James Gladstone

James Basil Gladstone, interprète, agriculteur, éleveur, défenseur des droits des Autochtones et sénateur kainai (Blood) (né le 21 mai 1887 à Mountain Mill, dans les Territoires du Nord-Ouest; décédé le 4 septembre 1971 à Fernie, en Colombie-Britannique). Homme canadien d’ascendance mixte écossaise, crie et française. James Basil Gladstone a consacré la majeure partie de sa vie à l’amélioration de la situation des peuples autochtones au Canada et a été nommé le premier sénateur du pays ayant le statut d’Indien

James Basil Gladstone, interprète, agriculteur, éleveur, défenseur des droits des Autochtones et sénateur kainai (Blood) (né le 21 mai 1887 à Mountain Mill, dans les Territoires du Nord-Ouest; décédé le 4 septembre 1971 à Fernie, en Colombie-Britannique). Homme canadien d’ascendance mixte écossaise, crie et française. James Basil Gladstone a consacré la majeure partie de sa vie à l’amélioration de la situation des peuples autochtones au Canada et a été nommé le premier sénateur du pays ayant le statut d’Indien. 


James Gladstone

Jeunesse et éducation

James Gladstone est le fils de Harriet Gladstone et de son troisième époux, James Bowes. Harriet était la fille de William Gladstone (dit « Old Glad »), ancien employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson, et de Harriet Le Blanc, son épouse d’origine crie, sioux Santee et canadienne-française. Le couple élève James et trois de ses frères et sœurs à Mountain Mill, une petite communauté à l’ouest de Pincher Creek. Old Glad insiste pour que ses enfants prennent le nom de famille Gladstone.

James Gladstone commence sa scolarité en 1894 au pensionnat indien anglican St. Paul’s de la Première Nation Kainai, situé entre Cardston et Lethbridge dans l’Alberta d’aujourd’hui. Les Kainai sont l’une des trois nations autochtones qui composent la Confédération des Pieds-Noirs ou Siksikaitsitapi. À l’âge de 10 ans environ, James Gladstone choisit Akay-na-muka comme nom autochtone, ce qui signifie « beaucoup de fusils » dans la langue des Pieds-Noirs. En 1903, il est admis à l’école industrielle de St. Dunstan, non loin de Calgary, où il apprend le métier d’imprimeur. Deux ans et demi plus tard, il quitte l’école et revient dans la Première Nation Kainai.

En 1911, James Gladstone épouse Janie Healy (1893-1977), également connue sous le nom de Pok-otun, ou « petite fille ». Janie est membre d’une importante famille de Pieds-Noirs et la fille de Joe Healy, surnommé Flying Chief. Le couple aura sept enfants : quatre filles et trois fils, dont un mort en bas âge. 

Débuts professionnels

James Gladstone passera le reste de sa vie, en grande partie, à la Première Nation Kainai ou à proximité. Il occupe divers emplois, dont ceux d’homme à tout faire, d’ouvrier, de cocher, d’éleveur de bétail, de bûcheron, d’éclaireur et d’interprète de la GRC, de facteur, de berger, de mineur de charbon, d’agriculteur et de camionneur.

Peu importe où il travaille, le désir de James Gladstone est toujours de revenir auprès de la Première Nation Kainai, où il se sent à sa place. Après plusieurs tentatives infructueuses, il obtient finalement en 1920 le statut de membre en vertu des traités autochtones. (Voir aussi Statut d’Indien.) Malgré cela, certains Kainai ne l’acceptent pas entièrement en raison de son ascendance crie.

Agriculture

James Gladstone démarre sa propre ferme en 1921, à environ 8 km au nord de Cardston. Travaillant sans relâche, il se constitue progressivement un ranch prospère de 290 hectares et cumule 400 bovins. Il introduit plusieurs procédures et équipements agricoles modernes, qu’il encourage ses collègues agriculteurs autochtones à adopter. James Gladstone apporte le premier tracteur à la Première Nation en 1927. C’est également la première personne à faire installer l’électricité dans sa résidence, et il achète la toute première batteuse privée.

Militantisme

Au printemps 1945, presque par hasard, James Gladstone assiste à une réunion de l’Indian Association of Alberta (IAA). Se sentant immédiatement interpellé par les discussions sur les enjeux et les problèmes des Premières Nations, il s’implique activement pour la cause. Élu président de l’IAA en 1949, il se rend à Ottawa à trois reprises pour discuter des améliorations proposées à la Loi sur les Indiens. Son acceptation par les Cris et les Pieds-Noirs l’aide dans cette tâche. Battu en 1954, James Gladstone est nommé président honoraire de l’association en 1957, puis parrain en 1958. Il jouera un rôle d’importance dans la destinée de nombreux peuples autochtones au Canada.

Carrière de sénateur

Le premier ministre progressiste-conservateur John Diefenbaker, lui aussi de l’ouest du Canada, nomme James Gladstone au Sénat le 31 janvier 1958 comme son premier sénateur autochtone. Cela survient deux ans avant que les Indiens inscrits n’obtiennent le droit de vote au Canada, une cause défendue par James Gladstone. (Voir aussi Droit de vote des peuples autochtones.) En tant que sénateur, il copréside de nombreux comités, dont le Comité mixte des Affaires indiennes, le Comité spécial sur l’utilisation des terres et le Comité mixte spécial sur les revendications des Indiens. James Gladstone siège en tant que conservateur indépendant au Sénat jusqu’à sa retraite volontaire le 31 mars 1971.

Lors de son premier discours au Sénat le 13 août 1958, James Gladstone s’exprime brièvement dans la langue des Pieds-Noirs pour consigner dans le compte rendu officiel « quelques mots dans la langue de mon peuple[…] en reconnaissance des premiers Canadiens ». Il tient ces propos : « Les Indiens du Canada sont très heureux de savoir qu’ils ont quelqu’un à Ottawa pour les représenter au sein du gouvernement du Canada. J’espère pouvoir prononcer les bons mots pour eux ». Il décrit ensuite en détail certains des problèmes rencontrés par les peuples autochtones au Canada, notamment en matière d’agriculture, d’élevage, de pêche, de piégeage et d’éducation. Il fait remarquer que nombre de ces difficultés résultent du paternalisme du gouvernement à l’égard des peuples autochtones du Canada et qu’elles sont à l’origine d’une frustration généralisée chez ces derniers.     

Reconnaissance

En août 1960, James Gladstone reçoit le prix de l’Amérindien de l’année lors d’une cérémonie tenue dans le Montana, aux États-Unis. C’est alors le premier Canadien à être ainsi reconnu. En 1969, l’Université de Lethbridge lui décerne un doctorat honorifique en droit lors de sa première cérémonie de remise de diplôme honorifique.

Le 25 octobre 2001, un buste de James Gladstone conçu par Rosemary Breault-Landry est dévoilé au Sénat. L’homme est représenté portant une coiffe d’apparat complète en reconnaissance de son statut de premier Indien inscrit nommé au Sénat. (Voir aussi Ornementation autochtone au Canada.) La statue est déplacée dans l’édifice du Sénat du Canada pendant la rénovation de l’édifice du Centre, qui devrait durer dix ans et s’achever en 2029.

En avril 2017, la Banque du Canada crée un billet de 10 dollars pour commémorer le 150e anniversaire de la Confédération. On peut y voir un portrait de James Gladstone ainsi que ceux de sir John A Macdonald, de sir George-Etienne Cartier et d’Agnes Macphail.

Décès et héritage

Pendant un séjour en Colombie-Britannique, James Gladstone s’éteint au Fernie Memorial Hospital à l’âge de 84 ans. Il repose au cimetière St. Paul de la Première Nation Kainai.

Chaque année, l’Alberta Indian Investment Corporation remet la bourse commémorative Senator James Gladstone à un Albertain membre d’une Première Nation poursuivant des études postsecondaires en commerce, en finances ou en économie.


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