Mont Royal

Le mont Royal est une montagne peu élevée, présentant une large base d’une superficie de dix kilomètres carrés. Proche du centre géographique de l’île de Montréal, il constitue la caractéristique topographique emblématique de la ville et est aujourd’hui un site protégé. Il a été désigné arrondissement historique et naturel par le gouvernement du Québec, en 2005. Il est légalement interdit de construire à Montréal des bâtiments dépassant la hauteur du mont Royal. Le mont Royal, communément appelé « la Montagne » occupe une position centrale, non seulement dans le paysage urbain de la ville de Montréal, mais aussi dans son histoire, sa culture et sa société.

Le mont Royal est une montagne peu élevée, présentant une large base d’une superficie de dix kilomètres carrés. Proche du centre géographique de l’île de Montréal, il constitue la caractéristique topographique emblématique de la ville et est aujourd’hui un site protégé. Il a été désigné arrondissement historique et naturel par le gouvernement du Québec, en 2005. Il est légalement interdit de construire à Montréal des bâtiments dépassant la hauteur du mont Royal. Le mont Royal, communément appelé « la Montagne » occupe une position centrale, non seulement dans le paysage urbain de la ville de Montréal, mais aussi dans son histoire, sa culture et sa société.


Caractéristiques topographiques et territoire

Le mont Royal se compose de trois sommets : la colline de la Croix ou « la Grosse Montagne », le sommet central où se trouve la Croix du mont Royal, culminant à 233 m; la colline d’Outremont ou « l’Outremont »; et le mont Westmount ou « la Petite Montagne ». Le mont Royal s’est formé il y a environ 125 millions d’années, à l’occasion d’une intrusion souterraine de magma. Son paysage a ensuite été façonné par le recul des glaciers, au cours de la dernière période glaciaire. Bien qu’il ait souvent été décrit comme tel, le mont Royal n’est nullement un volcan éteint ou dormant; il s’agit plutôt de l’une des nombreuses collines, plus ou moins élevées, qui forment les Montérégiennes. Le montroyalite, un minéral découvert à la carrière Francon, dans les quartiers est de Montréal, a été nommé ainsi d’après le nom du mont Royal.

Quatre cimetières s’étendent sur la majeure partie du nord de la Montagne. Le mont Royal abrite également un certain nombre d’institutions, comme des universités, des hôpitaux ou des collèges privés, ainsi que l’oratoire Saint‑Joseph, occupant une grande partie de son territoire. (Voir Université de Montréal; Université McGill.) Quelques zones résidentielles ont également été construites à différents endroits sur la Montagne.

Historique

En tant que point de repère géographique incontournable de l’île de Montréal, le mont Royal a toujours été étroitement associé à l’histoire de la colonisation humaine de l’île.

L’un des premiers sites archéologiques sur lesquels on a retrouvé des preuves d’une présence humaine sur l’île de Montréal, le site Dawson, est mitoyen du mont Royal. Si l’on en croit le récit de Jacques Cartier, le village de Hochelaga était situé près de la Montagne. Des villages autochtones ont peut‑être été construits sur le flanc sud‑est du mont Royal, pour les protéger des vents froids d’hiver soufflant du nord‑ouest. En octobre 1535, Jacques Cartier est guidé au sommet du mont Royal lors de son deuxième voyage; de là, il réalise qu’il peut voir le Saint‑Laurent. C’est ce même Jacques Cartier qui nomme cette colline le mont Royal. Le nom Montréal est une contraction des termes « mont » et « réal », qui, dans le français archaïque du 16e siècle, est utilisé indifféremment avec le mot « royal ».

Le saviez‑vous?
En 2017, le parc au sommet de l’Outremont a été renommé parc Tiohtià:ke Otsira'kéhne (« le lieu du grand feu », en kanyen’kéha, la langue mohawk).


Près d’un siècle après la visite de Jacques Cartier, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, et les premiers colons de Ville‑Marie effectuent un pèlerinage sur le mont Royal. Après qu’une terrible inondation a menacé de détruire la colonie, aux environs de Noël 1642, de Maisonneuve, s’engage à placer une croix au sommet du mont Royal si son village est épargné. Au début de 1643, il tient sa promesse, en érigeant une croix de bois sur la Montagne. La croix d’acier illuminée, trônant aujourd’hui au sommet du mont Royal, a été installée en 1924 et commémore cet événement.

À la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle, au fur et à mesure que Montréal grandit et prend de l’importance, certains des marchands les plus riches de la ville s’installent sur le versant sud‑est de la Montagne. Le domaine d’été de James McGill, qui deviendra par la suite le site sur lequel sera bâti l’Université McGill, est l’une de ces somptueuses propriétés.

Tout au long de l’histoire, le mont Royal a joué un rôle clé en matière de sépultures. Bien avant la colonisation européenne, les peuples autochtones enterraient leurs morts sur cette colline. Au milieu du 19e siècle, les quelques cimetières montréalais – presque tous situés dans les quartiers les plus densément peuplés de la ville – ont atteint leurs limites et ne peuvent plus accueillir de nouvelles sépultures. En outre, les autorités de santé publique s’inquiètent des effets de la décomposition des corps en milieu urbain. Les cimetières de la ville entravent également son développement. À partir de 1852, la zone située à l’extrême nord du mont Royal commence à être utilisée comme cimetière par les protestants anglophones. En 1854, le cimetière Notre‑Dame‑des‑Neiges est aménagé à l’intention de la communauté francophone catholique de la ville; il s’agit aujourd’hui du plus grand cimetière au Canada. Toujours en 1854, le premier cimetière juif de Montréal – Shearith Israel – est établi sur le mont Royal, avant qu’un autre – Shaar Hashomayim – ne suive, en 1863; il s’agit là de quelques‑uns des plus anciens cimetières juifs au Canada.

Au fur et à mesure que la ville s’étend géographiquement et que sa population croît, de nombreuses institutions de premier plan s’installent également sur les flancs du mont Royal. Le Collège de Montréal et le Collège Notre‑Dame s’implantent sur la Montagne, à la fin du 19e siècle. Des hôpitaux, comme l’Hôtel‑Dieu ou l’hôpital Royal Victoria, s’établissent également sur le mont Royal ou dans les environs. À l’époque, les médecins estiment qu’il est bon pour les patients d’être installés à proximité de la nature pour favoriser leurs chances de rétablissement. (Voir Hôpital).

Parc du Mont‑Royal

Au 19e siècle, de nombreux citoyens montréalais, parmi les plus en vue, achètent de grandes parcelles de terre autour de la Montagne, certaines d’entre elles étant utilisées comme vergers ou comme fermes. (Voir Agriculture au Canada.) Au fur et à mesure que la ville prend de l’ampleur, elle devient également de plus en plus congestionnée. Les espaces verts existants s’avérant insuffisants, les Montréalais se tournent de plus en plus souvent vers le mont Royal pour la détente et les loisirs, entrant en conflit avec ceux qui exploitent encore la Montagne pour ses ressources naturelles. La coupe d’arbres pour en faire du bois de chauffage, en 1859, conduit à une campagne publique demandant la protection du mont Royal et sa conservation sous la forme d’un parc destiné au plaisir de ses visiteurs.

En 1874, la Ville engage le célèbre architecte paysagiste américain Frederick Law Olmsted pour concevoir le nouveau parc, qui sera officiellement ouvert au public en 1876. (Voir Architecture paysagère.) En dépit du fait qu’il n’a finalement pas été intégralement construit conformément aux plans de départ de son concepteur, le parc, préservant une sorte de nature sauvage au cœur de la ville, est devenu un élément incontournable de la culture montréalaise.

Dans les années 1940 et 1950, une forme de « panique morale » se manifeste à propos d’une section du parc du Mont‑Royal qui serait fréquentée par des « indésirables », notamment des personnes ayant des problèmes de toxicomanie et d’alcoolisme (voir Alcoolisme; Utilisation non médicale des drogues), des itinérants et des gens ayant de graves difficultés de santé mentale. Des articles de journaux hauts en couleur, quoique d’une exactitude douteuse, insinuent également que le parc est utilisé pour des relations sexuelles considérées, à l’époque, comme inappropriées ou immorales. Pendant de nombreuses années, les membres de la communauté LGBTQ+ de Montréal sont pointés du doigt et harcelés par des escouades de la police des mœurs de la Ville. (Voir Droits des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres au Canada.) Le maire Jean Drapeau, qui a fait campagne sur une plate‑forme de respect de la loi et de maintien de l’ordre, promet de s’attaquer de front à ce « problème ». Il ordonne au Service des parcs de Montréal de nettoyer les sous‑bois et d’abattre de nombreux arbres, pour éliminer tous les endroits susceptibles de constituer des cachettes, donnant ainsi au mont Royal une apparence particulière, au point que les Montréalais le surnomment le « mont Chauve ».

Aujourd’hui, le parc est utilisé pour une grande variété d’activités de loisirs et sportives. Le mont Royal abrite plusieurs belvédères, le plus important et le plus connu étant le belvédère Kondiaronk, nommé en l’honneur du grand chef des Hurons‑Wendats qui a facilité la Grande Paix de Montréal, en 1701. Ce belvédère et son chalet sont suffisamment spacieux pour accueillir des foules nombreuses et ont été utilisés pour des concerts. Le belvédère offre une vue en surplomb sur le centre‑ville de Montréal et au‑delà.

Le lac aux Castors, un étang artificiel, est construit en 1938; jusqu’en 2008, il est utilisé à des fins récréatives par les patineurs, avant qu’une patinoire artificielle ne soit installée à proximité. (Voir Patinage sur glace.) Un pavillon de style moderne est bâti, dans les années 1950, à côté du lac.

La maison Smith, témoignage de l’utilisation agricole du versant nord de la Montagne, est l’une des rares fermes qui subsistent sur le mont Royal. Abritant un centre artistique et un musée de la chasse et de la nature, elle a également servi de résidence au directeur du parc. Aujourd’hui, c’est le principal groupe de conservation et de protection du mont Royal, Les amis de la montagne, qui l’occupe. Elle sert également de centre d’accueil et de musée détaillant l’histoire des lieux.

Champ de Fletcher et parc Jeanne‑Mance

Un plateau ouvert de grande étendue, autrefois appelé champ de Fletcher, occupe le côté nord‑est du parc du Mont‑Royal. Il s’étend de l’avenue du Mont‑Royal au nord, à l’avenue des Pins au sud et est traversé par l’avenue du Parc, en son milieu. Le parc Jeanne‑Mance, qui regroupe essentiellement des terrains de jeu et de sport, est situé du côté est de l’avenue du Parc. Ce terrain, qui faisait autrefois partie du champ de Fletcher, est officiellement renommé parc Jeanne‑Mance, en 1990, en l’honneur de la cofondatrice de Montréal.

Le champ de Fletcher a longtemps été un endroit très populaire pour de nombreuses activités de loisirs, ainsi que pour des festivals, officiels ou non. À la fin du 19e siècle, il sert de terrain provincial pour l’organisation d’expositions. La réplique montréalaise du célèbre Crystal Palace (palais de cristal) de Londres y a notamment été construite en 1878, jusqu’à sa destruction par un incendie en 1896. On a également organisé sur place des courses de chevaux. Le champ de Fletcher a aussi abrité le premier parcours du Royal Montreal Golf Club à sa création. (Voir Golf.)

Des musiciens, professionnels comme amateurs, ont traditionnellement utilisé le champ de Fletcher pour faire de la musique, les derniers s’en servant notamment comme lieu de répétition. Au fil du temps, cette pratique a évolué jusqu’à devenir une tradition culturelle montréalaise connue sous le nom des Tam‑tams du mont Royal : à l’origine, des musiciens, passionnés par la musique et les percussions africaines, ont commencé à régulièrement jouer sur les lieux pendant les fins de semaine. Cette pratique a évolué jusqu’à devenir une tradition culturelle montréalaise connue sous le nom des Tam‑tams du mont Royal. Pendant les mois les plus chauds de l’année, des percussionnistes se réunissent, les dimanches après‑midi, autour du monument à George‑Étienne Cartier, formant un immense cercle de musiciens et de danseurs, dans le cadre d’une manifestation entièrement spontanée, à l’organisation de laquelle la municipalité ne prend officiellement aucune part.