Kennedy Stewart

Kennedy Stewart, politicien, professeur universitaire et maire de Vancouver (2018 à aujourd’hui) (né le 8 novembre 1966 à Halifax, en Nouvelle-Écosse). Au cours de sa carrière, Kennedy Stewart devient député de Burnaby-Douglas et de Burnaby South et est membre du caucus du NPD. En congé de son poste de professeur agrégé à la School of Public Policy de l’Université Simon Fraser, il est actuellement le 40e maire de Vancouver.



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Le député Kennedy Stewart, qui représente la circonscription de Burnaby-Douglas, s’adresse à la foule lors de la manifestation de protestation « Stop Kinder Morgan » organisée au Burnaby Mountain Park le 13 septembre 2014.

(avec la permission de Mark Klotz/Wikimédia, CC)

Jeunesse

Kennedy Stewart voit le jour à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 8 novembre 1966. Dans un contexte économique instable où les taux hypothécaires sont à la hausse, son père perd son emploi, ce qui mène la famille à perdre sa maison et à déclarer faillite. Cet événement de sa jeunesse affecte grandement Kennedy Stewart et oriente plus tard ses projets politiques vers l’accessibilité au logement et l’itinérance. 

Formation et début de carrière

Kennedy Stewart obtient un baccalauréat en histoire de l’Université Acadia, en Nouvelle-Écosse. En 1989, il quitte sa province natale pour se rendre à Vancouver avec en poche seulement 100 $. Il y occupe divers emplois, notamment ceux de superviseur de presses à imprimer, de musicien dans un groupe et de livreur de bière. Alors qu’il travaille au service d’urbanisme et au conseil des parcs de la Ville de Vancouver, il développe une véritable fascination quant au fonctionnement des villes. Kennedy Stewart décide donc d’entreprendre une maîtrise en politique urbaine à l’Université Simon Fraser, à Vancouver, puis un doctorat à la London School of Economics, où il étudie les villes du monde. En 2002, il retourne à Vancouver pour travailler comme professeur à la School of Public Policy de l’Université Simon Fraser. En plus de l’enseignement, il devient conseiller pour les gouvernements et les Nations Unies en matière de logement et de villes.

Carrière politique

Kennedy Stewart entame sa carrière en politique fédérale en 2004 lorsqu’il se présente comme candidat du NDP représentant Vancouver Centre. Il ne remporte toutefois pas cette élection. En 2011, il se présente à nouveau et est élu député pour la circonscription de Burnaby-Douglas. Il est ensuite réélu en 2015. En tant que député, le politicien travaille sur deux grands dossiers : l’attribution d’une plus grande part du budget fédéral pour l’accessibilité au logement et l’activisme écologique. Au cours de ses deux mandats, il joue le rôle de porte-parole de l’opposition pour la science et la technologie. En 2013, il présente une motion pour la modernisation du processus de dépôt de pétitions dans le but d’accepter les pétitions électroniques en plus des pétitions traditionnelles sur papier. Les pétitions électroniques sont approuvées en 2015 et contribuent depuis à augmenter la participation démocratique. (Voir aussi Pétitionnement au Canada.)

Kennedy Stewart est à l’origine de plusieurs articles sur les politiques publiques et la démocratie. En 2017, il collabore avec les politiciens Scott Simms, libéral, et Michael Chong, conservateur, pour la rédaction du livre Turning Parliament Inside Out: Practical Ideas for Reforming Canada’s Democracy.

Elizabeth May et Kennedy Stewart

Elizabeth May, chef du Parti vert, et le député du NPD Kennedy Stewart se joignent à la manifestation au parc de stockage de Kinder Morgan à Burnaby, en Colombie-Britannique, le 23 mars 2018; les militants sont arrêtés. 

(© David Carey/Dreamstime)

Militantisme

Au cours de son mandat de député, Kennedy Stewart travaille avec acharnement pour empêcher Kinder Morgan de construire son allongement du pipeline Trans Mountain, qui comprend un terminal à Burnaby. L’extension est cependant approuvée par le gouvernement fédéral en 2016. En mars 2018, le politicien est arrêté pour avoir bloqué l’accès aux installations de Kinder Morgan alors qu’il manifeste contre l’allongement du pipeline à Burnaby. Avec sa consœur Elizabeth May, chef du Parti vert, et d’autres militants, il contrevient à l’ordonnance de la cour de demeurer à plus de cinq mètres des chantiers lors de manifestations. Il plaide coupable à des accusations d’outrage au tribunal de nature criminelle et reçoit une amende de 500 $. En mai 2018, le gouvernement fédéral achète le pipeline Trans Moutain et l’extension, mais le projet demeure confronté à de nombreux défis et retards à tous les paliers gouvernementaux. (Voir Pipelines au Canada.)

Mairie

En septembre 2018, Kennedy Stewart démissionne de son poste à la Chambre des Communes pour se présenter comme maire de Vancouver en tant que candidat indépendant. Lors de sa campagne électorale, il mise sur quatre enjeux principaux : l’accessibilité au logement, le développement économique durable, l’environnement et le développement d’une ville pleine de compassion dans le contexte de la crise des opioïdes. Il met également l’accent sur la collaboration entre les politiciens progressistes pour instaurer davantage de politiques progressistes à Vancouver. Le 20 octobre 2018, il devient maire lorsqu’il remporte de peu l’élection contre son plus grand adversaire, Ken Sim, candidat de l’Association non partisane.

Accessibilité au logement et itinérance

La priorité de Kennedy Stewart en tant que maire est de gérer la crise d’accessibilité au logement qui sévit à Vancouver. Pendant sa campagne électorale, le candidat à la mairie promet de protéger la ville des spéculateurs fonciers et des investisseurs étrangers, qui font exploser le prix des habitations. Il promet, au cours de la décennie à suivre, de bâtir 25 000 nouvelles maisons de location abordables sans but lucratif et, pour les acheteurs d’une première maison, 35 000 unités abordables telles que des condominiums, des maisons en rangée et des annexes. En février 2019, de concert avec BC Housing et Vancouver Coastal Health, le conseil municipal approuve un grand projet de construction visant à mettre en place 90 unités de logement abordable à long terme ainsi qu’un centre de gestion des sevrages de drogue au coin de East First Avenue et de Clark Drive, dans le quartier Downtown Eastside.

Développement économique durable

Pendant sa campagne électorale de 2018 pour la mairie, Kennedy Stewart démontre son appui envers les arts et la culture. Il promet d’augmenter le financement pour les arts, d’élargir les services de bibliothèques et de construire 9 290 m² de studios abordables pour les créateurs. Le politicien promet également de soutenir les petites entreprises et met de l’avant un plan pour construire un incubateur pour les jeunes entreprises dans le milieu technologique. Pendant le mandat du maire, le conseil municipal déclare son intention de réviser toutes les politiques concernant les petites entreprises.

Environnement

En matière d’environnement, Kennedy Stewart promet de poursuivre l’objectif de Vancouver de devenir la ville la plus verte au monde, un but énoncé dans le Plan d’action 2020 pour la ville la plus verte du maire précédent, Gregor Robertson. Le politicien affirme également soutenir les bandes cyclables, le transport en commun sans combustibles fossiles et la technologie verte. En tant que maire, il continue de lutter contre le projet d’extension du pipeline Trans Mountain. Fidèle au rôle qu’a joué précédemment Vancouver, il soutient les groupes autochtones dans leurs contestations judiciaires en lien avec l’extension du pipeline et, en novembre 2018, rencontre le premier ministre Justin Trudeau, auquel il fait la promesse de continuer à s’opposer au projet.

Crise de la drogue

Peu après être devenu maire de Vancouver, Kennedy Stewart organise un groupe de travail d’urgence pour aider à la gestion de la crise de la drogue qui frappe la ville : en avril 2016, l’officier de santé provincial de la Colombie-Britannique déclare que la crise des opioïdes est une urgence de santé publique. Les objectifs du nouveau groupe de travail sont de prévenir les décès causés par le fentanyl, d’explorer toutes les options de politiques liées aux drogues, d’améliorer le réseau de centres d’injection sécuritaire et de coopérer avec les gouvernements provincial et fédéral pour négocier un nouvel Accord de Vancouver (le précédent ayant échu en 2010). Cette entente fait la promotion de la collaboration de tous les paliers de gouvernement pour le développement du quartier Downtown Eastside, dont la population vulnérable est gravement touchée par la crise des opioïdes.

En novembre 2018, Kennedy Stewart rencontre le premier ministre Justin Trudeau pour discuter de la crise de la drogue puis, en décembre 2018, le groupe de travail publie son premier rapport, faisant état d’un nombre de décès demeurant élevé malgré l’existence de mesures d’atténuation. On y retrouve de nombreuses recommandations, y compris la construction d’un nouveau site extérieur de prévention des surdoses par inhalation, la propagation des mesures d’atténuation à d’autres quartiers en plus de Downtown Eastside et l’amélioration de l’accès à des opioïdes sains pour remplacer les drogues de rue toxiques, souvent contaminées par le fentanyl. Le rapport recommande un financement de près de quatre millions de dollars pour améliorer les programmes d’atténuation des dommages.

Vie personnelle

En plus d’être politicien, Kennedy Stewart est également musicien. À son arrivée à Burnaby, en Colombie-Britannique, il joue de la guitare basse pour State of Mind, un groupe de musique pop qui remporte trois prix des West Coast Music Awards en 1991. Il est marié à Jeanette Ashe, professeure au Douglas College à New Westminster, en Colombie-Britannique, et présidente du département de science politique.