées principalement de granit et de gneiss granitiques en contact avec des roches volcaniques et d’anciennes roches sédimentaires métamorphiques. Les zones de contact contiennent souvent des métaux précieux ou semi-précieux comme le nickel, le plomb, le zinc, le cuivre, l’or et l’argent, tous extraits des mines du Manitoba.

Par-dessus les anciennes roches précambriennes se trouvent des roches sédimentaires. La surface des basses terres créées par le lac Agassiz, un vaste lac glaciaire, est composée de sédiments déposés au-dessus de roches créées dans les périodes ordovicienne, dévonienne et silurienne (vieilles de 485 à 359 millions d’années). On extrait de ces roches de la pierre calcaire, du gypse, de l’argile, de la bentonite, du sable et du gravier. On a aussi découvert du pétrole dans les roches datant de l’ère carbonifère, il y a de cela 359 à 299 millions d’années.

À l’ouest des basses terres du lac Agassiz se dresse un escarpement de roches du crétacé (datant de 145 à 66 millions d’années). Pendant longtemps, l’escarpement a formé la rive occidentale du lac glaciaire Agassiz. Les rivières coulant vers l’est, comme l’Assiniboine, la Valley et la Swan, nourries par l’eau des glaciers, ont creusé les profondes vallées qui débouchaient dans le lac Agassiz. Anciennement, le fond du lac Agassiz et le lit de ses affluents étaient recouverts d’une mince couche de limon et d’argile. On y trouve actuellement les sols les plus fertiles de l’Ouest canadien.

Lacs et rivières

L’eau douce est la principale ressource du Manitoba, qui, avec ses 101 590 km2 de lacs et de rivières (le sixième de sa superficie totale), se classe la troisième province la plus riche en eau au Canada. Parmi ses plus importants lacs, mentionnons les lacs Winnipeg (24 387 km2), Winnipegosis (5 374 km2) et Manitoba (4 624 km2). Ce sont trois vestiges du lac Agassiz, qui occupait la région centre-sud du Manitoba pendant la dernière ère glaciaire. On compte aussi de nombreux lacs d’eau douce couvrant plus de 400 km2, dont les lacs Southern Indian, Moose, Cedar, Island, Gods, Cross, Playgreen, Dauphin, Granville, Sipiwesk et Oxford.

Le niveau du sol dans le sud du Manitoba étant plus bas que celui des régions de l’est et de l’ouest, les principaux cours d’eau de l’ouest du Canada y affluent, notamment les rivières Saskatchewan, Rouge, Assiniboine et Winnipeg. Celles-ci se jettent dans les lacs Winnipeg, Manitoba et Winnipegosis, qui se déversent ensuite dans la baie d’Hudson par l’intermédiaire du fleuve Nelson. Ces réseaux fluviaux, en plus des rivières Churchill et Hayes, entre autres, sont des sources de l’hydroélectricité. De nos jours, seul le lac Winnipeg est utilisé pour le transport maritime, mais à l’époque du commerce des fourrures et au début de la colonisation, d’autres voies d’eau navigables ont aussi joué un rôle important à cet égard, notamment les rivières Hayes, Winnipeg, Rouge et Assiniboine, et le fleuve Nelson.

Des inondations le long de la rivière Rouge et de ses artères principales comme les rivières Souris et Assiniboine ont eu de grandes répercussions sur des villes avoisinantes et sur de grandes terres agricoles. Aux mois de mai et d’avril de 1997, par exemple, la plus grande inondation depuis 1852 frappe la rivière. Environ un millier de foyers sont endommagés, et 7 000 militaires sont appelés à venir en aide aux victimes, qui sont évacuées, puis relogées. De nombreux programmes de gestion des inondations sont créés, à commencer par le canal de dérivation de la rivière Rouge, complété en 1968. Ce canal d’une longueur de 48 km protège la ville de Winnipeg des crues de la rivière Rouge. Une structure similaire, construite entre la rivière Assiniboine et le lac Manitoba, protège Portage la Prairie. Le barrage Shellmouth et le barrage Fairford, ou encore les digues le long de la rivière Rouge, constituent d’autres exemples de protection contre les inondations.

Climat

Situé à des latitudes moyennes élevées (49° à 60° de latitude nord) et au centre d’une masse continentale, le Manitoba connaît de grands écarts de température : les hivers sont très froids et les étés, modérément chauds. En hiver, les masses d’air arctique sec et d’air maritime polaire se dirigent vers le sud. Elles sont suivies en été par une masse d’air tropical maritime, doux et humide. Les pluies, qui surviennent pendant les six mois d’été, représentent près des deux tiers des précipitations annuelles; le tiers restant tombe en neige.

Le printemps commence dans la vallée de la rivière Rouge et progresse ensuite vers le nord et l’ouest. Les chutes de neige sont plus abondantes à l’est qu’à l’ouest; Winnipeg et les environs reçoivent en moyenne 126 cm de neige par année. Heureusement, 60 % des précipitations annuelles de pluie surviennent en mai, en juin et en juillet, pendant la période de croissance des céréales. La fin d’août et le début de septembre sont des périodes sèches, favorables à la récolte.

Végétation

La végétation du Manitoba est très variée. Au sud, elle comprend des prairies et des trembles; au centre, des forêts mixtes; au nord, des forêts boréales, et près de la baie d’Hudson, de la toundra. Au sud, une évaporation élevée nuit à la croissance des arbres, qui cèdent la place à des prairies. Avant que ces territoires ne soient colonisés, on y trouvait de nombreuses espèces d’herbes longues et des espèces mixtes. L’orme, le frêne et l’érable du Manitoba poussent le long des cours d’eau, tandis que le chêne croît dans des endroits secs. Plus au nord, où l’évaporation est moindre, la forêt composée de différents feuillus remplace la prairie.

La moitié du nord de la province est composée d’une forêt boréale d’épinettes blanches et noires, de pins gris, de mélèzes d’Amérique, de trembles et de bouleaux.

Les arbres se raréfient aux abords des rives de la baie d’Hudson, qui connaissent des étés froids et une brève période de croissance. On n’y trouve que des épinettes et des saules rachitiques, de la mousse, du lichen et du carex de toundra. L’épinette, le sapin et le pin sont utilisés pour le bois de construction et pour les pâtes et papiers.

Sol

En règle générale, les types de sols du Manitoba correspondent étroitement à la répartition de la végétation naturelle. Le sol noir (sol chernozémique) est le plus fertile; on le trouve dans les pâturages, autrefois prédominants, de la vallée de la rivière Rouge, où sa texture est particulièrement fine, et dans le sud-ouest du Manitoba. Le sol présente une texture plus grossière dans l’ancien delta formé par l’Assiniboine, qui s’étend de Portage la Prairie à Brandon, et à Souris Valley. Par endroits, on trouve d’importantes dunes de sable.

Dans les zones de transition vers les forêts, on trouve surtout un sol noir dégradé et un sol gris boisé, comme c’est le cas entre Minnedosa et Russell, au sud du mont Riding. On qualifie les grandes étendues jadis recouvertes par le lac Agassiz et mal drainées de « renzina dégradée », étant donné la grande accumulation de calcaire dans le sol. Les sols qui reposent sur des roches de granit dur et d’autres formations rocheuses du Bouclier canadien sont recouverts de forêts de conifères. Ce sont des sols gris forestiers, des podzols et de la tourbe, tous impropres à l’agriculture.

Parcs nationaux et provinciaux

Le Manitoba compte 90 parcs provinciaux et 2 parcs nationaux, Riding Mountain et Wapsuk. Le parc provincial Sand Lakes Wilderness, avec sa superficie de 8 310 km2, est le plus grand parc provincial du Manitoba. Notons également le parc provincial de Whiteshell au sud-est de la province, qui présente le relief accidenté typique du Bouclier canadien; le parc provincial de Turtle Mountain au sud-ouest, créé pour protéger les terrains marécageux et les forêts décidues de la région; et le parc provincial de Grass River, à l’ouest, situé près du centre de la frontière ouest de la province et où habitent des populations de caribous, d’orignaux et d’ours.

Histoire

Autochtones

Territoires traditionnels des Assiniboines, des Cris, des Dénés et des Ojibwés.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

L’actuelle province du Manitoba se trouve sur le territoire traditionnel des peuples assiniboine et dakota, qui vivaient dans les plaines du sud, de la nation crie, qui couvrait un vaste territoire s’étendant des plaines jusqu’aux basses terres de la baie d’Hudson au nord, et des Dénés, qui habitaient dans le Grand Nord. Les ancêtres de ces peuples autochtones seraient arrivés au Manitoba entre 10 000 et 13 000 av. J.-C. Les Anishinaabeg (voir Ojibwés), qui représentent l’un des principaux peuples autochtones du Manitoba avec les Cris, sont arrivés beaucoup plus tard; ils se sont installés au Manitoba il y a environ 300 ans.

Avant l’arrivée des Européens, les Autochtones du Manitoba vivent surtout de la chasse (orignal, caribou, ours et castor) et d’un peu de pêche. Ceux qui vivent dans les basses terres de la baie d’Hudson chassent également la sauvagine (comme l’oie), tandis que ceux des plaines comptent plutôt sur le bison pour la nourriture, les vêtements, les maisons et les outils. Des archéologues ont découvert au Manitoba des articles faits à partir de cuivre, d’argile, de roches et d’ossements, ce qui indique que les Autochtones participaient déjà à des réseaux d’échange et de traite à longue distance, pouvant aller jusqu’au côte du Pacifique dans l’Ouest ou encore jusqu’au golfe du Mexique dans le Sud, et ce, même avant l’arrivée des Européens.

Exploration : les années 1600 aux années 1700

L’exploration européenne du Manitoba n’a pas commencé dans le sud de la province, mais bien dans la région la plus froide et la plus éloignée : les rives de la baie d’Hudson. Au début du 17e siècle, nombre de navigateurs, dont Thomas Button (1612), Jens Eriksen Munk (1619-1620), et Luke Fox et Thomas James (1631), ont sillonné le littoral pour y trouver le passage du Nord-Ouest.

L’expansion du commerce des fourrures vers l’ouest engendre de plus en plus d’explorations au Manitoba. Deux explorateurs canadiens-français, Médard Chouart Des Groseilliers et Pierre-Esprit Radisson, intéressés par la traite des fourrures, persuadent le roi Charles II d’Angleterre de fonder la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) en 1670 et de l’établir sur un immense territoire (dont une partie constitue le Manitoba d’aujourd’hui) appelé Terre de Rupert.

Des postes de traite sont mis en place le long des rives de la baie d’Hudson : Fort Hayes en 1682 (remplacé par Fort York en 1648) et Fort Churchill en 1717-1718 (remplacé par Fort Prince-de-Galles en 1731). Dans les années 1690 à 1692, un employé de la CBH, Henry Kelsey, explore le sud-ouest en traversant les Prairies jusqu’à la rivière Saskatchewan. Quelque temps après, la famille La Vérendryeexplore l’ouest en passant par les Grands Lacs et construit le Fort Maurepas (1734), sur la rivière Rouge, et quatre autres postes sur le territoire actuel du Manitoba. Par la suite, des commerçants indépendants envahissent les terres accordées à la CBH, ce qui suscite dans le milieu de la traite des fourrures une grande concurrence qui ne prend fin qu’en 1821, avec la fusion de la CBH et de la Compagnie du Nord-Ouest. Une vingtaine de forts ont été construits à différentes époques au sud du 54e degré de latitude nord, mais il reste très peu de vestiges permanents du passage des premiers explorateurs.

Cependant, l’arrivée du commerce des fourrures a un immense impact sur la vie des Autochtones au Manitoba. Leur participation à la traite change leurs coutumes sociales et économiques, sans parler de leur répartition territoriale. La possibilité de vendre des peaux en convainc beaucoup de chasser un nombre exagéré d’animaux, plutôt que de chasser seulement pour subvenir à leurs besoins. Avec l’introduction d’objets fabriqués en Europe, les Autochtones abandonnent leurs vêtements et outils traditionnels et deviennent dépendants du commerce des fourrures. Les Cris et les Anishinaabeg, qui s’en tenaient traditionnellement aux rives nord des lacs Huron et Supérieur, étendent tous deux leur territoire vers l’ouest à des fins de chasse, dans le but de conserver leur statut dans la traite. L’interaction qui en découle entre ces deux groupes résulte en la création d’une langue et d’une culture oji-cries hybrides.

Les relations entre les marchands européens et les Autochtones engendrent une autre culture bien connue : celle des Métis. Malgré que les mariages entre les colons et les femmes autochtones soient des coutumes dès les premières explorations européennes en Amérique du Nord, au début du 19e siècle, les Métis de la rivière Rouge forment une culture distincte, qui vient d’un mélange d’origines autochtone, française, anglaise et écossaise. Les Métis sont des chasseurs de bison hors pair. Ils prennent le rôle d’intermédiaire dans le commerce des fourrures, en fournissant par exemple du pemmican aux commerçants de la Compagnie du Nord-Ouest.

L’arrivée des Européens a également causé l’apparition de maladies comme la vérole, qui font un nombre désastreux de victimes au sein des populations autochtones. En 1781, une épidémie de vérole aurait condamné plus de 90 % des Autochtones dans la région de Churchill.

Colonisation européenne : les années 1800

Entre 1682 et 1812, la colonisation européenne au Manitoba se résume aux postes de traite de fourrure établis par la CBH, la Compagnie du Nord-Ouest et quelques marchants indépendants. La colonisation agricole commence en 1812, lorsque la CBH fournit à lord Selkirk une grande étendue de terre au croisement des rivières Rouge et Assiniboine afin de fonder une colonie pour réinstaller des fermiers écossais et irlandais. Pendant les 45 années qui suivent, la grêle, le gel, les inondations, les invasions de sauterelles, les escarmouches avec les représentants de la Compagnie du Nord-Ouest ou encore avec les Métis, en réponse aux tentatives des colons de restreindre la vente de pemmican et la chasse au bison, mettent à rude épreuve la colonie de la rivière Rouge, établie à Assiniboine.

D’autres colonies se sont établies ensuite à cause du monopole de la CBH et de la croyance selon laquelle la région n’est pas propice à l’agriculture. En 1857, le gouvernement britannique parraine une expédition pour évaluer le potentiel agricole de la Terre de Rupert, puis le gouvernement canadien, encouragé par un mouvement d’expansion dans le Haut-Canada, mandate Henry Youle Hind d’une mission semblable. Les découvertes de ces expéditions encouragent la colonisation plus au nord-ouest de la vallée de la rivière Rouge, où l’on découvre un croissant fertile pour l’agriculture.

Rébellion de la rivière Rouge : 1869-1870

Dans les années 1860, les gouvernements britannique et canadien souhaitent explorer l’ouest du continent et commencent les négociations avec la CBH en vue du transfert de la Terre de Rupert au gouvernement du Dominion. Les négociations font complètement fi des gens qui habitent le territoire, la plupart étant des Métis et des Autochtones. Les Métis, mécontents que leurs droits ne soient pas respectés, s’opposent à l’acquisition de leurs terres. En 1869, Louis Riel en tête, ils prennent d’assaut le Upper Fort Gary de la CBH et déclarent un nouveau gouvernement provisoire (voir Rébellion de la rivière Rouge). Après un long cul-de-sac, le gouvernement canadien abandonne. La Loi sur le Manitoba de 1870, qui transfère les Territoires du Nord-Ouest au Dominion du Canada et qui crée la province du Manitoba, garantit aux Métis les terres longeant les rivières Rouge et Assiniboine, en plus de 1,4 million d’acres pour leurs descendants. Malgré cette victoire évidente, Louis Riel et les autres chefs de la rébellion sont forcés à fuir aux États-Unis. Riel est exécuté en 1885 pour haute trahison. Puis, le gouvernement canadien ne tient pas les promesses qu’il a faites aux Métis; des vagues de colons arrivent de l’Ontario, les discriminent et s’installent sur leur territoire. De nombreux Métis insatisfaits s’installent plus à l’ouest pour conserver leur mode de vie, préparant le terrain pour un éventuel conflit (voir Résistance du Nord-Ouest).

Traités numérotés : 1871-1907

Traités nos 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 10.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

En 1871, le gouvernement canadien négocie également avec les Autochtones du nord-ouest dans le but de supprimer leur droit à des terres pour faciliter l’expansion de la colonisation vers l’ouest sans entraîner la violence qui afflige l’Ouest américain. Les traités qui en résultent sont connus comme les « traités numérotés ». Le Manitoba fait l’objet des traités 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 10, tous signés entre 1871 et 1907. L’histoire se répète : le gouvernement canadien s’avère encore une fois incapable de tenir ses promesses qu’il fait aux Autochtones pendant les négociations pour la signature des traités.

Expansion : la fin des années 1800 au début des années 1900

En 1870, le Manitoba se résume à la vallée de la rivière Rouge; tout ce qui s’y ajoutera pour former l’actuelle province fait partie à l’époque des Territoires du Nord-Ouest, qui sont administrés par le gouvernement du Dominion. La colonisation de la nouvelle province se fait après l’étude des terres par le Dominion et la planification d’un chemin de fer national. Des terres, réparties en quarts de section, sont alors ouvertes à la colonisation avec la Loi sur les terres du Dominion, en 1872. (Voir aussi Le Manitoba et la Confédération.)

Il est bientôt évident que la minuscule province doit prendre de l’expansion. Les colons s’établissent en effet de plus en plus dans le nord-ouest et même au-delà des frontières établies. Entre 1876 et 1881, 40 000 immigrants, surtout des Ontariens d’origine britannique, s’installent dans l’ouest avec l’espoir d’y cultiver le blé à profit, grâce aux nouvelles machines agricoles et aux nouveaux procédés de mouture des grains. Des mennonites et des Islandais arrivent dans les années 1870, les premiers s’établissant autour de Steinbach et de Winkler et les deuxièmes, près de Gimli et d’Hecla. L’immigration ralentit ensuite jusque vers la fin du siècle, période pendant laquelle elle se limite surtout à de petits groupes d’Européens.

En 1881, après plusieurs années de conflit politique avec le gouvernement fédéral, les frontières sont redessinées : elles sont repoussées à l’ouest jusqu’à leurs limites actuelles, puis jusqu’à 53° de latitude nord et plus loin vers l’est. Ce n’est qu’en 1912, toutefois, que les frontières actuelles du Manitoba entrent en vigueur.

Entre 1897 et 1910, années de prospérité et de développement, des colons venant de l’est du Canada, d’Angleterre, des États-Unis et d’Europe orientale (surtout d’Ukraine) envahissent la province et les terres voisines. C’est la plus forte période d’immigration enregistrée au Manitoba. Les colons d’Europe de l’Est, auparavant considérés comme indésirables, sont dorénavant encouragés à immigrer par Clifford Sifton, le ministre de l’Intérieur de l’époque. Celui-ci est persuadé que les paysans de l’Europe de l’Est sont mieux préparés aux conditions hostiles de l’Ouest canadien que leurs compatriotes britanniques.

Développement : le début des années 1900 à la Deuxième Guerre mondiale.

De 1897 à 1910, le Manitoba connaît une prospérité sans précédent. Le coût du transport diminue, et le prix du blé augmente. La culture des céréales prédomine. Cependant, les fermes mixtes prospèrent et les éleveurs de bétail et les agriculteurs qui recherchent la qualité se font avantageusement connaître.

Winnipeg devient rapidement une métropole, comptant pour 50 % de l’accroissement de la population. Un centre d’affaires dynamique se développe dans la ville depuis l’intersection de Portage Avenue et de Main Street; de grands magasins, des sociétés de courtage et des compagnies d’assurance, des cabinets d’avocats et des banques s’y installent et prospèrent. Des abattoirs et des minoteries desservent directement les agriculteurs, tandis que le secteur des services, les ateliers de chemins de fer, les fonderies et les industries alimentaires prennent de l’expansion.

Le chemin de fer du Canadien Pacifique et le Canadian Northern Railway (plus tard la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada) établissent des gares de triage à Winnipeg, qui devient le centre d’un vaste réseau de chemins de fer allant dans toutes les directions. En 1906, on commence à produire de l’électricité à Pinawa, sur la rivière Winnipeg, et la création de la société Winnipeg Hydro, le 28 juin de la même année, garantit aux entreprises et aux particuliers un approvisionnement hydroélectrique à un coût modeste.

La crise économique de 1913 met fin à la prospérité. Le coût du transport augmente, le prix des terrains et du blé chute, et l’apport des capitaux étrangers tarit. L’ouverture du canal de Panama, en 1914, détrône Winnipeg au royaume du transport : les voies d’eau s’avérant plus économiques que les routes pour le transport des marchandises entre l’est et l’ouest.

Pendant la Première Guerre mondiale, le recrutement, la fabrication de matériel de guerre et l’arrêt de l’immigration entraînent une hausse des salaires et des prix. Dès 1918, l’inflation semble incontrôlable et le chômage est élevé. Les salaires s’effondrent, les conditions de travail se détériorent, et de nouveaux mouvements radicaux font leur apparition chez les fermiers et les ouvriers urbains, entraînant la grève générale de Winnipeg en mai 1919. Le mécontentement des paysans est exprimé par le Parti progressiste, qui remporte 65 sièges (12 au Manitoba) aux élections fédérales de 1921 et qui remporte l’élection provinciale au Manitoba en 1922.

La Première Guerre mondiale est une période difficile pour les immigrants de l’Europe de l’Est qui sont arrivés au Canada dans les deux décennies la précédant, en particulier pour ceux qui viennent de l’empire austro-hongrois, contre lequel se bat le Canada. De nombreux immigrants considérés comme des ennemis sont emprisonnés ou internés, et ceux qui sont plus chanceux font face à de la discrimination quotidienne.

Pendant la Première Guerre mondiale, le 28 janvier 1916, le Manitoba devient la première province à octroyer le droit de vote aux femmes et à leur accorder le droit d’exercer des fonctions politiques au niveau provincial (voir Droit de vote des femmes). Parmi les membres éminentes du mouvement manitobain pour le droit de vote des femmes, on compte Margret Benedictsson, Nellie McClung, Ella Cora Hind, Francis Marion Beynon, Lillian Beynon Thomas et Amelia Yeomans (voir aussi Chronologie historique : Droit de vote des femmes dans l’Ouest).

Un essor industriel suit la dépression postguerre, vers la fin des années 1920. Jusqu’en 1928, la valeur de la production industrielle est supérieure à celle du milieu agricole, qui traverse une longue crise jusqu’en 1930, aggravé par la sécheresse, les insectes et les bas prix du blé sur les marchés mondiaux. La population, délaissant les fermes, migre de plus en plus vers les villes, où la situation n’est pourtant pas meilleure : l’industrie s’affaiblit et le chômage sévit.

Pour échapper au traditionnel cycle expansion-dépression, on s’efforce de diversifier l’économie, comme en témoigne l’expansion de l’industrie minière. Les exigences de la Deuxième Guerre mondiale rendent le Manitoba encore plus dépendant de l’agriculture et du secteur primaire, mais le boom d’après-guerre lui permet d’exploiter ses industries primaires et secondaires et de diversifier son économie.

Démographie

Population

Depuis 1961, la population du Manitoba augmente lentement, mais de façon stable, passant de 921 686 habitants en 1961 à 208 268 habitants en 2011. La population est répartie inégalement entre le nord et le sud. Bien que la région nordique, qui s’étend de la rive sud du lac Winnipegosis à l’ouest jusqu’à la rive sud du lac Winnipeg à l’est, représente plus de 79 % de la superficie de la province, elle n’accueille que 7,3 % de sa population. La colonisation du nord se limite aux postes de pêche isolés, aux villes minières, aux réserves des Premières Nations dispersées et au centre de transbordement de Churchill, situé loin au nord sur les rives de la baie d’Hudson.

Langues et origines ethniques

La majorité des habitants du Manitoba (73 %) identifient l’anglais comme leur langue maternelle, selon le Recensement de 2011. Les autres langues maternelles les plus parlées sont l’allemand (6 %), le français (4 %), le tagalog (3 %), le cri (2 %) et l’ukrainien (1 %).

Selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, environ 72 % de la population manitobaine est d’origine ethnique européenne. Parmi eux, ceux qui affirment une ascendance britannique forment le groupe le plus important; viennent ensuite ceux d’origines allemande, ukrainienne et française. Puis, depuis l’établissement de la colonie Nouvelle-Islande, sur les rives ouest du lac Winnipeg en 1875, le Manitoba compte aussi une population relativement importante de descendants islandais (environ 3 %). Environ 17 % de la population est d’origine autochtone (Premières Nations, Métis et un petit nombre d’Inuits). La province compte aussi bon nombre d’habitants d’origines philippinoise et chinoise (5 % et 2 %, respectivement), qui demeurent principalement à Winnipeg.

Religions

La population du Manitoba est en majorité chrétienne, bien que plus d’un quart des habitants ne revendiquent aucune affiliation religieuse. L’Église catholique romaine est la plus grande congrégation religieuse de la province, suivie de l’Église unie du Canada et de l’Église anglicane. La province compte également de petites communautés de mennonites et des groupes catholiques ukrainiens, ou encore orthodoxes ukrainiens. Ceux qui pratiquent une religion non chrétienne représentent environ 5 % de la population.

Villes et réserves

Liste des dix plus grandes villes du Manitoba

Nom

Population

Winnipeg

663 617

Brandon

46 061

Springfield

14 069

Hanover

14 026

Steinbach

13 524

Thompson

13 123

Portage la Prairie

12 996

St. Andrews

11 875

Winkler

10 670

St. Clements

10 505

Source : Statistique Canada, Recensement de 2011

Lorsque le Manitoba se joint à la Confédération, seulement 4 % de ses habitants résident dans les villes. La population demeure principalement rurale jusqu’en 1951; selon le recensement de 2011, 72 % des habitants de la province se trouvent dans les centres urbains.

La capitale provinciale, Winnipeg, est la plus grande ville du Manitoba. La grande région métropolitaine de Winnipeg compte plus de 60 % de la population de toute la province.

Lorsque le Canadien Pacifique (CP) décide d’enjamber la rivière Rouge à Winnipeg en 1881, la ville devient le carrefour économique de l’Ouest canadien, et on la surnomme la « Chicago du nord » pendant les années de prospérité, au tournant du 20e siècle. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, Winnipeg s’est peu développée. Elle demeure tout de même la capitale provinciale des arts, de l’éducation, du commerce, de la finance, des transports et du gouvernement.

Bien que la suprématie de Winnipeg soit indiscutable, certains centres urbains occupent une position dominante dans le commerce local. Brandon, deuxième ville du Manitoba, est un centre de distribution et de fabrication pour le sud-ouest, tandis que Portage la Prairie, de dimension plus modeste, joue un rôle semblable dans l’une des régions agricoles les plus prospères de la province, celle des Plaines du Portage. Au nord, Thompson et Flin Flon sont avant tout des villes minières.

Les grandes villes de Selkirk et Dauphin et le village de The Pas, autrefois des forts servant au commerce des fourrures, sont aujourd’hui des centres de distribution pour les communautés avoisinantes. Bissett est quant à elle une petite ville minière du nord.

(Données fournies par Affaires autochtones et du Nord Canada)

Il existe 307 réserves au Manitoba et 7 communautés des Premières Nations. Une réserve est une terre destinée exclusivement à un groupe des Premières Nations conformément à la Loi sur les Indiens tandis qu’une communauté est un endroit dont la population est majoritairement autochtone. En 2012, on dénombre 140 975 membres des Premières Nations au Manitoba; un peu plus de 60 % d’entre eux (soit 84 874 personnes) vivent dans des réserves. Le Manitoba présente la seconde plus importante population vivant dans des réserves au Canada après l’Ontario.

Avec juste un peu plus de 310 km2, la réserve de Wepuskow Ohnikaho, située au nord-ouest de la province, est la plus grande au Manitoba, et compte des membres de la bande Mathias Colomb, issue de la nation crie. À des fins de comparaison, citons que Winnipeg occupe juste un peu plus de 464 km2. La réserve de la Première Nation Peguis, située à environ 145 km au nord de Winnipeg, est la seconde plus importante en termes de superficie, suivie par Pachapesihk Wasahow, où vivent des membres de Mathias Colomb, de la réserve Crie Sapotaweyak, et de Split Lake, où vivent des membres de la nation Crie Tataskweyak.

Plus de la moitié des peuples des Premières Nations au Manitoba habitent des communautés accessibles seulement par des routes que le climat peut rendre impraticables, ce qui les isole, particulièrement durant l’hiver. De plus, en 2014, la qualité de vie dans les réserves du Canada est déclarée la plus faible au Canada, selon le rapport des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, un constat basé sur l’indice de développement humain des Nations Unies. Cette faible qualité de vie est visible à travers bon nombre de problèmes sociaux, tels que les conditions de logement indécentes ou la pauvreté généralisée. En 2016, par exemple, 25 % de toutes les demeures des réserves manitobaines ont besoin de réparations ou de remplacements. La même année, on constate que plus de 76 % des enfants habitant les réserves vivent dans la pauvreté, selon une étude menée par le Centre canadien de politiques alternatives.

Les graves problèmes qui accablent les réserves, tant au Manitoba que dans le reste du pays, sont les résultats directs de pratiques coloniales telles que les pensionnats indiens et les traités régissant la propriété territoriale, ainsi que d’un racisme systémique qui perdure encore aujourd’hui.

Économie

La chasse constitue la plus ancienne industrie du Manitoba, mais elle est aujourd’hui celle qui a le moins d’importance. Pendant 200 ans, le commerce des fourrures est le monopole de la Compagnie de la Baie d’Hudson, dans l’Ouest canadien jusqu’aux Rocheuses. Parallèlement à cette activité, la chasse au bison devient la principale source de revenus des plaines : les Premières Nations, les Métis et les voyageurs font le commerce de la viande, des peaux et du pemmican, devenu un aliment de base dans la région.

Jusqu’en 1875, la traite des fourrures est le principal secteur d’activité de Winnipeg, devenue une ville constituée de 5 000 habitants et le centre du commerce dans l’ouest. Le commerce de détail ou de gros et l’immobilier s’y développent, conséquences du nouveau mode de colonisation et du développement de l’agriculture. Le blé Red Fife remplace la peau de castor au titre de principal produit d’exportation.

À la suite du prolongement vers l’ouest de la principale ligne de chemin de fer du Canadien Pacifique, au cours des années 1880, les fermiers et les marchands de grains peuvent écouler leurs produits sur le marché international. Un flux d’échanges commerciaux est-ouest commence, et Winnipeg en devient le centre de transit. Au cours des décennies qui suivent, l’agriculture se diversifie pour inclure une grande variété de récoltes; au fil du temps, l’économie comprend elle aussi de plus en plus de nouveaux secteurs tels que les industries minières, forestières et manufacturières.

Agriculture

L’agriculture tient un rôle important dans l’économie de la province. Toutefois, sa contribution au PIB provincial varie de beaucoup d’année en année à cause de facteurs comme les récoltes et les fluctuations de prix, phénomènes sur lesquels les producteurs ont peu d’emprise.

Les variétés de céréales cultivées au Manitoba se sont énormément diversifiées depuis le début du 20e siècle, époque à laquelle on ne cultivait que le blé, l’avoine et l’orge, et le lin, le seigle, le pois sec et la pomme de terre. Aujourd’hui, on cultive au Manitoba des petites quantités de fruits, de champignons et de lentilles, mais ces récoltes ne constituent pas une contribution importante à la production agricole globale de la province. Malgré les conditions froides et arides, les récoltes ont doublé depuis les années 1960. Depuis les années 1970, lorsqu’on a découvert le canola à l’Université du Manitoba, les plantes oléagineuses comme le canola, le tournesol et le soya sont de plus en plus cultivées. Aujourd’hui, le canola, le blé, la fève de soya et la pomme de terre sont parmi les récoltes les plus importantes au Manitoba. Le porc est le bétail le plus élevé au Manitoba, qui est d’ailleurs l’une des premières provinces canadiennes en production porcine et son exportation. La province est également la troisième productrice de bœuf au Canada. Le Manitoba compte également plusieurs fermes laitières, de volaille et de moutons.

L’agriculture ne pourra probablement jamais se développer au-delà des limites qu’imposent la courte période de culture (moins de 90 jours sans gel) et les sols pauvres du Bouclier canadien. L’inondation périodique du cours supérieur de la rivière Rouge (au sud de Winnipeg) pose de sérieux problèmes aux agriculteurs, car elle endommage les infrastructures agricoles et les récoltes. Ces dernières années au Manitoba, tout comme dans le reste du Canada, la mode est aux très grandes fermes et au petit nombre d’entre elles.

Exploitation minière

Le Manitoba occupe le quatrième rang des provinces canadiennes en termes de production pétrolière brute. Des gisements de pétrole se trouvent au sud-ouest de la province et dans les basses terres de la baie d’Hudson. Durant la première décennie du 21e siècle, la production pétrolière gagne rapidement en importance au Manitoba avec une augmentation d’un peu plus de 200 %, passant de 621 378 m3 en 2000 à 1 873 445 m3 en 2010. Cette augmentation est accélérée par l’avènement des technologies de fracturation hydraulique.

Les métaux les plus exploités au Manitoba sont le zinc, le cobalt, le nickel, le cuivre, l’or et l’argent. En 2014, le Manitoba extrait environ 24 % du zinc canadien, 12 % du nickel, et 100 % de la production nationale de césium, un ingrédient essential à la fabrication de produits électroniques, de piles et de moteurs d’avion.

Tous les métaux du Manitoba se trouvent dans le Bouclier canadien. Les mines les plus productives du Manitoba se concentrent à Thompson, qui est essentiellement l’unique producteur de nickel du Manitoba. La mine la plus ancienne, datant de 1930, se trouve à Flin Flon. Avec ses installations satellites de Snow Lake, cette mine produit une grande quantité de cuivre et de zinc, et de l’or et de l’argent en petites quantités. Les projets miniers en cours devraient poursuivre l’exploitation minière près de Flin Flon et Snow Lake jusqu’en 2030, un siècle après la création des premières mines dans la région.

Énergie

Manitoba Hydro, une société de la Couronne, est responsable de la production, de l’exploitation et de la distribution de l’électricité dans tout le Manitoba, en plus d’être le plus grand distributeur de gaz naturel à l’échelle provinciale. L’électricité produite par Manitoba Hydro provient principalement de 15 grandes centrales hydroélectriques sur les rivières Winnipeg, Saskatchewan et Burntwood, et sur le fleuve Nelson. Le reste (seulement 4 %) est généré par deux centrales thermiques au charbon et au gaz naturel, par quatre centrales au diesel ou par des parcs éoliens privés.

Auparavant, la production et la distribution de l’énergie au Manitoba sont d’abord entreprises par plusieurs petites entreprises et instances municipales. À l’époque de la Deuxième Guerre mondiale, celles-ci se sont regroupées et forment trois coalitions : la Winnipeg Electric Company, le City of Winnipeg Hydro Electric System et la Manitoba Power Commission. Souhaitant davantage de consolidation, le gouvernement du Manitoba met sur pied le Manitoba Hydro-Electric Board en 1949. En 1952, celui-ci achète la Winnipeg Electric Company, et en 1961, le gouvernement fusionne le Manitoba Hydro-Electric Board et la Manitoba Power Commission pour former Manitoba Hydro. Ce n’est qu’en 2002 que Winnipeg vend Winnipeg Hydro à Manitoba Hydro, qui regroupe aujourd’hui toutes les activités de production et de distribution d’énergie de la province.

Près du tiers des revenus de Manitoba Hydro proviennent de l’exportation de ses surplus d’électricité. La majorité des exportations se fait aux États-Unis, où la période de pointe en besoins d’électricité (l’été) correspond à la période creuse de consommation d’électricité au Manitoba. Les revenus ainsi générés permettent aux habitants du Manitoba de profiter de tarifs d’électricité parmi les plus bas en Amérique du Nord.

Exploitation forestière

L’industrie forestière est le cinquième secteur de production en importance au Manitoba. La région forestière dont le rendement est le plus élevé s’étend à partir du nord de la zone agricole.

Les espèces d’arbres commerciales les plus nombreuses sont, par ordre décroissant : l’épinette noire, le pin gris, le peuplier faux-tremble, l’épinette blanche, le peuplier baumier et le bouleau blanc. Viennent s’ajouter le sapin baumier, le mélèze, le cèdre, le chêne à gros glands, l’orme blanc, le frêne vert, l’érable du Manitoba, le pin rouge et le pin blanc.

Pêche

La pêche commerciale existe depuis plus de 100 ans au Manitoba. L’eau recouvre 16 % de la superficie totale du Manitoba, et les pêcheurs professionnels en exploitent environ 57 000 km2. Le lac Manitoba et le lac Winnipeg, ce dernier étant l’hôte des plus importantes pêches commerciales de la province, sont responsables de la majorité de la production de poisson. Le poisson fraîchement pêché est acheminé vers des stations d’entreposage disséminées le long des lacs. De là, il est ensuite expédié à l’usine centrale de transformation de l’Office de commercialisation du poisson d’eau douce, située à Winnipeg, où est traité tout le poisson de la province destiné à être écoulé sur les divers marchés.

Parmi les 13 espèces commerciales, parées et transformées en filets, figurent le corégone, le brochet, le doré et le doré noir. Ces trois derniers, et la truite et la barbue sont les espèces les plus populaires auprès des pêcheurs sportifs. Le ministère des Ressources naturelles du Manitoba maintient des écloseries pour l’ensemencement du doré jaune, du corégone et de la truite.

Secteur manufacturier

Le secteur de la fabrication est le plus important de l’économie manitobaine, comptant à lui seul pour plus de 10 % du PIB de la province en 2016. En règle générale, les produits fabriqués au Manitoba sont exportés, destinés aux autres provinces canadiennes ou à d’autres pays. Les usines de meubles les plus importantes au pays sont situées au Manitoba, et la province est première pour la fabrication d’autobus urbains et interurbains en Amérique du Nord. Les autres industries manufacturières de la province comprennent notamment la transformation alimentaire (dont celle de la viande) ainsi que la mouture de grains et des oléagineux et la manufacture de machinerie.

Main-d’œuvre

Ces dernières années, le Manitoba peut se vanter de présenter l’un des taux de chômage les plus bas au pays. .En 2015, par exemple, le taux de chômage de la province est de 5,6 %, soit le deuxième plus bas parmi les provinces, après la Saskatchewan. Les industries qui embauchent le plus grand nombre de Manitobains sont la santé et les services sociaux, suivies du commerce de détail, de la fabrication et de l’éducation.

Structure de la politique provinciale

Le gouvernement provincial du Manitoba compte 57 sièges. Chaque siège est occupé par un député élu par vote dans sa circonscription électorale. Les frontières des 57 circonscriptions de la province sont tracées pour que chacune d’entre elles comprennent de 250 à 400 électeurs. Des élections provinciales générales sont tenues tous les quatre ans le premier mardi du mois d’octobre. Si le parti au pouvoir le juge avantageux, il arrive que des élections sont tenues avant cette date. Si le parti au pouvoir détient une minorité de sièges, des élections peuvent avoir lieu avant la fin du mandat de quatre ans, advenant que le parti minoritaire perd la confiance de l’Assemblée.

À l’instar des autres provinces, le Manitoba fonctionne selon un système électoral uninominal, ce qui signifie que le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de votes dans chaque circonscription l’emporte. Le parti avec le plus de sièges forme le gouvernement, et le chef de ce parti est élu premier ministre. En théorie, en tant que représentant de la reine, le lieutenant-gouverneur occupe la fonction politique la plus importante de la province; dans les faits, toutefois, son rôle est en grande partie symbolique. (Voir aussi Premiers ministres du Manitoba; Lieutenants-gouverneurs du Manitoba).

Le premier ministre choisit habituellement les membres du Cabinet parmi les députés du parti au pouvoir. Les membres du Cabinet ont le titre de ministres et sont chargés de dossiers spécifiques, tels que les finances, la santé ou l’éducation.

Histoire du gouvernement provincial

Le 15 mars 1871, l’Assemblée législative du Manitoba se réunit pour la première fois. Elle comprend alors 12 députés élus dans des circonscriptions anglophones et autant dans des circonscriptions francophones, un conseil législatif et un conseil exécutif nommés pour appuyer le chef du gouvernement, le lieutenant-gouverneur Adams G. Archibald.

Depuis 1871, la province est passée d’une représentation électorale de type communal à une représentation électorale axée sur la répartition de la population, et d’un gouvernement non partisan à un gouvernement constitué par un parti politique élu.

La fin des années 1800 au début des années 1900

Alors que le concept de gouvernement responsable fait son chemin pendant les années 1870, la loyauté des commettants va plutôt à leurs collectivités respectives qu’à des partis politiques. Cependant, au cours des années 1880, une forte opposition libérale au gouvernement non partisan de John Norquay voit le jour sous la gouverne de Thomas Greenway. Lors de l’élection de 1888, les libéraux de Thomas Greenway forment le premier gouvernement partisan du Manitoba. Ils sont défaits en 1899 (à cause de dépenses extravagantes et d’une politique ferroviaire jugée faible) par un Parti conservateur en grande forme dirigé par Hugh John Macdonald. Lorsque ce dernier démissionne, en 1900, dans l’espoir d’un retour sur la scène fédérale, R. P. Roblin devient premier ministre. Il conserve le poste jusqu’en 1915, alors qu’un scandale à propos de l’attribution de contrats pour la construction des nouveaux édifices parlementaires fait tomber le gouvernement, qui en était à son cinquième mandat.

En 1920, en opposition au gouvernement libéral de Tobias Crawford Norris, la United Farmers of Manitoba (UFM) se lancent dans l’arène politique et font élire 12 députés à l’Assemblée législative, signalant le début d’une nouvelle ère de politique non partisane. Leurs efforts portent leurs fruits en 1922 lorsque la UFM remporte l’élection avec une mince majorité et forme le nouveau gouvernement.

Les fermiers nomment John Bracken à la tête de leur parti, qui demeure premier ministre jusqu’en 1943, même si la UFM se désiste de la politique en 1928. John Bracken forme ensuite un gouvernement de coalition, les libéraux progressistes, qui remporte une majorité en 1932, mais n’obtient qu’une pluralité de sièges à l’élection de 1936 et est gardé en vie grâce à l’aide du Crédit social. Aux élections de 1940, pendant la guerre, John Bracken demeure à la tête d’un gouvernement de coalition comprenant des conservateurs, des libéraux progressistes, des députés de la Co-Operative Commonwealth Federation et du Crédit social.

La Deuxième Guerre mondiale à la fin des années 1980

En 1943, Stuart S. Garson succède à John Bracken au poste de premier ministre lorsque ce dernier démissionne pour devenir chef du Parti conservateur fédéral. En 1945, la Co-Operative Commonwealth Federation se retire du gouvernement de coalition formé pendant la guerre. En 1950, c’est au tour des conservateurs, tandis que le Crédit social finit par disparaître tout simplement. À partir de 1948, le premier ministre Douglas Lloyd Campbell devient le chef de la coalition, bien qu’après 1950, le gouvernement soit majoritairement libéral.

À partir de 1958, les conservateurs, avec Dufferin Roblin à leur tête, dirigent la province jusqu’à la victoire, en 1969, d’Edward Richard Schreyer, du Nouveau Parti Démocratique (NPD), qui gagne avec une faible majorité. Les néo-démocrates restent au pouvoir pendant deux mandats. Un grand nombre de réformes sociales sont alors adoptées, et la présence du gouvernement dans le secteur privé s’accroît.

Entre 1970 et 1990, la politique provinciale se modifie profondément, avec notamment la disparition virtuelle du Parti libéral provincial et l’élection du NPD sous Edward Schreyer et ensuite Howard Pawley. En 1977, Sterling Rufus Lyon conduit le Parti conservateur à la victoire en promettant de réduire la dette de la province et de favoriser la libre entreprise. Son gouvernement ne dure que le temps d’un mandat. En 1981, le NPD, sous la direction d’Howard Russell Pawley, remporte les élections et est réélu en 1985. En fait, le gouvernement de Sterling Rufus Lyon est le premier dans l’histoire du Manitoba à n’assumer qu’un seul mandat : la tradition politique de la province est reconnue pour la stabilité de ses gouvernements, particulièrement à l’époque de la United Farmers of Manitoba et des gouvernements de coalition qui ont suivi. Les nombreuses initiatives du NPD comprennent la création d’une assurance automobile prise en charge par le gouvernement et l’achat, prévu en 1987, de la compagnie Inner-City Gas. Les tentatives du gouvernement néo-démocrate pour augmenter les services bilingues au sein de la province attisent de vieilles passions, mais sont toutefois abandonnées.

La fin des années 1980 à aujourd’hui

Les néo-démocrates de Howard Pawley sont chassés du pouvoir en 1988 par la victoire serrée des conservateurs de Gary Filmon, qui forment un gouvernement minoritaire et fragile devant l’opposition libérale véhémente à l’Accord du lac Meech (voir Accord du lac Meech : document). L’accord domine alors l’ordre du jour parlementaire et est finalement torpillé par des tactiques procédurières mises en branle par le député néo-démocrate d’origine autochtone Elijah Harper. Gary Filmon déclenche une élection immédiatement après le rejet de l’accord du lac Meech, en 1990. Il en ressort avec une mince majorité, qui lui permet de finalement imposer ses priorités législatives et de commencer à concentrer les efforts de son gouvernement sur le contrôle de la dette provinciale, qui grossit sans cesse. Sa réussite dans ce domaine lui vaut de se faire réélire avec une plus grande majorité en avril 1995.

À partir de l’élection de Gary Doer en 1999, le NPD domine la politique provinciale jusqu’en 2016. En 2009, Gary Doer est nommé ambassadeur du Canada aux États-Unis; il sélectionne alors l’un de ses députés, Greg Selinger, pour le remplacer. Aux élections générales de 2011, Selinger reprend le pouvoir avec un gouvernement majoritaire.

Le leadership de Selinger est remis en question à l’automne 2014, lorsque cinq membres du Cabinet quittent leur poste, déclenchant une course à la direction du NPD à l’hiver 2015. Si Selinger remporte la course à la direction, il se voit en revanche destitué de ses fonctions de premier ministre environ un an plus tard. En avril 2016, les Manitobains donnent un gouvernement majoritaire à Brian Pallister, chef du Parti progressiste-conservateur, mettant fin à presque 17 années de gouvernement néo-démocrate dans cette province.

Soins de santé

La plupart des soins de santé au Canada sont gratuits. L’argent des taxes est amassé afin de financer un système de santé que l’on appelle le régime d’assurance-maladie. Si c’est le gouvernement fédéral qui en dicte les lignes directrices, chacun des territoires et provinces est responsable de gérer son propre régime d’assurance-maladie; le financement de ce régime provient des deux paliers de gouvernement. Comme dans le reste des provinces et territoires, certains services ne sont pas couverts par le régime d’assurance-maladie provincial du Manitoba. On compte parmi ceux-ci les soins dentaires, les médicaments sur ordonnance et les examens de la vue pour les personnes âgées de 19 à 65 ans.

Au Manitoba, la branche gouvernementale responsable de la gestion du régime d’assurance-maladie est appelée Santé, Aînés et Vie active du Manitoba. (Voir aussi Politique sur la santé.)

Éducation

La lutte des francophones qui désirent obtenir le droit à l’éducation dans leur langue a fortement teinté l’histoire de l’éducation au Manitoba. Elle débute peu après l’obtention par le Manitoba du statut de province et conduit à une suite d’évènements que l’on désigne aujourd’hui comme la question des écoles du Manitoba.

En 1870, la Loi sur le Manitoba créée la province qui porte ce nom, en plus d’établir des systèmes scolaires séparés entre catholiques et protestants : les catholiques reçoivent une éducation de langue française, et les protestants, une éducation de langue anglaise. Toutefois, en 1890, le gouvernement provincial mené par Thomas Greenway cesse de financer les écoles catholiques et protestantes, les remplaçant par un seul et même système scolaire public de langue anglaise. Si les catholiques, francophones pour la plupart, désirent alors recevoir une éducation dans leur langue et conforme à leur religion, ils sont contraints de financer eux-mêmes leurs écoles.

En 1896, le gouvernement fédéral de Wilfred Laurier intervient afin de négocier un compromis avec la province. De l’enseignement religieux sera alors dispensé dans le système scolaire public et, dans certaines situations, on pourrait enseigner dans une langue autre que l’anglais.

Ce compromis est abrogé en 1916 par le gouvernement provincial du premier ministre Tobias Crawford Norris. On interdit alors l’enseignement de toute langue autre que l’anglais, de même que l’usage de toute langue autre que l’anglais pour donner un cours.

Après une absence de plus de 30 ans, le français commence à être réinstauré dans le système scolaire public en 1947. À l’époque, le français peut être enseigné comme langue étrangère dans les écoles secondaires. En 1955, on se met à donner des cours de français entre la quatrième et la sixième année. Une série de dispositions supplémentaires sera mise en place jusqu’à ce que la première école d’immersion française au Manitoba, l’École Sacré-Cœur, ouvre enfin ses portes à Winnipeg en 1973. En 1993, le gouvernement crée une branche de son système scolaire réservée aux écoles francophones. Aujourd’hui, les Manitobains ayant le français comme deuxième langue peuvent s’inscrire à des écoles d’immersion française, et ceux qui ont le français comme langue maternelle peuvent aller à une école du programme « français ».

Collèges et universités

Le collège communautaire Assiniboine dessert la population étudiante à l’intérieur et à l’extérieur de Brandon, et assume l’entière responsabilité de la formation en agriculture dispensée dans les collèges communautaires de la province. Le collège communautaire Keewatin propose des programmes de certificat d’un an ou moins et des programmes d’études supérieures, surtout dans le nord du Manitoba. De son côté, le collège Red River, situé à Winnipeg, offre des cours en arts appliqués, en administration des affaires, dans le domaine des services de santé et des cours orientés vers les métiers et les technologies.

En 1877, les collèges de Saint-Boniface (catholique et francophone), de St. John’s (anglican) et du Manitoba (presbytérien) se regroupent pour former l’Université du Manitoba. Plus tard, d’autres collèges s’y affilient, mais en 1967, une réorganisation des constituantes entraîne la création de trois universités distinctes : l’Université du Manitoba, l’Université de Winnipeg et l’Université de Brandon. L’Université du Manitoba est l’une des plus grandes au Canada. Elle comprend plusieurs facultés et quatre collèges affiliés qui dispensent des cours en français : St. John’s, St. Paul’s (catholique), St. Andrew’s (ukrainien orthodoxe) et Saint-Boniface, qui est le seul à offrir tous ses cours en français. Le Manitoba compte également la Canadian Mennonite University, qui ouvre ses portes en 1999 lorsque plusieurs collèges mennonites se fusionnent.

Transports

Située au centre du Canada, la ville de Winnipeg relie historiquement tous les moyens de transport de l’est à l’ouest.

Les barges de York, qui servaient au commerce des fourrures, et les charrettes de la rivière Rouge, qu’utilisaient les premiers colons, font place tout d’abord aux bateaux à vapeur sillonnant la rivière Rouge et, par la suite, aux grandes lignes ferroviaires construites au cours du 19e siècle et au début du 20e siècle. Par la suite, Winnipeg offre des installations de service à toutes les entreprises de transport aérien et routier reliant l’est à l’ouest. Aujourd’hui, le train et les routes relient Winnipeg aux principaux centres d’exploitation minière du nord du Manitoba. Les innombrables lacs reliés les uns aux autres offrent un réseau de routes d’hiver. Les principaux centres du nord sont raccordés au sud par de grandes autoroutes.

Depuis 1926, les avions de brousse permettent d’atteindre les régions éloignées, et de nombreux petits transporteurs desservent la majeure partie des communautés du nord. En 1928, l’aéroport Stevenson ouvre un aérodrome à St. James. Dès 1950, l’aéroport Stevenson est le quatrième aéroport public à gérer du trafic militaire en importance au Canada. Des rénovations au cours des années 1950 rendent le terminal plus moderne et mieux adapté pour les passagers. L’aéroport devient le Winnipeg International Airport (YWG) en 1958. En 1997, la propriété de l’aéroport est transférée de Transports Canada à la société Winnipeg Airports Authority Inc. En 2006, l’aéroport, qui est le plus ancien du Canada à être demeuré en service, change encore une fois de nom : il devient l’aéroport James Armstrong Richardson en l’honneur du pionnier canadien de l’aviation.

Winnipeg étant le principal centre ferroviaire du centre du pays, autant la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada que le chemin de fer du Canadien Pacifique y ont d’importantes installations destinées à la réparation du matériel et des gares de triage dans la ville et les environs. Le CN possède la gare de triage Symington Yards, l’une des plus grandes et des plus modernes au monde, tandis que ses ateliers de réparation et d’entretien du matériel ferroviaire et des locomotives se trouvent à Transcona. Le centre national de formation des employés du CN, quant à lui, est situé à Gimli. Le CP, en plus d’ateliers de réparation et de gares de triage, possède un grand terminal à usages multiples.

En 1929, la Hudson Bay Railway, maintenant intégrée au CN, est complétée jusqu’au port de Churchill. Ancienne base militaire, Churchill est devenu un centre de recherche et un centre de ravitaillement pour les communautés arctiques de l’est.

Arts et culture

Le Conseil des arts du Manitoba favorise l’étude, l’appréciation, la production et l’exécution d’œuvres d’art. Il encourage les organismes qui contribuent à l’épanouissement culturel en offrant subventions, prêts et bourses pour l’étude et la recherche et en décernant des prix. L’Orchestre symphonique de Winnipeg, le Royal Winnipeg Ballet, le Royal Manitoba Theatre Centre, Le Cercle Molière, le Manitoba Opera Association, les School Contemporary Dancers et le Rainbow Stage font de Winnipeg un centre national des arts de la scène.

Nombre de musiciens et de groupes de musique canadiens réputés sont originaires du Manitoba; c’est le cas de The Guess Who, Bachman-Turner Overdrive, Crash Test Dummies, Harlequin, Streetheart, The Watchmen et The Weakerthans. Randy Bachman, Burton Cummings, Chantal Kreviazuk, Marilyn Lerner, Ron Paley et le chanteur pour enfants Fred Penner comptent aussi parmi les musiciens les plus acclamés du Manitoba.

Parmi les écrivains connus et respectés du Manitoba figurent Margaret Laurence, Gabrielle Roy, Miriam Toews, Sandra Birdsell, Adele Wiseman et Guy Gavriel Kay, George Woodcock, essayiste, historien et poète, et Barry Broadfoot, historien très populaire. La Winnipeg Art Gallery présente, outre des œuvres traditionnelles et contemporaines, la plus importante collection d’art inuit au monde.

Sports

On compte au Manitoba une équipe de la Ligue nationale de hockey, les Jets de Winnipeg, ainsi qu’une équipe de la Ligue canadienne de football, les Blue Bombers de Winnipeg. Les Jets jouent au MTS Centre et les Blue Bombers au stade Investors Group Field. Quant aux Goldeyes de Winnipeg, ils sont les seuls membres canadiens de l’Association américaine de baseball professionnel indépendant; l’équipe se produit au Shaw Park, au nord de The Forks.

Lieux historiques et musées

Le passé historique du Manitoba est préservé et présenté en divers lieux : le Musée du Manitoba, à Winnipeg, considéré comme l’un des plus beaux centres d’interprétation au Canada; le Living Prairie Museum, réserve naturelle de 12 hectares qui préserve la faune et la flore des Prairies; le Musée de St Boniface, qui possède beaucoup d’objets fabriqués par les colons de la rivière Rouge; les archives provinciales et les archives de la CBH, situées toutes deux à Winnipeg. En 2014, le Musée canadien des droits de la personne ouvre ses portes aux visiteurs, et constitue le tout premier musée consacré à l’étude et à la promotion des droits de la personne au monde.

Parmi les sites historiques commémorant l’époque de la colonisation de l’Ouest canadien figure le Lower Fort Garry. Construit en 1832 par la Compagnie de la Baie d’Hudson, à 32 km au nord-est de Winnipeg, sur la rivière Rouge, il s’agit du plus ancien fort de pierre encore intact dans l’ouest du pays. Le décor reflète l’ambiance du temps des colons de la rivière Rouge. La Fourche, à la fois lieu de réaménagement d’un secteur riverain et lieu historique national, est à l’origine de Winnipeg. Situé à la jonction des rivières Rouge et Assiniboine, c’est à l’origine l’un des premiers villages autochtones, et c’est un lieu d’échanges et de rencontres depuis plus de 6 000 ans. De nos jours, l’endroit est redevenu un lieu d’activités récréatives, culturelles, commerciales et historiques qui rassemble les gens. La porte d’entrée du Upper Fort Garry, seul vestige d’un autre fort de la CBH, est située non loin de là.

Parmi les nombreuses maisons historiques du Manitoba, signalons la Maison Riel, résidence de la famille du même nom. Le fort de York Factory, situé à l’embouchure du fleuve Nelson et construit en 1682, était un lieu de transbordement des fourrures. Situé à l’embouchure de la rivière Churchill, le fort Prince-de-Galles, construit en 1731 par la CBH et détruit en 1782 par les Français, est en partie restauré. Il vaut également la peine de visiter, pour leur intérêt historique, la basilique de Saint Boniface, la plus vieille cathédrale de l’ouest du Canada, le tombeau de Louis Riel, la Maison Macdonald, domicile de sir H. J. Macdonald, de même que Fort Douglas, Ross House et Seven Oaks House.