Boyle, Joseph Whiteside

C'est Boyle qui ouvre la piste du lac Bennet et du lac Tutshi. Slavin et lui revendiquent la concession d'un territoire aurifère de 13,3 km le long de la rivière Klondike, mais Boyle se rend compte immédiatement que seule une exploitation à grande échelle serait profitable.

Joseph Boyle
Les exploits de Boyle, en Europe de l'Est ont fait de lui l'un des aventuriers les plus discrets du Canada (avec la permission du Woodstock Museum).

Boyle, Joseph Whiteside

Joseph Whiteside Boyle, surnommé « Klondike Joe », entrepreneur minier et aventurier (Toronto, Ont., 6 nov. 1867 -- Londres, Angl., 14 avril 1923). Adolescent, Boyle passe trois ans en mer comme homme de pont. Il s'établit à New York, où il lance une entreprise de transport de céréales fourragères, se marie, puis divorce. En 1897, il devient gérant du boxeur australien Frank Slavin, avec lequel il fait des tournées à Toronto, San Francisco et Victoria. À Juneau, en Alaska, Boyle et Slavin entendent parler de la RUÉE VERS L'OR DU KLONDIKE, et font partie du premier groupe de chercheurs d'or à traverser le COL WHITE.

C'est Boyle qui ouvre la piste du lac Bennet et du lac Tutshi. Slavin et lui revendiquent la concession d'un territoire aurifère de 13,3 km le long de la rivière Klondike, mais Boyle se rend compte immédiatement que seule une exploitation à grande échelle serait profitable. Il fait pression à Ottawa en vue d'obtenir une concession de dragage, qui lui est finalement accordée en 1900. Entre-temps, il installe une profitable scierie munie de docks et de quais. En 1904, il fonde la Canadian Klondyke Mining Co., dont l'énorme équipement de dragage fonctionne à plein rendement dès 1910, de même qu'une installation hydroélectrique (mai 1911). Il est mêlé à des procès, à des querelles territoriales et à la politique locale. En 1905, il dirige une équipe de hockey, les Klondike Wanderers, qui tente, en vain, de remporter la COUPE STANLEY.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Boyle forme sa propre unité de mitrailleuses et reçoit le titre de colonel honoraire. Il part pour l'Angleterre en 1916 et, après avoir exercé des pressions pour participer à l'action, est envoyé en Russie pour y organiser le système ferroviaire. Après la prise du pouvoir par les bolcheviks, il est nommé président de la Commission de l'alimentation de toutes les Russies, responsable de la collecte et de la distribution de la nourriture. Il voit se répandre à son sujet une réputation de protagoniste extraordinaire lorsqu'il réussit à dégager les 10 000 wagons qui encombraient les alentours de Moscou. On lui confie la tâche de rapporter en Roumanie les archives nationales et le papier-monnaie (probablement pas les joyaux de la couronne, comme on l'a prétendu). Pour y parvenir, il doit forcer un blocus russe. En tant qu'émissaire de confiance entre la Roumanie et les bolcheviks, il voit à assurer la signature d'un traité de paix.

Il réalise un autre exploit en assurant, cette fois, l'évasion de 54 prisonniers roumains tenus en otage à Sébastopol. Tout en fournissant des renseignements à l'Angleterre et à la France, il s'emploie sans relâche à soulager la misère du peuple roumain déchu. Après la guerre, il travaille à restructurer l'industrie pétrolière roumaine et dirige une brève mission d'aide canadienne. Ses efforts font de lui un héros national en Roumanie, où il devient le confident, l'ami et peut-être l'amant de la reine Marie, qui le décrit succinctement comme un homme « qui n'a peur de rien et qui, par sa force de volonté extraordinaire et son intrépidité, réussit à passer partout ».

Boyle quitte la Roumanie au bout de deux années d'action qui l'épuisent au point d'entraîner sa mort. De la Russie, il reçoit l'ordre de Sainte-Anne et l'Ordre de Saint-Vladimir; de la France, la Croix de Guerre; de l'Angleterre, l'Ordre du service distingué; et de la Roumanie, la Couronne de la Roumanie, l'Étoile de la Roumanie et la Grande Croix. Sa carrière exceptionnelle en Europe de l'Est n'est pas reconnue au Canada. Comme bien d'autres hommes aux exploits remarquables, il est considéré avec suspicion à cause de son indépendance.