Parcs nationaux

Les parcs nationaux du Canada sont des aires protégées définies par la loi fédérale afin de préserver le patrimoine naturel canadien. Ils sont administrés par Parcs Canada, une agence gouvernementale issue du premier service des parcs nationaux au monde, la Division des parcs du Dominion, créée en 1911. Le Plan du réseau des parcs nationaux, élaboré en 1970, divise le Canada en 39 régions naturelles et fixe comme objectif de représenter chaque région en y établissant au moins un parc national. Le Canada compte maintenant 47 parcs nationaux et réserves de parcs nationaux dans 29 de ces régions. Au total, les parcs couvrent une superficie de plus de 300 000 km carrés, soit plus de 3 % de la masse continentale canadienne. Ils protègent des habitats terrestres et marins importants, certaines particularités géographiques et des sites d’importance culturelle. Les parcs nationaux profitent également aux économies locales et à l’industrie du tourisme au Canada.

Parc national Waterton Lakes
Parc national Waterton Lakes, en Alberta, au coucher du soleil, avec en avant-plan un orignal en contre-jour.

Termes-clés


Parc national : une aire protégée établie par une loi fédérale afin d’en préserver le patrimoine naturel. Chaque parc national représente une région naturelle d’importance, telle qu’identifiée par le Plan du réseau des parcs nationaux.

Réserve de parc national : Une aire désignée en voie de devenir un parc national, mais dont les limites définitives et les autres modalités ne seront finalisées qu’après la résolution d’une revendication territoriale en cours.

Parcs Canada : Organisme du gouvernement fédéral qui administre le réseau des parcs nationaux du Canada. À sa création en 1911 sous le nom « Division des parcs du Dominion », cette division était le premier service de parcs nationaux au monde. Elle est ensuite devenue sa propre agence en 1998.

Protection et préservation

En plus de représenter et de protéger la diversité du patrimoine géographique canadien, l’objectif du système de parcs nationaux du Canada est de préserver le patrimoine naturel du pays pour les générations futures en encourageant le public à comprendre et à apprécier la nature. Les expériences éducatives offertes aux visiteurs comprennent des formations pratiques dans les parcs nationaux, des programmes éducatifs dans les écoles et à domicile et des programmes de recherche.

Pendant des millénaires, le paysage du Canada est façonné principalement par les forces de la nature. Aujourd’hui, les activités agricoles et industrielles modifient l’environnement à un rythme accéléré. La création et la gestion des parcs nationaux contribuent à endiguer ces changements d’origine humaine et à protéger les milieux naturels. En plus de protéger et de préserver les paysages et la faune, chaque parc permet de restaurer les écosystèmes dégradés et d’assurer leur survie et leur santé à long terme.

La préservation de l’état naturel des parcs et la promotion de l’utilisation sécuritaire des ceux-ci par le public nécessitent un équilibre délicat. Le maintien de cet équilibre est une tâche majeure pour le personnel des parcs, qui doit étudier et documenter les ressources du parc, puis appliquer ces connaissances afin de minimiser l’impact humain sur ses écosystèmes, tout en offrant aux visiteurs des expériences inspirantes et informatives. Parcs Canada travaille également avec des détenteurs du savoir autochtone pour planifier, gérer et exploiter les parcs nationaux.

Origines

Bassin de source d'eau chaude
Banff, en Alberta, à la fin des années 1880 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-25059).

Le réseau des parcs nationaux du Canada voit le jour en novembre 1885, lorsque le gouvernement fédéral, sous la gouverne de sir John A. Macdonald, réserve à l’usage du public une superficie d’environ 26 km carrés sur le versant nord du mont Sulphur, en Alberta. Ce secteur, constitué des sources thermales Cave et Basin, marque le début de ce qui est maintenant le parc national Banff.

Les Premières Nations utilisent ces sources thermales bien avant l’arrivée des colons dans la région. Les premiers Européens à les découvrir sont trois employés du Chemin de fer du Canadien Pacifique (CP) qui en 1883 travaillent à la construction de la première voie ferrée transcontinentale à travers les Rocheuses. Plutôt que d’accorder des titres de propriété privés à des particuliers ou à des entreprises, le gouvernement fédéral juge que les sources thermales devraient être préservées dans l’intérêt de tous les Canadiens. Une décision similaire aux États-Unis fait des sources thermales de l’Arkansas la première réserve fédérale américaine en 1832.

Les intérêts économiques jouent également un rôle dans la décision. En effet, l’aménagement des sources comme destination touristique a le potentiel d’augmenter l’affluence sur le réseau du CP et d’en assurer ainsi la viabilité.

En 1886, le gouvernement engage un arpenteur-géomètre du Dominion pour effectuer un arpentage officiel de la réserve de Hot Springs. Ce travail mène à un rapport du commissaire des terres fédérales dans lequel il est dit qu’« une grande étendue de terre située à l’extérieur de la réserve originale présente des caractéristiques de la plus grande beauté qui sied admirablement bien à un parc national » (voir aussi Loi des terres fédérales).

L’année suivante, le gouvernement dépose un projet de loi à la Chambre des communes afin de créer le premier parc national du Canada. La Loi sur le parc des Montagnes-Rocheuses, qui délimite ce que l’on appelle maintenant le parc national Banff, est adoptée le 23 juin 1887. Prisé pour ses montagnes et ses sources thermales, le parc Banff est reconnu comme l’une des principales aires protégées du corridor Yellowstone-Yukon, où de nombreuses organisations collaborent pour s’assurer que les grizzlis et les loups puissent continuer à migrer de part et d’autre de ces grands écosystèmes.

Exclusion des peuples autochtones

Avec la création du parc Banff, les autorités gouvernementales interdisent la présence des peuples autochtones dans les parcs nationaux. On leur interdit également de chasser et de récolter sur ces terres utilisées et occupées traditionnellement. En 1887, le surintendant George Stewart de Banff écrit au sujet des Stoneys de la région que « leur destruction du gibier et la déprédation des arbres d’ornement font de leurs visites trop fréquentes au parc un sujet de grande préoccupation ». En 1936, les membres de la bande ojibwée de Keeseekoowenin sont expulsés du parc national de Mont-Riding plusieurs années après sa création. Au départ des Ojibwés, les gardiens du parc incendient leurs habitations. Ces politiques ne se limitent pas qu’aux parcs nationaux : à la fin du 19e siècle, les Premières Nations sont également forcées de quitter le parc Stanley à Vancouver et le parc provincial Algonquin en Ontario.

Stoneys
Photo prise vers 1906 par Byron Harmon (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-15039).

Certains commentateurs autochtones contestent l’image populaire des parcs nationaux comme étant des régions sauvages « vierges » ou « intactes », faisant valoir que ce récit masque une longue histoire humaine. Selon Nathan Cardinal, gestionnaire de la conservation des ressources à la réserve de parc national du Canada des Îles-Gulf, « tous ces paysages ont été activement gérés par les Premières Nations pendant des millénaires ».

Même si les ententes avec les peuples autochtones sont aujourd’hui un élément essentiel dans la gestion de la plupart des parcs nationaux, le gouvernement fédéral n’a commencé à modifier ses politiques d’exclusion des parcs que dans les années 1970.

Croissance et organisation

Hôtel Banff Springs en 1902
Hôtel Banff Springs en 1902 (Wikimedia CC)

C’est Banff qui a démontré le potentiel commercial des parcs publics. L’hôtel Banff Springs du Canadien Pacifique, achevé en 1888, est rapidement devenu une destination de choix pour les riches touristes, attisant un intérêt important chez les membres du Parlement et les représentants du Chemin de fer du Canadien Pacifique quant à la création d’autres réserves. De 1886 à 1895, trois nouvelles réserves montagnardes sont délimitées et marquées indisponibles pour « vente, colonisation ou squattage ». Ces parcs deviennent plus tard les parcs nationaux Yoho, des Glaciers et des Lacs-Waterton. La disponibilité de vastes étendues de terres publiques non aménagées dans l’Ouest canadien, conjuguée à l’intérêt du gouvernement d’attirer les touristes dans la région par l’intermédiaire du nouveau chemin de fer transcontinental, facilite la création de ces parcs nationaux montagnards.

Au début du 20e siècle, le gouvernement commence à créer des parcs nationaux dans l’est du Canada, à commencer par le parc national des Îles-du-Saint-Laurent (maintenant le parc national des Mille-Îles) en 1904.

La première administration attitrée à des parcs nationaux au monde, la Division des parcs du Dominion, est créée au Canada en 1911 sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. James B. Harkin, tout premier commissaire des parcs, défend son poste de 1911 à 1936. Au cours de son mandat, neuf parcs nationaux sont créés : Elk Island (1913), Mont-Revelstoke (1914), Pointe-Pelée (1918), Kootenay (1920), Wood Buffalo (1922), Prince-Albert (1927), Mont-Riding (1929), Îles-de-la-Baie-Georgienne (1929) et Hautes-Terres-du-Cap-Breton (1936). M. Harkin met l’accent sur la protection des ressources naturelles des nouveaux parcs et sur leur valeur touristique pour l’économie du pays.

Le saviez-vous?

James B. Harkin croit aussi que ces paysages naturels peuvent améliorer le moral des citadins, en leur offrant la possibilité de fuir la décadence des environnements urbains.

James B. Harkin supervise l’élaboration de la Loi sur les parcs nationaux, approuvée par le Parlement en 1930. L’article 4 de la Loi établit la philosophie derrière la gestion des parcs nationaux, soit qu’ils sont des aires « créé[e]s à l’intention du peuple canadien pour son bienfait, son agrément et l’enrichissement de ses connaissances [...]. Ils doivent être entretenus et utilisés de façon à rester intacts pour les générations futures. » Même si la Loi a été modifiée à plusieurs reprises et s’intitule maintenant Loi sur les parcs nationaux du Canada, cet énoncé demeure le principe fondamental qui guide la gestion des parcs nationaux.

En 1970, 20 parcs nationaux sont créés ou sont à l’étape de la planification, les ententes à ce sujet ayant été signées avec les gouvernements provinciaux.

D’autres programmes de Parcs Canada s’ajoutent au réseau des parcs nationaux au fil des ans. Les parcs nationaux sont une composante du réseau des lieux patrimoniaux de Parcs Canada, qui comprend les parcs historiques nationaux, les lieux historiques nationaux, les canaux patrimoniaux, les rivières du patrimoine canadien et les aires marines nationales de conservation, ainsi que le site canadien des pingos (regroupant huit pingos près de Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest).

En 1998, le Parlement adopte la Loi sur l’Agence Parcs Canada, qui fait de Parcs Canada — autrefois une division au sein des ministères — un organisme distinct doté d’une nouvelle structure de gouvernance. Sa mission principale, toutefois, demeure la même.

Plan du réseau des parcs nationaux

Jean Chrétien
(Portrait de Jean Chrétien par Jean-Marc Carisse).

Avant les années 1970, le réseau des parcs nationaux n’est pas développé de façon systématique. Il s’agit plutôt d’un ensemble de lieux spéciaux, créés dans certains cas par l’opportunisme politique, des accidents géographiques ou les efforts de citoyens dévoués. Les parcs nationaux sont également créés à diverses fins, notamment pour protéger des zones panoramiques exceptionnelles, fournir des aires de loisirs régionales, créer des réserves fauniques ou stimuler l’économie dans les régions où le sous-emploi est chronique. Quelle que soit la raison, il n’y a ni vision ni objectif à long terme derrière ces efforts.

En 1968, Jean Chrétien, alors ministre fédéral responsable des parcs, demande la création de 40 à 60 nouveaux parcs nationaux d’ici 1985, année du centenaire du parc national Banff. Afin de déterminer l’emplacement de ces nouveaux parcs, on élabore en 1970 le Plan du réseau des parcs nationaux, qui divise le Canada en 39 régions naturelles à représenter.

En 1985, on compte 31 parcs nationaux et réserves de parcs nationaux. Si Jean Chrétien n’atteint pas son objectif de 1968, il supervise néanmoins la création de 10 nouveaux parcs au cours de son mandat.

Réseau actuel


Il y a maintenant 47 parcs nationaux et réserves de parcs nationaux au Canada. Vingt-neuf régions sont actuellement représentées, dont certaines ayant plus d’un parc, et dix régions ne sont pas encore représentées.

Les réserves de parcs nationaux sont établies dans les régions touchées par des revendications territoriales non résolues et acceptées aux fins de négociation par le gouvernement du Canada. Ces zones sont en voie de devenir des parcs nationaux, mais leurs limites définitives et les autres modalités ne seront finalisées qu’après le règlement des revendications.

Depuis 1985, les nouveaux parcs nationaux ou réserves de parcs nationaux suivants ont été créés : Vuntut (Yukon); Aulavik, Nááts’ihch’oh et Tuktut Nogait (T. N.-O.); Qausuittuq, Quttinirpaaq, Sirmilik et Ukkusiksalik (Nunavut); Akami-Uapishkᵁ–KakKasuak–Monts Mealy et Monts-Torngat (Terre-Neuve); Île-de-Sable (N.-É.); Péninsule-Bruce et Rouge (Ontario); Wapusk (Manitoba); Gwaii Haanas et Îles-Gulf (C.-B.). Le parc Auyuittuq, d’abord établi comme réserve de parc national au Nunavut en 1976, devient un parc national en 2001.

Parcs Canada travaille également à l’établissement de parcs nationaux dans plusieurs régions naturelles non représentées. Par exemple, des terres sont réservées pour la création d’un parc national dans le secteur Thaidene Nëné du bras est du Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest. Des études de faisabilité ont également été réalisées pour une réserve de parc national dans la région de Okanagan-Sud et de Similkameen, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. Enfin, le budget de 2017 déposé par les libéraux du premier ministre Justin Trudeau indique que le gouvernement travaille aussi à la création d’un parc national dans les basses terres du Manitoba, sur la rive nord-ouest du lac Winnipeg.

La collaboration du gouvernement avec les communautés autochtones est essentielle à la création de nouveaux parcs nationaux. En 2009, notamment, Parcs Canada s’associe aux Premières Nations Deh Cho, qui cherchent à protéger le bassin hydrographique de la rivière Nahanni Sud. Cette collaboration permet de multiplier par six la superficie de la réserve de parc national Nahanni, dans les Territoires du Nord-Ouest, et d’en faire le troisième parc national en importance au Canada. Il s’agit également de l’un des efforts de conservation les plus importants depuis une génération, car il protège l’habitat du grizzli et du caribou. La création des parcs Thaidene Nëné et des basses terres du Manitoba dépendra de l’appui des Premières Nations locales, qui n’appuient pas toujours les plans gouvernementaux.

Rivière Nahanni Sud
The Gate, à Pulpit Rock, rivière Nahanni Sud (avec la permission du ministère de l'Environnement Service canadien des parcs/Région des Prairies).

Les parcs nationaux et les réserves s’étendent de Quttinirpaaq, à environ 800 km du pôle Nord, jusqu’au parc national de la Pointe-Pelée, à l’extrémité sud de la partie continentale du Canada; et du parc Terra-Nova sur la rive est de Terre-Neuve à celui de Gwaii Haanas sur Haïda Gwaii (autrefois connue sous le nom les îles de la Reine-Charlotte), en Colombie-Britannique. La superficie totale des parcs nationaux du Canada est de plus de 300 000 km carrés, soit 53 fois la superficie de l’Île-du-Prince-Édouard, 2,2 fois celle des trois provinces maritimes et l’équivalent de plus de 3 % de la masse terrestre du Canada. La superficie des parcs nationaux varie beaucoup, du parc Wood Buffalo, l’équivalent de la Suisse, à celui de la Pointe-Pelée qui, malgré sa superficie de seulement 15 km carrés, est biologiquement très riche.

Défis et possibilités

Afin d’établir de nouveaux parcs dans les dix régions non représentées du réseau des parcs nationaux, Parcs Canada doit obtenir l’appui des gouvernements territoriaux et provinciaux, des collectivités autochtones et des municipalités. Ce processus peut prendre des années et nécessiter des négociations complexes entre plusieurs administrations.

La fragmentation des habitats est l’un des plus grands risques touchant l’intégrité écologique des parcs nationaux, en particulier ceux du sud du Canada. Cette fragmentation a lieu lorsque les terres entourant un parc sont transformées en terres agricoles, urbaines, minières ou forestières exploitables. Parce que bon nombre des habitats des parcs du sud sont des fragments des habitats d’origine, ils sont directement touchés par les changements dans les terres adjacentes. Certaines espèces vivant actuellement dans les parcs pourraient ainsi ne pas survivre à long terme, sauf si des mesures de conservation sont prises en collaboration avec les gestionnaires de ces terres à l’échelle locale et régionale.

Parcs Canada travaille continuellement à l’établissement d’approches régionales en partenariat avec, entre autres, les industries forestière et agricole, les collectivités autochtones, les propriétaires fonciers privés, les groupes environnementaux et les organismes de parcs provinciaux. Parmi les exemples de cette approche généralisée de gestion des parcs, on compte le programme des réserves de la biosphère, ainsi que le programme de forêts modèles (mis en œuvre par l’ancien Réseau canadien de forêts modèles) dans les parcs nationaux Pacific Rim, Jasper, Prince-Albert, Fundy et Gros-Morne.

parc national de Prince-Albert
Lac Waskesiu, parc national de Prince Albert, en Saskatchewan (photo de Bill Brooks/Masterfile).

L’une des priorités de Parcs Canada est de veiller à ce que les parcs nationaux demeurent pertinents pour la société canadienne en conservant et en mettant en valeur certains des paysages emblématiques du Canada. L’agence s’efforce de protéger d’importants exemples de la biodiversité au pays et de contribuer à atténuer les effets des changements climatiques sur les écosystèmes. Elle veille également à ce que les jeunes, les nouveaux arrivants et le nombre croissant de Canadiens habitant dans les villes aient la chance de vivre des expériences uniques et inspirantes dans les parcs nationaux. Conformément à ce mandat, le parc urbain national de la Rouge est établi dans la région de la vallée de la Rouge, près de Toronto, en 2015. Il s’agit du premier parc urbain national du Canada.

Lois et politiques

À l’exception de certains secteurs de la réserve de parc national Nahanni, les parcs nationaux sont protégés en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada contre toute forme de développement industriel, y compris l’exploitation et la production minière, forestière, pétrolière et gazière, et le développement hydroélectrique, ainsi que les activités d’extraction commerciale comme la chasse sportive. La plupart des parcs permettent toutefois la pêche sportive dans des secteurs désignés.

La première politique sur les parcs nationaux, élaborée en 1964, attire l’attention sur l’importance de la protection des ressources naturelles dans les parcs. En 1986, une politique distincte pour les parcs marins nationaux, maintenant appelés aires marines nationales de conservation, est approuvée.

Les Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada, en vigueur depuis 1994, comprennent des politiques à la fois pour les parcs et pour les aires marines de conservation. Ils mettent en lumière le fait que pour protéger les ressources, il faut permettre aux processus écologiques naturels de fonctionner avec un minimum d’interférence de la part des humains. Ils fournissent également un cadre pour la planification à long terme de nouveaux parcs et pour la prestation de services de qualité et d’occasions récréatives appropriées aux visiteurs.

Pika - parc national Jasper, Alberta, Canada
Pika (Ochotona princeps) parc national Jasper, Alberta, Canada.

Les Principes directeurs précisent, entre autres lignes directrices, que les limites d’un parc devraient : 1) être d’une taille et d’une configuration qui protègent des écosystèmes et des éléments de paysage représentatifs de la région naturelle; 2) s’adapter aux habitats des populations viables d’espèces fauniques propres à la région naturelle; 3) englober un noyau ayant échappé aux bouleversements survenus dans le paysage environnant; 4) conserver l’intégrité du bassin versant; et 5) offrir au public des possibilités de s’y instruire et de s’y détendre.

En 1988 et en 2000, le Parlement modifie la loi administrant les parcs nationaux pour mettre l’accent sur l’intégrité écologique. La Loi sur les parcs nationaux du Canada stipule actuellement que « [l]a préservation ou le rétablissement de l’intégrité écologique par la protection des ressources naturelles et des processus écologiques sont la première priorité du ministre pour tous les aspects de la gestion des parcs. » L’objectif de la Loi est de s’assurer que les processus écologiques naturels continuent de fonctionner avec un minimum d’interférence humaine, ce qui permettra l’évolution naturelle continue des milieux terrestres et aquatiques et préservera les espèces qui y vivent.

Stratégies de gestion

La manipulation active des processus écologiques naturels a quand même lieu dans les parcs nationaux, mais sous certaines conditions. Elle est en effet nécessaire si l’équilibre des écosystèmes du parc est à ce point altéré par les activités humaines qu’un environnement ne peut être restauré par des processus écologiques naturels. Elle est également utilisée si les visiteurs du parc, les installations ou les terres avoisinantes sont menacés. L’abattage d’espèces surabondantes lorsqu’elles ont des répercussions sur des espèces en voie de disparition (par exemple le surpâturage du cerf à la Pointe Pelée), la réintroduction d’espèces en voie de disparition (comme le putois d’Amérique) et le brûlage dirigé pour rétablir les écosystèmes tributaires du feu sont tous des exemples de manipulation active qui visent à maintenir ou à rétablir l’intégrité écologique.

De nombreux parcs nationaux, en particulier dans le Nord, se trouvent dans des régions où les peuples autochtones continuent de dépendre des ressources naturelles locales. Les cultures de ces régions entretiennent souvent une relation étroite avec la terre. L’exploitation traditionnelle de subsistance par les communautés autochtones se poursuit dans de nombreux parcs nationaux, sous réserve de la conservation de la ressource et d’approches de gestion coopérative par le biais de conseils de gestion où les peuples autochtones sont fortement représentés.

La protection et la gestion efficaces des parcs nationaux exigent une compréhension approfondie des ressources des parcs, des processus écologiques qui les contrôlent et les influencent, et de l’effet que l’homme a sur ces processus naturels. Parcs Canada a mis au point plusieurs outils pour faciliter cette compréhension, notamment des bases de données exhaustives sur les ressources naturelles qui sont mises à jour régulièrement pour tous les parcs. À l’aide de ces outils, les scientifiques surveillent les indicateurs de santé des écosystèmes des parcs et déterminent les éléments pouvant avoir un effet néfaste sur les parcs.

Les zones terrestres et aquatiques d’un parc sont classées en cinq zones en fonction de leur fragilité et de leur capacité d’accueil. Dans la zone I, l’accès est strictement limité ou interdit. La zone II comprend la plupart des terres du parc national et est axée sur la protection et une utilisation récréative limitée. L’accès motorisé est interdit dans les zones I et II. Les zones III et IV offrent plus d’installations aux visiteurs et permettent plus d’activités. La zone V, quant à elle, comprend les sites urbains, les centres d’accueil et les bureaux administratifs du parc. Parcs Canada peut également désigner des zones sensibles sur les plans culturel et environnemental qui « exigent une attention ou une gestion spéciales qui ne sont pas prévues dans les différents types de zones ».

Bon nombre des espèces actuellement en péril au Canada se trouvent sur des terres administrées par Parcs Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), Parcs Canada joue un rôle important dans la protection et le rétablissement des espèces en péril. L’agence accomplit ce rôle de plusieurs façons, soit 1) en faisant partie d’équipes de rétablissement et en les dirigeant; 2) en élaborant et en appuyant des programmes de rétablissement et des mesures prioritaires; 3) en sensibilisant les Canadiens aux espèces en péril; 4) en recueillant des renseignements détaillés sur la répartition des espèces et l’état des populations; et 5) en évaluant comment les activités pourraient avoir un effet sur les espèces en péril dans les aires patrimoniales protégées de Parcs Canada (voir aussi Espèces de plantes menacées; Espèces d’animaux menacées).

Activités destinées aux visiteurs

Les premiers parcs nationaux sont axés sur l’aménagement d’installations récréatives pour des activités de loisir comme le golf, le tennis et le ski alpin. De nos jours, l’objectif est d’offrir des loisirs en plein air non seulement compatibles avec la protection à long terme des ressources naturelles, mais nécessitant également un minimum d’installations.

La randonnée pédestre, le vélo, le canot, le ski de fond et la raquette sont des exemples d’activités considérées comme compatibles avec la mission d’un parc national. Dans certains parcs, on trouve aussi des naturalistes qui interprètent l’environnement pour les visiteurs et les renseignent quant aux activités récréatives possibles.

Parc national Banff
Canots rouge, parc national Banff, Alberta. Photo prise le 12 février 2012.

Rôle international

Le réseau des parcs nationaux du Canada fait partie d’un réseau mondial de plus de 200 000 aires protégées réparties dans 244 pays et territoires. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (UICN), ce réseau couvre environ 15 % des eaux intérieures et territoriales de la planète et 10 % des zones côtières et marines.

En tant que membre de l’UICN, Parcs Canada contribue à l’élaboration de normes et de critères reconnus internationalement pour les parcs du monde entier. C’est aussi le principal organisme chargé de s’acquitter des obligations du Canada en vertu de la Convention du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). La Convention reconnaît la responsabilité qui incombe à toutes les nations de protéger des lieux de valeur naturelle et culturelle si unique qu’ils sont considérés comme faisant partie du patrimoine de l’humanité tout entière.

Parc national de Kluane
Les plus grands champs de glace non polaire sont situés dans le parc national de Kluane (avec la permission de Colour Library Books Ltd.).

Les parcs nationaux et les réserves de parcs nationaux Kluane, Nahanni, Wood Buffalo, Gros-Morne et Lacs-Waterton, le lieu historique national de L’Anse aux Meadows, les fossiles des schistes de Burgess du parc national Yoho et l’île Anthony (mieux connue par son nom haïda, SGang Gwaay) dans la réserve de parc national Gwaii Haanas sont tous désignés comme des sites du patrimoine mondial. Les limites combinées des parcs nationaux Yoho, Jasper, Banff et Kootenay, ainsi que des parcs provinciaux du mont Robson, du mont Assiniboine et Hamber en Colombie-Britannique, forment le site du patrimoine mondial des parcs des Rocheuses canadiennes.

Un certain nombre de parcs nationaux du Canada font également partie du réseau mondial de réserves de la biosphère dans le cadre du Programme l’homme et la biosphère de l’UNESCO, une initiative qui reconnaît des exemples exceptionnels d’écosystèmes naturels dans le monde entier. Parmi les parcs nationaux qui sont aussi des aires protégées centrales dans les réserves de la biosphère, on compte Lacs-Waterton, Mont-Riding, Péninsule-Bruce, Mille-Îles, Fundy, Kejimkujik et Îles-de-la-Baie-Georgienne. En plus d’aider à protéger des zones naturelles précises, ces parcs contribuent à des initiatives de conservation régionales et mondiales plus vastes.

Parcs nationaux et réserves de parcs nationaux au Canada


Parc national ou réserve

Province ou territoire

Année de création 

Superficie (km2)

Parc national Banff

Alberta

1885

6 641

Parc national des Glaciers

Colombie-Britannique

1886

1 349,3

Parc national Yoho

Colombie-Britannique

1886

1 313,1

Parc national des Lacs-Waterton

Alberta

1895

505

Parc national Jasper

Alberta

1907

10 878

Parc national Elk Island

Alberta

1913

194

Parc national du Mont-Revelstoke

Colombie-Britannique

1914

259,7

Parc national des Mille-Îles (autrefois le parc national des îles-du-Saint-Laurent)

Ontario

1914

24

Parc national de la Pointe-Pelée

Ontario

1918

15

Parc national Kootenay

Colombie-Britannique

1920

1 406,4

Parc national Wood Buffalo

Alberta et Territoires du Nord-Ouest

1922

44 741

Parc national de Prince-Albert

Saskatchewan

1927

3 874,3

Parc national du Mont-Riding

Manitoba

1929

2 973,1

Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne

Ontario

1929

13,5

Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton

Nouvelle-Écosse

1936

948

Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard

Île du Prince-Édouard

1937

21,5

Parc national Fundy

Nouveau-Brunswick

1948

205,9

Parc national Terra Nova

Terre-Neuve-et-Labrador

1957

399,9

Parc national de la Mauricie

Québec

1970

536,1

Parc national du Gros-Morne

Terre-Neuve-et-Labrador

1973

1 805

Parc national Kejimkujik

Nouvelle-Écosse

1974

403,7

Parc national Forillon

Québec

1974

240,4

Réserve de parc national Kluane

Yukon

1976

22 013,3

Réserve de parc national Nahanni

Territoires du Nord-Ouest

1976

30 000 (approx.)

Parc national Pukaskwa

Ontario

1978

1 877,8

Parc national Kouchibouguac

Nouveau-Brunswick

1979

239,2

Parc national Auyuittuq

Nunavut

Réserve de parc, 1976; parc national, 2001

19 089

Parc national des Prairies

Saskatchewan

1981

906,4

Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan

Québec

1984

110

Parc national Ivvavik

Yukon

1984

9 750

Parc national Quttinirpaaq

Nunavut

1988

37 775

Parc national de la Péninsule-Bruce

Ontario

1987

156

Parc national Aulavik

Territoires du Nord-Ouest

1992

12 200

Réserve de parc national et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas

Colombie-Britannique

1993

1 495

Parc national Vuntut

Yukon

1995

4 345

Parc national Wapusk

Manitoba

1996

11 475

Parc national Tuktut Nogait

Territoires du Nord-Ouest

1998

18 890

Parc national Sirmilik

Nunavut

1999

22 252

Réserve de parc national Pacific Rim

Colombie-Britannique

2001

285,8 (surface terrestre)

Parc national Ukkusiksalik

Nunavut

2003

20 500

Parc national des Monts-Torngat

Terre-Neuve-et-Labrador

Réserve de parc, 2005; Parc national, 2008

9 700

Réserve de parc national des Îles-Gulf

Colombie-Britannique

2010

36 (surface terrestre)

Réserve de parc national de l’Île-de-Sable

Nouvelle-Écosse

2011

34

Réserve de parc national Nááts’ihch’oh

Territoires du Nord-Ouest

2012

4 850

Parc national Qausuittuq

Nunavut

2015

11 000

Réserve de parc national Akami-Uapishkᵁ–KakKasuak–Monts Mealy

Terre-Neuve et Labrador

2015

10 700

Parc urbain national de la Rouge

Ontario

2015

79,1


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