Howe, Joseph

Désireux de s'élever au-dessus de « la mare bourbeuse de la politique », il tente, sans succès, de faire des démarches pour la construction d'un chemin de fer entre Halifax et Québec.

Joseph Howe
Patriote n\u00e9o-\u00e9cossais par excellence, Howe a utilis\u00e9 son pouvoir d'orateur pour influencer ses compatriotes plus que n'importe qui (avec la permission des Biblioth\u00e8que et Archives Canada/C-22002).

Howe, Joseph

 Joseph Howe, journaliste, homme politique, premier ministre et lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse (Halifax, 13 déc. 1804 -- id., 1er juin 1873). Howe acquiert le Novascotian en 1828 et en fait bientôt le journal le plus influent de la province. Partisan du statu quo politique, son expérience personnelle finit par le convaincre que le gouvernement est confronté à de graves problèmes. Accusé de diffamation criminelle en 1835 pour avoir critiqué des fonctionnaires du gouvernement provincial, il est acquitté à la suite du procès le plus célèbre de la province. Il se lance en politique en 1836 et est responsable de l'élection d'une majorité de réformistes (libéraux). Réformiste conservateur, il forme une coalition avec les Tories en 1840, dans l'espoir d'atteindre graduellement ses objectifs. Il échoue et ouvre la voie au succès des réformistes lors des élections de 1847. Suite à ce succès, la Nouvelle-Écosse est la première colonie à se doter d'un GOUVERNEMENT RESPONSABLE, en février 1848. Howe peut se vanter que tout s'est accompli « sans violence ou bris de verre ».

Désireux de s'élever au-dessus de « la mare bourbeuse de la politique », il tente, sans succès, de faire des démarches pour la construction d'un chemin de fer entre Halifax et Québec. Cependant, à titre de commissaire en chef, il amorce la construction du chemin de fer de la Nouvelle-Écosse en 1854 et fait terminer la ligne Halifax-Windsor-Truro. Loyal à l'Angleterre, il recrute des forces aux États-Unis en 1855 pour venir en aide aux Britanniques engagés dans la GUERRE DE CRIMÉE. Cela entraîne la rupture avec les catholiques et la défaite des réformistes en 1857. À la suite de la victoire libérale de 1859, il est premier ministre (1860-1863) et commissaire impérial des Pêches (1863-1866) en vertu du Traité de RÉCIPROCITÉ de 1854. De 1866 à 1868, il dirige le mouvement qui s'oppose à la CONFÉDÉRATION en alléguant qu'elle est en train de se faire sans le consentement de la population et qu'elle nuit à ses propres plans d'organisation de l'Empire britannique. Malgré sa victoire écrasante aux élections provinciales de 1867 et bien que délégué en Angleterre en 1866 et 1867, il ne peut empêcher l'adoption de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, ni le faire abroger, un an plus tard. Ne disposant d'aucun autre moyen d'opposition, Howe entre au Cabinet fédéral en janvier 1869, après avoir été élu lors de célèbres élections complémentaires tenues au coeur de l'hiver, dans la circonscription de Hants. Sa santé en sort affectée et il ne s'en remet jamais tout à fait. À titre de ministre fédéral, il contribue pour beaucoup à l'entrée du Manitoba dans la Confédération. Nommé lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse en 1873, il meurt trois semaines plus tard.

Malgré ses échecs, beaucoup le considèrent comme le plus illustre des Néo-Écossais. Patriote par excellence et orateur éloquent, il sait influencer ses compatriotes mieux que quiconque. Il tente, selon ses dires, de les élever vers « quelque chose de plus noble, de plus exigeant et de plus inspirant, susceptible de repousser les limites de leur intelligence et d'accroître leur prospérité ».


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