Héritage artistique de la Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale a laissé aux Canadiens un immense héritage culturel et artistique. C’est particulièrement le cas en littérature, mais aussi dans les arts visuels et du spectacle. Bien que la plus grande partie de cet héritage artistique ait été créé durant la guerre ou peu après, l’influence de ce conflit sur la culture et les arts se fait sentir encore aujourd’hui et continue à inspirer de nouvelles œuvres.

La Première Guerre mondiale a laissé aux Canadiens un immense héritage culturel et artistique. C’est particulièrement le cas en littérature, mais aussi dans les arts visuels et du spectacle. Bien que la plus grande partie de cet héritage artistique ait été créé durant la guerre ou peu après, l’influence de ce conflit sur la culture et les arts se fait sentir encore aujourd’hui et continue à inspirer de nouvelles œuvres.



Littérature

La littérature de la Première Guerre mondiale comprend des récits, des journaux et des collections de lettres, ainsi que des nouvelles et de la poésie. Les trois premiers genres offrent des observations directes et personnelles. Ghosts Have Warm Hands (1968), de Will R. Bird , une réédition de And We Go On (1930), a été décrit comme « un des plus puissants récits » de la guerre. Dans The Great War as I Saw It (1922), le prêtre anglican et poète Frederick George Scott livre un récit émouvant de son service dans les tranchées à titre d’aumônier. The War Diary of Clare Gass, 1915-1918 (2000), édité par Susan Mann, offre le rare témoignage d’une religieuse infirmière dans une unité du front. Parmi les autres récits de première main, on retrouve Gunner Ferguson’s Diary (1985), réédité sous le titre Enough Time up the Line (2019) et Letters Home: Maritimers and the Great War, 1914-1918 (2014).

The Wars

Le roman the Wars (1977; trad. Guerres, 2018) de Timothy Findley dépeint la destruction mentale et physique d’un jeune soldat canadien. Il est largement considéré comme un des meilleurs romans de guerre jamais écrits. Generals Die in Bed (1928), de Charles Yale Harrison , décrit la réalité brutale de la guerre de tranchées. Très apprécié lors de sa publication, il est aujourd’hui pratiquement inconnu. On l’a comparé au grand classique À l’Ouest, rien de nouveau (1929) de l’auteur allemand Erich Maria Remarque. D’un réalisme sans concession, ce roman a sans doute été le premier best seller international et a été adapté au cinéma dans un film primé (1930).

Barometer Rising

Un autre roman de guerre canadien très remarqué est Barometer Rising (1941; trad. Le temps tournera au beau, 1966), de Hugh MacLennan , qui traite surtout du front intérieur, avec en arrière-plan l’explosion de 1917 à Halifax . Three Day Road (2005; trad. Le Chemin des âmes, 2008), de Joseph Boyden , illustre l’expérience des Autochtones durant la guerre, à la fois sur le front et au pays. ( Voir aussi Les peuples autochtones et les guerres mondiales .)

Bien que rarement classé dans la littérature de guerre, Rilla of Ingleside (1920; trad. Anne d’Ingleside, 1939), de Lucy Maud Montgomery , dépeint la vie durant la Première Guerre mondiale . Le roman, le sixième livre de la série Anne, la maison aux pignons verts , est centré sur la fille d’Anne Marilla (« Rilla ») et ses trois frères, ses deux amis et son amoureux, qui servent tous en Europe durant la guerre. C’est le premier roman canadien sur la guerre écrit dans la perspective d’une femme.

In Flanders Fields Manuscript

La guerre a aussi engendré plusieurs soldats-poètes. Parmi les plus célèbres, on retrouve les poètes britanniques Siegfried Sassoon, Robert Graves, Rupert Brooke et Wilfred Owen. Néanmoins, le poème le plus connu qui soit né de la guerre reste « In Flanders Fields » (« Au champ d’honneur ») du Canadien John McCrae , qui est récité chaque année durant les cérémonies du jour du Souvenir . Pratiquement à lui seul, le poème de John McCrae a fait du coquelicot un symbole international du Souvenir. Les poètes canadiens Robert Service et Edward W. McInnis ont aussi servi durant la guerre et ont produit les recueils Rhymes of a Red Cross Man (1916) et Poems Written at “the Front” (1918), respectivement. ( Voir aussi La Première Guerre mondiale dans la littérature canadienne .)

Fredrick Varley, Pour quoi?, 1917-1919.

Arts visuels

Le Canada possède une des plus belles collections d’art militaire grâce au Fonds de souvenirs de guerre créé en novembre 1916 par le Canadien sir Max Aitken (Lord Beaverbrook) . Le fonds a commissionné plusieurs centaines de peintures par des artistes canadiens et étrangers, dont trois futurs membres du Groupe des Sept . La plupart des peintures provenant de cette initiative se trouvent aujourd’hui dans le Musée canadien de la guerre . ( Voir Programmes canadiens d’art militaire .)

Trenches on the Somme (1919)

Mais l’artiste militaire la plus prolifique du Canada ne fait pas partie du programme de sir Beaverbrook. La célèbre peintre Mary Riter Hamilton a demandé une commission pour peindre sur le front mais n’a pas été acceptée parce que les femmes peintres étaient limitées au front intérieur . En mars 1919, après la fin de la guerre, elle s’est rendue à ses frais jusqu’au front de l’Ouest et a peint les champs de bataille avant que les décombres ne soient retirés. Elle est restée en Europe trois ans et a réalisé plus de 350 peintures des sites des principales batailles canadiennes. L’œuvre de Hamilton représente la plus grande collection de peintures canadiennes sur la Première Guerre mondiale par un même artiste. ( Voir aussi L’art et la Grande Guerre ; Documentation de la Première Guerre mondiale ; Représentations du front intérieur : les femmes du Fonds des souvenirs de guerre canadiens .)

Pendant la guerre, des centaines d’affiches militaires colorées ont été créées par des artistes connus et moins connus. Elles étaient utilisées pour aider le recrutement, encourager le public à soutenir l’effort militaire et prévenir contre les dangers que représentaient les espions ou les saboteurs ennemis. Les affiches constituent une part importante de l’histoire visuelle contemporaine de la guerre. ( Voir aussi La propagande au Canada .)

Affiche de propagande de la Première Guerre mondiale

Monuments

L’héritage de la Grande Guerre est aussi visible en sculpture et en architecture . Plusieurs mémoriaux de la guerre parsèment les campagnes de France et de Flandres, dont le remarquable Monument commémoratif du Canada à Vimy conçu par Walter Allward . Le principal monument de Terre-Neuve est une spectaculaire statue de caribou qui contemple le champ de bataille de Beaumont-Hamel où le Newfoundland Regiment a été presque anéanti le 1 er juillet 1916.

Monument commémoratif du Canada à Vimy

Le Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa comprend les sculptures de 22 hommes et femmes représentant chacun des services ayant participé à la Première Guerre mondiale . Aussi à Ottawa, le Monument aux Valeureux montre 14 personnes qui ont joué un rôle clé dans les principaux conflits canadiens. Trois d’entre eux ont combattu pendant la Première Guerre mondiale : le brigadier-général sir Arthur Currie , l’infirmière Georgina Pope et le caporal Joseph Kaeble, CV . ( Voir aussi Les monuments des deux grandes guerres .)

Billy Bishop

Théâtre et cinéma

La Première Guerre mondiale a inspiré beaucoup de pièces de théâtre et de films dans le monde. Parmi ceux-ci on retrouve la pièce britannique acclamée War Horse (2007), adaptée au cinéma en 2011, et 1917 (2019), qu’on a décrit comme une « vision d’une totale franchise de l’enfer de la guerre ». Des dramaturges et réalisateurs canadiens ont aussi abordé la Grande Guerre. Parmi les pièces canadiennes, on retrouve Quiet in the Land (1983) d’Anne Chislett et The Fighting Days (1985) de Wendy Lill . La comédie musicale Billy Bishop Goes to War (1978), sur le célèbre as de l’aviation , est une des pièces les plus montées du théâtre canadien. Le long-métrage Passchendaele (2008), écrit, réalisé et interprété par Paul Gross , dépeint l’expérience du soldat canadien Michael Dunne à la bataille de Passchendaele (aussi appelée troisième bataille d’Ypres) et dépeint avec justesse les terribles conditions de la guerre des tranchées .

When Your Boy Comes Back to You

Musique

La Première Guerre mondiale a aussi laissé sa marque en musique. Les Canadiens ont composé des milliers de chansons pendant la guerre, dont des centaines sont directement liées au conflit. Deux des plus populaires sont « Good Luck to the Boys of the Allies » , de Morris Manley, et « When Your Boy Comes Back to You » de Gordon V. Thompson. ( Voir Chansons canadiennes de la Première Guerre mondiale .) On retrouve aussi des chansons en français, dont « En Avant » (1915) de Joseph Vézina . Les compositeurs classiques Gena Branscombe , Donald Heins et Colin McPhee ont aussi écrit des chansons patriotiques pendant la guerre ( Voir La musique canadienne des guerres et des conflits armés .)

Le motet How They So Softly Rest

Le chef d’orchestre, compositeur et éducateur sir Ernest MacMillan a composé son Quatuor à cordes en do mineur (1914) alors qu’il était prisonnier de guerre en Allemagne. Le compositeur Healey Willan a écrit le motet How They So Softly Rest (1917) pour rendre hommage aux membres du Toronto Mendelssohn Choir tués pendant la guerre. Son hymne In the Name of God We Will Set Up Our Banners (1917) a été composé pour une cérémonie militaire, la mise en dépôt des anciens drapeaux consacrés du 169th Battalion du Corps expéditionnaire canadien dans l’église anglicane St. Paul, à Toronto .

Sur le front de l’Ouest, l’ armée canadienne a créé un certain nombre d’unités de divertissement, appelées « groupes musicaux », pour renforcer le moral des troupes. Un des plus populaires est un groupe de chanteurs amateurs appelés les Dumbells ; après la guerre, ils ont offert un spectacle de variétés qui a connu un grand succès. Plus récemment, le ténor John McDermott a réalisé des interprétations réfléchies de plusieurs chansons anciennes et nouvelles sur la guerre, qui ont été appréciées dans le monde entier.

Dumbells