Niagara, chutes

Les chutes érodent le shale tendre et le calcaire de l'escarpement à raison d'environ 1,2 m par année et elles sont maintenant à 11 km de leur point d'origine, là où se situe aujourd'hui QUEENSTON.

Chutes en fer à cheval
La spectaculaire chute d'eau de la rivière Niagara est la plus importante du monde en terme de débit (photo de John deVisser).
Niagara, chutes
Vue des chutes canadiennes en forme de fer à cheval et des environs, à Niagara Falls, en Ontario (avec la permission de la Niagara Parks Commission).

Niagara, chutes

Les chutes Niagara, une spectaculaire cascade d'eau se jetant dans la RIVIÈRE NIAGARA, sont les chutes ayant le plus important volume d'eau au monde, soit 2832 m3. Elles sont divisées en deux par l'île Goat. La chute américaine, d'une hauteur de 59 m (de 21 à 34 m jusqu'aux débris de roches au pied des chutes) et d'une largeur de 260 m, transporte environ 10 % du débit. La chute canadienne, ou Fer à cheval, possède une hauteur de 54 m, une largeur 670 m, et transporte 90 % du débit restant. Seule la chute canadienne se déverse librement dans la cuvette Maid-of-the-Mist, dont la profondeur est presque égale à la hauteur de la chute. Ces chutes se sont formées il y a quelque 14 000 ans alors qu'avec le retrait des glaciers apparaissait l'ESCARPEMENT DU NIAGARA, permettant alors aux eaux du LAC ÉRIÉ qui, jusque-là, se déversaient au sud, de couler vers le nord dans le LAC ONTARIO.

Les chutes érodent le shale tendre et le calcaire de l'escarpement à raison d'environ 1,2 m par année et elles sont maintenant à 11 km de leur point d'origine, là où se situe aujourd'hui QUEENSTON. La vitesse de retrait varie en fonction de l'apport d'eau provenant du secteur supérieur des Grands Lacs. En raison de modifications dans la morphologie du terrain et du niveau des lacs dans le nord de l'Ontario, le débit de la rivière Niagara est de 10 % inférieur pendant 5000 ans, période pendant laquelle le débit des chutes reste stable.

L'Homme et les chutes
Les chutes Niagara revêtent un sens spirituel pour les Autochtones tels que les NEUTRES. Le mot d'origine amérindienne Niagara décrit vraisemblablement soit les chutes mêmes, « tonnerre d'eau », soit la rivière, « là où elle se rétrécit ». Louis HENNEPIN, qui aperçut les chutes en 1678, les décrivit comme une vaste et prodigieuse cadence d'eau. Charles Dickens, au nombre de ceux qui ont essayé de décrire l'effet que les chutes produisaient sur eux, a écrit ceci : « J'ai eu l'impression d'être soulevé de terre, de voir le Ciel ». Les téméraires qui défient les chutes dans des barils, dans des bateaux et des ballons de caoutchouc se manifestent avec le développement du tourisme qui débute dans les années 1800. Le plus connu, le Grand Blondin, marcha sur une corde raide, au-dessus de la gorge, en 1859. Les cascades furent interdites par la loi en 1912.

Afin de protéger le secteur des colporteurs et des spéculateurs, l'Ontario crée le parc Queen Victoria en 1885, le premier PARC provincial canadien. La même année, un parc public similaire est créé du côté américain. Des millions de touristes visitent l'endroit chaque année et observent les chutes depuis plusieurs tours, à partir d'un tunnel aménagé sous Horseshoe Falls, d'un hélicoptère, d'un téléphérique au-dessus des bassins tourbillonnants, d'un canot motorisé à travers les rapides en aval ou encore du Maid of the Mist, un bateau qui transporte les touristes au pied des chutes.

Des ententes internationales régissent la dérivation des eaux à des fins HYDROÉLECTRIQUES, d'abord exploitées du côté canadien en 1893. Le Traité concernant la dérivation des eaux du Niagara (1950) stipule qu'un débit minimal de 50 % doit être réservé aux chutes pendant les heures de clarté en été et que le reste, soit jusqu'à 75 % la nuit et en hiver, doit être divisé à part égale entre le Canada et les États-Unis. Au Canada, l'eau de la rivière Niagara est détournée en amont des chutes et alimente au moyen de canaux et de tunnels les turbines des centrales électriques Sir Adam Beck No 1 et No 2; après quoi, elle regagne la rivière.


Lecture supplémentaire

  • Pierre Berton, Niagara: A History of the Falls(1992); A Picture Book of Niagara Falls (1994); Margaret Dunn, Niagara Falls: A Pictorial Journey (1998); Cheryl MacDonald Niagara Daredevils: Thrills and Spills over Niagara Falls (2003); Linda L. Revie, The Niagara Companion: Explorers, Artists, and Writers at the Falls from Discovery Through to the Twentieth Century (2003); G. Siebel, ed, Niagara Falls, Canada (1967).