Henri J. Breault

Henri Joseph Breault, médecin, militant de la lutte contre les empoisonnements (né le 4 mars 1909, à Tecumseh, en Ontario; décédé le 5 septembre 1983, à Exeter, en Ontario). Henri J. Breault est connu pour avoir été le fer de lance d’une campagne nationale visant à prévenir les empoisonnements accidentels chez les enfants. Il a plaidé pour la mise au point du Palm‑N‑Turn, un bouchon de sécurité ayant permis de réduire considérablement le nombre de décès d’enfants par empoisonnement, au Canada et dans le monde.

Henri Joseph Breault, médecin, militant de la lutte contre les empoisonnements (né le 4 mars 1909, à Tecumseh, en Ontario; décédé le 5 septembre 1983, à Exeter, en Ontario). Henri J. Breault est connu pour avoir été le fer de lance d’une campagne nationale visant à prévenir les empoisonnements accidentels chez les enfants. Il a plaidé pour la mise au point du Palm‑N‑Turn, un bouchon de sécurité ayant permis de réduire considérablement le nombre de décès d’enfants par empoisonnement, au Canada et dans le monde.
Dessin du docteur Henri J. Breault, non daté.

Jeunesse et début de carrière médicale

Né à Tecumseh, en Ontario, Henri J. Breault souffre du décès prématuré de sa mère. À compter de l’âge de 11 ans, il est élevé dans des pensionnats. Il suit des études médicales à l’Université Western Ontario, où il obtient son doctorat en médecine en 1936. Après sa formation, il effectue un stage en pédiatrie à l’Hôtel‑Dieu, devenu Hôtel‑Dieu Grace Healthcare (voir aussi Hôtel‑Dieu), un hôpital de Windsor, en Ontario; puis, il mène à bien une résidence en pédiatrie au Children’s Hospital of Michigan. En 1939, il ouvre un cabinet médical privé à Windsor.

Militant

Photographie du Dr Henri J. Breault, date inconnue.

En 1957, Henri J. Breault devient chef du service de pédiatrie à l’hôpital Hôtel‑Dieu. Dans ce cadre, il est amené à traiter de nombreux cas d’empoisonnement accidentel d’enfants ayant ingéré, à la maison, des médicaments ou d’autres produits dangereux qui se trouvaient dans des contenants faciles à ouvrir. On estime qu’il y a, à l’époque, une moyenne annuelle de mille cas de ce type à Windsor pour un décès. Ce problème ne cesse de s’aggraver, incitant le docteur Breault à contribuer à la création d’un centre antipoison à l’hôpital, qui ouvre ses portes en 1957. En tant que premier directeur du centre, il lance une campagne d’éducation à Windsor, pour constater, toutefois, que l’incidence des intoxications infantiles n’en diminue pas pour autant.

Au début des années 1960, Henri J. Breault cofonde l’Ontario Association for the Control of Accidental Poisoning (OACAP) constituée en société en 1963. Cette organisation, dissoute en 1980, a pour objectif de mettre au point des contenants que les enfants ne pourront pas ouvrir et à en promouvoir l’utilisation pour les médicaments sur ordonnance. L’OACAP lance alors un concours, permettant aux Ontariens de soumettre des modèles de bouchon que les adultes pourront ouvrir, mais pas les enfants de moins de quatre ans. Au bout de trois ans, de nombreuses propositions en ce sens sont étudiées, sans qu’aucune ne convienne véritablement.

Palm‑N‑Turn

Finalement, Henri J. Breault retient les services de Peter Hedgewick, président de Reflex Corporation of Canada Ltd., une entreprise située à Windsor. Peter Hedgewick conçoit, avec son équipe, un capuchon en polypropylène, s’adaptant sur un petit récipient muni de six ergots. Le capuchon nécessitait une pression manuelle préalable pour pouvoir le tourner et le sortir de ces ergots. Ce système est mis à l’essai auprès de jeunes enfants, qui se montrent incapables d’ouvrir les contenants, même après 10 minutes. Appelée Palm‑N‑Turn, cette innovation, brevetée par la société Reflex, est décrite dans le numéro du 15 mars 1966 du Windsor Star comme « une première et une percée venue de Windsor ».

date inconnue

De 1967 à 1972, Henri J. Breault dirige un projet pilote, dans le comté d’Essex, portant sur des flacons munis de ce capuchon révolutionnaire contenant des médicaments sur ordonnance. À la fin de l’essai, le nombre d’empoisonnements accidentels d’enfants par des médicaments sur ordonnance a chuté de façon spectaculaire, de 91 %. En 1974, l’Ontario devient la première province au Canada à imposer l’utilisation de bouchons résistant aux tentatives d’ouverture des enfants sur les flacons contenant des médicaments. Ultérieurement, non seulement l’utilisation du Palm‑N‑Turn devient obligatoire partout au Canada, mais le système est rapidement distribué aux États‑Unis et ailleurs dans le monde.

Postérité

Au cours de l’année universitaire 2016‑2017, l’Université Western établit le prix Dr. Henri Breault, « Décerné à l’étudiant ou à l’étudiante ayant reçu la meilleure évaluation à l’issue d’un cours optionnel ou obligatoire de quatrième année en pédiatrie ». En 1974, le centre de pédiatrie de l’hôpital Hôtel‑Dieu est nommé Centre de pédiatrie Henri‑Breault en l’honneur du médecin natif de Tecumseh. Le docteur Breault prend sa retraite en 1980, tout en continuant à travailler à temps partiel au Centre de réadaptation de Windsor. À 74 ans, il décède d’une crise cardiaque, à Exeter, en Ontario. En 2000, le prix d’excellence communautaire Dr.‑Henri‑Breault est créé, à Tecumseh, pour honorer sa mémoire.

Prix et distinctions