Péninsule du Niagara

La péninsule du Niagara est située entre le lac Ontario, le lac Érié et la rivière Niagara, dans le sud-ouest de l’Ontario. Comme la rivière se trouve à la frontière internationale entre le Canada et les États-Unis, la péninsule joue un rôle frontalier depuis 1783.

La péninsule du Niagara est située entre le lac Ontario, le lac Érié et la rivière Niagara, dans le sud-ouest de l’Ontario. Comme la rivière se trouve à la frontière internationale entre le Canada et les États-Unis, la péninsule joue un rôle frontalier depuis 1783.


Géographie et géologie

Physiquement, la péninsule comprend deux plaines séparées par l’escarpement du Niagara. La plaine de l’Ontario est dotée de sols fertile et sablonneux et d’un climat favorable. Elle comprend la région fruitière du Niagara. C’est là que sont cultivés une grande partie des fruits tendres du Canada, comme les pêches, les poires et les prunes. La région comprend également de nombreux vignobles. Les pentes boisées de l’escarpement, dont l’élévation abrupte atteint environ 60 mètres, sont profondément sculptées par des gorges. À la tête de ces gorges, d’où on extrait du calcaire, on trouve des chutes, notamment les chutes Niagara. La plaine Érié, dont le substrat rocheux est plus près de la surface, est moins productive que son équivalente du nord. Les sols argileux sont mal drainés. Le climat est plus humide et les périodes exemptes de gel y sont plus courtes. L’escarpement Onondaga, à l’intérieur des terres du lac Érié, est également exploité pour son calcaire.

Les sous-régions de la péninsule fournissent une riche variété de détails: on trouve des falaises le long du lac Ontario, des estuaires de rivière formant des étangs derrière des bancs de sable, la rive du lac glaciaire Iroquois traversant la plaine Ontario, la baie de Short Hills dans l’escarpement aux pentes abruptes, un kame glaciaire formé de dépôts de sable à Fonthill, qui est le point le plus élevé de la péninsule, la gorge ensevelie de St. Davids, qui est le canal bouché d’une rivière Niagara ancestrale, les régions marécageuses, y compris des tourbières, dans la plaine sud, l’escarpement effilé d’Onondaga, et les promontoires de calcaire alternant avec les baies sablonneuses le long du lac Érié, contrastant avec les falaises d’argile et de sable érodées le long du lac Ontario.

Peuples autochtones

Les Neutres, qui parlent iroquois, vivent dans toute la péninsule du Niagara, entre la rivière Grand et la rivière Niagara. Ils ont été nommés les Neutres par les Français, qui ont observé que la tribu demeurait neutre lors de la plupart des conflits entre les Hurons-Wendats et les Haudenosaunee. En plus de chasser et de pêcher, les Neutres cultivent des courges, des haricots et du maïs, et leurs villages sont constitués de maisons longues.


En 1647, plusieurs villages des Neutres sont conquis par les Sénécas du côté est de la rivière Niagara. Plus tard, au début des années1650, d’autres de leurs villages sont détruits par les Haudenosaunee. Ces attaques, combinées aux épidémies de variole de 1638 à 1640, font en sorte que la population des Neutres cesse pratiquement d’exister. On fait mention d’eux pour la dernière fois dans des écrits d’explorateurs français en 1671. Cependant, les Haudenosaunee continuent de vivre dans la région alors que les Français, les Britanniques et les Américains se battent pour en avoir le contrôle. Au début des années1700, les Anichinabés se joignent à eux, plus particulièrement les Mississaugas, alors qu’ils migrent vers l’ouest depuis la côte nord-est du continent. De nos jours, de nombreux Haudenosaunee et Mississaugas demeurent dans la région de la péninsule du Niagara, à la fois sur la réserve des Six Nations de la rivière Grand, et dans d’autres communautés.

Colonisation européenne

La colonisation européenne permanente commence vers les années1780 avec l’afflux de loyalistes. Les autorités établissent temporairement Niagara-on-the-Lake comme capitale du Haut-Canada. Queenston et Chippawa sont développées en tant que terminus de portage. En même temps, Fort George, Fort Mississauga et Fort Erie sont développés en tant que garnisons qui commandent l’accès à la rivière Niagara. Les immigrants s’installent d’abord sur le bord de la rivière Niagara et dans la plaine de l’Ontario, et ensuite dans la plaine Érié. Les cantons, arpentés en lots de 40 hectares, possèdent une route devant chaque concession ainsi qu’une route entre chaque deux lots. Des moulins sont construits, principalement aux endroits où les rivières qui traversent l’escarpement du Niagara et la plaine de l’Ontario peuvent être détournées pour produire de l’énergie hydraulique. De petites colonies s’établissent ici et là, et dans plusieurs petits « coins » près des communautés avoisinantes.


La guerre de 1812 perturbe l’expansion économique. William Lyon Mackenzie et quelques-uns de ses partisans traversent la frontière pendant les rébellions de 1837. Entre 1866 et 1871, les fenians effectuent des raids du côté américain de la péninsule. Des contacts plus étroits entre le Canada et les États-Unis l’emportent grâce à l’interconnexion des réseaux ferroviaires et des ponts routiers.

Canal Welland

La rivière Niagara ne peut être utilisée pour la navigation de transit. Par conséquent, les colons construisent le canal Welland. Celui-ci assure une navigation de transit par voie d’eau entre l’intérieur du continent et le lac Ontario. Ouvert pour la première fois en 1829, mais continuellement élargi, le canal dispose de l’énergie hydraulique à chaque écluse, ainsi qu’à la croisée des cours d’eau et des chemins de roulement hydrauliques. Le canal Welland suscite l’établissement d’une nouvelle série de colonies sur la péninsule: St. Catharines devient une ville industrielle, Port Dalhousie et Port Colborne s’agrandissent, Thorold et Welland sont fondés, tout comme Port Robinson et Allanburg sur le canal principal, ainsi que Wainfleet et Dunnville sur le bord du canal d’alimentation. Niagara-on-the-Lake perd sa position de premier plan et les fonctions du comté sont transférées à Welland, et puis à St. Catharines.

Chemins de fer

Le développement des chemins de fer renforce les colonies existantes. Durant les années1850, des routes sont construites le long des deux rives du lac, et la rivière Niagara et le canal Welland sont complétés par deux voies au sud durant les années1870. Une ligne transversale Hamilton-Buffalo est ajoutée au cours des années1890. La colonisation s’étend jusqu’aux points de passage frontaliers, en particulier à Clifton (aujourd’hui Niagara Falls), au pont suspendu, et à Victoria (Bridgeburg, aujourd’hui Fort Erie), au pont International. Welland, située au centre de la péninsule, se développe, tout comme Merritton. Les chemins de fer favorisent aussi l’émergence de l’arboriculture fruitière, qui remplace la culture du blé et la polyculture au nord de l’escarpement du Niagara, ainsi que l’aménagement de chalets et d’installations récréatives le long des rives du lac Érié, et le tourisme à Niagara Falls. St. Catharines devient une station thermale et des terrains de camping religieux sont créés à Niagara-on-the-Lake, à Niagara Falls, à Crystal Beach et à Grimsby Beach.

Hydroélectricité et transports

Les infrastructures sont une fois de plus renforcées grâce aux développements hydroélectriques à Niagara Falls et à DeCew (St. Catharines) à partir du canal Welland. Au fur et à mesure que s’ajoutent des centrales électriques, des réservoirs de retenue et des lignes de transmission d’énergie, les villes connaissent un nouvel élan d’expansion. D’importantes industries se développent, particulièrement le long du canal Welland à St. Catharines, à Thorold, à Welland et à Port Colborne, ainsi qu’à Niagara Falls et à Chippawa sur la rivière Niagara.

Un vaste réseau de tramways interurbains relie les villes jusqu’à ce que l’automobile devienne dominante. De nouveaux ponts sont construits sur la rivière Niagara et sur le canal Welland. Les principales routes qui se trouvent à l’intérieur des passages frontaliers sont améliorées, et l’autoroute Queen Elizabeth est ouverte en 1939.

Au cours de la période d’après-guerre, l’étalement urbain de l’ouest vers l’intérieur de la péninsule pose des problèmes. Par exemple, la perte annuelle de terres agricoles sur les sols les plus fertiles du Canada est sévère. Les centres commerciaux de banlieue affaiblissent la vigueur des ventes au détail des centres urbains historiques. De plus, l’escarpement du Niagara, en tant que paysage pittoresque essentiel, est menacé par le développement linéaire. La préservation, la qualité du milieu urbain et le respect de l’environnement deviennent des enjeux importants.

Population et économie

La municipalité régionale de Niagara, qui constitue la majeure partie de la péninsule, compte 447 888 habitants, selon le recensement de 2016. Sa ville principale est St. Catharines. Niagara Falls et Welland sont ses autres centres importants.

Le secteur manufacturier diminue considérablement alors que les activités de service, comme les domaines de la médecine, de l’éducation et du gouvernement, connaissent une croissance remarquable. Dans l’industrie agricole, on trouve un grand nombre d’établissements vinicoles nouveaux et établis. Les vignobles, et les vergers de pêches et de cerises sont complétés par des serres où l’on cultive des fleurs, des concombres et des tomates. L’élevage du bétail se dirige vers la volaille.

Le tourisme est une industrie en pleine expansion, particulièrement en ce qui a trait au jeu à Niagara Falls, au tourisme patrimonial à Niagara-on-the-Lake, et à l’industrie de l’agrotourisme croissante associée aux vignobles de la péninsule. Chaque centre important de la péninsule possède ses propres attraits touristiques.


Lecture supplémentaire

  • A.E. Coombs, History of the Niagara Peninsula and the New Welland Canal (1950); Hugh J. Gayler, Niagara's Changing Landscapes (1994); John N. Jackson, Names Across Niagara (1989); The Welland Canals and Their Communities: Engineering, Industrial, and Urban Transformation (1997) and The Mighty Niagara: One River, Two Frontiers (2003); John N. Jackson and John Burtniak, Railways in the Niagara Peninsula (1978); John N. Jackson and Carol White, The Industrial Structure of the Niagara Peninsula (1971); Owen A. Thomas, Niagara's Freedom Trail: A Guide to African-Canadian History on the Niagara Peninsula (1996).