Karen Kain

Karen Alexandria Kain, CC, O. Ont., danseuse, directrice artistique, administratrice artistique (née le 28 mars 1951 à Hamilton, en Ontario). Karen Kain est l’une des plus grandes danseuses au Canada et l’une des plus reconnues à l’international. Elle poursuit son travail auprès du Ballet national du Canada (BNC) après sa retraite comme ballerine, agissant à titre de directrice artistique de la compagnie de danse depuis 2005.



Karen Kain

Elle poursuit son travail auprès du BNC après sa retraite comme ballerine, agissant à titre de directrice artistique de la compagnie de danse depuis 2005. Elle est Compagnon de l’Ordre du Canada, Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres de France et membre de l’Ordre de l’Ontario. Elle est également intronisée à l’Allée des célébrités canadiennes. Karen Kain est lauréate, entre autres distinctions, d’un prix du gouverneur général pour les arts du spectacle qui lui est décerné pour l’ensemble de sa carrière.

Jeunesse et formation

Karen Kain voit le jour en 1951 à Hamilton, en Ontario. C’est l’aînée de quatre frères et sœurs. À l’âge de huit ans, sa mère l’inscrit à l’école de ballet. Trois ans plus tard, en 1962, elle commence sa formation à l’École nationale de ballet du Canada, qui à l’époque est gérée par Betty Oliphant. Karen Kain bénéficie d’une bourse d’études partielle.

Début de carrière

En 1969, à 18 ans, Karen Kain se voit offrir un contrat avec le Ballet national du Canada par Celia Franca, fondatrice et directrice artistique du Ballet. En janvier 1971, elle fait ses débuts dans le difficile rôle de la reine des cygnes dans la production Le Lac des cygnes. La même année, elle est promue au rang de directrice de la compagnie de danse. Elle danse d’abord aux côtés de Frank Augustyn dans Intermezzo, ballet dirigé par Eliot Field. Karen Kain et Frank Augustyn danseront ensemble dans de nombreux ballets acclamés au fil des ans.

En 1973, Karen Kain remporte la médaille d’argent dans la catégorie des femmes et, avec Frank Augustyn, le prix du meilleur pas de deux au Concours International de Ballet de Moscou. Rudolf Nureyev, grand danseur soviétique ayant mis en scène La Belle au bois dormant pour la compagnie de danse en 1972, s’intéresse tout spécialement aux deux danseurs; grâce au soutien de Rudolf Nureyev, Karen Kain et Frank Augustyn ne tarderont pas à acquérir une grande notoriété au Canada. Ils sont surnommés les gold-dust twins (ou jumeaux d’or). En outre, Karen Kain participe régulièrement à des compétitions de danse internationales aux côtés de Rudolf Nureyev à titre de danseuse invitée. Entre 1973 et 1984, elle réalise des tournées internationales avec le danseur, figurant dans des ballets comme La Belle au bois dormant et Le Lac des cygnes.

Succès national et international

La solide technique, l’amplitude de mouvement, la musicalité sensible, l’exécution audacieuse et les capacités dramatiques polyvalentes de Karen Kain se voient aisément dans ses interprétations d’œuvres classiques et contemporaines. Dans ses 28 années de carrière au sein du Ballet national, Karen Kain se bâtit un répertoire exceptionnellement vaste qui comprend tous les grands rôles de ballerine dans les productions longues, ainsi qu’une gamme particulièrement diversifiée de rôles principaux dans des œuvres plus courtes. Plus grande que la moyenne chez les ballerines – elle mesure 1,70 m –, elle donne à des rôles traditionnels comme ceux d’Aurora, dans La belle au bois dormant, de la reine des cygnes et du rôle-titre de Giselle une touche toute personnelle. Elle exécute une interprétation absolument poignante de la pièce Roméo et Juliette de John Cranko; dans La Fille mal gardée de Frederick Ashton, elle éblouit par son sens aigu de la comédie romantique.

Depuis le début de sa carrière, les chorégraphes s’arrachent Karen Kain, pour qui ils rêvent de créer des rôles. À partir de 1974, elle se produit comme artiste invitée pendant près d’une décennie au Ballet National de Marseille, sous la direction de Roland Petit. Toutefois, la danseuse demeure très attachée à son pays et au Ballet national; cela lui vaut l’affection du public et l’aide à se faire connaître à l’échelle nationale.

Avec la compagnie de danse canadienne, elle crée régulièrement de nouveaux rôles pour les ballets. C’est le cas, notamment, de Mad Shadows d’Ann Ditchburn, de Sacre du printemps, Sinfonia et Oiseaux exotiques de Constantin Patsalas, d’Alice, La Ronde et Tagore de Glen Tetley, de Time Out with Lola de John Alleyne, de Café Dances de Christopher House, de Now and Then de John Neumeier et de Tides of Mind de Dominique Dumais. Karen Kain noue également des liens particulièrement prolifiques avec James Kudelka, avec qui elle conçoit différents rôles pour Le viol de Lucrèce, Musings, Le Mandarin merveilleux, Spring Awakening et The Actress.

Karen Kain

Retraite du monde artistique

Karen Kain connaît une carrière de ballerine beaucoup plus longue que la moyenne. Bien qu’elle doive renoncer à certains grands rôles qu’elle juge ne plus lui convenir, son style de danse dans la quarantaine explore de nouvelles dimensions de créativité, de complexité dramatique et de profondeur émotionnelle. La première danseuse à temps plein annonce néanmoins en 1996 son intention de passer le flambeau à la prochaine génération. Cela incite l’imprésario Garth Drabinsky à célébrer les réalisations de l’artiste par une tournée d’adieu pancanadienne qui se déroule à l’été et au début de l’automne 1997. Karen Kain continue de danser pendant une autre année, surtout avec la compagnie bien établie du Nederlands Dans Theater, ainsi que dans le cadre de divers galas.

Directrice artistique du Ballet national du Canada

Karen Kain se joint au Ballet national en 1998 en tant qu’artiste en résidence, sur l’invitation du directeur artistique James Kudelka. Deux ans plus tard, elle assume également les fonctions d’adjointe artistique. Bien qu’elle réapparaisse sur scène lorsqu’elle campe le personnage de Lady Capulet dans Roméo et Juliette, Karen Kain concentre surtout ses efforts sur l’encadrement des danseurs, la mise en scène d’œuvres sélectionnées du répertoire, la collecte de fonds et sa contribution générale en tant que membre de l’équipe de haute direction.

Lorsque James Kudelka démissionne soudainement en mai 2005, Karen Kain est vite désignée pour lui succéder à titre de directrice artistique. Au nombre des productions les plus célèbres et mémorables présentées sous sa direction, citons : Polyphonia (2009) et The Winter’s Tale (2015) de Christopher Wheeldon; Romeo and Juliet (2011) d’Alexei Ratmansky; Hamlet (2012) de Kevin O’Day; Manon (2014) de Kenneth MacMillan; et Nijinsky (2014) de John Neumeier.

Apparitions à l’écran

Karen Kain, célèbre sur scène, se fait également connaître par ses apparitions à l’écran, notamment dans le cadre de sa participation fréquente à des émissions télévisées spéciales. On peut la voir dans les productions télévisées de Giselle, La Fille mal gardée, The Merry Widow, La Ronde et Alice de Norman Campbell. La danseuse fait l’objet de plusieurs documentaires, dont, tout récemment, Making Ballet du réalisateur Anthony Azzopardi, film basé sur le ballet The Actress. Un documentaire de la série Life and Times de la CBC, du réalisateur David Langer, porte également sur la danseuse et ce ballet particulier. Karen Kain est également le sujet de Karen Kain: Dancing in the Moment de Veronica Tennant, un film produit pour la télévision de la CBC, qui remporte en 1999 un prix Emmy international.

Engagement communautaire

Tout au long de sa carrière, Karen Kain se porte bénévole pour un grand nombre d’organismes de bienfaisance et d’institutions publiques, dont la Fondation canadienne du rein, la Toronto Humane Society et Foster Parents Plan Canada. Elle est notamment la présidente fondatrice du Centre de ressources et transition pour danseurs, un organisme qui aide les danseurs à planifier et réaliser une transition en douceur du monde artistique vers une nouvelle carrière. Karen Kain siège comme présidente du conseil d’administration du Conseil des arts du Canada de 2004 à 2008. La Karen Kain School of the Arts, ainsi nommée par des enfants torontois du niveau primaire pour souligner la contribution apportée par la danseuse tout au long de sa carrière dans le secteur des arts, ouvre ses portes en 2008 à Etobicoke, en Ontario.

Prix et distinctions

  • Nomination comme officier de l’Ordre du Canada (1976)
  • Nomination comme membre de l’Ordre de l’Ontario (1990)
  • Compagnon de l’Ordre du Canada (1991)
  • Prix Toronto Arts des arts de la scène (1992)
  • Prix Cartier pour l’ensemble de la carrière (1996)
  • Prix du Centre national des Arts, Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (1997)
  • Allée des célébrités canadiennes (1998)
  • Officier de L’Ordre des Arts et des Lettres, gouvernement français (2002)
  • Prix pour l’ensemble de la carrière (danse), Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (2002)
  • Médaille du Jubilé d’or de la Reine Elizabeth II (2002)
  • Prix commémoratif Barbara Hamilton (2007)
  • Prix de l’artiste s’étant le plus distingué, International Society for the Performing Arts (2011)
  • Médaille du Jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II (2012)
  • Prix Peter Herrndorf de leadership artistique (2016)

Diplômes honorifiques